Jack Kerouac
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| Jean-Louis Kerouac | |
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Jack Kerouac, par Tom Palumbo vers 1956
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| Autres noms | Jack Kerouac |
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| Activité(s) | Écrivain, poète |
| Naissance | 12 mars 1922 Lowell, Massachusetts |
| Décès | 21 octobre 1969 (47 ans) St. Petersburg, Floride |
| Mouvement(s) | Beat generation |
Jack Kerouac (né le 12 mars 1922 à Lowell, dans le Massachusetts, mort le 21 octobre 1969 à St. Petersburg, en Floride) est un écrivain et poète américain qui compte parmi les membres les plus importants du mouvement de la Beat generation en littérature. Malgré l'insuccès critique de ses œuvres à leur sortie, il est aujourd'hui considéré comme l'un des auteurs américains les plus importants du XXe siècle. Son style spontané et intime a inspiré de nombreux artistes, tels que Tom Robbins, Richard Brautigan, Hunter S. Thompson, Ken Kesey, Tom Waits, Jim Morrison et Bob Dylan qui l'a imité autant dans sa manière de travailler que de vivre. Les œuvres les plus connues de Kerouac sont Sur la route et Les Clochards célestes.
Jack Kerouac a passé la majeure partie de sa vie d'adulte partagé entre les grands espaces américains et l'appartement de sa mère à Lowell dans le Massachusetts. Ce paradoxe est à l'image de sa vie : confronté aux changements rapides de son époque, il a éprouvé de profondes difficultés à trouver sa place dans le monde, ce qui l'a amené à rejeter les valeurs traditionnelles des années 1950. Ses écrits reflètent cette volonté de se libérer des conventions sociales étouffantes de son époque, et de sa quête d'un sens à son existence. Un sens qu'il a également cherché dans des drogues comme la psilocybine, la marijuana et la benzédrine, dans la religion et la philosophie (notamment le bouddhisme), et dans de fréquents voyages à travers le monde. Vantant les bienfaits de l'amour (la passion charnelle est pour lui "la porte du paradis"), proclamant l'inutilité du conflit armé, quel qu'il soit, et considérant que "seuls les gens amers dénigrent la vie", Jack Kerouac et ses écrits sont vus par beaucoup comme précurseurs de la philosophie des années 1960, bien au-delà encore, et tout ce qui en découle.
Kerouac est mort à St. Petersburg, en Floride à l'âge de 47 ans d'une hémorragie digestive par rupture de varices œsophagiennes dues à sa cirrhose alcoolique.
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[modifier] Biographie
Né Jean-Louis Lebris de Kerouac (surnommé Ti-Jean), d'une famille canadienne-française à Lowell dans le Massachusetts, il est le fils de Léo-Alcide Lebris de Kerouac et Gabrielle Lévesque (appelé aussi Mémère par Jack Kerouac). Sa mère était cousine issue de germains du futur premier ministre québécois René Lévesque, tandis que son père était apparenté au frère Marie-Victorin (né Conrad Kirouac). Jusqu'à l'âge de six ans, il ne parle que le français et il apprend l'anglais comme seconde langue à l'école. Très jeune (quatre ans), il a le cœur brisé par la mort de son frère Gérard (neuf ans), ce qui, plus tard, le conduit à écrire Visions de Gérard en janvier 1956 (publié en 1963). Il a publié quelques poèmes en français, et vers la fin de sa vie certaines lettres à Allen Ginsberg témoignent de son désir de retrouver la langue de son enfance.
Ses prouesses athlétiques en font une star dans son équipe locale de football américain, et cela lui vaut d'entrer à l'Université Columbia de New York. C'est là qu'il rencontre les personnes avec lesquelles il voyage autour du monde. Il quitte l'université peu de temps après y être entré, une fracture d'une jambe ayant mis un terme à sa carrière d'athlète. Il s'enrôle dans la marine marchande puis dans la marine de guerre américaine lors de la Seconde Guerre mondiale, mais est réformé parce que jugé inapte au service pour raisons psychologiques. À son retour, il écrit à propos de la fameuse Beat Generation (un terme dont il est lui-même l'auteur), qui compte Allen Ginsberg, Neal Cassady et William Burroughs.
Entre ses voyages maritimes, Kerouac séjourne à New York avec ses amis de Columbia. Il commence son premier roman The Town and the City, publié en 1950, qui lui vaut une certaine reconnaissance en tant qu'écrivain. Ce roman, qui a demandé trois ans d'efforts, conserve une structure conventionnelle et raconte la vie d'un jeune homme dans une petite ville très semblable à Lowell et l'attrait qu'exerce sur lui la métropole new-yorkaise.
Kerouac écrit constamment, bien qu'il ne publie son roman suivant qu'en 1957, lorsque Sur la route est finalement accepté par un éditeur. Le personnage principal parcourt les États-Unis en auto-stop (et se rend également au Mexique) avec son ami Dean Moriarty, inspiré par Neal Cassady. Il noue des amitiés informelles, a des expériences amoureuses et autres. Le style de vie non matérialiste des protagonistes est à l'origine de bien des vocations parmi les écrivains américains et le transforme en mythe vivant.
Jack Kerouac écrit l'ébauche de Sur la route (On the Road) en trois semaines dans de longues sessions de Prose Spontanée ; il crée ainsi un style d'écriture totalement personnel. Il retravaillera le roman durant de nombreuses années avant que celui-ci soit finalement accepté par un éditeur. Il est salué dans certains cercles comme un écrivain américain majeur et malgré lui comme le porte-parole de la Beat Generation. Son style lui est en partie inspiré par son amour du mouvement jazz Be Bop et de ses improvisations. En 2001 la rédaction du American Modern Library inclut Sur la route dans sa liste des 100 meilleurs romans du XXe siècle en langue anglaise. Le manuscrit de On the Road a été dactylographié d'un seul jet sur des feuilles de papier à calligraphie japonaise collées bout à bout avec du Scotch Tape et non sur un rouleau de papier à télétype. Kerouac expliquera plus tard qu'il détestait avoir à changer de feuille lorsqu'il se sentait inspiré, et qu'ainsi il pouvait presque écrire « les yeux fermés ».
