Duke Ellington

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Duke Ellington

Nom Edward Kennedy Ellington
Naissance 29 avril 1899
Pays d’origine Washington États-Unis
Décès 24 Mai 1974
New York États-Unis
Genre(s) Jazz
Années actives 1917 - 1974
Label(s) Victor, Brunswick, Verve, Blue Note, Impulse!
Site Web DukeEllington.com

Edward Kennedy Ellington était un pianiste, compositeur et chef d'orchestre américain né le 29 avril 1899 à Washington et mort le 24 mai 1974 à New York.

Son orchestre comprenait des musiciens qui étaient parfois considérés, tout autant que lui, comme des géants du jazz. Quelques uns de ces grands musiciens sont restés dans son orchestre pendant des décennies. Certains d'entre eux étaient dignes d'intérêt par eux-mêmes, mais c'était surtout Ellington qui les transformait en l'un des orchestres les plus connus de l'histoire du jazz. Il avait l'habitude de composer spécifiquement pour certains de ses musiciens en tenant compte de leurs points forts, comme par exemple « Jeep's Blues » pour Johnny Hodges, « Concerto for Cootie » (« Do Nothing Till You Hear from Me ») pour Cootie Williams et « The Mooche » pour Tricky Sam Nanton. Il a aussi enregistré des morceaux composés par les membres de son orchestre, comme « Caravan » et « Perdido » de Juan Tizol. Après 1941, il collabore fréquemment avec le compositeur et arrangeur Billy Strayhorn qu'il appelle son alter ego. Il a laissé au jazz de très nombreux standards.

Il était une des personnalités noires américaines les plus célèbres du XXe siècle, a enregistré pour un grand nombre de maisons de disque américaines, et a joué dans plusieurs films. Ellington et son orchestre font des tournées régulières aux États-Unis et en Europe depuis la création de l'orchestre en 1923 jusqu'à sa mort en 1974. Son fils Mercer Ellington prit ensuite les rênes de l'orchestre jusqu'à sa mort en 1996. Aujourd'hui l'orchestre est placé sous la direction de Barry Lee Hall, Jr.

Sommaire

[modifier] Biographie

Francfort-sur-le-Main (1965)

[modifier] Jeunesse

Edward Kennedy « Duke » Ellington est né le 29 avril 1899 à Washington D.C. aux États-Unis. Avant de s’intéresser à la musique, c'était un jeune fanatique de baseball. Cependant, après un fâcheux incident impliquant une batte de baseball et son visage, sa mère, Daisy Kennedy, crut préférable de l’inscrire à des leçons de piano. C’est alors que l’artiste commençe, à l’âge de sept ans, une carrière qui allait devenir « historique ». Malgré les efforts de son professeur, Mrs. Clinkscales, le jeune Edward mit un long moment avant de s’investir dans l’art, ses intérêts étant encore « sportifs ». Comme il le raconte si bien dans l’une de ses biographies, il se souvient d’avoir manqué plus de cours de musique qu’il n’en prenait, trop excité à l’idée d’aller jouer avec ses amis de l’autre côté de la rue. Parfois, raconte-t-il, le président Roosevelt, sur son cheval, venait les regarder jouer, seul, sans aucun garde du corps. Washington étant sa ville natale, il était vital pour Edward de suivre toutes les parties de son équipe, les Senators, et c’est en se faisant engager comme vendeur au stade qu’il y réussit.. « Peanuts, popcorn, chewing gum, candy, cigars, cigarettes and score cards » se souvient-il. Probablement trop absorbé par les matches, il ne se souvient pas avoir vendu quoi que ce soit. Toutefois, le désir de jouer du piano grandissait peu à peu dans son esprit, probablement influencé par ses parents, tous deux pianistes. Son père J.E. Ellington était un homme bien implanté dans la société et il apprit très jeune à Edward l’importance d’avoir confiance en soi. Sa mère, plutôt distinguée, lui apprit les bonnes manières.

