Chuck Berry

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Chuck Berry

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Chuck Berry en 1957.

Informations générales
Naissance 18 octobre 1926 (88 ans)
Saint-Louis, Missouri
Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale chanteur, musicien
Genre musical Rock and roll, Rhythm and blues, Blues
Instruments Guitare, guitare électrique
Années actives Depuis 1953
Labels Chess Records (1953-1965 ; 1969-1975)
Mercury Records (1966-1969)
Site officiel www.chuckberry.com
Chuck Berry, You can't catch me, 1956.
Chuck Berry lick.

Chuck Berry, né Charles Edward Anderson Berry à Saint-Louis, Missouri le 18 octobre 1926, est un guitariste, chanteur et compositeur américain. Il fait partie des artistes les plus importants du rock and roll. Il a influencé de nombreux autres artistes, et son répertoire a été très souvent repris (dont ses titres les plus célèbres, Johnny B. Goode et Roll Over Beethoven).

En 2003, Rolling Stone Magazine l'a classé 6e meilleur guitariste de tous les temps[1] et 25e plus grand chanteur de tous les temps[2]. Il est notamment classé 7e sur la liste des 10 plus grands joueurs de guitare électrique de tous les temps par le magazine Time en 2009[3]

Biographie[modifier | modifier le code]

Chuck Berry découvre la musique dans l'église locale où il se rend régulièrement avec ses six frères et sœurs. Ses parents font en effet partie de la chorale locale. Il est scolarisé à la Simmons Grade School puis à la Summer Grade School. Il apprend la basse et la guitare dans le club musical Glee.

En 1944, encore jeune homme, il passe trois ans dans une maison de redressement, pour vol à main armée[4]. À sa sortie, il travaille pour la General Motors, puis comme coiffeur en 1951 et se lance dans la musique avec Johnnie Johnson au piano. Son premier enregistrement, chez Chess, est son premier succès : Maybellene est enregistré en mai 1955, sort en juillet, atteint la première place des charts R&B en août et s'y maintient pendant 11 semaines. Il monte aussi à la cinquième place dans le Billboard Hot 100. Pendant les cinq années suivantes, Berry enchaînera une remarquable série de succès qui deviendront des classiques du rock, tels Thirty Days, Brown Eyed Handsome Man, Sweet Little Sixteen, Roll Over Beethoven, School Day, Rock and Roll Music, Carol et, bien sûr, Johnny B. Goode.

Il a de nouveau des ennuis en octobre 1961, lorsqu'il invite une jeune apache de 14 ans, qu'il a rencontrée à Mexico, pour la faire travailler dans son club de nuit (le « Berry's Club Bandstand ») à Saint Louis. Après l'arrestation de la jeune fille pour prostitution (elle-même ayant faire croire à Berry qu'elle était majeure donc 21 ans), c'est au tour de Chuck Berry d'être accusé pour sa part d'avoir transporté une mineure entre deux États pour l'exploiter[5]. Berry est condamné à vingt mois fermes et doit verser une amende de 5 000 $. Il est libéré fin 1963[6],[7]. Malgré cela, son influence est restée profonde, particulièrement dans les groupes américains et anglais des années 1960. Les Rolling Stones et AC/DC lui ont beaucoup emprunté.

Il change de maison de disques en 1966, quittant Chess Records pour Mercury Records jusqu'en 1969. Puis il revient chez Chess.

Pendant des années, Chuck Berry a tourné avec sa seule guitare Gibson, confiant dans le fait de trouver un groupe connaissant sa musique et capable de le suivre sans avoir répété avec lui avant. Parmi les artistes qui ont joué ce rôle, on trouve Bruce Springsteen ou Steve Miller. Le 13 septembre 1969, il fait une prestation remarquable lors d'un concert au Toronto Rock and Roll Revival Festival, auxquels participent également Bo Diddley, Little Richard, Jerry Lee Lewis, John Lennon et Yoko Ono.

