Joan Baez

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Joan Baez

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Joan Baez, le 1er octobre 2005

Informations générales
Nom de naissance Joan Chandos Baez
Naissance 9 janvier 1941 (73 ans)
Staten Island, New York
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Genre musical Rock 'n' roll, musique folk, roots rock, gospel, pop, musique country, musique acoustique
Instruments Chant, guitare, piano, ukulélé, djembé
Années actives 1958 à aujourd'hui
Labels Vanguard (1960-1971)
A&M (1972-1977)
Portrait/CBS (1977-1981)
Gold Castle (1987-1991)
Virgin Records (1991-1993)
Guardian (1995-2003)
Koch (2003-)
Site officiel joanbaez.com

Joan Baez (née Joan Chandos Baez ; se prononce en français /ʒɔn bɛz/, en anglais /oʊn baiɛz/) est une chanteuse américaine de musique folk, née à New York le 9 janvier 1941.

Joan Baez est l'une des voix des années 1960 et 1970. Cette soprano, souvent surnommée « la reine du folk », « la madone des pauvres gens », impose Bob Dylan et ses chansons au public américain ainsi qu'au monde entier. Elle chante des ballades anglo-irlandaises adaptées en folk américain au gospel. Son titre le plus connu en France est Here's to you, sorti en 1971. Très présente sur les scènes mondiales, elle participe à des événements musicaux tels le Festival de folk de Newport, festival de Woodstock et le Live Aid de 1985.

Soucieuse de son rôle d'artiste engagée à délivrer un message de paix et de liberté, contre la guerre et l'injustice, elle est notamment une amie et supportrice du pasteur Martin Luther King, elle multiplie les apparitions sur toute la planète. On peut citer les marches pour les droits civiques sur Washington, les manifestations antiségrégationnistes de l'Alabama, ou encore la visite de camp de prisonniers de guerre américains sous le feu des bombardements pendant la guerre du Viêt Nam.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Le père de Joan, Albert Baez, est né à Puebla au Mexique[1] du révérend Alberto Baez. Albert a deux ans lorsque son père quitte la foi catholique pour devenir pasteur méthodiste aux États-Unis. Il grandit à Brooklyn, où son père prêche. Il pense devenir pasteur, puis se tourne vers l'étude des mathématiques et de physique. Il est le co-inventeur du microscope à rayons X, et l'auteur d'un manuel de physique couramment utilisé aux États-Unis. Il refuse de travailler au « projet Manhattan » pour construire la bombe atomique à Los Alamos. Cette décision aura une influence profonde sur sa fille, la jeune Joan. Il refuse également tout travail dans l'industrie de la Défense pendant la guerre froide.

La mère de Joan Baez, Joan Bridge Baez (1913-2013), est née à Édimbourg, en Écosse. Elle est la deuxième fille d'un prêtre de l'Église épiscopale écossaise[1]. Leur rencontre a lieu lors d'une soirée au lycée de Madison, New Jersey. Après leur mariage, ils vivent en Californie. La famille de Joan Baez se convertit au quakerisme pendant l'enfance de Joan[1].

Mimi, la plus jeune sœur de Joan.

Joan Baez naît à Staten Island, New York, le 9 janvier 1941[2]. Elle a deux sœurs : l'une plus âgée, Pauline, et l'autre, plus jeune, Mimi. Pauline se mariera avec l'artiste Brice Marden en 1960, et divorcera quelques années plus tard. Leur fils est le musicien Nick Marden. Pauline se remariera et aura une fille, Pearl Bryan. Mimi est chanteuse, guitariste, et activiste, fondatrice de l'organisation Bread and Roses[3]. Elle se mariera avec le chanteur et parolier Richard Fariña qui meurt dans un accident de moto en 1966[4] peu de temps après avoir édité son seul roman. Mimi se remariera en 1968 avec Milan Melvin au Big Sur Folk Festival. Joan a écrit la chanson Sweet Sir Galahad à leur intention[5]. Mimi meurt en juillet 2001 d'un cancer neuro-endocrinien[6].

