Kaija Saariaho

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Kaija Saariaho

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Nom de naissance Kaija Anneli Laakkonen
Naissance 14 octobre 1952 (61 ans)
Helsinki, Drapeau de la Finlande Finlande
Activité principale Compositeur
Style Musique contemporaine
Lieux d'activité Paris
Années d'activité Depuis 1982
Collaborations Jean-Baptiste Barrière, Amin Maalouf, Peter Sellars, Anssi Karttunen, Camilla Hoitenga
Formation Académie Sibelius (1976-81), Hochschule für Musik Freiburg (de), (82-83) IRCAM
Maîtres Paavo Heininen, Brian Ferneyhough, Klaus Huber
Conjoint Jean-Baptiste Barrière
Distinctions honorifiques Prix Ars Electronica
Prix Schock (2001)
Grawemeyer Award (2003)
Médaille Pro Finlandia
Site internet http://www.saariaho.org

Kaija Saariaho, née Kaija Anneli Laakkonen le 14 octobre 1952 à Helsinki, est une compositrice finlandaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Kaija Saariaho apprend la musique à partir de l'âge de 6 ans, avec comme instruments le violon, le piano et l'orgue. Elle s'oriente vers l'académie des beaux-arts d'Helsinki pour y étudier la peinture et le dessin, tout ayant la volonté de devenir compositrice[1]. Elle décider d'étudier sérieusement la musique en 1976, et intègre l'Académie Sibelius de Helsinki, dans la classe de Paavo Heininen. L'enseignement de Heininen est rude, mais Saariaho le reconnaît comme essentiel, lui permettant notamment de lever un blocage sur son expression musicale[1]. Elle participe à des rencontres entre jeunes compositeurs, et forme un groupe qu'ils appellent Korvat auki (oreilles ouvertes en finlandais), qui comprend entre autres Magnus Lindberg, Jouni Kaipainen, Esa-Pekka Salonen, Jukka Tiensuu. En 1980, Saariaho se rend à Darmstadt et y découvre l'école spectrale française, en particulier la musique de Tristan Murail et de Gérard Grisey, ce qui a été pour elle une vraie révélation[1]. Elle termine ses études à l'académie Sibelius en 1981.

Elle quitte ensuite la Finlande pour étudier à Fribourg-en-Brisgau, auprès de Brian Ferneyhough et Klaus Huber, pendant deux ans, puis à l'IRCAM à Paris, pour se former à l'informatique musicale. Elle est compositeur en résidence du conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg et du Festival Musica en 2005. Elle vit à Paris depuis 1982[2].

Elle est l'auteur de trois opéras : L'Amour de loin (2000) et Adriana Mater (2006) où la même équipe a collaboré : le librettiste Amin Maalouf, le metteur en scène Peter Sellars et le chef d'orchestre Esa-Pekka Salonen ; et Émilie (2010) sur un livret d'Amin Maalouf, une mise en scène de François Girard, par l'Opéra national de Lyon dirigé par Kazushi Ōno[2]. L'Amour de loin a été décrit par The New York Times comme « Best New Work of the Year 2000 » (meilleure nouvelle œuvre de l'an 2000).

Langage musical[modifier | modifier le code]

Kaija Saariaho est très influencée par la musique spectrale. Petals, pour violoncelle solo ou avec électronique, illustre parfaitement cette forme de musique travaillant sur la matière même du son. Nombre de ses pièces utilisent des ressources électroniques en plus des instruments traditionnels, à l'exemple de Nymphéa (Jardin secret III, 1987), pour quatuor à cordes et électronique en direct.

Kaija Saariaho a beaucoup écrit pour le violoncelle, et l'utilise de manière novatrice, en jouant notamment sur la texture de l'instrument grâce à l'électronique et à des techniques de jeu inventives (variations de pression et d'inclinaison de l'archet...). Sa proximité avec le violoncelliste finlandais Anssi Karttunen, qui a créé plusieurs de ses œuvres, a sans doute contribué au développement du travail de Kaija Saariaho sur le violoncelle.