De par son apparence digne et bourgeoise, et ses manières aristocratiques, ses camarades de classe commencèrent à le surnommer le « Duke », surnom qu’il porta avec grâce et dignité tout au long de sa vie. À l’été 1914, alors qu’il travaillait comme vendeur de boissons gazeuses au Poodle dog cafe, il composa sa première pièce : Soda fountain rag aussi connue sous le nom de Poodle dog rag. Ne sachant ni lire ni écrire la musique à cette époque, Duke composait de mémoire. Son professeur, Mrs. Clinkscales, lui donnait les instructions oralement : pour lui ce fut une véritable bénédiction et il utilisa grandement cette faculté tout au long de sa vie.

Ellington aimait bien se tenir au poolroom où il pouvait écouter gratuitement, en échange de quelques services, plusieurs musiciens de renom, mais aussi participer activement à des discussions de toutes sortes. Cet endroit lui permit de développer son oreille musicale mais aussi de commencer à jouer en imitant les joueurs de ragtime qui s’offraient en spectacle tous les soirs. Les relations de son père lui permirent d’étudier l’harmonie avec le professeur Henry Lee Grant et l’écriture ainsi que la lecture avec le pianiste et chef d’orchestre Oliver « Doc » Perry. Selon Ellington, il n’aurait jamais pu trouver un meilleur professeur que ce monsieur Perry, qui de plus le faisait travailler gratuitement. Tranquillement, Duke commence à réaliser que son amour de la musique est loin d’être éphémère et c’est ainsi qu’en 1916, alors qu’il n’était qu’à trois petits mois de son diplôme en art graphique, il quitta l’école pour se consacrer entièrement au piano. Les nombreux voyages à travers l’Amérique faits avec sa mère lui permirent de se produire non seulement à Washington mais aussi à Philadelphie et Atlantic City, dans le New Jersey. Dans son auto-biographie, Music is my Mistress, Duke raconte qu’il comprit très vite qu’il y avait toujours une belle fille installée au creux d’un piano lorsque celui-ci était joué avec grâce : I ain’t been athlete since! rajoute-t-il.

De 1917 à 1919, Ellington lance officiellement sa carrière de musicien. Il travaille au même moment dans la publicité et comme coursier pour la marine américaine. C'est à cette époque qu'il quitte la demeure familiale pour une maison qu’il s’est achetée grâce à quelques économies réalisées lors de concerts, et il amorce la création de son premier groupe jazz : The Duke’s Serenaders. Ce groupe est d’abord formé de camarades de classe et ensuite rejoint par quelques musiciens un peu plus expérimentés, dont Arthur Whetsol à la trompette, Otto (Tobby) Hardwick au saxophone et bien sûr son grand compagnon Sonny Greer à la batterie. Ils se produisent aussi en compagnie d’un joueur de banjo local du nom de Elmer Snowden. Après quelques spectacles promotionnels réalisés à l’école, le groupe donne son premier concert officiel au Reformer's Hall à l’hiver 1917. Ce baptême de la scène lui rapporte un beau gros 75 cents.

Tout au long de sa vie, Duke voue une très grande admiration à sa mère. A tel point qu’il ne respecte pas tellement les autres femmes. Au printemps de 1917, Duke se lie d’amitié avec Edna Thompson, une jolie fille du voisinage, avec qui il se marie le 2 juillet de l’année suivante, et qui donne naissance à leur premier enfant, Mercer Kennedy Ellington, le 11 mars 1919. En 1920, un deuxième enfant perd malheureusement la vie durant l’accouchement. Pendant ce temps, côté musique, le groupe bat son plein et repousse les barrières raciales en jouant autant devant un public noir que blanc. Avec la ségrégation en vigueur à cette époque, peu de gens laissent de la place à la musique afro-américaine et encore moins au mélange des couleurs. Ellington joue principalement pour la haute société, les grandes réceptions, mais aussi pour un public plus jeune et moins bourgeois. Bref, son amour pour la musique laisse bien peu de place à toutes les barrières hiérarchiques de la société, ce qui lui permet très tôt de s’ouvrir sur toute l’Amérique.

