Jeff Buckley

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Jeff Buckley

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Informations générales
Nom de naissance Jeffrey Scott Buckley
Naissance 17 novembre 1966
Anaheim, Californie
Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès 29 mai 1997 (à 30 ans)
Memphis, Tennessee
Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale Musicien
Genre musical Folk-rock, rock alternatif
Instruments Guitare, Guitare basse, Batterie, Harmonium, Dulcimer, Sitar, Tablâ, Harmonica
Années actives 19911997
Labels Columbia Records
Site officiel www.jeffbuckley.com

Jeff Buckley (né à Anaheim, Californie le 17 novembre 1966 et mort à Memphis, Tennessee, le 29 mai 1997) est un chanteur et guitariste américain. Il est le fils du chanteur Tim Buckley et de Mary Guibert, et est l'auteur d'un unique album studio de son vivant, Grace, sorti en 1994. C'est après sa mort (noyade à l'âge de trente ans) qu'il connaît la plus grande notoriété. Il est considéré aujourd'hui comme un des musiciens majeurs des années 1990[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

À la naissance de Jeff, ses parents Tim Buckley et Mary Guibert sont déjà séparés : Tim préfère se consacrer à la musique plutôt qu'à la vie de famille (son premier album, intitulé « Tim Buckley », sorti le 19 novembre 1966, deux jours après la naissance de Jeff)[2]. Jeff vit donc avec sa mère (le divorce de Tim et Mary est prononcé le 29 août 1967[3]).

Jeff et sa mère habitent d'abord chez les parents de Mary mais la jeunesse de Jeff est rythmée par de nombreux déménagements avec un niveau de vie parfois des plus modestes[4]. À deux ans, il entre à l’école d’Anaheim, école maternelle qui applique la pédagogie Montessori[5].

L'éveil et la passion de Jeff pour la musique se fait beaucoup par sa mère qui joue très souvent du piano en sa présence (des morceaux de Beethoven et Rachmaninov entre autres)[6] ou des chanteuses comme Barbra Streisand, Joni Mitchell ou Carole King[7]. Durant cette période, il découvre également des artistes comme les Beatles ou encore Simon & Garfunkel. Il découvre, à l’école[réf. nécessaire] ou à la télévision[8], selon les sources, les chansons d'Édith Piaf, chanteuse appréciée de son père[8]. Par la suite, Jeff reviendra beaucoup sur l'importance de Ron Moorhead dans sa formation musicale. Ron est le deuxième époux de Mary Guibert (de 1969 à 1973) et est le père de Corey James Moorhead (né en mars 1972), le frère de Jeff. Il fait découvrir à Jeff beaucoup de groupes de rock dont les Moody Blues, Crosby, Stills & Nash, les Doors ou encore Led Zeppelin[9],[7].

Le 29 juin 1975, Tim décède d'une overdose à l'âge de 28 ans. Jeff n'a connu que très peu son père : tous les deux ne se voyaient qu'en de rares occasions. Jeff l'a tout de même vu une fois en concert (à Huntington Beach près d'Anaheim, deux mois avant le décès de Tim)[10]. Tim a si peu de relations avec Jeff et Mary que ces derniers ne sont même pas invités aux obsèques[11]. Tim Buckley a enregistré deux chansons parlant d'eux : « I Never Asked To Be Your Mountain » et « Dream Letter ».

Adolescence[modifier | modifier le code]

C'est à partir de 1979 que Jeff se passionne vraiment pour la musique : le premier groupe pour lequel il se passionne est Kiss[12] mais il reçoit surtout pour Noël sa première guitare électrique, une imitation d'une Gibson Les Paul noire avec laquelle il apprend notamment à jouer le morceau My Sharona du groupe The Knack (ce morceau est également le premier que Kurt Cobain a appris à jouer)[13],[6],[14]. Il développe beaucoup son jeu de guitare en intégrant, en 1981, l'orchestre de jazz de son lycée (Jeff est inscrit au lycée Loara à Anaheim, le même lycée où ses parents se sont rencontrés[15]). C’est aussi l’époque où il prend pour nom celui qui figure sur son acte de naissance (auparavant, il était appelé « Scotty » Guibert, puis Moorhead, puis Buckley)[16].

En 1981, sa mère déménage à Orange County, ce qui lui permet de fréquenter la Loara High School, lycée fréquenté par ses parents, où les arts avaient une grande place[17]. À cette époque, il s’intéresse au rock progressif (notamment les groupes Yes et Rush[18]). Après avoir fait partie du groupe de jazz du lycée pendant l’automne et l’hiver 1981-1982, il devient membre de Powerage en avril 1982[18], un groupe de hard-rock formé par 3 de ses amis de lycée. L'arrivée de Jeff au sein du groupe les fait évoluer vers un style plus rock progressif et le groupe se rebaptise « Mahre Buckham » (mélange des syllabes de leurs noms de familles : Tim Marse, Robin Horry, Jeff Buckley et Jason Hamel[19])[20],[21]. Au départ, Jeff ne veut pas chanter mais il est tout de même derrière le micro pour leur premier concert, le 21 septembre 1982 (ils jouent essentiellement des reprises dont Fire de Jimi Hendrix, Roxanne de Police et Spirit of Radio de Rush). Le groupe se sépare après une poignée de concerts supplémentaires dont le dernier a lieu lors de la fête de fin d'année de son lycée[22],[23].

En 1984, Jeff déménage à Los Angeles. Grâce à un capital d'argent placé à la mort de son père, il parvient à s'inscrire au Guitar Institute of Technology, où il passe jusqu’à 17 heures par jour à travailler, notamment dans le style jazz fusion, qui lui permet d’éviter toute comparaison avec son père[24]. Avec deux autres élèves de cette école, il forme un trio. Durant cette période, il s'ouvre à d'autres styles de musique comme le jazz, la bossa-nova ou encore le reggae[25].