Elle dit elle-même :

« Le violoncelle est mon instrument préféré, c'est du moins ce que je crois parce que j'y reviens régulièrement. Qu'il existe des violoncellistes remarquables qui ont toujours été prêts à coopérer avec moi n'a pu que contribuer à cet état de fait. Kaija Saariaho, Paris 2005 »

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Elle a reçu le Prix Italia et, en 1989, le Prix Ars Electronica, ainsi que des commandes du Lincoln Center pour le Kronos Quartet, et de l'IRCAM pour l'Ensemble intercontemporain, et a été le sujet d'un projet collaboratif paneuropéen dans la création d'un CD-ROM Prisma, centré autour de son œuvre.
  • Elle a reçu la distinction "Musicien de l'année 2008" (Musician of the Year 2008) annoncée par Musical America, en tant que "faisant partie des rares compositeurs contemporains ayant atteint l'admiration publique aussi bien que le respect universel de la critique" ("among the few contemporary composers to achieve public acclaim as well as universal critical respect").
  • Léonie Sonning Music Award
  • Chevalier des Arts et des Lettres (1997)
  • Chevalier de l'Ordre national du Mérite (2006)

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

  • Yellows pour percussions (1981)
  • Verblendungen pour ensemble (1984)
  • Jardin secret I pour bande (1985)
  • Lichtbogen pour ensemble (1986)
  • Jardin secret II pour clavecin et bande (1986)
  • Io pour ensemble et électronique (1987)
  • Nymphéa pour quatuor à cordes et électronique (1987)
  • Stilleben pièce radiophonique (1988)
  • Petals pour violoncelle et électronique (1988)
  • Oi Kuu pour clarinette basse et violoncelle (1990)
  • Du cristal... à la fumée pour grand orchestre (1990)
  • Amers pour violoncelle, ensemble et électronique (1992)
  • NoaNoa pour flûte et électronique (1992)
  • Près pour violoncelle et électronique (1992)
  • Six Japanese Gardens pour percussion et électronique (1993)
  • Solar pour ensemble (1994)
  • Folia pour contrebasse et électronique (1995)
  • Graal théâtre concerto pour violon et orchestre (1995)
  • Château de l'âme pour soprano, orchestre et chœur (1996)
  • Lonh pour voix et électronique (1996)
  • Spins and Spells pour flûte et violoncelle (1997)
  • Oltra Mar pour orchestre et chœur (1999)
  • L'Amour de loin opéra (2000)
  • Sept Papillons pour violoncelle seul (2000)
  • Nymphea Reflection pour orchestre (2001)
  • Quatre Instants pour orchestre et soprano
  • Orion pour orchestre (2002)
  • Adriana Mater opéra (2005)
  • La Passion de Simone oratorio d'après la vie de Simone Weil (2006)
  • Notes on Light concerto pour violoncelle et orchestre (2006)
  • Terra Memoria pour quatuor à cordes (2006)
  • Mirage pour soprano, violoncelle et orchestre (2007)
  • Émilie, opéra (2010)
  • D'OM LE VRAI SENS, concerto pour clarinette (2010)
  • Nocturne pour violon seul, à la mémoire de Witold Lutoslawski
  • Forty Heartbeats oeuvre de 3 minutes; création française par l' ONDIF en janvier 2014
  • Maan varjot [Ombres de la terre], pour orgue et orchestre, création européenne par l'Orchestre National de Lyon le 19 juin 2014.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kaija Saariaho,Stéphane Roth, Le Passage des frontières : écrits sur la musique, Paris, Éditions MF, coll. « Répercussions »,‎ 2013 (ISBN 2915794537)
  • Les Cahiers de l'Ircam, Compositeurs d'aujourd'hui - Kaija Saariaho, Paris, Éditions du Centre Pompidou,‎ 1994 (ISBN 2-85850-800-3).
  • Pirkko Moisala, Kaija Saariaho, University of Illinois Press,‎ 2009 (ISBN 978-0252032776)
  • Éric Tissier, Être compositeur, être compositrice en France au 21e siècle, Paris, L'Harmattan,‎ 2009 (ISBN 2296108350)
  • Tim Howell, Jon Hargreaves, Michael Rofe, Kaija Saariaho, Visions, Narratives, Dialogues, Ashgate,‎ 2011 (ISBN 978-1-4094-2116-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Cahiers de l'IRCAM (1994), p. 7-9
  2. a et b "Emilie" sombre à l'Opéra de Lyon dans Le Monde du 3 mars 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]