[modifier] Début de carrière

Lorsque l’occasion d’aller jouer à New York s’offre à Sonny Greer, Duke décide de laisser temporairement son succès grandissant de Washington pour aller tenter sa chance lui aussi dans la « grosse pomme », plus précisément à Harlem. Le groupe, alors sous la direction de Snowden, commence à travailler au Harlem’s Exclusive Club et Ellington est engagé comme pianiste au Connie’s Inn, tout comme sa femme qui, après son arrivée en compagnie de leur enfant, trouve un emploi comme hôtesse dans le même hôtel. Vers la fin de l’automne, Snowden et le groupe se séparent et Duke, assisté de Greer en créent un nouveau : The Washingtonians. En juin 1924, Sidney Bechet, saxophoniste de renom, joint le groupe et commence la deuxième tournée en Nouvelle-Angleterre avec eux. Moins de trois mois plus tard, Duke le renvoie après qu’il ne s'est pas présenté à trois concerts. Grâce à Jo Trent, chanteur compositeur interprète, le groupe accompagne plusieurs chanteurs populaires dont Trent lui-même, et enregistre leur premier disque en tant que Washingtonians. Duke et Trent composent leur premier tube : Pretty soft for you. Le jeune compositeur offre 7 titres majeurs durant cette année-là, dont le populaire Choo Choo.

1925 : Le groupe monte en popularité et les tournées sont de plus en plus fréquentes (Pennsylvanie, Nouvelle-Angleterre ainsi que l’ouest de la Virginie). Après deux incendies douteux, le Hollywood Club ouvre ses portes de nouveau mais cette fois sous le nom de Kentuky Club et le groupe s’y installe. En même temps, Greer et Duke forment un duo (Ellington twins) et accompagnent plusieurs artistes dont la chanteuse Alberta Jones. 1927 est une année déterminante dans la progression d'Ellington et son orchestre. Au début de Janvier, WHN, une station radio-jazz, diffuse les spectacles des Washingtonians (groupe maintenant appelé « Duke Ellington and his Kentucky Club Orchestra) en direct. En février, Le groupe enregistre pour la première fois avec la compagnie Brunswick, sous le nom des Washingtonians, ce qui leur permet de continuer d’enregistrer avec d’autres compagnies en tant que Duke Ellington and his Kentucky Club Orchestra. De plus, Ellington s’associe avec Irving Mills et lui donne l’exclusivité sur toutes les publications de ses compositions. Cette association permet au jeune compositeur de garder le contrôle sur le groupe et sur son talent de compositeur. I. Mills propulsera Duke et son orchestre vers un sommet de popularité avec des contrats dans les plus grandes maisons de disques dont : Columbia, Victor, Brunswick.

Vers la fin novembre, le jeune artiste et son groupe auditionnent et sont engagés pour jouer au Cotton Club, le cabaret le plus en vogue en matière de jazz à New York. Ils jouent pour la première fois le 04 décembre de la même année. Pendant que sa carrière prend son envol, son mariage dégringole. Duke se sépare d’Edna après qu’elle lui a coupé le visage avec une lame de rasoir durant une de leurs nombreuses disputes. Elle l’accuse de fréquenter plusieurs autres femmes.

1929 marque l’apport très important, bien que bref, de Bubber Miley, un trompettiste chevronné qui changera le « feeling » musical du groupe, avec sa sonorité "growl" et le jeu avec sourdine, caractéristique du style "jungle". Le style jusqu’alors assez rigide s’ouvre tranquillement, et le son se rapproche beaucoup plus du « blues ». Après qu'il a aussi contribué à quelques compositions, le groupe se voit dans l’obligation de se défaire de ses services en raison de son important problème d’alcool. Il sera remplacé par Charlies « Cootie » Williams.

Plus les années passent et plus le Cotton Club devient la place de prédilection pour les grands artistes de l’époque : Al Jolson, Ruby Keeler et même Maurice Chevalier, avec qui Ellington joue pour une tournée de deux semaines. En 1930, Duke apparaît dans le premier d’une impressionnante liste de film Black and Tan, où il joue le personnage principal : « Duke ».

En 1931, Ellington et son orchestre quitte le Cotton Club et commence une longue tournée de 18 semaines à travers les États-Unis. Après un arrêt à Chicago, il engage une jeune femme du nom de Ivie Anderson… une attraction spéciale … qui fera le reste de la tournée avec eux. Peu de temps après, elle commence une carrière de chanteuse pour le Duke avec It Don’t Mean a Thing (If It Ain’t Got that Swing).

