Arvo Pärt

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Arvo Pärt

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Arvo Pärt à la Christ Church de Dublin en 2008

Naissance 11 septembre 1935 (79 ans)
Paide, Drapeau de l'Estonie Estonie
Activité principale compositeur
Style musique contemporaine
musique sacrée
Lieux d'activité Berlin Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Années d'activité depuis 1958
Site internet International Arvo Pärt Centre

Œuvres principales

Arvo Pärt ([ˈɑrvo ˈpært]), né le 11 septembre 1935 à Paide, en Estonie, est un compositeur estonien de musique contemporaine vivant à Tallinn. Il est souvent associé au mouvement de musique minimaliste qui s'est formé à partir des années 1960.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arvo Pärt naît à Paide, ville située à environ 90 km au sud-est de Tallinn. Ses parents divorcent alors qu'il n'a que trois ans et sa mère l'emmène vivre chez son nouveau compagnon à Rakvere, au nord-est de l'Estonie. Là, entre sept et huit ans, il suit des cours de musique après l'école et apprend les bases du piano et de la théorie musicale. À la maison, il ne dispose que d'un vieux piano à queue dont seuls les registres extrêmes peuvent être joués convenablement ; cela le pousse à l'expérimentation et à inventer ses propres œuvres[1].

Adolescent, il écoute toutes sortes de musiques à la radio mais il est plus particulièrement intéressé par la musique symphonique. Il écoute notamment les programmes de la Radio finlandaise qui pouvait être captés assez clairement dans le nord de l'Estonie. On raconte même qu'il tournait en rond sur la place de la ville alors que les concerts symphoniques y étaient diffusés via des haut-parleurs[1].

Bien que le piano soit son instrument de prédilection et qu'il en joue parfois en concert comme accompagnateur, il pratique aussi le hautbois dans l'orchestre de son école, les percussions dans un groupe de danse et chante dans le chœur de son école. Progressivement, il passe des improvisations au clavier à des compositions plus formelles qu'il commence à noter vers quatorze ou quinze ans. Vers ses 17 ans, il présente Meloodia, pièce pour piano qu'il compose pour un concours de jeunes artistes. Sa pièce est remarquée mais, sans doute à cause d'un manque évident de racines ou d'influences estoniennes, il ne remporte aucun prix. Pärt se rappelle qu'elle était dans le style de Rachmaninov mais qu'elle n'avait rien de personnel[1].

Arvo Pärt entre en 1954 à l'École secondaire de musique de Tallinn et compte parmi ses professeurs Harri Otsa. Il y étudie la théorie musicale, la composition, le piano, la littérature musicale, l'analyse et la musique populaire. Cet apprentissage est interrompu après quelques mois seulement par le service militaire obligatoire au cours duquel il joue de la caisse claire et du hautbois dans la fanfare. Ces deux années sont vécues comme un souffrance et il contracte un maladie rénale qui compromettra sa santé pendant plus de dix ans. Il retourne à l'École secondaire de musique de Tallinn pour l'année académique 1956-57 avec Veljo Tormis pour professeur et assimile facilement toute idée nouvelle (dont le dodécaphonisme), particulièrement le peu de musique occidentale qu'il peut entendre. Il fait déjà preuve d'un talent évident et naturel pour la composition ; un de ses compagnons d'étude, Ave Hirvesoo, déclare même qu'il « semblait secouer sa manche et des notes en tombaient »[1].

Il entre au conservatoire de Tallinn à l'automne 1957 où il étudie avec Heino Eller. Les programmes obligatoires comportent également l'économie politique, l'histoire du Parti communiste et la « science de l'athéisme ». Parallèlement, il trouve un emploi d'ingénieur du son à la radio estonienne, poste qu'il occupe de 1958 à 1967. En 1962, l'une de ses compositions écrite pour chœur d'enfants et orchestre, Notre jardin (1959), le fait connaître dans toute l'Union soviétique et lui permet de remporter le Premier Prix des jeunes compositeurs de l'URSS[2]. À cette époque il est quelque temps directeur musical du Théâtre des Pionniers de Talinn et compose de la musique pour le théâtre, particulièrement des pièces pour les enfants et les marionnettes (Quatre danses faciles pour le piano, Cinq chansons enfantines) ; il reçoit également de nombreuses commandes de musiques de film. Quand il sort diplômé du conservatoire de Tallinn en 1963, sa carrière professionnelle de compositeur est déjà bien amorcée[1].