Il obtient son diplôme l'année suivante. Les choses stagnent alors un peu pour Jeff : il a essentiellement plusieurs emplois alimentaires, et travaille sa musique chez lui, en s’imposant une discipline de travail militaire (avec des exercices programmés pour toute la journée) et une hygiène de vie ascétique[26]. Il enregistre, en 1987, sa première maquette intitulée « White Boy Music »[27].

Les débuts[modifier | modifier le code]

Durant l'été 1986, il rencontre Michael Clouse (en), le propriétaire d'un studio d'enregistrement à Glendale, dans lequel plusieurs groupes viennent enregistrer des maquettes. Ils deviennent amis et démarrent ainsi une petite collaboration : Jeff compose et enregistre des arrangements pour les démos des clients de Michael tandis que ce dernier s'occupe des parties son et mixage[28],[29].

« Je veux faire un album qui fasse oublier « Led Zeppelin II » ! »

— Jeff Buckley à Michael Clouse (durant leur collaboration de 1988 à 1990)[30],[31]

Jeff participe à différents groupes : un groupe de reggae nommé A.K.B. (Al Kirk Band) qui accompagne notamment, le temps d'un concert, la chanteuse Judy Mowatt (ex-choriste de Bob Marley), The Wild Blue Yonder, groupe de roots-rock, fait des démos de funk et de R&B, et enfin joue dans Group Therapy, un groupe de hard-rock[32].

En février 1990, Jeff Buckley écoute avant sa mise sur le marché l’enregistrement du concert de son père, Dream Letter : Live in London 1968 (en) chez Enigma Records[33]. Immédiatement après, Jeff concrétise une idée qui lui trotte dans la tête depuis plusieurs mois : aller à New York. Il s'y rend avec son ami Shinehead, un chanteur de reggae qu'il accompagne sur scène à l'occasion. Il y reste quelques mois, colouant l’appartement de l’actrice Brooke Smith[34]. Durant cette période, Jeff compose quelques chansons, dont « Eternal Life ». C’est sa colocataire qui lui fait découvrir à la fois l’herbe et la musique qawwali, et notamment le chanteur Nusrat Fateh Ali Khan qui deviendra une de ses plus grandes influences musicales[35],[36],[6],[37].

Jeff revient à Los Angeles en septembre 1990 après que Herb Cohen, l'ancien manager de son père, lui propose de l'aider et de financer l'enregistrement d'une maquette (Herb se tenait très souvent au courant des progrès musicaux de Jeff). Il enregistre ainsi, en compagnie de Michael Clouse, quatre chansons (« Unforgiven », qui sera plus tard rebaptisée « Last Goodbye », « Eternal life », « Strawberry Street » et « Radio ») qu'il rassemble sous le nom « The Babylon Dungeon Sessions »[38],[39].

Ces chansons n'ont pas le succès espéré et, mis à part une rencontre et une tentative de collaboration avec la chanteuse Carole King au début de l'année 1991, les choses n'avancent pas beaucoup pour Jeff[40]. C’est à cette époque (entre 1987 et 1991) que Jeff Buckley commence à faire des recherches sur son père biologique, Tim Buckley[41].

« Greetings from Tim Buckley » : la rencontre avec Gary Lucas[modifier | modifier le code]

C'est en avril 1991 que tout démarre vraiment pour Jeff Buckley quand un concert en hommage à son père est organisé à l'église Saint-Ann de New York. Hal Willner, l'organisateur de ce projet intitulé « Greetings from Tim Buckley », prend contact avec Herb Cohen (l'ancien manager de Tim), qui lui signale l'existence de Jeff et du talent de celui-ci. De cette façon, Jeff finit par être invité à jouer au concert[42]. Jeff Buckley retourne donc à New York le 20 avril. Une fois là-bas, Hal Willner lui présente rapidement Gary Lucas (un ancien collaborateur de Captain Beefheart) avec l'idée de les faire jouer ensemble durant le concert. Le courant passe rapidement entre les deux hommes qui se mettent ainsi au travail[43].

Le jour du concert, le 26 avril, ils jouent « Sefronia-King's Chain », « Phantasmagoria In Two » et surtout « I Never Asked To Be Your Mountain », chanson avec laquelle Jeff a toujours entretenu des rapports ambigus (« Je suis mentionné dans la chanson, tout comme sa petite amie de l'époque, ma mère. C'est une chanson magnifique, que j'admirais et haïssais à la fois, et c'est pour cette raison que c'est celle que j'ai chantée »[44]). Il modifie légèrement les paroles, ce qui fait de cette interprétation, selon David Brown, une réponse à son père et une catharsis[45]. Le public est très impressionné par Jeff, sa voix et ses qualités de chanteur. Il vole ainsi la vedette à tous les autres musiciens invités, à tel point qu'au moment du rappel, il revient seul sur scène interpréter « Once I Was »[46].

Après ce concert, Jeff prolonge son séjour à New York de plusieurs semaines : il est sollicité de toute part et Rebecca Moore, présente aux répétitions, devient sa petite amie[47],[48].

Gods & Monsters[modifier | modifier le code]

Jeff retourne ensuite à Los Angeles et démarre des répétitions avec ses amis Chris Down (claviériste de Fishbone) et Carla Azar. Ils envisagent de former un vrai groupe (ils composent notamment le morceau « What Will You Say » que Jeff joue ensuite très souvent sur scène)[49].

Au même moment, à New York, Gary Lucas, très satisfait de sa collaboration avec Jeff, lui propose une place de chanteur dans son groupe Gods & Monsters. Pour motiver Jeff à revenir à New York, Gary se met à composer des morceaux et les lui envoie[50]. C'est surtout la présence de Rebecca Moore à New York qui, en juin 1991, décide Jeff à y revenir (par intermittence au départ) et s'investir dans le groupe de Lucas[50].

Ainsi, Jeff se met au travail avec Gary. Il écrit des paroles et compose une mélodie pour les deux morceaux que ce dernier lui a envoyés et qui deviennent alors « Grace » et « Mojo Pin ». Le 17 août 1991, ils enregistrent ces deux chansons aux studios Krypton avec Jared Nickerson à la basse et Tony Lewis à la batterie et décrochent un peu plus tard un contrat avec le label « Imago »[51],[52].

