Nikolaus Harnoncourt

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Nikolaus Harnoncourt

Nom de naissance Johann Nikolaus, comte de La Fontaine et d’Harnoncourt-Unverzagt
Naissance 6 décembre 1929 (85 ans)
Berlin, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Activité principale Chef d'orchestre
Style Musique Baroque
Musique Classique
Activités annexes violoncelliste, gambiste

Répertoire

Bach

Nikolaus Harnoncourt, de son nom complet Johann Nikolaus comte de La Fontaine et d’Harnoncourt-Unverzagt (en allemand, Johann Nikolaus Graf von La Fontaine und Harnoncourt-Unverzagt), né le 6 décembre 1929 à Berlin, en Allemagne, est un chef d'orchestre, violoncelliste et gambiste autrichien. Il est connu pour la grande historicité de ses interprétations musicales de l'ère classique et antérieures.

Généalogie[modifier | modifier le code]

  • Nikolaus Harnoncourt est le fils d’Eberhard de La Fontaine (1896–1970), comte d’Harnoncourt-Unverzagt, et de sa seconde épouse, Ladislaja (1899–1997), comtesse de Méran et baronne de Brandhoven[1].
  • Du côté paternel, il descend d’une famille lorraine (de La Fontaine) partie de Marville (Meuse) pour Harnoncourt (située aujourd’hui en Belgique, jadis en Lorraine). C’est à cette période qu’est ajoutée la mention « d’Harnoncourt » au patronyme. Joseph Louis Matthieu de La Fontaine d’Harnoncourt (1736–1816), passa au service des Habsbourg alors que François III de Lorraine qui épousa l’archiduchesse Marie-Thérèse de Habsbourg, avait été élu Empereur romain germanique sous le nom de François Ier du Saint-Empire en fondant ainsi la dynastie des Habsbourg-Lorraine. Joseph Louis Matthieu de La Fontaine d’Harnoncourt épousa en Autriche la comtesse Unverzagt et fonda ainsi la famille du musicien. Après sa carrière autrichienne, il revint en France à Harnoncourt, reprit la nationalité française et mourut en 1816[2].
  • De ce mariage naissent quatre enfants, parmi lesquels :
    • Elisabeth (1954), comtesse de la Fontaine et d’Harnoncourt-Unverzagt, qui épouse, en 1981 Ernst-Jürgen von Magnus (1943)[1], et est une chanteuse d’opéra et d’oratorio mezzo-soprano.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nikolaus Harnoncourt est né à Berlin, en Allemagne. Deux ans après sa naissance, son frère Philipp vit le jour et la famille déménage à Graz, où le père avait obtenu un doctorat et un poste dans le gouvernement (Landesregierung) de Styrie. Nikolaus Harnoncourt grandit donc à Graz, en Autriche, et étudie la musique à Vienne.

Nikolaus Harnoncourt fonde le Concentus Musicus Wien avec sa femme, Alice Hoffelner, en 1953 alors qu'il joue du violoncelle avec l'Orchestre symphonique de Vienne. Ce groupe se consacrait à l’authentic performance (« interprétation authentique ») sur instruments d'époque, et vers les années 1970 son travail au sein de ce dernier lui procure une certaine notoriété.

De fait, Nikolaus Harnoncourt et le Concentus Musicus Wien prennent place au premier rang des musiciens qui, par leurs travaux de recherche, leurs interprétations, leurs écrits, leur enseignement, ont initié, à partir des années soixante, une véritable révolution dans l'interprétation et dans la réception de la musique baroque européenne. Cette révolution a modifié la compréhension et l'évaluation d'une grande partie de cette musique pour de nombreux interprètes dont les productions couvrent le dix-septième et le dix-huitième siècles. Elle a exercé une certaine influence sur notre culture et notre sensibilité musicales. De nombreux enregistrements d'Harnoncourt et du Concentus Musicus Wien ont été dans les années 1970 et 1980 des références incontournables pour certains. Bien que contestés par les "modernistes" les Concertos brandebourgeois (1964) et l'intégrale des cantates de Bach, L'Orfeo (1968) et L'incoronazione di Poppea (1974) de Monteverdi, Il cimento dell'armonia e dell'inventione (1977) de Vivaldi, Belshazzar (1978), l’Ode à sainte Cécile (1978), Alexander’s Feast (1979), Jephtha[3] (1979) de Haendel, comptent parmi les fleurons d'une abondante et brillante discographie.

En 1967 au côté du chef Gustav Leonhardt, il tient un rôle dans Chronique d’Anna Magdalena Bach, un film de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet[4].

Il a plus tard travaillé avec beaucoup d'autres orchestres en utilisant des instruments modernes, principalement l'Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam, à partir de 1977, mais veillant toujours à préserver une authenticité historique en termes de tempi, de dynamique musicale, etc. Il a également étendu son répertoire en continuant à jouer de la musique baroque, travail qui l'a rendu célèbre, mais aussi le répertoire d'opérettes viennoises et de symphonies romantiques et post-romantiques (Anton Bruckner). En 2009, il a dirigé à Graz Porgy and Bess de Gershwin. Il a effectué un enregistrement des symphonies de Beethoven, avec le Chamber Orchestra of Europe.

En 1971, Harnoncourt et Gustav Leonhardt entreprirent d'enregistrer toutes les cantates de Jean-Sébastien Bach. Le projet se termina en 1990, et fut le premier et unique cycle complet de cantates (exceptées les nos  51 et 199) à utiliser des voix solistes et un chœur exclusivement masculin. En 2001, une excellente critique et un Grammy Award vinrent récompenser l'enregistrement de la Passion selon Saint Matthieu de Bach dirigée par Harnoncourt.

L'intelligence d'Harnoncourt lui a permis de recentrer largement ses interprétations depuis les années 2000, prenant beaucoup de distance avec les options de ses premiers enregistrements qui ont parfois irrité.

Écrits publiés[modifier | modifier le code]

  • Le dialogue musical, Monteverdi, Bach et Mozart, traduit de l'allemand par Dennis Collins, publié en 1985 aux Éditions Gallimard (ISBN 2-07-070488-2)
  • Le discours musical, traduit de l'allemand par Dennis Collins, publié en 1982 aux Éditions Gallimard (ISBN 2-07-070171-9)

Autre ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Monika Mertl, Alice et Nikolaus Harnoncourt, une biographie, traduit de l'allemand par Christian Labarre, Louvain-la-Neuve, Éditions Versant Sud, 2002. (ISBN 2-930358-09-2).

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Nicolas Enache, La Descendance de Marie-Thérèse de Habsbourg, reine de Hongrie et de Bohême, 1996, édité par L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, p. 266 (ISBN 2-908003-04-X).
  2. http://www.luxemburgensia.bnl.lu/cgi/luxonline1_2.pl?action=fv&sid=luxbio&vol=07&page=128&zoom=3 La Famille de La Fontaine à Marville
  3. Jephté, en français.
  4. Agnès Perrais, « Chronique d’Anna Magdalena Bach ou la chair de la musique »

Liens externes[modifier | modifier le code]