Il emporte avec lui pendant ses voyages les romans écrits pendant la période où il était incapable de trouver un éditeur prêt à les publier, et ceux-ci seront édités au cours des années suivant la publication de Sur la route. D'autres romans, tels que Les Clochards célestes (The Dharma Bums) font l'apologie d'un style de vie inspiré par le bouddhisme Zen, de moines itinérants recherchant la pureté et des expériences spirituelles pouvant mener à l'illumination. Ainsi dans son roman Le Vagabond solitaire, le personnage principal y entreprend, entre autres, une retraite solitaire de plusieurs mois en tant que guetteur de feux pour l'Office canadien des forêts Inspiré par la propre expérience de Kerouac dans un emploi semblable dans l'État de Washington). Il est dit que Kerouac poussa Allen Ginsberg à se convertir au bouddhisme. Il était cependant également très inspiré par la religion chrétienne, dessinant des pietà dans ses journaux et écrivant des psaumes.
Cependant, il n'écrit pas toujours en voyage. En fait, il passe beaucoup de temps chez sa mère, où il écrit et se documente (par exemple, pendant plusieurs mois sur le bouddhisme).
À la publication de Sur la route, il vit mal son succès public, s'éloigne de ses amis écrivains beat comme Allen Ginsberg et, dans une moindre mesure, William S. Burroughs. Il reproche à Ginsberg de trop rechercher l'attention du public et de trahir l'esprit beat. Même en ayant besoin d'argent, il ne se tourne plus vers eux et ne répond plus aux invitations des médias. Il est également irrité par le développement d'un bouddhisme de mode, duquel il est en partie responsable. Il voyagea constamment, à travers sa vie, pour trouver le bonheur, alors que le bouddhisme enseigne que nous sommes un refuge à l'intérieur duquel le bonheur doit être découvert. Là se trouve une des multiples contradictions, voire déchirements, qui constituèrent son existence.
Ses autres ouvrages comprennent de la prose, de la poésie, des écrits bouddhistes, des haïkus et des enregistrements sonores.
Il meurt à l'âge de 47 ans des suites de la rupture hémorragique de varices œsophagiennes, elles-mêmes reliées à une cirrhose avancée du foie (abus chronique d'alcool).
Une rue porte son nom à San Francisco en Californie, et le bar le Vesuvio, réputé comme fréquenté par Jack Kerouac, est toujours en activité.
Un imposant parc thématique lui a été dédié au centre de la ville de Lowell dans le Massachusetts. On y retrouve des stèles de granit où sont gravés des extraits de ses romans.
Une stèle à son nom a été érigée en 2000 au lieu dit « de Kervoach » à Lanmeur, Bretagne.
[modifier] Oeuvres
L’Œuvre publiée de Jack Kerouac peut se diviser en cinq ensembles correspondant à des formats et des modes de production distincts. Il est important de noter que Kerouac rejetait fréquemment la séparation entre poésie et prose, affirmant que la totalité de ses écrits relevait de cette dernière. Cette distinction semble néanmoins pertinente dans la mesure où elle fut retenue par ses éditeurs et structure de fait son œuvre telle qu’elle est accessible aux lecteurs dans sa forme publiée.
- Les textes en prose, romans et nouvelles
- Les textes en français
- Les poésies et textes religieux
- Les essais, articles et interviews
- Les lettres
- Les disques et films
[modifier] Les textes en prose, romans et nouvelles
Ecrits entre 1946 et 1969, ils sont appelés par Kerouac « romans à histoire vraie » ou « aventure narrative », refusant la dénomination « roman » qui induisait à ses yeux une dimension scénaristique et imaginaire[1]. Ils appartiennent presque tous au cycle autobiographique intitulé « Légende de Duluoz ». Il a pour sujet central la vie de l’auteur et de ses proches sur une période allant de 1922 (Vision de Gérard) à 1965 (Satori à Paris).
Kerouac, dans la présentation de sa bibliographie ou dans ses échanges avec ses éditeurs, excluait généralement son premier roman publié (The Town and the City rebaptisé par la suite pour des raisons commerciales Avant la Route) de la Légende de Duluoz, alors même que le sujet et les protagonistes de ce roman l’intègrent pleinement dans sa chronologie biographique[2]. Il en diffère toutefois grandement par sa forme encore nettement influencée par le style naturaliste de Thomas Wolfe et surtout par son intrigue partiellement imaginaire. En ce sens, la légende de Duluoz se définit à la fois par une unité de sujet, la vie de l’auteur constituée en mythe, et de forme, l’utilisation de la prose spontanée.
Le dernier roman écrit par Kerouac et publié post mortem (Pic - 1971) marque une tentative de retour au roman de fiction, longtemps annoncée par l’auteur comme devant survenir au terme de la rédaction de son cycle biographique. La mort ne lui permit cependant pas de s’engager plus avant dans cette nouvelle voie. En 1999 furent publiés des textes de jeunesse compilés dans un recueil intitulé A Top and Underground.
| Titre français et anglais | Date de première publication | Date de rédaction |
|---|---|---|
| Avant la route (The Town & the City) | 1950 | 1946-1948 |
| Sur la route (On the Road) | 1957 | 1948-1956 |
| Les Souterrains (The Subterraneans) | 1958 | Octobre 1953 |
| Les Clochards Célestes (The Dharma Bums) | 1958 | Novembre 1957 |
| Docteur Sax (Doctor Sax) | 1959 | Juillet 1952 |
| Maggie Cassidy | 1959 | 1953 |
| Tristessa | 1960 | 1955-1956 |
| Visions of Cody | 1960 | 1951-1952 |
| Le Vagabond Solitaire (Lonesome Traveler) | 1960 | de 1958 à 1960 |
| Big Sur | 1962 | Octobre 1961 |
| Vision de Gerard (Visions of Gerard) | 1963 | Janvier 1956 |
| Les Anges vagabonds (Desolation Angels) | 1965 | partie 1 1956 - partie 2 1961 |
| Satori à Paris (Satori in Paris) | 1966 | 1965 |
| Vanité de Duluoz (Vanity of Duluoz) | 1968 | 1968 |
| Pic | 1971 | 1951 et 1969 |
Il est probable que quelques textes en prose n’aient pas encore été publiés, certains manuscrits ayant été rejetés ou non terminés (Memory boy[3], ZIZI‘s Lament[4], The Sea is my Brother) d’autres ayant été perdus ou endommagés (And the Hippos Were Boiled in Their Tanks). Ce texte, fruit d’une collaboration avec William Burroughs, traitait du meurtre de David Kammerer par Lucien Carr en 1946 mais ce dernier se montra toujours opposé à des publications à ce sujet. Kerouac finit toutefois par l’intégrer aux derniers chapitres de Vanité de Duluoz. Penguin Books a publié en octobre 2008 ce texte, qui servit par ailleurs de matériau à plusieurs reprises à William Burroughs.