Début 1992, Jeff quitte définitivement L.A. et s'installe avec Rebecca Moore dans le Lower East Side de New York. L'association Lucas/Buckley se constitue rapidement un plus gros répertoire avec, entre autres, des compositions comme « She's Free », « Harem Man » ainsi que des reprises telles que « L'Hymne à L'Amour » (d'Édith Piaf) et « Satisfied Mind » (de Porter Wagoner[53])[54] et démarre une série de concerts.

Cependant, des tensions apparaissent dans le groupe : les deux hommes ont des différends artistiques, Gary veut faire signer à Jeff un contrat l'empêchant de s'investir dans d'autres projets que « Gods & Monsters »[55] et Jeff n'est pas satisfait du nouveau contrat que leur propose Imago[56]. Le conflit a lieu le 14 mars, le lendemain d'un concert donné à l'église St-Ann (le lieu de leur rencontre). Kate Hyman (la patronne du label Imago) devait décider à l'issue du concert de continuer ou non la collaboration avec « Gods & Monsters » mais donnera son accord pour signer Jeff uniquement, sans le reste du groupe. Cette décision et les différends entre Gary et Jeff mettent un terme à leur collaboration[57].

Le phénomène du Sin-é bar[modifier | modifier le code]

Jeff commence alors à se produire seul sur scène. Par l'intermédiaire de Daniel Harnett, un ami de Rebecca Moore, il découvre un petit bar irlandais du nom de « Sin-é », situé dans le Lower East Side de New York et qui accueille fréquemment les musiciens locaux. Jeff y joue pour la première fois en avril 1992[58]. Il apprécie très vite l'endroit et revient rapidement faire d'autres concerts.

Shane Doyle, le patron du bar, apprécie tellement les performances de Jeff qu'il le fait jouer au « Sin-é » tous les lundis. Jeff y joue quelques-unes de ses compositions (« Mojo Pin », « Grace », « Eternal Life » et « Unforgiven ») et surtout beaucoup de reprises de ses idoles dont, entre autres, Bob Dylan, Nina Simone, Nusrat Fateh Ali Khan, Joni Mitchell et Van Morrison[59]. C'est aussi à cette époque que Jeff commence à chanter Hallelujah de Leonard Cohen. Il devient ainsi durant le printemps 1992, une des attractions du Lower East Side et le public est de plus en plus nombreux[60].

À cette époque, Jeff se produit également à d'autres endroits. À la Knitting Factory, il participe notamment à « Cobra », un projet expérimental du musicien John Zorn dont le concept est le suivant : les chanteurs arrivent sans rien préparer, reçoivent une indication plus ou moins vague et doivent, immédiatement après, monter sur scène et improviser quelques choses[60],[61].

Mais c'est au « Sin-é » que la carrière de Jeff franchit une étape supplémentaire. Là-bas, son succès est tel que, durant le mois de mai, de nombreux directeurs artistiques s'y rendent pour le voir en concert[62]. Il reçoit plusieurs propositions et passe ensuite plusieurs mois à les étudier en compagnie de Georges Stein (son avocat et futur manager). Le 29 octobre, après de nombreuses hésitations, il signe un contrat avec Sony Music, sur leur label Columbia. Le fait que son idole Bob Dylan soit signé sur cette maison de disques fut un critère déterminant dans son choix mais Steve Berkowitz, le directeur artistique de Columbia est aussi le seul à s'accrocher et à accepter les conditions de Jeff Buckley en termes d'argent (avances et pourcentages) et de liberté artistique[63].

Une fois le contrat signé, les choses vont considérablement ralentir : Jeff veut prendre son temps. Il continue à jouer au « Sin-é » ainsi qu'à d'autres endroits durant plusieurs mois, il fait quelques brèves tentatives d'enregistrements en studio mais aucun réel enregistrement d'album n'est prévu[64]. Il rencontre tout de même, en juin 1993, le producteur Andy Wallace (qui a également mixé l'album Nevermind de Nirvana) et les deux hommes se mettent d'accord pour travailler ensemble.

Les choses progressent en juillet 1993 quand « Columbia » décide, avec l'accord de Jeff, de l'enregistrer en concert au Sin-é. Un premier essai est fait le 19 juillet mais sa prestation n'est pas bonne : Jeff est nerveux car même si des amis à lui sont présents, le public est fortement composé de gens de chez Columbia[65]. Une deuxième tentative est faite le 17 août, en petit comité, et cette fois, tout se passe bien : Jeff parvient à retrouver l'ambiance habituelle de ses concerts[66]. Un CD-Maxi du concert sort le 23 novembre[67].

L'enregistrement de « Grace »[modifier | modifier le code]

Avant d'enregistrer un album, Jeff veut se trouver des musiciens. Pour cela, il rencontre dans un premier temps Mick Grondahl, un jeune bassiste n'ayant jamais joué en groupe auparavant, puis quinze jours plus tard, il fait la connaissance d'un batteur nommé Matt Johnson. Les trois hommes démarrent ainsi des répétitions où est composé le morceau « Dream Brother ». Les essais étant concluants, les deux musiciens sont alors recrutés[68]. Ils font leur premier concert au « Sin-é » le 19 septembre.

« Rien ne vaut un groupe. Prends n'importe quel grand album, il importe peu que ce soit un artiste solo comme Van Morrison, sur ses albums, comme Astral Weeks, il y avait un super groupe. Ma musique préférée a toujours été faite par des groupes. »

— Interview de Jeff Buckley durant l'enregistrement de l'album « Grace »[69]

Le lendemain du concert, ils se rendent tous les trois aux studios « Bearsville » à Woodstock pour enregistrer leur premier album qui sera produit par Andy Wallace[70].

