Syd Barrett

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Syd Barrett

Nom de naissance Roger Keith Barrett
Naissance 6 janvier 1946
Cambridge (Royaume-Uni)
Décès 7 juillet 2006 (60 ans)
Cambridge (Royaume-Uni)
Activité principale Guitariste, chanteur, auteur-compositeur
Genre musical Psyché folk, rock psychédélique, space rock
Instruments Guitares, chant
Années actives 1965-1974
Labels EMI
Site officiel www.sydbarrett.com

Syd Barrett (né Roger Keith Barrett le 6 janvier 1946 et mort le 7 juillet 2006 à Cambridge) était un musicien britannique. Il s'adonnait également à la peinture. Il fut un des membres fondateurs du groupe Pink Floyd, dont il a été exclu en 1968 à cause de son comportement instable notamment imputé à sa surconsommation de LSD. Il se lança alors dans une brève carrière solo avant de se retirer du monde pour vivre en reclus dans la banlieue de Cambridge.

Jeunesse : 1946-1965[modifier | modifier le code]

Barrett est né en Grande-Bretagne, à Cambridge, dans une famille de la classe moyenne. Son père, Arthur Max Barrett, était un éminent pathologiste. Son épouse Winifred et lui encouragèrent le jeune Roger (son nom de baptême) dans sa musique. Lorsque Barrett eut trois ans, sa famille déménagea au 183 Hills Road, toujours à Cambridge. Après que ses frères et sœurs eurent quitté la maison, sa mère loua des chambres à des locataires, parmi lesquels un futur premier ministre japonais. Barrett acquit le surnom de « Syd » vers l'âge de 14 ans, en référence à un vieux contrebassiste de jazz local, Sid Barrett. Il en changea l'orthographe pour se différencier de son homonyme. Son père mourut d'un cancer le 11 décembre 1961, moins d'un mois avant le seizième anniversaire de Barrett. Il fit ses études dans la Cambridge High School for Boys, puis au Cambridge College of Arts and Technology.

Pour aider son fils à surmonter la mort de son père, la mère de Barrett encouragea son groupe, les « Mottoes », à jouer dans le salon familial. Il s'inscrivit ensuite à la Camberwell Art School au sud de Londres, en 1964, avant de former son premier groupe en 1965.

1965-1975 : vie publique[modifier | modifier le code]

Au début des années 1960, il joue dans divers groupes avant de rejoindre le groupe T-Set, formé par Roger Waters, Rick Wright, Nick Mason et Bob Klose, en 1965. Le groupe change de nom lorsqu'il se révèle qu'un autre groupe porte le même nom, et c'est Barrett qui trouve le nouveau nom en juxtaposant les prénoms de deux joueurs de blues : Pink Anderson et Floyd Council. Ils deviennent donc The Pink Floyd Sound, puis simplement Pink Floyd.

Principal auteur et compositeur du premier album de Pink Floyd, The Piper at the Gates of Dawn (1967), ses contributions au second, A Saucerful of Secrets, se réduisent à une seule composition, Jugband Blues et à des guitares sur Remember a Day et Set the Controls for the Heart of the Sun. Il est néanmoins un des guitaristes initiateurs de la musique psychédélique, à l'époque où se développe la prise de LSD, qu'il expérimente et dont on sent bien l'influence sur des morceaux tels Interstellar Overdrive et Astronomy Domine. En décembre 1967, le groupe fait appel à David Gilmour, mais ils ne jouent que brièvement à cinq : l'exclusion de Barrett est rendue publique au début du mois d'avril 1968[1].

Syd enregistre ensuite deux albums solo dans la même année, en 1970, il s'agit de The Madcap Laughs puis de Barrett. Jusqu'en 1974, il effectue d'autres très brèves sessions d'enregistrement publiées en grande partie dans Opel ou disponibles sur Internet, dans les compilations non officielles Have You Got It Yet. David Gilmour et Rick Wright l'aident en produisant ses albums. Souvent, Syd arrive en studio sous l'emprise d'acides. Les prises sont aléatoires et Gilmour doit intervenir de temps en temps pour reprendre quelques prises inaudibles. Barrett ne retrouve pas pour autant le succès rencontré avec Pink Floyd. Le second album est enregistré avec les membres de Soft Machine, groupe anglais de la même génération très réputé pour son psychédélisme novateur. Dans un entretien, il déclare que le plus important pour lui est de faire en sorte que chaque album soit mieux que le précédent, et il semble avoir été très satisfait des deux albums sortis sous son nom. Pink Floyd lui rendra hommage en 1975 dans un album intitulé Wish You Were Here, ainsi que dans l'album The Wall en 1979, et dans le film homonyme d'Alan Parker (bien que les avis divergent sur ce point).

1972 est l'année de sa dernière réelle tentative de retour discographique avec le très éphémère groupe Stars qui le réunit au batteur Twink (Pretty Things, Pink Fairies) pour quelques répétitions et deux concerts. Il semble qu'il ait été approché de façon infructueuse par David Bowie pour d'éventuelles séances de studio au cours de l'année 1974 .

Alors que Pink Floyd enregistre l'album Wish You Were Here, Syd Barrett rend visite à son ancien groupe. Toutefois, il est décrit par ceux qui ont assisté à la scène comme ayant grossi, s'étant rasé (sourcils y compris) et ayant un comportement plus qu'étrange (sautant partout et se brossant les dents). Les membres de Pink Floyd, dans un premier temps, ne le reconnaissent même pas. Roger Waters confie avoir fondu en larmes quand on lui a dit qu'il s'agissait de Syd.