De son côté, Harper USA a annoncé l'achat des droits pour la publication de The Sea is My Brother, sans pour autant donner de date de parution. [5]
[modifier] Les textes en français
Il faut aussi signaler un certain nombre de manuscrits en français, tel que La nuit est ma Femme qui ont été présentés à l'exposition sur Kerouac à New York en 2008 et n'ont pas été publiés à ce jour.
[modifier] Les poésies et textes religieux
En parallèle à son œuvre en prose, Kerouac a rédigé de nombreuses poésies. Il fut très tôt en contact avec les groupes dominant de la scène poétique américaine des années 50-60, Ecole de Black Mountain (notamment, Charles Olson, Robert Duncan et Robert Creeley), la scène poétique de la Renaissance de San Francisco gravitant autour de Kenneth Rexroth (Philipp Lamantia, Michael McClure, Gary Snyder, Philip Whalen, Lawrence Ferlinghetti) et la scène new-yorkaise qui comptait nombre de ses amis (notamment Allen Ginsberg, Gregory Corso, Joyce Glassman).
Sa poésie en fut largement influencée tant du point de vue du style que des sources d’inspiration. Elle se caractérise par l’utilisation de formes extrêmement libres, le recours à une syntaxe propre, à un vocabulaire et à des sujets crus, parfois volontairement dans le domaine de l‘obscénité ou du trivial. L’influence des travaux de Charles Olson et de ses amis poètes beat est sur ce point manifeste. Au contact de la poésie californienne, il évolua vers les formes et les thèmes poétiques bouddhistes, la Sutra du Diamant l’ayant fortement impressionné[6]. Mais c’est le bouddhisme Zen et la forme du Haïku, découvert avec Gary Snyder et Lew Welch qui l’influença le plus fortement. Il écrivit avec ce dernier de nombreux Haïku publiés après la mort des deux auteurs.
Bien qu’un texte de Jack Kerouac fut inclus dans l’anthologie The New American Poetry 1945-1960 publiée en 1960 par Donald Allen et que Charles Olson jugea très positivement son travail[7], son œuvre poétique ne reçu pas le même accueil que ses premiers romans publiés. Lawrence Ferlinghetti refusa ainsi à plusieurs reprises de publier Mexico City Blues qu’il considérait comme une forme de prose[8]. Quelques poèmes furent néanmoins publiés dans des revues à partir de 1957. En revanche peu d’ouvrages furent imprimés et leurs tirages restèrent très inférieurs à ceux d'autres poèmes Beat comme Howl, Kadish, A Coney Island of the Mind.
Les trois principaux recueils de poésie publiés de son vivant par Jack Kerouac sont Mexico City Blues, le Livre de Rêve et L’Ecrit de l’Eternité d’Or. Big Sur contient en outre, dans sa dernière partie, une poésie dont la rédaction est elle-même l’objet d’une partie du roman. La majorité des poèmes fut publiée post-mortem et sont pour certains non traduits en français. Il s’agit parfois de compilations de textes n’ayant pas été conçues sous cette forme par l’auteur.
Liste de poèmes publiés à ce jour :
- 1959 - Mexico City Blues (écrit durant l’été 1955 en trois semaines à Mexico en compagnie de William Burroughs)
- 1960 - Book of Dream (écrit entre 1952-1960 à partir de notes prises au réveil) republié en 2001 dans une version enrichie
- 1960 - L’Ecrit de l’Eternité d’Or (écrit en mai 1956 sur les conseils de Gary Snyder qui lui suggéra d’écrire une Sutra et considéré comme un texte religieux par Kerouac)
- 1971 - Scattered Poems publiés en France sous le titre Poèmes
- 1973 - Trip Trap – Haïku (with Albert Saijo & Lew Welch) publié en France sous l’intitulé Le Livre des Haiku
- 1977 - Heaven & Other Poems
- 1991 - San Francisco Blues
- 1992 - Pomes Of All Sizes
- 1995 - Book of Blues
En 1997 un recueil de réflexions rédigées entre 1953 et 1956 mais non publiées fut édité sous l’intitulé Some of the Dharma (Dharma dans l’édition Française). Il mélange essais, poèmes, prières et réflexions diverses dans leur forme de rédaction initiale. Il est fortement marqué par un bouddhisme assez naïf et les difficultés existentielles de l’auteur. De son vivant, Kerouac ne mentionnait pas ces textes comme susceptibles d’être publiés et comme relevant de sa bibliographie.
Kerouac lui-même n’utilisait que rarement le terme poème et lui préférait pomes.
[modifier] Les essais, articles et interviews
Avant la publication de Sur la route un certain nombre d’extraits de textes de Kerouac fut publié dans des revues littéraires à l’instigation de ses principaux soutiens dans le monde de l’édition, Malcom Cowley et Keith Jennison[9]
Quelques exemples de prépublications :
- «Jazz Excerpts», publié par la revue New World Writting en 1954. Ce texte fut le premier extrait publié par J. Kerouac après la publication de Town and the City. Il attira l’attention de Donald Allen et permit de relancer chez Viking Press l’idée d’une publication de Sur la Route alors rejeté par tous les éditeurs.
- « La fille Mexicaine », publié en 1955 dans Paris Review et repris dans The Best American Short Stories en 1956. Ce texte est un extrait de Sur la Route.
- « Un voyage tourbillonnant dans le monde», autre extrait publié en Juillet 1957 par New Direction in Prose and Poetry n°16.