[modifier] Le « Golden age »

Les ventes de disques se ressentent grandement des problèmes économiques qui sévissent dans le pays, mais Duke et ses musiciens survivent, en grande partie en raison de la radio, qui continue de lui faire une très importante publicité. Avec l’aide celle-ci, Duke et son orchestre entrent dans une période (1932-1942) que plusieurs analystes appellent le « Golden age » en raison de la prospérité qui finit par revenir. En effet, après la grande dépression, la musique blues et le jazz connaissent un énorme essor et l’orchestre d’Ellington n’y fait pas exception. En 1933, Ellington sort des États-Unis pour une tournée en Angleterre ce qui lui vaut maintenant la reconnaissance internationale tant recherchée par Mills. Le 16 mars 1934 il est invité, ainsi que son orchestre, à jouer pour la cérémonie des Academy Awards. Par la suite, les tournées se succèdent et Duke continue d’apparaître dans plusieurs films à Hollywood.

La mort de sa mère en 1935, fait plonger Duke dans une dépression profonde et pendant quelques mois sa carrière subit un important ralentissement. Il compose Reminiscing in tempo en son honneur. Pendant ce temps, l’arrivée du jukebox propulse la musique swing dans tous les Etats et le style devient de plus en plus populaire. Plusieurs nouvelles figures font surface : Jimmy Dorsey, Benny Goodman, Jimmie Lunceford et Tommy Dorsey en sont quelques exemples. « Jazz is music, swing is business. » Peu importent les courants, Duke ne se laisse pas influencer et poursuit brillamment avec une sonorité de plus en plus dense et recherchée ; il ne ne s’arrête pas à ces différents styles : «Il n'existe que deux sortes de musique : la bonne et la mauvaise.»

Entre quelques visites dans sa ville natale, Ellington compose le 17 juillet 1936 « It Was a Sad Night in Harlem » en référence à son ami le boxer Joe Louis qui avait perdu son combat le 19 du mois précédent. Près de deux ans après la mort de sa mère, c’est au tour de son père J.E. Ellington de rendre l’âme; ce décès a un moins grand impact sur le compositeur. En décembre 1938, Duke rencontre pour la première fois le jeune Billy Strayhorn, un musicien local, alors âgé de 23 ans. Après l’avoir entendu interpréter une de ses chansons, Duke le prend sous son aile et l’engage comme parolier. Peu à peu, celui qui avait des antécédents d’études classiques devient un élément indispensable du groupe, polissant et arrangeant plusieurs compositions de Ellington.

Duke composa beaucoup de succès qui contribuèrent à sa renommée mondiale durant les années trente. C’est d’ailleurs sur une tournée très réussie que prendra fin cette décennie durant laquelle il composa Mood Indigo en 1930, It Don’t Mean a Thing (If It Ain’t Got that Swing) en 1932, Sophisticated Lady en 1933, In a Sentimental Mood en 1935, Caravan en 1937 avec Juan Tizol, I Let A Song Go Out Of My Heart en 1938, suivit de Do Nothing Till You Hear from Me en 1940 et Take the "A" Train (écrit avec la participation de Billy Strayhorn) en 1941.

[modifier] Les années 40

Très tôt durant cette décennie, l’orchestre de Duke atteignit un sommet encore jamais atteint jusque là. Le 6 mars 1940, Ellington signe avec la nouvelle maison de production RCA Victor un contrat exclusif. À l’automne, Cootie Williams quitte le groupe pour des raisons personnelles et Ellington fait venir son fils Mercer avec lui sur les tournées en l’engageant comme technicien. Les nouvelles compositions pleuvent et Ellington peut compter sur Billy Strayhorn et Mercer en tant que partenaires compositeurs. Plusieurs succès naissent à cette époque très lucrative. “Cotton Tail", "Mainstem", "Harlem Airshaft" et "Streets of New York" en sont quelques exemples. Take the A Train, composé par Strayhorn connaît un succès fulgurant.