Les chansons de Barrett doivent beaucoup à la comptine ; mais c'est sa façon de modeler la structure de la chanson par rapport à la longueur des paroles (Bike), son traitement inédit de la cassure harmonique, sa maîtrise du chaos (Apples and Oranges, qui semble toujours au bord de la décomposition mais tient bon), et son chant grave voire rocailleux, très juste mais aux airs de faux amateur, qui oscille entre le parlé et le chanté, se perdant parfois dans les aigus (Effervescing Elephant) qui rendent son ton intriguant. Il est aussi très doué pour les jeux sur les mots et la provocation dans le ton au service d'atmosphères mélodiques riches et complexes, mais paradoxalement des mélodies simples, dans le sens où elles vont droit au but, devenant entêtantes, parfaitement reconnaissables et ciselées de telle façon qu'on les connaît par cœur : c'est, semble-t-il, l'une des raisons de l'adulation dont il est l'objet dans les milieux rock.

1975-2006 : retraite[modifier | modifier le code]

Syd Barrett passe les dernières décennies de sa vie dans la banlieue de Cambridge, aux côtés de sa famille qui s'occupe de lui. Les redevances qu'il touche suffisent à satisfaire ses besoins. Il s'adonne à ses passions, le jardinage et la peinture. Barrett disait d'ailleurs au début des années 1970 qu'il pensait finir sa vie en tant que peintre et non en tant que musicien. Cependant, ses peintures sont restées inconnues du public à partir du moment où il s'est mis à vivre en ermite. Il a également écrit un livre d'histoire de l'art, qui n'a pas été publié à ce jour mais que sa sœur, dans un entretien accordé peu après sa mort, a révélé détenir. Dans le même entretien, elle dit que Syd avait perdu tout intérêt pour la musique pop et n'écoutait plus que du jazz, et qu'il se sentait très loin de l'homme qu'il avait été.

Le mystère reste entier sur les causes de la réclusion de Syd Barrett. Celle-ci n'était pas totale, rien ne l'empêchait par exemple de prendre le train pour aller visiter les musées de Londres. Les états végétatifs ou dépressifs qu'on lui attribuait, la déchéance supposée aller de pair, relèvent peut-être de la légende. Ainsi, dans une interview accordée le 16 juillet 2007 au Sunday Times[2], sa sœur Rosemary le décrit comme « un homme ordinaire et aimable » qui « ne souffrait pas de maladie mentale (…) pendant les 25 dernières années de sa vie ». Force est de reconnaître qu'on sait très peu de choses de ces années-là, sur les éventuelles séquelles laissées par l'usage de drogues, et sur l'évolution de son existence au cours des années 1970, 80, 90 et 2000. David Gilmour déclara après la mort de Barrett que la drogue n'avait probablement fait qu'accélérer des failles qui étaient à l'œuvre chez lui. Rick Wright donne pour sa part dans une interview télévisée des années 1990 une explication dramatique : il pense que les colocataires de Barrett de l'époque lui auraient fait prendre plus de LSD que ce dont il se rendait compte, Wright affirme que Barrett a changé radicalement après l'une des ces prises et s'est retrouvé anéanti.

Quelques années avant sa mort, Barrett a regardé en présence de sa famille un reportage télévisé sur Pink Floyd. Il s'est déclaré heureux de réentendre See Emily Play[3].

Il est mort le 7 juillet 2006 à son domicile de Cambridge, à l'âge de 60 ans, d'un cancer du pancréas[4], bien que plusieurs médias aient rapporté des complications liées à son diabète[5]. David Gilmour a dit de lui qu'il fut l'un des rares génies de la musique pop[6].

Discographie[modifier | modifier le code]

Avec Pink Floyd[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Pink Floyd.

Singles[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

EP[modifier | modifier le code]

Compilations (comprenant ses chansons)[modifier | modifier le code]

En solo[modifier | modifier le code]

Singles[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

Albums live[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pink Floyd FAQ
  2. (en) http://www.timesonline.co.uk/tol/news/article688189.ece My lovably ordinary brother Syd (…)neither suffered from mental illness nor received treatment for it at any time since (we) resumed regular contact 25 years ago
  3. « You shone like the sun », The Observer, 06 octobre 2002
  4. (en) « Nécrologie de Syd Barett », sur www.rollingstone.com
  5. (en) « Pink Floyd legend Syd Barrett dies », sur nmw.com, Ipc Media,‎ 11 juillet 2006 (consulté le 23 avril 2010)
  6. Pink Floyd - Behind The Wall, Bob Smeaton, Royaume-Uni, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Espitallier, Syd Barrett : le rock et autres trucs, Philippe Rey, collection À tombeau ouvert,‎ 2009, 190 p. (ISBN 978-2-84876-129-9)
  • Emmanuel Le Bret, Syd Barrett : le premier Pink Floyd, Éditions du Moment,‎ 2009, 282 p. (ISBN 978-2-354-17036-3)
  • Mike Watkinson et Pete Anderson (trad. Xavier Danheux), Syd Barrett : Le diamant noir, Camion Blanc, 270 p. (ISBN 2-910196-98-4)
  • Tim Willis (trad. Marina Dick et Jean-Michel Espitallier, préf. Michka Assayas), Syd Barrett : Le génie perdu de Pink Floyd, Castor astral, 190 p. (ISBN 2-85920-560-8)
  • (en) Mick Rock, Psychedelic Renegades, Genesis Publications,‎ 2001, 160 p. (recueil de 120 photos 1969-71, format 29 × 24 en édition reliée de luxe et tirage limité dédicacé par l'auteur)

Liens externes[modifier | modifier le code]