- « Neal and the tree stooges » extrait de Visions de Cody dans New Edition n°2, 1957.
Ces textes furent toutefois repris par la suite en tant que chapitres d’ouvrages publiés et ne constituent donc pas des œuvres indépendantes.
A partir de 1957 et de la publication de Sur la Route, la célébrité et le positionnement médiatique de Kerouac comme porte parole d’une génération amenèrent certaines revues grand public ou littéraires à lui commander des articles originaux, des extraits ou des nouvelles encore non publiées. La plupart de ces textes furent publiés par la suite sous forme de recueil, certains du vivant de l’auteur (le recueil de nouvelles intitulé Le Vagabond Solitaire -1960), d’autres post mortem (Vraie Blonde et Autres - 1993).
Ces articles publiés permirent à Jack Kerouac d’exposer sa méthode d’écriture et plus généralement son rapport à la littérature, mais aussi ses positions politiques et sa vision de la beat generation.
La plupart des articles a été compilée dans le recueil Vraie Blonde et Autres en 1993, sous la direction éditoriale de John Sampa.
Quelques articles portant sur sa méthode d’écriture :
- « Croyance et technique pour la prose moderne » : Evergreen Review, 1957. Cet article, prenant la forme d’une liste de principes, reprend en fait à quelques nuances près le contenu d’une lettre adressée à Arabelle Porter, éditrice de New World Writting en réponse à des critiques après la publication de Jazz Excerpts en 1954.
- « Principes de la prose spontanée » : Black Moutain Review, N°7, Octobre 1957
Quelques articles portant sur la beat génération :
- « Non point Lion mais Agneau », Pageant, Février 1958
- « Contrecoup : la philosophie de la Beat generation » : Esquire, mars 1958
- « sur les origines d’une génération » : Playboy, juin 1959
Dans la plupart de ces articles, Jack Kerouac tente de donner une signification spirituelle à la Beat génération et la restitue dans son contexte historique soit 10 ans avant la publication à succès de Sur la Route. Il espérait ainsi contrecarrer l’image négative et délinquante associée aux Beatniks, dont il rejetait la paternité. Plus profondément, il tentait aussi de prendre le contrepied de certains auteurs, parmi lesquels son ami de longue date John Clellon Holmes, qui souhaitaient positionner la Beat génération sur un terrain politique ou dénonçaient au contraire sa superficialité et son égocentrisme (Norman Mailer ou Kenneth Rexroth notamment)[10]. Anne Charter signale à ce sujet qu’Allen Ginsberg lui conseilla « [de laisser] tomber les discours sur la Beat Génération […] de laisser […] Holmes broder là-dessus »[11].
Chroniques et articles divers :
- Les chroniques bimensuelles pour la revue Escapade, la première en date d’avril 1959 consacré à la naissance du Bop, la dernière d’avril 1960.
Kerouac écrivit en outre quelques notices autobiographiques (reprises entre autres en français dans Vraie Blonde et Autres et dans la préface de Vanité de Duluoz) et des entrées de dictionnaires. Il réalisa en 1959 la préface d’un ouvrage de photographie de Robert Frank (The Americans), ainsi que le compte-rendu d’un voyage en Floride avec celui-ci pour le magazine Life. Ce texte ne fut pas publié. En janvier 1970, Evergreen Review n°74, le publia à titre posthume sous l’intitulé « On the road to Florida ». Il fut par la suite intégré au recueil Vraie Blonde et Autres, qui indique par erreur une date de publication en 1960.
En 1959, Kerouac avait réalisé une anthologie de la littérature de la Beat Generation pour l’éditeur Avon Books. Sa publication devait être pluriannuelle et contenir pour sa première édition entre autres de nombreuses correspondances avec Neal Cassady, John Clellon Holmes, Philip Whalen, Gary Snyder, Allen Ginsberg et des textes de Gregory Corso ou Michael Mac Clure. Elle ne fut cependant jamais publiée par Avon Books passé entre temps sous le contrôle de W.R Hearst, peu favorable au projet. En 1960 Kerouac tenta sans succès de la faire publier par City Lights de Lawrence Ferlinghetti.
De nombreuses interview de l’auteur furent réalisées, parmi lesquelles la célèbre interview de Al Aronowitz réalisée pour Le New-York Post en 1959 et extraite d‘une série de douze articles consacrés à la Beat Génération, comportant notamment une interview de Neal Cassady. Elle fut republiée en 1970 par US, The Paper Back Magazine n°3, sous le titre « Feriez-vous une fugue pour devenir un beatnik si vous saviez que l’homme qui a écrit Sur la Route vit chez sa mère ». Ce texte fut repris en français, en 1971, dans le livre noir de l’Herne consacré à Jack Kerouac et édité par William Burroughs et Claude Pélieu.
[modifier] Les lettres
La correspondance de Jack Kerouac est extrêmement riche tant par le nombre de lettres écrites que par la qualité de ses correspondants qui regroupent toutes les figures de la beat génération (Burroughs, Ginsberg, Holmes, Corso, Cassady, Snyder, Whalen, etc.).
Éditées par Ann Charters avec l’accord de Jack Kerouac, de sa famille et de ses correspondants, les lettres choisies ont été regroupées en deux volumes 1940-1956 et 1957-1969. Elles permettent d’éclairer, sous un angle parfois anecdotique, les relations entre les membres de la "Beat génération" et de comprendre le caractère dépressif et cyclotimique de Jack Kerouac. Elles portent aussi témoignage de son travail d’écrivain tant dans la préparation de ses textes, souvent soumis au jugement de ses amis, que dans leur présentation et leur défense auprès des éditeurs et des critiques.
Kerouac avait apporté un soin tout particulier à la conservation de ses correspondances et souhaitait vivement les voir publiées.
[modifier] Les disques et films
Jack Kerouac donna de nombreuses lectures de ses textes et des textes de ses amis, bien qu’il reconnaissait volontiers être mal à l’aise dans cet exercice et qu’il le fit le plus souvent sous l’emprise de l’alcool. Le cycle de lectures réalisées au Village Vanguard en décembre 1957 et sa participation à l’émission de Steve Allen 1958 sont parmi les plus connus. Des enregistrements de lectures sont aujourd’hui édités post-mortem.