En entrant en studio, Jeff n'avait qu'une idée très vague de ce qu'il allait enregistrer. Il enregistre dans un premier temps et pour s'échauffer quelques reprises de Bob Dylan, Bukka White, Hank Williams ou encore Nina Simone[71],[72].

Durant l'été 1993, Jeff recontacte Gary Lucas car il souhaite enregistrer les chansons « Grace » et « Mojo Pin » qu'ils ont composées ensemble. Gary donne facilement son accord et est même invité à les rejoindre en studio. Les tensions apparues durant l'époque « Gods & Monsters » sont donc apaisées et Gary vient passer quelques jours au studio et enregistrer les parties de guitare qu'il a composées[73].

Au départ, avec Andy Wallace, il est question que Jeff n'enregistre qu'un album de reprises[74], mais finalement il décide d'enregistrer ses compositions et de n'enregistrer que 3 reprises pour l'album : « Lilac Wine » (de James Shelton), « Hallelujah » (de Leonard Cohen) et « Corpus Christi Carol » (de Benjamin Britten). L'album se dessine ainsi, petit à petit.

Quelque temps avant la fin des sessions, Jeff et ses musiciens composent une nouvelle chanson intitulée « Forget Her » et l'enregistrent également. Cette chanson retient particulièrement l'attention de Steve Berkowitz, qui surveillait régulièrement l'évolution des sessions et qui voit en cette chanson un « single » potentiel[75].

Les sessions se terminent mais l'album n'est pas complètement achevé. En effet, Jeff, qui part un moment seul en tournée à travers les États-Unis et le Canada, décide d'auditionner avec ses musiciens un nouveau guitariste, Michael Tighe (un ami de Jeff rencontré par l'intermédiaire de Rebecca Moore). Le courant passe entre les 4 hommes et Michael est recruté. Très peu de temps après son embauche, Michael et Jeff composent un nouveau morceau intitulé « So Real » que le groupe enregistrera (ainsi que « Kanga-Roo », une reprise de Big Star) à New York[76]. Jeff Buckley parvient à enregistrer le chant de « So Real » en une seule prise, ce qui est une performance tout à fait exceptionnelle[77].

Jeff impose ensuite cette nouvelle chanson pour l'album, en remplacement de « Forget Her » qu'il trouve plutôt faible. Steve Berkowitz et les gens de Columbia ne sont eux pas du tout du même avis mais finissent pourtant par accepter cette modification[78].

L'album est cette fois-ci bel et bien terminé, Jeff le nomme « Grace » et il sort en août 1994 en Europe puis aux États-Unis. Les titres qui y figurent sont les suivants :

  1. Mojo Pin
  2. Grace
  3. Last Goodbye (anciennement appelé Unforgiven)
  4. Lilac Wine
  5. So Real
  6. Hallelujah
  7. Lover, You Should Have Come Over
  8. Corpus Christi Carol
  9. Eternal Life
  10. Dream Brother (ce titre est un clin d'œil à la chanson Dream Letter que chantait Tim Buckley[79],[80],[81])

Les tournées[modifier | modifier le code]

En juin 1994, Jeff et son groupe démarrent leur première tournée aux États-Unis. Mis à part quelques concerts dont notamment celui du « Fez » à New York, le 17 juin (des personnalités comme Chris Cornell, Winona Ryder et The Edge sont présentes dans la salle), cette tournée ne fait pas grand bruit (principalement parce que l'album n'était pas encore sorti)[82]. Le 16 août 1994, ils donnent un concert d'adieu au « Sin-é ». Jeff part ensuite à Londres passer du temps en compagnie de Liz Fraser, la chanteuse des Cocteau Twins ; ils ont une brève relation et composent également une chanson intitulée « All Flowers In Time »[83].

Le 23 août 1994, l'album sort aux États-Unis mais Mick Grondahl, Matt Johnson et Michael Tighe rejoignent Jeff à Dublin (d'où est originaire son grand-père paternel) pour préparer une tournée d'un mois en Europe. Le premier concert de Jeff pour cette tournée a lieu au « Garage » à Londres, le 1er septembre. Le 22 septembre, Jeff fait son premier concert français au « Passage du Nord-Ouest » à Paris[84].

Ce sont en fait deux années de tournées ininterrompues qui commencent. Grace reçoit un très bon accueil critique, plus encore en Europe qu’aux États-Unis (il est récompensé en France par le Grand Prix international du Disque 1995 de l'académie Charles Cros[85]), mais les ventes sont assez modestes, du moins pour Columbia. Jeff va ainsi s’épuiser dans des tournées interminables, dans des concerts d'envergures diverses, des petits festivals partout dans le monde ou encore au Sin-é où il revient plus tard.

À la manière des musiciens de Jazz qui improvisent leur musique autour d'un thème musical, Jeff et son groupe interprètent toujours les mêmes chansons mais chaque fois différemment des soirs précédents (ils rallongent certains passages ou jouent de nouveaux arrangements)[86].

Les chansons qu'ils jouent sont principalement : « Mojo Pin », « Grace », « Last Goodbye », « So Real », « Lover, You Should've Come Over », « Eternal Life », « Dream Brother », « Hallelujah », « What Will You Say », « Kick Out The Jams » (reprise du MC5) ainsi que la fameuse chanson « Kanga-Roo » qui est à l'origine d'un gros conflit entre Jeff et les gens de Columbia qui trouvent que le morceau est trop long (15 minutes en moyenne) et qu'il nuit à ses prestations. Jeff, lui, ne l'entend pas de cette oreille et continue malgré tout à jouer cette chanson. Il va même, parfois, jusqu'à la dédier au personnel de sa maison de disques[87].
À cette liste de chansons, Jeff en rajoute souvent quelques autres selon ses envies du moment. Ils interprètent des morceaux de The Smiths, Led Zeppelin, Édith Piaf, Judy Garland ou encore Siouxsie Sioux[88].

