Esquerdes

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Esquerdes
L'ancienne ferme fortifiée en pierre calcaire blanche et l'église.
L'ancienne ferme fortifiée en pierre calcaire blanche et l'église.
Blason de Esquerdes
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Saint-Omer
Canton Lumbres
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Lumbres
Maire
Mandat
Gilbert Chiquet
2008-2014
Code postal 62380
Code commune 62309
Démographie
Population
municipale
1 560 hab. (2011)
Densité 166 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 42′ 19″ N 2° 11′ 18″ E / 50.7052777778, 2.18833333333 ()50° 42′ 19″ Nord 2° 11′ 18″ Est / 50.7052777778, 2.18833333333 ()  
Altitude Min. 25 m – Max. 139 m
Superficie 9,4 km2
Localisation

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Esquerdes est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Nord-Pas-de-Calais. Est un petit village du Pas-de-Calais de 939 hectares, situé entre Saint-Omer et Lumbres dans la vallée de l'Aa, son altitude varie entre 27 et 136 m.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Esquerdes
Setques Wisques
Elnes Esquerdes Hallines
Wavrans-sur-l'Aa Remilly-Wirquin

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Squerdia (857), Suerdes (XIIe siècle), Squerdes (1166), Equerdes (1793).
  • Zwerde en flamand[1].

Du germanique skarda[2], Escherde, en vieux français signifiait écaille ou terrain raboteux - selon d'autres interprétations, il signifierait passage.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bois de l'ancienne poudrerie nationale d'Esquerdes, inondé (janvier 1992)

Village ancien, Esquerdes se trouvait sur la grande voie romaine La Leulène qui allait de Thérouanne à Sangatte, sur la côte. Une prospection archéologique de 1984, a permis de découvrir sur deux sites dits Les Tripoux et Le Paradis des traces de la période néolithique (silex et os taillés).

La commune a gardé de son passé certains monuments ou sites remarquables :

  • la ferme Crèvecoeur près de la rivière, aujourd'hui propriété privée, est constituée par un ensemble de bâtiments (dont une tour) du XVe siècle, ayant appartenu à Jeanne de la Trémoillepuis à son fils Philippe de Crèvecoeur (né vers 1418 - mort à Arbres le XXXX 1494). Guerrier, il servit successivement Charles le Téméraire (14331477), Duc de Bourgogne, puis à sa mort, son ennemi le roi Louis XI. Il fut nommé Maréchal de France en 1483 et substitua son patronyme à celui d'Esquerdes ;
  • son église (située au centre du village, sur la place) construite à partir du milieu du XIIe jusqu'au XVIIe siècle en pierre et en craie, d'abord rattachée au diocèse de Thérouanne, elle passe en 1557, sous la dépendance du diocèse de Boulogne. Avec son épitaphe du XIVe siècle, sa cloche de 1518 et la dalle funéraire de Jeanne de la Trémoill, l'église est depuis 1919 monument du patrimoine Français.

L'histoire d'Esquerdes est liée à l'évolution de deux industries, celle du papier et celle de la poudre, qui se sont développées de l'époque de Louis XIV jusqu'au XIXe siècle et qui ont permis un accroissement de sa population. En 1790, la commune était assez importante (avec ses 500 habitants environ) pour être nommée chef-lieu de canton. Deux cents ans plus tard, ce chiffre avait triplé.

En 1850, le moulin de Confosse de M. le Baron De Colbert fut racheté par Charles Verschaeve, marchand de papier à Lille. L'industrie du papier se développa et prospéra dans la vallée de l'Aa (ou plusieurs autres papeteries se sont également installées sur les sites d'anciens moulins à eau). La Maison du papier, conçue avec le Parc naturel régional et inaugurée le , témoigne de cette activité, et fait revivre cette histoire, via des expositions et animations ainsi qu'un atelier de création artistique sur le thème du papier.

La Poudrerie nationale d'Esquerdes fut créée à la fin du XVIIe siècle par la Régie Royale des Poudres et Salpêtres sous Louis XIV, par son ministre des affaires militaires, Michel Le Tellier. Deux moulins qui existaient alors sur le site furent transformés en moulins à poudre (broyage du salpêtre et du charbon de bois produit à partir d'aulne glutineux dans la proche "carbonnerie" ou "carbonnière". La poudrerie cessa ses activités en 1970. Environ 130 bâtiments éparpillés dans un terrain de plus de 30 ha servaient à abriter ou fabriquer le explosifs, non sans avoir pollué le sol par d'importantes quantités de nitrates (la nitre est en effet l'un des principaux composés de la poudre). Abandonnés durant environ 40 ans, certains de ces bâtiments ont été "transpercés" par des arbres qui ont recolonisé toute la cette friche industrielle.
Le site a été acheté par un propriétaire anglais. Il a ensuite été acquis pour moitié par le Conseil général pour l'ouvrir au public (sur la partie dont il est propriétaire) après avoir été nettoyé et aménagé avec l'aide de l'EPF (Établissement public foncier, organisme qui associe l'État et le Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais pour faire du portage foncier et un pré-aménagement) et pour l'autre moitié a été acheté par une société civile immobilière de chasseurs.
Il est épisodiquement touché par des inondations qui n'y sont pas anormales puisqu'il a été volontairement construit dans le lit mineur et majeur de l'Aa, justement pour qu'on puisse l'inonder en cas d'incendie pour limiter le risque d'explosion de munitions.