L’objectif à long terme de Ellington était d’élargir la forme « 3 minutes » des pièce jazz de l’époque. Lui et son orchestre désirent augmenter la durée ainsi qu’élaborer les textes d’avantage. Avec une bonne technique en poche, Strayhorn aide Duke à composer un prototype : Black, Brown and Beige, qui raconte l’histoire des afro-américains et qui sera joué pour la première fois au célèbre Carnegie Hall. Toutefois, ces longues compositions n’eurent pas un énorme succès comme en témoigne Jump for Joy qui ne fut joué qu’à seulement six reprises. Après le départ de sa choriste et amie intime Ivie Anderson, plusieurs filles se relaient à ce poste et Ellington en profite pour explorer de nouveaux horizons... ce qui cause le départ de Toby Hardwick saxophoniste de longue date, qui n’accepte pas l’attitude de Duke à se sujet. Peu à peu, le jazz perd de sa popularité et le groupe d’Ellington connaît un ralentissement considérable. De 1947 à 1951, le compositeur cesse pratiquement de composer et fait plusieurs tournées dont une européenne où le groupe joue 74 spectacles en 77 soirs.

En 1951, l’orchestre d’Ellington perd beaucoup de lustre avec le départ de Sonny Greer, Lawrence Brown et Johnny Hodges qui veulent évoluer en solo. Malgré tout, Duke continue de faire plusieurs apparitions dans différentes émissions télévisées.

[modifier] Renaissance

La prestation d’Ellington au festival de Jazz de Newport en 1956 lui redonne de la visibilité et un nouveau public commence à s’intéresser à sa musique. Avec le retour de Hodges et sa réa- filiation avec Strayhorn, et des chansons telles que : Such Sweet Thunder et The Queen’s Suite, en l’honneur de la reine Élizabeth II. Duke connait un regain de popularité. En 1957, un nouveau contrat avec Columbia Records lui permet d’enregistrer Elligton at Newport qui devient meilleur vendeur. Il s’associe avec la maison pour 6 ans ainsi qu’avec Irving Townsend qui s’occupera du côté commercial et aussi artistique. Strayhorn et Ellington commencent l’écriture de musiques de films et en 1958, une tournée européenne est encensée par la critique. En 1959, Ella Fitzgerald enregistre plusieurs chansons avec Ellington et son orchestre ce qui vaut maintenant au Duke sa place parmi Great Americain Songbook. Par la suite, Ellington joue avec plusieurs grands noms dans le domaine de la musique : Count Basie, George Hudson, Frank Sinatra, Coleman Hawkins et plusieurs autres. 1966 marque le début de la composition classique pour Duke, et il compose un concert de musique sacrée. Après trois représentations 67,68 et 73, Duke annonce qu’il s’agit de sa période de composition la plus importante en raison du sérieux et de l’affection qu’il accorde à la religion : «J'ai eu trois éducations : la rue, l'école, la Bible ; c'est finalement la Bible qui compte le plus. C'est l'unique livre que nous devrions posséder.» Ses compositions sont maintenant devenues des standards de la musique et Ellington est plusieurs fois récompensé pour son travail colossal. Mai 1974, un mois après son 75e anniversaire de naissance, Duke succombe à une pneumonie. Plus de 12 000 personnes assistent à ses funérailles dont Ella Fitzgerald qui dit quelques mots : Its a very sad day. A genius has passed ! Côté musical, Mercer reprit immédiatement les rènes et dirigea l’orchestre pendant plusieurs années.

[modifier] Discographie

Jazz
Terminologie du jazz
Principaux courants

ragtime - Nouvelle-Orléans
swing - mainstream
bebop - cool jazz
hard bop - jazz modal
free jazz - soul jazz
jazz-rock fusion - acid jazz
jazz manouche - smooth jazz
latin jazz - nu jazz

Interprètes

A-B-C-D-E-F-G-H-I-J-K-L-M N-O-P-Q-R-S-T-U-V-W-X-Y-Z
par style - par instrument

Méta
Le portail du Jazz
Le projet Jazz
Le portail des musiques

Duke Ellington a enregistré une quantité impressionnante de disques parmi lesquels on peut citer :