Après avoir profité de la vague oldies des années 1970, il a de nouveaux problèmes avec la justice en 1979. Accusé d'évasion fiscale, il plaide coupable et est condamné à 4 mois d'emprisonnement et 1 000 heures de travaux d'intérêt général[8].

À la fin des années 1980, Chuck Berry ouvre un restaurant à Wentzville dans le Missouri, le « Southern Air »[9] où il a encore des problèmes avec la justice pour avoir placé des caméras dans les toilettes des femmes. Berry possède aussi un domaine, le Berry Park où, pendant des années, il a accueilli des concerts de rock. Depuis les années 1970, il n'a pas cessé de se produire régulièrement aux États-Unis et à travers le monde. Un mercredi par mois, il a longtemps joué au Blueberry Hill, un restaurant et bar situé près de Saint Louis.

En 1986, le cinéaste Taylor Hackford réalise le documentaire Hail! Hail! Rock 'n' Roll, qui est en grande partie la captation des répétitions et des concerts organisés par Keith Richards pour célébrer le soixantième anniversaire de Chuck Berry, lequel y est notamment entouré du pianiste Johnnie Johnson, du batteur Steve Jordan, des guitaristes Keith Richards (des Rolling Stones), Eric Clapton, Robert Cray et des chanteuses Etta James et Linda Ronstadt. Le film présente aussi des entretiens avec d'autres stars du rock et du blues. Un album est réalisé en octobre 1987 sur le label MCA.

C'est un des premiers musiciens à être entré au Rock and Roll Hall of Fame, en 1986.

Après l'an 2000, il donne une série de concerts qui rencontrent un vif succès, remplissant les salles européennes (l'Olympia de Paris, notamment, en 2005, 2006 et 2007).

Le 1er janvier 2011, âgé de 84 ans, l'artiste très fatigué doit interrompre une prestation à Chicago, après avoir donné un concert erratique[10],[11],[12].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Berry est marié avec Themetta "Toddy" Suggs depuis le 28 octobre 1948. Ils ont eu une fille nommée Darlin Ingrid Berry (surnommée Ingrid) le 3 octobre 1950[13].

Musique et influences[modifier | modifier le code]

Alors qu'on débat encore du titre qui a été la première chanson de rock and roll, les premiers enregistrements de Chuck Berry, dès Maybellene, combinent déjà tous les éléments du rock, mélange de blues et de country, des textes simples qui parlent de filles et de voitures, des solos de guitare électrique limpides, sans compter le jeu de scène associé (dont la danse duckwalk, qu'il a inventée) qui emportent l'adhésion du public...

Il a élaboré son style à partir d'harmonies simples et répétitives et de textes entrainants ou drôles, mais tout aussi simples. Il a été influencé par la musique country, mais aussi et surtout par le blues, notamment Muddy Waters, chanteur et guitariste qui a présenté Chuck Berry à Leonard Chess de Chess Records. Parmi les idoles de Chuck Berry on compte aussi Nat King Cole, chanteur et pianiste, et Louis Jordan.

Ses plus célèbres compositions ont été enregistrées par les disques Chess avec le pianiste Johnnie Johnson et le légendaire producteur Willie Dixon à la contrebasse, Fred Below aux percussions et, bien sûr, sa guitare.

Au cours de sa carrière, Chuck Berry a aussi enregistré des ballades comme Havana Moon et quelques blues comme Wee Wee Hours. Plus de 30 de ses titres se sont hissés dans le Top 10 et ses chansons ont été reprises d'innombrables fois par des groupes de blues, de country, de rock and roll, de punk rock et même de hard rock.

Il enregistre un nouveau tube en 1972 avec My ding-a-ling (N° 1 au Billboard Hot 100 pendant 2 semaines).