La popularité de Jeff Buckley, sans être gigantesque à l'époque, lui pose quelques problèmes : le 4 juin, par exemple, il est photographié en compagnie de Courtney Love qui cherchait à le séduire depuis quelque temps. Ces photographies entraînent de nombreuses rumeurs alors que leur relation est strictement amicale[92]. Un autre événement le contrarie beaucoup quand le magazine People le cite dans un classement des 50 plus beaux hommes du monde. À ce sujet, il déclare : « C'est facile d'avoir du succès, cela n'a pas grand chose à voir avec la musique, mais avec le look, l'exposition médiatique… […]. Je serai toujours musicien, je n'ai pas besoin d'avoir ma photo partout […]. Ce que je veux vraiment c'est toujours pouvoir jouer, jusqu'à ce que je tombe. »[93].

Avec la fatigue des tournées, Jeff n'arrive plus à écrire de nouvelles chansons (au bout d'un an de tournées à travers le monde, 207 concerts au total ont été donnés[94]). Malgré cela, sa maison de disques exerce beaucoup de pression sur lui pour qu'il enregistre rapidement un deuxième album. En effet, à la fin de l'année 1995, Grace s'est vendu à 750 000 exemplaires dans le monde (dont 180 000 exemplaires aux États-Unis[95]), mais Columbia aurait avancé près de 2,2 millions de dollars en clips, tournées, singles et sessions d'enregistrements, si bien que les ventes de l'album ne lui permettent pas de rembourser intégralement sa maison de disques et il doit donc éponger ses dettes[96].

« Depuis l'année dernière, je n'ai pas été capable d'écrire une chanson. Toujours en tournée, pas moyen de prendre la moindre distance. (...) Je me sens cheap et inutile. Il faut que je me remette à écrire... Quand je me vois, j'ai honte, je ne suis plus qu'un pantin traîné de salle en salle. »

— Jeff Buckley au magazine Les Inrockuptibles[97]

D'autre part, le rythme très éprouvant des tournées viendra à bout du batteur, Matt Johnson. En plus de ne plus supporter ce rythme, il commence aussi à être victime de problème auditif lié au volume sonore des prestations répétées du groupe et des tensions apparaissent également entre lui et Jeff car il accepte mal le mode de vie excessif de ce dernier (forte consommation d'alcool, de cigarettes et expérimentation de certaines drogues). Ainsi, en novembre 1995, voulant anticiper le départ dont leur parle leur ami, Jeff, Mick et Michael commencent quelques répétitions avec un nouveau batteur, Eric Eidel. Mais les choses en restent là pour l'instant[98]. Matt quitte ensuite le groupe au début de l'année 1996 après une dernière tournée de quinze dates en Australie. Michael Tighe déclare à ce sujet : « Matt en a eu assez des tournées […] Avec Jeff, il entretenait une relation particulièrement fraternelle, ils étaient similaires en bien des points. Cela a été dévastateur pour le groupe quand il est parti. »[99].

Sketches For My Sweetheart The Drunk[modifier | modifier le code]

Après le départ de Matt Johnson, le groupe ne tourne plus et (sous la pression de Steve Berkowitz et de Columbia) se concentre alors sur l'écriture et l'enregistrement de ce second disque. Eric Eidel est alors reconvoqué et le 15 juin, le groupe entre au studio Sorcerer Sound à New York pour tenter d'enregistrer ce deuxième album (déjà intitulé My Sweetheart The Drunk) avec Tom Verlaine (leader du groupe Television) à la production. Tom Verlaine et lui se sont rencontrés la même année durant l'enregistrement de l'album Gone Again de Patti Smith auquel Jeff Buckley fut invité à participer. Il joua sur le morceau « Fireflies » et fait des chœurs sur « Beneath The Southern Cross » (à noter que quatre célèbres musiciens de rock sont présents sur ce morceau : Tom Verlaine à la guitare, John Cale au clavier, Patti Smith et Jeff Buckley au chant).

Cette première session d'enregistrement de My Sweetheart The Drunk est un échec : les conditions sont précaires, le temps est limité et Eric Eidel, leur nouveau batteur, ne parvient pas à s'adapter à tous les morceaux[100]. Jeff Buckley décide alors de repousser l'enregistrement de l'album.

Durant l'automne 1996, Jeff décide de se séparer d'Eric Eidel. Le moral de Jeff est alors au plus bas et ses proches s'inquiètent de le voir boire autant d'alcool et le soupçonnent d'abuser d'autres drogues (à noter que Jeff a, auparavant, reconnu avoir déjà pris des drogues tout en parlant de libération ou d'aide à la créativité pour expliquer cette attitude)[101]. Les choses s'améliorent au début de l'année 1997 quand Mick Grondahl lui présente Parker Kindred, un nouveau batteur qui, après quelques répétitions, est rapidement embauché[102].

Le 5 février 1997, le groupe est de nouveau en studio, cette fois-ci en compagnie de Michael Clouse à la production, mais seulement pour quelques jours. Ils enregistrent une poignée de nouveaux morceaux dont Haven't You Heard. Selon Michael Tighe, ces sessions sont « juste des essais pour avoir des trucs sur bande et voir comment les arrangements fonctionnaient[103] ».

Fin février, le groupe retourne en Studio avec Tom Verlaine, mais cette fois-ci à Memphis. C'est un nouvel échec : Jeff Buckley, musicien extrêmement perfectionniste, veut sans arrêt reprendre chaque morceau et Tom Verlaine râle après les musiciens. Au final, seuls quelques morceaux sont enregistrés, dont Opened Once que Jeff Buckley enregistre seul avec Tom Verlaine, tandis que le reste du groupe repart à New York[104].

Le 22 mai, resté à Memphis pour s'isoler et composer de nouveaux morceaux, il envoie à ses musiciens une maquette contenant de nouvelles chansons et les invite à le rejoindre à Memphis pour les enregistrer (à Michael Tighe, il dit par téléphone : « C'est la première fois que je me sens vraiment bien avec cette musique, je me sens comme quand nous sommes partis en tournée pour la première fois pour Grace[105] ».)