En janvier 1999, le département, propriétaire du parc, y aménageait un parc arboré, un parking et un chemin de découverte pour accueillir le public. La commune prit en charge la rénovation du bâtiment principal, devenu désormais salle des fêtes, ainsi que la cheminée, inaugurées respectivement le et le .

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Esquerdes dans son canton et dans l'arrondissement de Saint-Omer
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1947 1977 Paul Tétart SFIO  
1977 1995 André Robitaille PS  
1995 en cours Gilbert Chiquet    

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 560 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
504 511 582 652 702 679 742 774 742
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
833 812 822 770 840 930 901 995 994
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
960 1 004 1 074 1 123 1 171 1 194 1 032 1 242 1 156
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
1 147 1 205 1 182 1 278 1 530 1 460 1 569 1 584 1 560
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4])
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (15,5 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,3 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49,7 % d’hommes (0 à 14 ans = 24,2 %, 15 à 29 ans = 17,6 %, 30 à 44 ans = 23,2 %, 45 à 59 ans = 21,3 %, plus de 60 ans = 13,5 %) ;
  • 50,3 % de femmes (0 à 14 ans = 22 %, 15 à 29 ans = 17,7 %, 30 à 44 ans = 21,7 %, 45 à 59 ans = 21,1 %, plus de 60 ans = 17,4 %).
Pyramide des âges à Esquerdes en 2007 en pourcentage[5]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90 ans ou +
0,1 
3,9 
75 à 89 ans
6,4 
9,6 
60 à 74 ans
10,9 
21,3 
45 à 59 ans
21,1 
23,2 
30 à 44 ans
21,7 
17,6 
15 à 29 ans
17,7 
24,2 
0 à 14 ans
22,0 
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2007 en pourcentage[6]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,8 
5,1 
75 à 89 ans
9,1 
11,1 
60 à 74 ans
12,9 
21,0 
45 à 59 ans
20,1 
20,9 
30 à 44 ans
19,6 
20,4 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
18,9 

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes se blasonnent ainsi :

de gueules aux trois chevron d’or

Le blason représenté est indiqué comme celui de la Maison de Crévecoeur. Ce n'est pas celui de la commune.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

Église Saint-Martin

Église : classement par décret du 17 avril 1914

Renseignements issus de : Bases de données Ministère de la culture

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Philippe de Crèvecœur d'Esquerdes (? †1494), seigneur d’Esquerdes, est un homme de guerre français, maréchal de France en 1486.

Il s’attache d’abord au service de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Il est gouverneur de Troyes en 1463 et se distingue en 1465 à la bataille de Montlhéry sous le comte de Clermont.

Il marche contre les Liégeois en 1467 à la tête des Francs archers du duc de Bourgogne. Il reçoit alors le collier de la Toison d'Or avec le gouvernement d’Artois et de la Picardie.

Il défend Abbeville contre Louis XI de France.

En 1472, sous les ordres de Charles le Téméraire, il prend Nesle, mais échoue devant Beauvais défendue par Jeanne Hachette.

Après la mort du duc de Bourgogne, il passe au service de Louis XI qui le maintient au gouvernement de la Picardie avec le collier de l’Ordre de Saint-Michel.

Il ramène l’Artois sous l’obédience du roi et livre Arras à l’armée française.

Il bat Maximilien d’Autriche à Guinegatte en 1479, mais est, à son tour, surpris et défait par l’Archiduc en 1482. Maréchal de France en 1486, il est nommé Lieutenant général des armées du roi en Picardie. Lors de la Guerre folle, il s’oppose avec succès aux entreprises des Impériaux. Il défait Ravenstein en 1486, et fait prisonniers à Béthune en 1487 le duc de Gueldre et le comte de Nassau.

Il prend Saint-Omer et Thérouanne.

En 1492, il négocie le traité d’Étaples avec le roi d’Angleterre Henri VII.

Lors de l’expédition de Charles VIII en Italie en 1494, Crèvecœur reçoit le commandement de l’avant-garde, mais il meurt dès le départ à la Bresle près de Lyon.

Il est inhumé en l’église Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer. « Il était, dit un chroniqueur, aussi bons moyenneur de bons accords, que sage et vaillant en temps de guerre à conduire gendarmerie ».

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://proussel.voila.net/pages/noms_flamands.htm
  2. Toponymie générale de la France: Tome 2, Formations non-romanes - Ernest Nègre
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  5. « Évolution et structure de la population à Esquerdes en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 15 août 2010)
  6. « Résultats du recensement de la population du Pas-de-Calais en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 15 août 2010)