Titres marquants[modifier | modifier le code]

Rock'n'Roll[modifier | modifier le code]

Blues[modifier | modifier le code]

  • Wee Wee Hours
  • Deep Feeling
  • Confessing the Blues, le titre phare du jazzband de Jay McShann.
  • Merry Christmas, Baby, chanté à l'origine par Charles Brown.
  • Things I Used to Do, de Guitar Slim.
  • Bio

Instrumentaux[modifier | modifier le code]

Ce grand guitariste a également enregistré des instrumentaux, rock ou blues, parmi lesquels :

  • Deep Feeling
  • Rock At The Philharmonic
  • Guitar Boogie
  • Mad Lad (Davis)
  • Liverpool Drive
  • Chuck's Beat et Bo's Beat, deux morceaux créés en collaboration avec Bo Diddley pour l'album Two Great Guitars (1964)
  • Concerto in B Goode, morceau de plus de dix-huit minutes enregistré en 1968

Reggae[modifier | modifier le code]

Le chanteur de reggae Peter Tosh a également repris Johnny B. Goode sur son album Mama Africa (1983)

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Chuck Berry.

Matériel[modifier | modifier le code]

Voici une liste du matériel le plus souvent employé par Chuck Berry[14] :

À partir de 1958, Chuck utilisera presque exclusivement des Gibson ES-335 :

  • Gibson ES-335 standard
  • Gibson ES-335 T sunburst 1958
  • Gibson ES-335 (à cordier trapèze) 1960
  • Gibson ES-335 rouge TDC

L'héritage de Chuck[modifier | modifier le code]

De nombreux groupes ont pris Chuck Berry pour modèle :

Apparitions[modifier | modifier le code]

  • Dans Retour Vers Le Futur, de Robert Zemeckis, Marty McFly chante et joue à la guitare la chanson Johnny B. Goode, lors de la scène du bal des parents. L'un des musiciens appelle alors son cousin, et lui dit : « Chuck, Chuck, c’est Marvin. Oui, ton cousin Marvin Berry. Y’a quelque temps tu m’as dis que tu cherchais un son nouveau, hein ? Bon alors écoute ça ! ». Il s'agit d'une référence à Chuck Berry, prétendant que c'est Marty qui lui aurait insufflé ce nouveau genre qu'était le rock.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « The 100 Greatest Guitarists of All Time », Web.archive.org,‎ 5 mai 2008 (consulté le 12 septembre 2014)
  2. http://www.rollingstone.com/music/lists/100-greatest-singers-of-all-time-19691231/chuck-berry-19691231.
  3. « Time Magazine Picks the 10 Best Electric Guitar Players », sur Fretbase.com,‎ 24 août 2009 (consulté le 7 octobre 2011)
  4. (en) « Sweet Tunes, Fast Beats and a Hard Edge - Series »,‎ 23 février 2003 (consulté le 12 septembre 2014)
  5. (en) « The Long, Colorful History of the Mann Act », NPR (consulté le 12 septembre 2014)
  6. (en) « 295 F.2d 192 », ftp.resource.org (consulté le 12 septembre 2014)
  7. (en) Chuck Berry goes on trial for the second time
  8. (en) Jet, Johnson Publishing Company,‎ 30 août 1979 (lire en ligne), p. 61
  9. (en) « Chuck Berry », history-of-rock.com (consulté le 8 septembre 2014)
  10. (en) « Chuck Berry recovering at home from exhaustion after Chicago show »,‎ 1er janvier 2011 (consulté le 8 septembre 2014)
  11. « Chuck Berry felt ill on stage in Chicago 01.01.2011 », sur YouTube,‎ 1er janvier 2011
  12. « Chuck Berry after collapse in Chicago 01.01.2011 – on Stage explaining What Happened », sur YouTube,‎ 1er janvier 2011
  13. (en) Ain't But a Place: An Anthology of African American Writings about St. Louis, Missouri History Museum,‎ 1998 (ISBN 9781883982287, lire en ligne), p. 166
  14. (informations recueillies dans le magazine Blues Again! n°3)
  15. documentaire Hail Hail Rock and Roll

Liens externes[modifier | modifier le code]

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