Une liste assez complète de ses enregistrements en 78 tours, en 45 tours, en 33 tours 25 et 30cm peut être consultée sur la page wikipédia anglaise Duke Ellington discography ou sur le site Duke on the Web

[modifier] Filmographie

  • 2007: Norman Granz Presents: Duke - The Last Jam Session / Jumpin' and Jivin', Vol. 1
  • 2005: Jazz Classics Collection, Vol. 10: Swing! Swing! Swing! / Reminiscing in Tempo / Jazz Classics Collection, Vol. 8: Jazz and Big Band Classics
  • 2004: The Golden Age of Jazz, Vol. 1 /Harlem Renaissance: The Music & Rhythms That Started a Cultural Revolution / Encore Series: Duke Ellington
  • 2003: That Old Black Magic
  • 2001: Music Classics, Vol. 10 / Music Classics, Vol. 4
  • 2000: The Big Bands, Vol. 1: Duke Ellington & Lionel Hampton / Duke Ellington and His Orchestra: 1929-1943
  • 1998: Music Classics, Vol. 5,7,8 et 9
  • 1997: Jazz Classics for Fingerstyle Guitar, Vol. 1
  • 1993: At the Jazz Band Ball: Early Hot Jazz, Song and Dance
  • 1992: Lester Young & Billie Holiday
  • 1991: Americans in Europe, Vol. 2 / Music Classics, Vol. 1 / Music and Comedy Masters Series
  • 1990: Soundies, Vol. 1: 1940's Music Machine
  • 1989: Milton Berle: The Second Time Around - Legends - Funny Fifties
  • 1988: Harlem Roots, Vol. 1: The Big Bands
  • 1987: Swing: The Best of the Big Bands, Vol. 1 / Piano Legends
  • 1986: Harlem Harmonies, Vol. 2 / Duke Ellington and His Orchestra: 1929-1952
  • 1985: Meet the Band Leaders - 112-118
  • 1984: Meet the Band Leaders - 101-108 et 111
  • 1983: Black Jazz and Blues
  • 1982: The Sacred Music of Duke Ellington / Sophisticated Ladies
  • 1981: Duke Ellington's Sophisticated Ladies
  • 1980: Memories of Duke
  • 1972: All-Star Swing Festival
  • 1971: Duke Ellington: Live at the Tivoli Gardens (1971), Parts 1 and 2 / The Lou Rawls Show with Duke Ellington
  • 1966: Ella Fitzgerald in Concert
  • 1965: Harold Arlen: An All-Star Tribute
  • 1964: Duke Ellington: Montréal 1964
  • 1962: Newport Jazz Festival / Goodyear Jazz Concert with Duke Ellington
  • 1961: Jazz Concert 1: Louis Armstrong & Duke Ellington
  • 1959: Anatomy of a Murder / Jazz on a Summer's Day
  • 1958: Timex All-Star Jazz Show
  • 1956: Jazz Ball
  • 1955: Masquerade Party / Jazz Festival / Rock 'N Roll Revue
  • 1947: Date with Duke
  • 1944: Norman Granz Presents: Improvisation - Charlie Parker, Ella Fitzgerald and More
  • 1943: Reveille with Beverly
  • 1943: Cabin in the Sky
  • 1938: Jazz and Jive
  • 1935: Symphony in Black (gagnant d’un academy awards pour meilleur court métrage musical) / Great Jazz Bands of the 30's
  • 1933: A Bundle of Blues
  • 1930: Check and Double Check
  • 1929: Black and Tan

[modifier] Hommages à Duke Ellington

[modifier] Monuments

De nombreux monuments ont été consacrés à la mémoire de Duke Ellington dans des villes telles que New York , Washington D.C. et Los Angeles.

Dans la ville natale du Duke, Washington D.C., une école et un pont qui enjambe le parc de Creek portent son nom. La Duke Ellington School of the Arts accepte sur dossiers des élèves qui envisagent une carrière artistique et leur offre une formation complète dans les disciplines artistiques et générales qui les préparent à l’université et à une activité professionnelle. Le pont de Calvert Street fut rebaptisé pont Duke Ellington; construit en 1935, il relie Woodley Park à Adams Morgan.