De son vivant, en mars 1958, Jack Kerouac réalisa un disque de lectures accompagné par Steve Allen au piano, Poetry for the Beat Generation (Hanover Record HML 5000). Il réalisa en outre trois enregistrements à la demande du producteur Norman Granz, pour lequel Jimy Giuffrie était pressenti, mais il ne semble pas que les disques aient été produits.
Jack Kerouac participa au scénario et à la réalisation d’un film expérimental de Robert Frank sur la Beat génération en 1959. Le scénario et le titre étaient initialement prévus pour une pièce de théâtre, mais seul l’acte III plus ou moins improvisé fut utilisé pour le film. Il devait initialement s’appeler Beat Generation mais l’utilisation de ce titre par la MGM pour un film commercial contraignit Kerouac à le rebaptiser Pull My Daisy[12]. Le film fut diffusé en 1959 au Musée d’Art Moderne de New-York et reçut un certain succès critique. Le scénario fut publié en 1961 par Grove Press.
Bien qu’il espérât longtemps pouvoir vendre les droits de "Sur la Route" à Hollywood, notamment à Marlon Brando, le projet de Jack Kerouac n'aboutit pas. Une seule de ses œuvres fut adaptée de son vivant au cinéma : "Les Souterrains". Cette adaptation tire clairement l’ouvrage vers le sensationnel. Kerouac s’en désintéressa rapidement.
[modifier] Réception de l'œuvre
[modifier] Avant 1957, un écrivain sans éditeur
La publication en 1950 de son premier ouvrage Town and the City valut à Kerouac quelques critiques favorables mais les tirages restèrent faibles. A compter de cette date et jusqu’en 1957, Kerouac, bien qu’ayant conservé un agent littéraire qui fut par moments son seul soutien (Sterling Lord), ne publia plus rien à l’exception des rares extraits mentionnés dans la bibliographie. Ses correspondances laissent sur ce point apparaître un réel découragement alors même que son existence prend une tournure de plus en plus chaotique (revenus très faibles, dépendance à l’alcool et aux amphétamines, problèmes de santé, problèmes avec sa seconde femme, tensions avec les autres membres de la Beat génération, etc.). A plusieurs reprises, Kerouac envisagea alors de cesser d’écrire [13]. La plupart de ses ouvrages majeurs, à l’exception des "Clochards Célestes" et de "Big Sur", furent néanmoins écrits avant 1957, évoluant vers des expériences littéraires de plus en plus poussées.
Durant cette période "Sur La Route", transmis pour lecture à partir de 1952, fut rejeté par l'ensemble des éditeurs américains contactés. Toutefois, Kerouac bénéficia progressivement de l’intérêt médiatique pour les acteurs de la contre-culture gravitant autour du monde du jazz et de mouvements poétiques californiens et new-yorkais. Kerouac apparaît ainsi sous le nom de Pasternak dans "Go" publié par John Clellon Holmes en 1952, et participa en tant que spectateur très actif à la lecture du 7 octobre 1955 qui propulsa sur le devant de la scène ses amis Poètes Beat [14]. A tel point qu’en février 1957, Kenneth Rexroth pouvait écrire à son sujet qu’il était « le plus célèbre auteur « inédit » en Amérique ». Kerouac obtient ainsi progressivement le soutien de deux figures importantes du monde des lettres américaines, Malcom Cowley éditeur chez Viking Press et cheville ouvrière de la génération perdue, et Kenneth Rexroth poète californien moteur de la « Renaissance de San-Francisco ». Incontestablement, Cowley fut à l’origine de la publication par Viking de "Sur la Route" et il en orchestra le succès[15].
[modifier] 1957-1960 succès des ventes mais réserves critiques
La publication de Sur la Route marqua un tournant considérable dans la vie de Jack Kerouac lui apportant la reconnaissance publique et le confort financier qu’il n’avait jamais connu sans pour autant devenir riche[16]. Elle fut cependant à l’origine d’une formidable incompréhension entre Kerouac, son public et la critique. L’ouvrage fut un best-seller et lui valut une reconnaissance médiatique immédiate. Elle l’imposa comme porte-parole, si ce n’est comme chef de file, d’une génération grandie dans l’après guerre et rejetant les valeurs traditionnelles morales et religieuses américaines. Toutefois l’ouvrage apparut davantage comme un témoignage, un livre générationnel, que comme une œuvre littéraire majeure, jugement que partageait d’ailleurs pleinement son éditeur. Ann Charters qui s'est procuré le rapport favorable à la publication de Malcom Cowley relève ainsi toute l'ambivalence de son jugement dès l'origine : "Ce n'est pas un grand livre ni même un livre qu'on peut aimer, mais il est réel, honnête, fascinant, tout entier pour le plaisir, la voix d'une nouvelle génération"[17]
Critiques de forme
Truman Capote porta la critique la plus connue et la plus sévère sur le style de l’auteur, en déclarant que ses textes étaient « tapés et non écrits ». Ce lien entre la méthode d’écriture de Kerouac, la prose spontanée et la qualité stylistique de son écriture, blessa Kerouac, mais ne le perturba pas. Kerouac fait d’ailleurs souvent référence, avec une grande ironie, à la formule de Capote lorsqu’il commente ses méthodes de travail et insiste notamment sur le caractère préparé de son travail d’écriture spontanée. Donald Adams du New York Times ne fut guère plus enthousiaste, même si son opinion évolua par la suite ; regrettant surtout un manque de constance chez l’auteur. Il écrivit ainsi, dans sa chronique "Speaking of Books" du 18 mai 1958 : "Relisant "Sur la Route" et "Les Souterrains" de M. Kerouac, je n'arrive pas à me souvenir d'autre chose qu'un ivrogne de bar volubile et insistant, bavant dans votre oreille"[18].