Le 29 mai 1997, le groupe prend l'avion pour rejoindre Jeff Buckley. Attendant leur arrivée, il part se promener au bord de la Wolf River, affluent boueux du Mississippi, avec son ami Keith Foti et décide d’aller se baigner, tout habillé. Après le passage d’un bateau à aubes, il disparaît dans les eaux[106]. Son corps est retrouvé six jours plus tard[107], près de Beale Street dans le Mississippi, par un passager du bateau de tourisme « American Queen »[6]. Il avait 30 ans.

Hommages et carrière posthume[modifier | modifier le code]

« Techniquement, c'était le meilleur chanteur à être apparu depuis probablement vingt ans. [...] Plus j'écoute Grace, plus j'apprécie son talent absolu... Ce n'est pas loin d'être mon album préféré de la décennie. »

— Jimmy Page à propos de Jeff Buckley[108]

C'est après sa mort que Jeff Buckley est le plus médiatisé : même si l'album Grace fut un succès à sa sortie, ses ventes ont explosé après sa mort, notamment grâce aux nombreux hommages qui lui sont rendus à sa mort et durant les années suivantes dans la presse musicale ainsi que par quelques artistes célèbres dont Jimmy Page (voir la citation plus haut), Brad Pitt[109] ou encore Alanis Morissette[réf. nécessaire].

Après la mort de son fils, Mary Guibert décide pratiquement tout de suite de prendre en charge la gestion de sa mémoire.

Elle refuse, dans un premier temps, de se rendre à la cérémonie funéraire organisée par les amis New Yorkais de Jeff (qui eut lieu le 11 juin 1997 à la St Mark's Church) et en organise une nouvelle, plus "people", à la St Ann's Church de Brooklyn (où tout avait vraiment démarré pour Jeff) le 31 juillet et 1er août 1997 où des personnalités telles qu'Elvis Costello, Marianne Faithfull ou encore Rebecca Moore se rendent[110].

Dès le décès de Jeff Buckley, les gens de Columbia, ne perdant pas pour autant leur sens des affaires, programment la sortie d'un album posthume pour octobre 1997[111]. Ils ont récupéré les enregistrements fait avec Tom Verlaine et projettent de les faire mixer par Andy Wallace. Mary s'oppose à cette initiative jugée trop précoce et non respectueuse de la mémoire de son fils. Elle reprend alors ce projet en compagnie de Don Devito et de Chris Cornell (chanteur de Soundgarden et ami de Jeff)[112].

Ainsi, en mai 1998, sort Sketches For My Sweetheart The Drunk[113], un double album composé de la 1re session d'enregistrement, dont Buckley n'était pas satisfait, et des démos 4-pistes qu'il avait enregistrées seul à Memphis plus tard, comme brouillon pour ce qui aurait dû être le nouvel album[112].

Après un procès intenté au manager de Jeff en juillet 1998 et remporté ensuite, Mary Guibert gère tout ce qui concerne la musique de son fils : de la publication de disques jusqu'aux autorisations d'utiliser sa musique[114].

En mai 2000, elle publie, avec l'aide de Michael Tighe, Mystery White Boy, un album live enregistré durant les tournées de 1995 à 1996.

L'année suivante, ils publient en France uniquement, Live à l'Olympia[115].

Bien que certaines personnes commencent à critiquer le fait de voir autant d'albums posthumes être publiés[115], Gary Lucas publie Songs To No One en 2002. Cet enregistrement reprend les chansons de ce dernier en compagnie de Jeff Buckley au sein de Gods & Monsters.

Pour les dix ans de la sortie de Grace, une version remasterisée de l'album est éditée. Elle est nommée Grace Legacy Edition et est augmentée d'un deuxième disque contenant la chanson Forget Her que Jeff avait remplacée par So Real et quelques reprises que le groupe avait enregistrées durant les sessions d'enregistrement de l'album.

Jeff Buckley a eu une influence considérable dans le monde musical des années 1990. En particulier, il est un des principaux inspirateurs de la vague pop/rock mélancolique et des groupes Radiohead (leur chanson « Fake Plastic Trees » fut écrite par Thom Yorke en revenant, complètement bouleversé d'un concert de Jeff Buckley), Coldplay (lors d'une interview, Chris Martin a déclaré : « Moi aussi, j'ai tout piqué à Thom Yorke ou à Jeff Buckley[116] »), Starsailor, Muse, Travis ou encore le chanteur Badly Drawn Boy reconnaissent tous son influence[1].

En 2008, la popularité de Jeff Buckley connaît un nouvel essor grâce notamment à une interprétation d'Hallelujah par Jason Castro dans l'émission American Idol. En effet, la semaine suivant sa prestation, la chanson (la version de Jeff Buckley) devient no 1 des ventes par téléchargement aux États-Unis[119]. En France c'est l'émission Nouvelle Star qui y a contribué avec Julien Raoux (durant les castings), mais surtout avec la prestation de Benjamin Siksou lors du prime-time du 15 mai 2008[120] . La chanson passe depuis régulièrement à la radio et les ventes de l'album ont nettement augmenté[121].

Paradoxalement à ce succès, Jeff Buckley, lui, n'était pas satisfait de sa version (« Ma version est trop rapide. […] Je devais choisir entre celle-ci et une autre que je détestais vraiment. En tout, il doit bien exister vingt-deux versions qui traînent quelque part[122] »), et selon Gary Lucas, il n'aurait pas aimé une telle « mythification » de son nom (« Il n'aurait pas aimé ça, il en avait suffisamment entendu sur son père. […] Il ne se rêvait pas en héros, lui-même n'en avait pas. […] Si Jeff a été et restera si marquant, c'est que sa musique a toujours été celle d'un survivant. »[123]).