Ellington vécut longtemps à Manhattan dans une maison qui faisait l’angle de Riverside Drive et de la 106e rue (West 106th Street). Après sa mort, celle-ci fut renommée boulevard Duke Ellington. Un monument à Ellington, du sculpteur Robert Graham, fut inauguré en 1997 à Central Park (New York), près de la 5e avenue et la 110e rue, à une intersection qui se nomme Duke Ellington Circle.

Duke Ellington donna son dernier grand concert dans une salle de l'université de l'Illinois (Northern Illinois University) le 20 mars 1974[1], peu de temps avant sa mort. La salle fut renommée en son honneur en 1980, puis rénovée et consacrée une seconde fois au musicien en 2003[1].

Une statue d’Ellington assis à son piano se trouve dans la salle Schoenberg de l’Université de Californie (UCLA) à Los Angeles.

[modifier] Monnaie

Ellington sur le projet préparatoire de la pièce de 25 cents frappée en 2009

Le 24 février 2009, dans une cérémonie qui s’est tenue au National Museum of American History, Ed Moy a présenté une nouvelle pièce de monnaie américaine à l’effigie de Duke Ellington[2] portant l'inscription « Justice pour tous »[2] et un portrait du musicien assis au piano. C’est la première fois qu’un américain issu de la communauté afro-américaine figure seul sur une pièce de monnaie[3] .

[modifier] Hommages musicaux

De son vivant et après sa mort, Ellington fut l’objet de nombreux témoignages d’admiration de la part de ses pairs. En 1954, Dave Brubeck lui dédicaçait The Duke (1954); le morceau devint un standard repris par d’autres musiciens[4] notamment Miles Davis en 1957 dans Miles Ahead. Lors de ses concerts, Tony Bennett prit l’habitude de modifier les paroles de Lullaby of Broadway (composé en 1935 par Harry Waren sur des paroles de Al Dubin) pour chanter "You rock-a-bye your baby 'round/to Ellington or Basie," (Tu fais danser ta p'tite amie/Sur Ellington ou bien Basie) en hommage aux deux géants du jazz. En 1959, Charles Mingus enregistra son Open Letter to Duke (Lettre ouverte à Duke) dans Mingus ah um[5].

La mort de Duke Ellington en 1974 mit en deuil le monde musical. Un mois plus tard, Miles Davis créait un morceau de plus de trente minutes, sorte de marche funèbre à la mémoire d’Ellington : He Loved Him Madly qu’il enregistra pour l’album Get Up With It au mois de juin. La même année, l’orchestre Steely Dan enregistra une version fidèle à la note près d’un des premiers standards d’Ellington, East St. Louis Toodle-oo pour l’ album Pretzel Logic, en utilisant des guitares « slide » adaptées pour recréer le son particulier (jungle sound) des cors qui jouent dans la version originale. En 1975 Judy Collins écrivit et enregistra Song For Duke dans son album Judith. En 1976 Stevie Wonder écrivit Sir Duke dans lequel il chantait les

« [..] pionniers de la musique
Que le temps ne nous laissera pas oublier
[..] Basie, Miller, Satchmo,
Et le roi de tous, monsieur Duke
Et une voix comme celle d’Ella [..] ».

Dans les années 1980, de nouveaux artistes rendirent hommage au musicien disparu. La chanteuse sud-africaine Sathima Bea Benjamin composa Gift of Love à la mémoire de Duke Ellington ; le morceau figure sur son album Love Light, commercialisé en 1987. En 1988, le Modern Jazz Quartet enregistra For Ellington [6], avec deux morceaux originaux, dont le morceau éponyme de l’album. George Shearing reprit le morceau de Brubeck The Duke en 1992 dans I Hear a Rhapsody: Live at the Blue Note.

Le Duke Ellington Orchestra existe toujours. Dirigé par le fils de Duke Ellington, Mercer, à la mort du compositeur, il fut ensuite dirigé par son petit-fils, Paul Ellington.