Critiques de fond
Plus dures furent les critiques sur le positionnement même de Kerouac. D’un côté, il était dénoncé comme le chantre d’un groupe amoral sapant les bases de la civilisation. Norman Podhoretz, futur théoricien [néoconservateur] à l’époque encore influencé par le [marxisme] et ayant connu Kerouac à Columbia, résuma bien cette critique quand il écrivit dans l’édition du printemps 1958 de Partisan Review (revue positionnée très à gauche), « la bohème des années 50 est hostile à la civilisation ; elle vénère le primitivisme, l’instinct, l’énergie, le « sang » ». De l’autre coté, son apolitisme revendiqué, son goût de l’art pour l’art et son attachement à un certain imaginaire de l’homme américain furent rapidement critiqués par la plupart de ses soutiens initiaux qui attendaient de lui une position plus engagée socialement et politiquement. Alan Rexroth déclara ainsi dès 1958 que Kerouac était une sorte de « Tom Wolfe insignifiant » et s’attaqua très durement à lui à de nombreuses reprises ainsi qu’à Allen Ginsberg. Or de gauche comme de droite Kerouac refusait tout apparentement politique et regardait avec une suspicion toute particulière l’anarchisme des intellectuels de la côte ouest, rappelant à chaque occasion « JE N’AI RIEN A FAIRE AVEC LA POLITIQUE, particulièrement avec la gauche côte Ouest de la malveillance avec futur sang dans la rue». [19]
Difficultés relationnelles et éditoriales
Deux éléments vinrent compliquer la situation. Tout d’abord, la personnalité entière de Kerouac lui attira l’inimitié de nombreux leaders de la gauche contestataire et de certains de ses amis. Ainsi en novembre 1958, au cours d’une conférence particulièrement houleuse à la Brandeis University Kerouac fut copieusement sifflé par le public qu’il avait traité de « communistes merdeux ». L'événement eut un grand retentissement et nuit gravement à son image publique. Il s’y prit en outre violemment à James Wechsler, figure centrale de la gauche radicale américaine et éditeur au New York Post, qui fut dès lors son ennemi déclaré [20]. Kerouac reconnaissait lui-même dans ses lettres que la consommation abusive d’alcool avait bien souvent aggravé la situation.
En parallèle, fort de son succès d’édition, Kerouac souhaita publier les romans et poèmes écrits entre 1950 et 1957, principalement ceux de la Légende de Duluoz, textes pour la plupart beaucoup plus expérimentaux que sur La Route. Or son éditeur, Viking, n’y était absolument pas favorable préférant un retour à des formes narratives plus conventionnelles et à la fiction. Kerouac de son coté refusait toute modification de ses textes visant les rendre plus accessibles. Certains textes furent néanmoins retouchés ou écrits dans un style plus accessible par Kerouac lui-même[21]. Seuls les Souterrains, publiés dans la foulée de Sur la Route, ne furent pas retouchés. Pour les Clochards Célestes, pourtant écrits à la demande de Cowley dans une forme narrative classique, Kerouac signale avoir dû payer de sa poche les remises en l’état du manuscrit après correction par Viking [22]. A partir de 1959, Malcolm Cowley rejeta tous les nouveaux manuscrits et il dut changer à plusieurs reprises d’éditeur passant chez Avon, McGraw Hill ou F.S Cudahy.
[modifier] Après 1960, Kerouac un auteur « passé de mode »
La publication en 1959 des Clochards Célestes renforça la défiance à son égard. Ce livre écrit après la publication de Sur la Route dans un style volontairement plus conventionnel pour satisfaire ses éditeurs, fut reçu comme une œuvre de commande par la critique qui majoritairement l‘ignora. Seul Henry Miller défendit activement l’ouvrage et l’auteur. Mais il fut surtout largement critiqué par les tenants du Bouddhisme américain, qui virent en Kerouac un bouddhiste fort peu convaincant. Alan Watts publia un article très critique avant même la publication des Clochards Célestes sous le titre « Beat Zen, Square Zen and Zen », dans lequel il notait que la formule de Kerouac "je ne sais pas. je m'en fiche. et cela ne fait pas la moindre différence" révèle "une agressivité [...] qui résonne d'une certaine alarme" [23]. Ruth Sasaki déclara à son propos « c’est un bon portrait de Gary mais il ne connait rien au Bouddhisme ». Même Gary Snyder personnage central du roman bien qu'il s'enthousiasma auprès de Kerouac se montrait beaucoup plus réservé en son absence au sujet de ce livre
Kerouac vécut extrêmement difficilement cet accueil alors même qu’il peinait à défendre ses ouvrages plus anciens et sa poésie. En 1960 James Whechsler l’éreinta dans un livre intitulé Réflexion d’un Editeur en Colère entre Deux Ages, lui reprochant son « irresponsabilité politique et [son] encombrement de la langue américaine avec la Poésie ». La publication de l’interview de A. Aronowitz acheva de ternir son image, tout en augmenta les tensions avec ses amis comme Ginsberg ou Corso qu’il y prend vivement à partie. A la publication du Big Sur, le Time publia une critique particulièrement virulente, s’en prenant non au texte en lui-même mais à l’auteur qualifié de « panthéiste en adoration » ayant découvert la mort à 41 ans [24].
Porté par l’engouement du public pour la Beat Génération et la mode beatnik, mais ayant échoué à s’imposer comme un auteur à part entière, Kerouac fut rejeté avec eux lorsque le vent tourna, victime d’une surexposition médiatique qu’il n’avait pas recherchée. Comme l'écrivait Kerouac lui même à Holmes en 1962 avant la publication de Big Sur "Ils sont tous écoeurés et fatigués de cette salade Beatnik"[25] . La notoriété aidant Kerouac continua néanmoins à pouvoir publier malgré des tirages de plus en plus faibles, ces derniers ouvrages devenant même nettement déficitaires. Mais il fut dès lors quasiment ignoré de la critique et perdit son audience médiatique et populaire auprès de la jeunesse, peinant même à faire réimprimer Sur la Route [26]. A la différence de certains autres membres de la Beat génération, tel Allen Ginsberg ou Gregory Corso et de ses proches comme Gary Snyder ou Neal Cassady, Jack Kerouac ne participa pas au mouvement hippie. Il demeure aujourd’hui encore principalement connu pour Sur la Route et Les Clochards Célestes, ses ouvrages les plus accessibles, qu’il considérait lui-même comme des œuvres de transition devant amener son lectorat vers les textes les plus radicalement ancrés dans la prose spontanée.