En raison du travail d'Albert dans l'éducation et pour l'UNESCO, la famille voyage beaucoup, et vit dans diverses villes des États-Unis, aussi bien qu'à l'étranger : France, Suisse, Italie, Moyen-Orient et en particulier en Irak en 1951. Joan, âgée de dix ans, a été profondément influencée par la pauvreté, et le traitement inhumain subi par la population locale à Bagdad. Elle a été témoin de mauvais traitements envers les animaux et les personnes. Elle a vu des enfants sans jambes se traînant dans les rues dégoûtantes pour mendier. Elle a écrit plus tard avoir senti une affinité avec les mendiants dans les rues de Bagdad, et la douleur de ces personnes est devenue une « partie » d'elle.

Elle est diplômée de Peninsula School et Palo Alto High School. (Son fils, Gabriel Harris, fréquente également la Peninsula School.)

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Pete Seeger, musicien qui donna à Baez la vocation de la musique folk.

Un ami du père de Joan lui offre un ukulele. Elle apprend ainsi à jouer avec 4 cordes, ce qui lui permet de jouer des morceaux de rhythm and blues, musique qu'elle écoute pendant cette période. Ses parents étaient cependant soucieux qu'elle ne tombe pas dans une vie d'artiste pleine de toutes sortes d'addictions[7]. À 13 ans, elle assiste à un concert du musicien folk Pete Seeger, elle est fortement attirée par cette musique et commence rapidement à jouer son répertoire en public. En 1957, Baez achète sa première guitare acoustique Gibson[8].

En 1958, Albert Baez accepte un poste d'enseignant au Massachusetts Institute of Technology. La famille s'installe à Belmont dans la banlieue de Boston. Cet endroit est alors le centre de la scène émergente folk. Joan Baez se produit en public comme artiste de rue à Boston et aux alentours de Cambridge. On peut l'écouter dans des cafés et elle fréquente l'Université de Boston. Elle enregistre en juin 1958 à San Francisco La Bamba. Toujours la même année, elle donne son premier concert au Club 47 à Cambridge[2]. Elle pense à prendre un pseudonyme hésitant entre Rachel Sandperl ou Mariah. Cependant elle opte finalement pour son nom réel, soucieuse à l'idée qu'on lui reproche l'abandon de son nom d'origine espagnole. Malgré une audience confidentielle, elle est engagée 2 fois par semaine pour 20 dollars le concert.

Quelques mois plus tard, Joan Baez et deux autres passionnés de musique folk enregistrent un album dans le sous-sol de la maison d'un ami. Il sort sous le titre 'Folksingers Round Harvard Square. Plus tard, Baez assiste à un concert du musicien Bob Gibson et de la star de la musique folk, Odetta, ceux-ci l'encouragent à poursuivre dans cette voie[8]. En 1959, Gibson invite Joan à chanter 2 duos avec lui au Festival de folk de Newport, Virgin Mary Had One Son et We Are Crossing Jordan River[9]. La performance de Baez est saluée, et amène la chanteuse à signer avec la maison de disques Vanguard Records, bien qu'elle ait été approchée par Columbia Records[10].

Révélation[modifier | modifier le code]

Joan Baez et Bob Dylan en 1963.

Ce concert et cette signature lancent sa carrière professionnelle, à la suite de quoi elle enregistre son premier album pour un label de musique : Joan Baez en 1960. Le disque est produit par Fred Hellerman du groupe the Weavers. Ce premier disque, recueil de ballades traditionnelles folks, blues et complaintes se vend très bien[9]. L'album contient des ballades de Francis James Child telle Mary Hamilton. On peut aussi noter la chanson El Preso Numero Nueve, entièrement chantée en espagnol.