[modifier] Hommages critiques

Gunther Schuller :

« Ellington composa sans relâche jusqu'à la fin de ses jours. La musique fut sa maîtresse ; c’était sa vie et il lui a consacré une œuvre incomparable et indestructible. En jazz, c'était un géant parmi les géants. Pour la musique du XXe siècle, il sera peut-être un jour reconnu parmi la demi-douzaine des plus grands maîtres qui ont illustré cette époque[7]. »

Martin Williams :

« Duke Ellington a vécu assez longtemps pour se voir reconnaître comme l’un de nos meilleurs compositeurs. Et depuis sa mort en 1974, il n’est pas rare de l’entendre citer avec Charles Ives comme un des plus grands compositeurs que l'Amérique ait produit, toutes catégories confondues[8]. »

En 2002, le chercheur Molefi Kete Asante inscrivait Duke Ellington sur sa liste des cent plus éminentes personnalités afro-américaines[9]

[modifier] Hommage littéraire

Boris Vian lui rend hommage en publiant L'Ecume des jours où il distillera tout au long du roman des clin d'oeil au jazz et où Duke Ellington sera de nombreuses fois cité. Il nommera par ailleurs l'un de ses personnages "Chloé" correspondant au nom d'un arrangement d'Ellington.

[modifier] Grammy Awards

Ellington est lauréat de 13 Grammy Awards de 1959 à 2000, dont neuf lui furent décernés de son vivant.

En 1959, la musique composée pour le film d’Otto Preminger, Autopsie d'un meurtre, rafla trois prix : celui de la meilleure bande sonore, celui du meilleur disque de l’année, et celui de la meilleure prestation d’un orchestre de danse. En 1965 (New Orleans Suite), 1967 (Far East Suite) et 1968 (And His Mother Called Him Bill) il remporte le prix de la meilleure prestation par un grand ensemble de jazz. En 1966, il avait également été lauréat de la meilleure composition de jazz originale avec In the Beginning God. New Orleans Suite (1971), Toga Brava Suite (1972), The Ellington Suites (1976) lui valent le prix de la meilleure prestation d’un grand orchestre de jazz. Duke Ellington At Fargo est couronné meilleure prestation musicale d’un grand orchestre en 1979. En 1999, The Duke Ellington Centennial Edition - RCA Victor Recordings (1927-1973) reçoit le prix dans la catégorie « Album historique ».

[modifier] Annexes

  • Sa chanson "Mood Indigo" fait partie des musiques de la file d'attente de l'attraction "La Tour de la Terreur" (The Twillight Zone Tower of Terror) des parcs Disney's Hollywood Studios, Walt Disney Studios Paris et Disney's California Adventures.
  1. ab Marc McGowan, « [http://www.niu.edu/PubAffairs/RELEASES/2003/nov/ellington.shtml NIU to rededicate Duke Ellington Ballroom during Nov. 6 NIU Jazz Ensemble concert] », 2003. Consulté le 24 février 2009
  2. ab (en) CNN Washington, « Jazz man is first African-American to solo on U.S. circulating coin », dans [[1]], 24 février 2009 [texte intégral (page consultée le 24 février 2009)] 
  3. Un article en français
  4. "The Duke" by Dave Brubeck: song review, recordings, covers, Allmusic. Consulté le 2007-03-21
  5. Columbia records, SRCS9201
  6. LP EAST-WEST RECORDS 790926-1
  7. "Ellington composed incessantly to the very last days of his life. Music was indeed his mistress; it was his total life and his commitment to it was incomparable and unalterable. In jazz he was a giant among giants. And in twentieth century music, he may yet one day be recognized as one of the half-dozen greatest masters of our time." Schuller, Gunther, The Swing Era, Oxford University Press, 1989, ISBN 0-19-504312-X. p. 157.
  8. "Duke Ellington lived long enough to hear himself named among our best composers. And since his death in 1974, it has become not at all uncommon to see him named, along with Charles Ives, as the greatest composer we have produced, regardless of category." Martin Williams, liner notes, Duke Ellington's Symphony in Black, le Smithsonian Jazz Repertory Ensemble sous la direction de Gunther Schuller, enregistrement appartenant aux Smithsonian Collections, 1980.
  9. Asante, Molefi Kete (2002). 100 Greatest African Americans: A Biographical Encyclopedia. Amherst, New York. Prometheus Books. ISBN 1-57392-963-8.

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