[modifier] Note sur les textes français
http://www.nypl.org/press/2007/Beatific_exhibition.cfm
L'exposition à laquelle il est fait référence (Textes français) a connu un très grand succés.
Exposition Beatific Soul : Jack Kerouac, On The Road, jusqu’au 24 février 2008, puis du 1er au 16 mars 2008 à la New York Public Library. 5ème avenue et 42ème rue. New York. Entrée gratuite
[modifier] Note généalogique
L'origine du patronyme Kerouac/Kirouac (et autres variantes) a été énigmatique jusqu'à la fin des années 1990. L'unique ancêtre en Nouvelle-France est Urbain-François Le Bihan de Kervoach, fils de notaire royal, né à Huelgoat en Bretagne. Pour des motifs toujours inexpliqués, il s'est identifié et a signé Maurice-Louis-Alexandre Le Bris de Kervoach, lors de son mariage avec Louise Bernier, le 22 octobre 1732, à Cap-Saint-Ignace (Québec). La découverte au Québec de documents d'archives signés de ses deux noms a contribué à résoudre l'énigme. (Source: JAMB/Association des familles Kirouac inc.)
Une stèle à la mémoire de Jack Kerouac a été érigée en 2000 à Kervoac, commune de Lanmeur (Finistère), d'où est originaire la famille de l'écrivain.
De nouvelles recherches généalogiques ont permis à Patricia Dagier, généalogiste, de donner une hypothèse sur les raisons du changement de patronyme de l'ancêtre de Jack Kerouac. Elles ont également mis en évidence le fait que Jack Kerouac, né et baptisé Jean-Louis Kerouac, avait lui-même opté pour un changement de son nom en déclarant s'appeler Le Bris de Kerouac. Cette information, jusqu'alors ignorée de la plupart de ses biographes, donne un éclairage nouveau sur l'écrivain et une partie de son oeuvre.
[modifier] Anecdotes
- Jack Kerouac a donné son nom à la seconde scène du festival des vieilles charrues se tenant chaque année à Carhaix-Plouguer dans le Finistère.
- Jack Kerouac signale à plusieurs reprises dans ses lettres et dans la préface du Vagabond Solitaire avoir inventé un jeu de carte extrémement compliqué permettant de simuler une saison entiére de base-ball. Ce jeu a semble-t-il été perdu[27].
- Le titre du roman de Kerouac "Satori à Paris" a été récemment repris comme nom par un groupe de hip-hop, Satori à Paris
- Le personnage principal de Sur la route, Dean Moriarty, a inspiré un groupe de country-blues international qui en a fait son nom.
[modifier] Sur l'œuvre de Jack Kerouac
- En 1967, Jack Kerouac donna une interview en français à la télévision de Radio-Canada dans le cadre de l'émission Le Sel de la semaine.
- Jack Kérouac, Essai-poulet (1972), par Victor-Lévy Beaulieu où ce dernier présente Kerouac comme un Canadien français à la recherche de sa propre identité.
- Kerouac, le vagabond, par Ann Charters (Éditions de l'Étincelle, 1975); en langue originale Kerouac: A Biography (1973).
- Memory Babe - Une biographie critique de Jack Kerouac, par Gerald Nicosia (Québec / Amérique, 1994); en langue originale: Memory Babe: A Critical Biography of Jack Kerouac.
- L'ange déchu, une vie de Jack Kerouac, Steve Turner (Mille et une nuits); en langue originale Jack Kerouac: Angel-Headed Hipster (1996)
- Jack Kerouac et le haïku, itinéraire dans l'errance, par B. Agostini et C. Pajotin (Ed.Paroles d'Aube, 1998).
- La Tentation des dehors - petit essai d'ontologie nomade, par Gérard Larnac (Ellipses, 1999).
- Jack Kerouac - Au bout de la route... la Bretagne, par Patricia Dagier et Hervé Quemener (An Here, 1999 - Bretagne).
- Yves Buin a également rédigé une introduction à la lecture de Kerouac intitulée "De Kerouac à Duluoz" pour la compilation "Sur la route et autres romans" (Quarto, Gallimard, 2003)
- Kerouac (2006), Yves Buin (Folio Gallimard)
- Kerouac Jack, Chanson-hommage de Michel Corringe (1970)
- Jack Kerouac, Breton d'Amérique, par Patricia Dagier et Hervé Quemener (Éditions Le Télégramme - 2009)}
[modifier] Liens externes
- (fr) (en) Association des familles Kirouac Family Association inc.
- (ja) ⇒ Jack Kerouac On the Road Map
- (fr) ⇒ Jack Kerouac rencontre Fernand Seguin, Archives de Radio-Canada
- (an) http://www.nypl.org/press/2007/Beatific_exhibition.cfm
[modifier] Notes et références
- ↑ "Je travaille furieusement sur une nouvelle aventure narrative (je n'écris pas de "romans", comme vous le savez), cf. note à Sterling Lord enregistré le 31 mai 1957, publié dans : Jack Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 68.
- ↑ "[...]la LEGENDE DE DULUOZ, à laquelle appartiennent tous mes livres à l'exception du premier roman naturaliste Town & City", cf. lettre à Malcolm Cowley du 4 Février 1957, publié dans : Jack Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 34.
- ↑ cf. lettre à Patricia Macmanus du 15 octobre 1957, publié dans : Jack Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, éditié par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 92.
- ↑ cf. lettre Allen Ginsberg du 18 octobre 1957, publié dans : Jack Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, éditié par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 93.