Au début des années 1960, il s'initie à la composition sérielle, dont relèvent ses deux premières symphonies ; cela lui attire immédiatement d'importantes inimitiés, la musique sérielle étant considérée comme un avatar de la décadence bourgeoise occidentale. Tout aussi incorrectes politiquement dans le contexte soviétique, ses compositions d'inspiration religieuse, ainsi que sa technique du collage un temps utilisée, limitent considérablement le rayonnement de son œuvre[3].

En 1968, en proie à une crise créatrice, et à la suite de la censure par le régime communiste de son œuvre Credo[4],[3], Arvo Pärt renonce au sérialisme et plus globalement à la composition elle-même, et ce durant une dizaine d’années, temps qu'il consacre à l'étude du plain-chant grégorien et à celle de compositeurs médiévaux français et flamands tels que Guillaume de Machaut, Ockeghem, Obrecht et Josquin des Prés. Ces études et réflexions aboutiront à l'écriture d'une pièce de style intermédiaire, la Symphonie no 3 (1971).

Son évolution stylistique est notable en 1976 avec la composition d'une pièce pour piano devenue célèbre, Für Alina, qui marque une rupture avec ses premières œuvres et qui pose les jalons de son nouveau style, qualifié par lui-même de « style tintinnabuli »[2],[3]. L'auteur l'explique ainsi : « Je travaille avec très peu d'éléments - une ou deux voix seulement. Je construis à partir d'un matériau primitif - avec l'accord parfait, avec une tonalité spécifique. Les trois notes d'un accord parfait sont comme des cloches. C'est la raison pour laquelle je l'ai appelé tintinnabulation ». L'année suivante, Pärt écrira dans ce nouveau style trois de ses pièces les plus importantes et reconnues : Fratres, Cantus in Memoriam Benjamin Britten et Tabula rasa.

En 1980, accompagné de sa famille, il quitte son pays où il est en proie à la censure[2] pour Vienne où il obtient la nationalité autrichienne. L'année suivante il part pour Berlin-Ouest[3]. De fréquents séjours le conduisent près de Colchester dans l'Essex. Il revient ensuite en Estonie et vit désormais à Tallinn. Son succès jamais démenti dans tout l'Occident, et particulièrement aux États-Unis[3], a pour inconvénient de le ranger dans la catégorie des compositeurs « minimalistes mystiques », avec Henryk Górecki et John Tavener. En 1996, il devient membre de l'Académie américaine des arts et des lettres.

Créateur d'une musique épurée, d'inspiration profondément religieuse — il est de confession chrétienne orthodoxe, et les chants orthodoxes ainsi que les chants grégoriens ont influencé son style sur la modulation lente des sons[3] —, associée par certains à la musique postmoderne, Arvo Pärt creuse à présent le sillon de son style tintinnabuli. Ses œuvres ont été jouées dans le monde entier et ont donné lieu à plus de 80 enregistrements, ainsi qu'à de très nombreuses utilisations pour l'illustration sonore de films et de spectacles de danse.

Inspiration et style[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Style tintinnabuli.

Elle se caractérise par l'écriture minimaliste de Pärt, une musique épurée qui donne une impression de simplicité.

Le premier élément est l'utilisation de rythmes simples tels que « noire, blanche, noire, blanche » ou « blanche, noire, blanche, noire ». Le second élément est le fameux style tintinnabuli. Chez Arvo Pärt, cette écriture s'inspire donc du son de la clochette, lorsqu'un instrument - quel qu'il soit - articule son jeu entre trois notes principales, celle de l'accord parfait d'une gamme. Cette simplicité se retrouve également dans l'utilisation de notes récurrentes et d'une certaine stabilité de la gamme. Pärt, contrairement à beaucoup de compositeurs des époques baroque, classique et romantique, n'utilise donc pratiquement jamais de modulations.

Œuvres complètes[modifier | modifier le code]

Liste chronologique des œuvres complètes d'Arvo Pärt[5] :

Première période (néo-classique et sérielle)[modifier | modifier le code]

Période intermédiaire (abandon du sérialisme)[modifier | modifier le code]

Deuxième période (tintinnabulum)[modifier | modifier le code]

Travail pour le cinéma et utilisation cinématographique[modifier | modifier le code]

Arvo Pärt et sa femme Nora en août 2012.