Possible adaptation cinématographique de sa vie[modifier | modifier le code]

En 2001, une rumeur annonçait Brad Pitt dans la peau du chanteur mais le film ne se fit jamais, notamment à cause du refus de Mary Guibert, la mère de Jeff Buckley. Toutefois, elle aurait changé d'avis. Ce retournement de situation serait dû à deux points importants : la qualité des biopics (biographic pictures, films biographiques) récents tels Ray ou Walk the Line, et la possibilité qu'un film se fasse sans son accord.

En juin 2011, deux longs métrages sont annoncés :

- Le premier, sans titre encore annoncé, produit par Mary Guibert et Orian Williams, sera réalisé par Jake Scott, sur un scénario de Ryan Jaffe. Celui-ci s'est inspiré des carnets personnels, dessins et de la correspondance de Jeff Buckley. L'acteur et chanteur Reeve Carney interpréterait le rôle-titre.

- Le second, "Greetings from Tim Buckley", sera réalisé par Dan Algrant et sera plus axé sur les relations entre Jeff Buckley et son père. Le tournage est annoncé pour août 2011, avec Penn Badgley (Gossip Girl) dans le rôle de Jeff Buckley.

Discographie[modifier | modifier le code]

Album[modifier | modifier le code]

Album posthume[modifier | modifier le code]

Albums lives[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

Singles, EP[modifier | modifier le code]

  • The Babylon Dungeon Sessions (EP enregistré en septembre 1990)[124] non édité.
  • Live at Sin-é (1993)
  • Hard Lucky Tour Australia (1995)
  • Last Goodbye (1995)
  • Live From The Bataclan (1996)
  • Everybody Here Wants You (1998) (EP australien)
  • So Real (1999)
  • Eternal Life (1999)
  • Grace EP's (2002) (Box Set, 5 EPs)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Merri Cyr. A Wished-For-Song. Jeff Buckley. Portrait en images de Jeff Buckley par son amie photographe Merri Cyr, accompagné de plusieurs interviews.

Biographies[modifier | modifier le code]

  • David Browne, Dream Brother : Vies et morts de Jeff et Tim Buckley, Éditions Denoël, Paris, 2003
  • Stan Cuesta, Jeff Buckley, Éditions Castor Astral, Paris, 2005

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Jeff Buckley - Fall in Light : portrait d'un musicien virtuose, mort à l'âge de 30 ans - Don Kent