- ↑ http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Wikiconcours/mars_2009
- ↑ Gary Snyder et Philip Whalen jouèrent incontestablement un rôle important dans la découverte par Kerouac du Boudhisme, néanmoins celui-ci s'était déjà familliarisé avec les textes bouddhiques notamment les Sutras Mahayanna, sous l'impulsion de Malcolm Cowley dés 1954. Cf. lettre à Malcolm Cowley du 6 Aout 1954, publié dans : Jack Kerouac, Lettres Choisies 1940-1956, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2000, PP 397
- ↑ Ann Charters mentionne une lettre de 1957 de Charles Olson "vous considérant [...] comme un poète sur la base de cette pavane à la Major Hoople [...] c'est une forme serrée - délicieuse", Kerouac selon ses propres terme avait "plastronné comme un dindon" à la réception de ce courrier. Cf. lettre à Charles Olson 12 octobre 1957, publié dans : Jack Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 92
- ↑ Les relations avec Laurence Ferlinghetti furent à ce sujet houleuses. Kerouac ayant besoin de City Lights comme éditeur resta toujours modéré dans ses échanges avec lui. Avec d'autres correspondants, il se montrait beaucoup plus critique allant jusqu'à l'accuser, à mots à peine voilés, de plagiat ; "et voila que paraissent ses nouveaux poèmes chez New Directions utilisant toutes mes images et mon style..." Cf lettre à Lawrence Ferlinghetti avant le 8 janvier 1958, publié dans : Jack Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 126 et Lettre à Gary Snyder du 19 juin 1958, publié dans : Jack Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 161 et suivantes
- ↑ C'est Cowley qui m'a aidé, j'ai donc écrit à Cowley pour le remercier, et il a répondu en disant : "peut être qu'un éditeur prendra sur le route maintenant". Cf. lettre à M. Cowley du 23 Aout 1954, publié dans : Jack Kerouac, Lettres Choisies 1940-1956, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 399.
- ↑ Holmes écrivit en novembre 1957 un article intitulé the Philosophy of the Beat Generation sur lequel Kerouac se montrat plutot réservé, il demeura toutefois en bons termes avec Holmes et n'hésita pas à recommander son deuxième ouvrage (The Horn) à Random House. Les relations avec Kenneth Rexroth furent quant à elles beaucoup plus conflictuelles. Cf. lettre à John Clellon Holmes du 8 novembre 1957, publié dans : Jack Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 103 et suivantes
- ↑ Cf. Jack Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 107
- ↑ . Le film, produit par Charles F. Haas, est sorti en juillet 1959 aux Etats-Unis. Kerouac fut extrêmement contrarié de ne pas avoir été consulté par la MGM pour obtenir l'autorisation d'utiliser cette expression qu'il avait pourtant inventé. Il tenta d'engager un procès. En vain. Cf. Lettre à Allen Ginsberg du 28 août 1958, publié dans : Jack Kerouac, "Lettres Choisies 1957-1969", rassemblées par Ann Charters, édité par Gallimard, Paris 2007, PP 179
- ↑ . Le 23 janvier 1955, après avoir fait le bilan amer du rejet de tous ses manuscrits par les maisons d'éditions susceptibles de publier ses textes, Kerouac écrit à Sterling Lord, "Je crois que le temps est venu pour moi de reprendre mes manuscrits et d'oublier l'idée de publier.." Cf. Jack Kerouac, "Lettres Choisies 1940-1956", rassemblé par Ann Charters, édité par Gallimard, Paris 2000, PP 429
- ↑ . Dans certaines lettres d'avant 1957, Kerouac laisse exploser sa rancœur à l'égard de ses amis ayant connu un début de succès littéraire. Il écrit ainsi le 8 octobre 1952 à Allen Ginsberg "Tu crois que je ne me rends pas compte à quel point tu es jaloux et comment toi et Holmes et Solomon vous donneriez votre bras droit pour être capable d'écrire l'écriture de "Sur la route" continuant ainsi sur des pages entières en propos homophobes et antisémites. Cf Kerouac, "Lettres Choisies 1940-1956", rassemblé par Ann Charters, édité par Gallimard, Paris 2000, PP 347
- ↑ . Dans une lettre à Gary Snyder de Mai 1956, Kerouac note ainsi, a propos d'un différent l'opposant déjà à Rexroth : "je n'ai aucune raison de le détester plus que quelqu'un comme Malcom Cowley, mes pères littéraires [...] cf Kerouac, "Lettres Choisies 1940-1956", rassemblé par Ann Charters, édité par Gallimard, Paris 2000, PP 535
- ↑ La majeure partie de l'argent gagnée avec le publication de Sur la Route fut investie dans l'achat d'une maison pour sa mére à Northport d'une valeur de 14000 dollars payés en un an
- ↑ Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 34, note de bas de page de Ann Charters
- ↑ . Dans sa chronique du 26 octobre 1958, Adams modéra ses propos et admis que "lorsque Kerouac se concentre, il peut décrire le monde de l'expérience physique mieux que quiconque depuis Hemingway
- ↑ Cf lette à Allen Ginsberg du 8 janvier 1958. Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 129
- ↑ Kerouac relate cet événement dans le détail dans une lettre du 6 novembre 1958 à John Montgomery. Cf Jack Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 194
- ↑ Une lettre à Sterling Lord en date du 4 mars 1957 résume bien sa position à ce sujet avant même la publication de Sur la Route: " Cette horrible entreprise de castration par Don Allen [...] est une violation du caractère sacré de la prose..." cf Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 36
- ↑ dans l'interview donnée à A. Aranowitz, Kerouac revient longuement sur ce fait " ils ont foutu 3000 virgules ! [...] ils ont trafiqué les phrases, tout - alors j'ai remis les choses en place, et ils m'ont envoyé une facture de 500 dollars !" Cf Burroughs, Kerouac, Pélieu. Jack Kerouac, 1971, l'Herne. PP 37
- ↑ cité par l'article fut publié en même temps qu'un extrait des clachard céleste et des textede Philip Whalen et Gary Snyder dans le numéro d'été 1958 de Chicago Review
- ↑ Lawrence ferlinghetti écrivit le 15 septembre 1962 une lettre de protestation au Time pour défendre Kerouac, lettre qui ne fut jamais publiée. Cf Jack Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 383
- ↑ Cf Jack Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 377
- ↑ Dans une lettre à Arabelle Porter de Viking Kerouac signale avec insistance "Si seulement vous saviez l'énorme demande qui existe dans ce pays même[...]pour Sur La Route" Cf Jack Kerouac, Lettres Choisies 1957-1969, édité par Ann Charters, Gallimard, Paris 2007, PP 441
- ↑ "J'ai inventé mon propre jeu de base-ball, avec des cartes, extrêmement compliqué; et je suis en train de jouer une saison de toute une série de 154 matchs [...], in : Jack Kerouac, Le Vagabond Solitaire, préface, Gallimard, Paris, 1969, PP 10.