Dans les années 1960 et 1970, Arvo Pärt compose, sur commande, plusieurs musiques de film[6]. Cette production est estimée à près de 40 bandes originales[7]. Le style est imaginatif, mais manque d'unité[8]. Ce travail n'a pour le compositeur qu'une fonction de ressource financière et n'a pas de rapport avec son véritable travail de recherche qui l'occupe à la même époque[8],[9].

Bien que la musique d'Arvo Pärt à partir de 1976 soit composée spécifiquement pour les concerts, le succès des enregistrements discographiques pousse de nombreux réalisateurs à utiliser, à partir des années 1990, des extraits de ses œuvres en leurs assignant une fonction critique et narrative importante[10]. L'estimation actuelle regroupe une vingtaine de pièces, présentes dans plus d'une centaine de longs métrages[9],[11]. Parmi ses œuvres, sont utilisées le plus fréquemment : Für Alina, Fratres, Cantus, et plus particulièrement Spiegel im Spiegel qui apparaît en surimposition d'une variété de thèmes, notamment la guerre, la maladie en phase terminale, le terrorisme, la compassion et le pardon[9].

D'une manière plus générale, y compris dans son utilisation au cinéma, l'œuvre d'Arvo Pärt peut être considérée comme l'agent esthétique de quelque chose qui est « inaccessible, oublié ou dépossédé »[12].

Principaux enregistrements[modifier | modifier le code]

La plupart sont parus chez ECM dans la collection New Series et Harmonia Mundi :

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Arvo Pärt recevant la Légion d'honneur des mains de Frédéric Mitterrand en 2011.

Arvo Pärt est docteur honoris causa de plusieurs universités dans le monde dont celles de Sydney (1996), Tartu (1998), Durham (2003), Fribourg (2007), Liège[13] (2009) et Saint Andrews (2010).

Membre de l'Académie américaine des arts et des lettres (département musique) depuis 1996, il a reçu le Prix Léonie-Sonning de la musique en 2008 et a été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 2011. Il est également membre du Conseil pontifical pour la culture depuis 2011. En septembre 2013, il reçoit la distinction d'Archonte du patriarcat œcuménique de Constantinople[14].

Arvo Pärt a reçu en juillet 2014 le Praemium Imperiale dans la section "musique"[15], attribué par l'Association japonaise des beaux-arts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Paul Hillier, Arvo Pärt, Oxford University Press, 1997, 232 pages, p. 26-27, 29.
  2. a, b et c Arvo Pärt sur le site de l'Ircam
  3. a, b, c, d, e et f Arvo Pärt sur l'Encyclopædia Britannica.
  4. Richard Holding, « Arvo Pärt, la musique qui ramène Adam au paradis », sur lemondedesreligions.fr,‎ 9 novembre 2012 (consulté en 24 novembre)
  5. (en) Catalogue des œuvres d'Arvo Pärt sur le site d'Universal Edition [lire en ligne]
  6. Laura Dolp, « Arvo Pärt in the marketplace », in Shenton 2012, p. 189
  7. Laura Dolp, « Arvo Pärt in the marketplace », in Shenton 2012, p. 190, note 62
  8. a et b Hillier 1997, p. 74
  9. a, b et c Laura Dolp, « Arvo Pärt in the marketplace », in Shenton 2012, p. 190
  10. Laura Dolp, « Arvo Pärt in the marketplace », in Shenton 2012, p. 177
  11. (en) Arvo Pärt sur l’Internet Movie Database.
  12. Kaire Maimets-Volt, Mediating the ‘Idea of One’: Arvo Pärt's Pre-existing Film Music, thèse de doctorat, Académie estonienne de musique et de théâtre, 2009, p. 188, cité par Laura Dolp, « Arvo Pärt in the marketplace », in Shenton 2012, p. 178
  13. Cérémonie de rentrée académique 2009
  14. Visite du patriarche Bartholomée en Estonie: le 8 septembre – Le compositeur Arvo Pärt élevé à la dignité d’archonte sur le site www.orthodoxie.com le 10 septembre 2013.
  15. « Arvo Pärt remporte le Praemium Imperiale de musique », sur francemusique.fr,‎ 17 juillet 2014 (consulté le 17 juillet 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]