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Stan Cuesta - Jeff Buckley - p. 117
  2. Stan Cuesta - Jeff Buckley - p. 13
  3. op. cit.
  4. David Browne, op. cit., p. 89-106 et p. 106
  5. David Browne, Dream Brother : vies et morts de Jeff et Tim Buckley, Le Seuil, 2003, p. 91
  6. a, b, c et d Don Kent, Jeff Buckley, fall in light : Portrait d'un musicien virtuose, mort à l'âge de 30 ans
  7. a et b David Browne, op. cit., p. 93
  8. a et b David Browne, op. cit., p. 155
  9. Stan Cuesta, op. cit., p. 16
  10. (fr) Stan Cuesta, Jeff Buckley (p. 18)
  11. Stan Cuesta, op. cit., p. 19
  12. David Browne, op. cit., p. 96
  13. Stan Cuesta, op. cit., p. 22
  14. David Browne, op. cit., p. 99
  15. Stan Cuesta, op. cit., p. 23
  16. David Browne, op. cit., p. 95-96 et 100
  17. David Browne, op. cit., p. 101
  18. a et b David Browne, op. cit., p. 102-103
  19. le « ry » de Horry devient « re » mais se prononce de le même façon
  20. (fr) Stan Cuesta - Jeff Buckley - p. 23 et 24
  21. David Browne, op. cit., p. 104
  22. Stan Cuesta, op. cit., p. 25
  23. David Browne, op. cit., p. 106
  24. David Browne, op. cit., p. 134-136
  25. Stan Cuesta, op. cit., p. 27-28
  26. David Browne, op. cit., p. 140-141
  27. Stan Cuesta, op. cit., p. 28-29
  28. Stan Cuesta, op. cit., p. 29-30
  29. David Browne, op. cit., p. 138-139
  30. Interview de Michael Clouse - Jeff Buckley, Fall in Light - Portrait d'un musicien virtuose, mort à l'âge de 30 ans
  31. David Browne, op. cit., p 142
  32. David Browne, op. cit., p. 141-142
  33. David Browne, op. cit., p. 145
  34. David Browne, op. cit., p. 146
  35. Stan Cuesta, op. cit., p. 32
  36. Dans l'album « Live at Sin-é », Jeff chante « Yeh Jo Halka Halka Saroor Hai » de Nusrat Fateh Ali Khan (titre no 2 du Cd no 2) mais on peut aussi entendre Jeff expliquer au public : « Nusrat is my guy. He's my Elvis ! » (titre no 1 du Cd no 2)
  37. David Browne, op. cit., p. 148-149
  38. (fr) Stan Cuesta - Jeff Buckley - p. 32-33
  39. David Browne, op. cit., p. 151-152
  40. Stan Cuesta, op. cit., p. 34
  41. David Browne, op. cit., p. 153-157
  42. Stan Cuesta, op. cit., p. 36
  43. Stan Cuesta, op. cit., p. 36-37
  44. Stan Cuesta, op. cit., p. 38
  45. David Browne, op. cit., p. 187
  46. Stan Cuesta, op. cit., p. 38-39
  47. Stan Cuesta, op. cit., p. 39
  48. David Browne, op. cit., p. 185
  49. Stan Cuesta, op. cit., p. 40
  50. a et b Stan Cuesta, op. cit., p. 41
  51. Stan Cuesta, op. cit., p. 42-43
  52. Cette version de « Grace » peut être entendue sur l'album « Songs to No One »
  53. (fr) Stan Cuesta - Jeff Buckley - p. 145
  54. L'album « Songs to No One » est une sélection des enregistrements de ces morceaux
  55. (fr) Interview de Mary Guibert - Magazine Rock Sound - hors série no 23 - novembre/décembre 2002
  56. (fr) Stan Cuesta - Jeff Buckley - p. 45
  57. op. cit. p. 46
  58. op. cit p. 49
  59. Stan Cuesta, op. cit., p. 50
  60. a et b Stan Cuesta, op. cit., p. 51-52
  61. Cette collaboration est immortalisé sur le disque « John Zorn's Cobra : Live at the Knitting Factory » sorti en 1995
  62. Stan Cuesta, op. cit., p. 53
  63. Stan Cuesta, op. cit., p. 55
  64. Stan Cuesta, op. cit., p. 56-58
  65. Stan Cuesta, op. cit., p. 59-60
  66. Stan Cuesta, op. cit., p. 60
  67. Un double album live posthume voit ensuite le jour le 22 septembre 2003.
  68. Stan Cuesta, op. cit., p. 60-61
  69. (en) Interview de Jeff Buckley - The Making Of Grace, Bonus du DVD de Grace Legacy Edition - Octobre 1993
  70. Stan Cuesta, op. cit., p. 63
  71. Stan Cuesta, op. cit., p. 64
  72. Ces chansons se trouvent sur le CD Bonus de la Réédition de Grace sorti en 2004
  73. (fr) Stan Cuesta - Jeff Buckley - p. 64-66
  74. Stan Cuesta, op. cit., p. 66
  75. Stan Cuesta, op. cit., p. 68
  76. Stan Cuesta, op. cit., p. 71
  77. (en) Interview de Mick Grondahl - The Making of Grace, bonus du DVD Grace Legacy Edition - octobre 1993
  78. Stan Cuesta, op. cit., p. 72
  79. Dream Letter de Tim Buckley parle de Jeff et sa mère et du fait qu'il ait abandonné son rôle de père. Dans Dream Brother, Jeff Buckley donne des conseils à un ami (imaginaire) qui va bientôt être père. Les phrases : Don't be like the one who made me so old et Don't be like the one who left behind his name dans Dream Brother sont particulièrement significatives.
  80. Traduction de Dream Brother
  81. Traduction du refrain de Dream Letter
  82. Stan Cuesta, op. cit., p. 75-76
  83. Stan Cuesta, op. cit., p. 80
  84. Stan Cuesta, op. cit., p. 80-81
  85. Stan Cuesta, op. cit., p. 85
  86. Stan Cuesta, op. cit., p. 84-85
  87. (fr) Stan Cuesta - Jeff Buckley - p. 81
  88. liste des reprises faites par Jeff Buckley dont Killing time composée par Siouxsie pour The Creatures.
  89. Les Inrockuptibles no 62 - p. 105 - janvier 1995 - ISSN : 0298.3788
  90. Stan Cuesta - Jeff Buckley - p. 87
  91. Ce concert très particulier en extérieur prit place dans le cadre du festival de musiques orientales de Saint-Florent-le-Vieil. Bien que le style musical de Jeff Buckley ne rentra pas formellement dans le cadre de cette manifestation, le directeur du festival fût tellement époustouflé quelques mois plus tôt par la prestation de Jeff lors du concert du 22 septembre 1994 au Passage du Nord-Ouest à Paris qu'il mit un point d'honneur à convaincre celui-ci d'intégrer cette date dans sa tournée. Lors de cette soirée, le public assista notamment à un duo improvisé entre Jeff et le chanteur aseri Alim Qasimov qui assurait la première partie du concert. Ensemble ils interprétèrent "What Will You Say", un morceau intégré dans l'album Live à l'Olympia
  92. (fr) Stan Cuesta - Jeff Buckley - p. 86
  93. op. cit - p. 86
  94. Stan Cuesta, op. cit., p. 88
  95. op. cit p. 88
  96. op. cit. - p. 91
  97. (fr) Les Inrockuptibles, juillet 1995
  98. (fr) Stan Cuesta - Jeff Buckley - p. 89-90
  99. Stan Cuesta, op. cit., p. 91-92
  100. Stan Cuesta, op. cit., p. 94-95
  101. Stan Cuesta, op. cit., p. 96-97
  102. Stan Cuesta, op. cit., p. 98-99
  103. Stan Cuesta, op. cit., p. 101 : entretien de Michael Tighe avec Stan Cuesta
  104. Stan Cuesta, op. cit., p. 103-104
  105. Stan Cuesta, op. cit., p. 106-107 : entretien de Michael Tighe avec Stan Cuesta
  106. David Browne, op. cit., p. 26-31
  107. Browne, op. cit., p. 426-432
  108. (en) magazine Uncut - septembre 2004
  109. (en) Jeff Buckley: Everybody Here Wants You sur l’Internet Movie Database Brad Pitt apparait en tant que fan de Jeff Buckley
  110. (fr) Stan Cuesta - Jeff Buckley - p. 110
  111. Stan Cuesta, op. cit., p. 110
  112. a et b Stan Cuesta, op. cit., p. 111
  113. Jeff Buckley voulait appeler son deuxième album « My Sweetheart The Drunk » (« Ma bien-aimé l'ivresse » en français). « Sketches » veut dire « Croquis » et ce titre peut donc s'expliquer ainsi : Croquis pour "My Sweetheart The Drunk".
  114. Stan Cuesta, op. cit., p. 112
  115. a et b Stan Cuesta, op. cit., p. 113
  116. (fr) Les Inrockuptibles no 656 - p. 37 - juin 2008
  117. Stan Cuesta, op. cit., p. 117-118
  118. ex-leader de Soul Coughing
  119. (en) Article dans Hollywood Insider
  120. Hallelujah
  121. Augmentation des ventes d'Hallelujah
  122. Interview de Jeff Buckley - magazine Uncut - septembre 2004
  123. Richard Robert, « La musique d'un survivant : Entretien avec Gary Lucas », Les inrockuptibles, no 150,‎ 6 mai 1998, p. 24 (ISSN 0298-3788)
  124. « Quatre chansons composées, interprétées et chantées par Jeff Buckley, dont Eternal life », David Browne, Dream Brother, p. 152

Liens externes[modifier | modifier le code]