En 1961, son second album, Joan Baez, Vol. 2, obtient un Disque d'or. Le contenu de l'album est toujours dans la veine folk traditionnelle[11]. Les deux albums suivants Joan Baez in Concert, Part 1 (1962) et Joan Baez in Concert, Part 2 (1963) feront de même. On peut noter que ces deux derniers albums live contiennent uniquement des chansons inédites contrairement à la plupart des albums de concert. C'est sur Joan Baez in Concert, Part 2 qu'apparaît pour la première fois Bob Dylan. La première partie des années 1960 voit ainsi Joan Baez émerger à la tête de l'American roots revival où elle introduit l'inconnu Dylan et fait des émules tels que Judy Collins, Emmylou Harris, Joni Mitchell et Bonnie Raitt.

De son album Joan Baez/5, le cinquième, sorti en 1964[11], la chanson There but for Fortune, reprise du titre de Phil Ochs atteint la 50e place dans le classement Billboard. En 1965, pour enregistrer le sixième album Farewell Angelina, Baez fait entrer d'autres instruments telle une guitare électrique. Plusieurs chansons sont issues de compositions de Dylan ; on peut citer les titres It's All Over Now, Baby Blue et Farewell Angelina. Les chansons de folk traditionnelles sont toujours de mise avec notamment le titre Wild Mountain Thyme.

Le Festival de Woodstock qui donne une notoriété internationale à Joan Baez.

Pour les trois albums suivants Noël, Joan et Baptism: A Journey Through Our Time, sortis respectivement en 1966, 1967 et 1968, elle fait appel au compositeur classique Peter Schickele qui propose une orchestration classique. Si l'album Noël a un contenu traditionnel, Baptism est proche de l'album concept se distinguant par Baez lisant et chantant des poèmes[12] écrits par de célèbres poètes tels James Joyce, Federico García Lorca et ou encore Arthur Rimbaud.

En 1968, Joan Baez part pour Nashville dans le Tennessee où elle fait une session d'enregistrement « marathon » qui donnera naissance à deux albums. Le premier Any Day Now sorti en 1968, est constitué uniquement de reprises de chansons de Bob Dylan[13]. Le second, David's Album est dédié à son mari David Harris, un activiste antiguerre, opposé à la guerre du Viêt Nam, sur le point d'être emprisonné pour non présentation au service militaire[14]. À la fin de l'année 1968, elle publie ses premières mémoires Daybreak. En 1969, son apparition au Festival de Woodstock confirme sa notoriété internationale tant sur le plan musical que politique. À la fin des années 1960, Joan Baez commence à écrire la plupart de ses chansons. On peut citer Sweet Sir Galahad, ou encore A Song For David écrite pour son mari en prison.

Les années 1970 et la fin des années Vanguard[modifier | modifier le code]

Joan Baez à Hambourg en 1973.

En 1971, après sept années passées chez le label Vanguard, Joan Baez rompt avec le label qui édite tous ses albums depuis 1960. Pendant cette dernière année, elle conclut cette association par l'album disque d'or Blessed Are… La reprise du titre de Robbie Robertson The Night They Drove Old Dixie Down obtient un grand succès et se classe cinquième au Hit-parade[15]. Avec Come from the Shadows en 1972, c'est A&M Records qui reprend l'édition des albums de la chanteuse. À la fin de l'année 1971, elle retrouve le compositeur Peter Schickele pour l'enregistrement de deux chansons de la bande originale du film de science-fiction sortie l'année suivante Silent Running : Silent Running et Rejoice in the Sun.

En 1973, Joan Baez sort l'album Where Are You Now, My Son? qui contient notamment une unique chanson de 23 minutes sur la face B. Cette chanson se compose de Spoken word et bruits enregistrés lors des bombardements de Hanoï[16]. Avec Gracias a la Vida en 1974, Joan Baez sort son premier album entièrement en langue espagnole. Le titre fait référence à la chanson (reprise dans l'album) de l'artiste folk chilienne Violeta Parra ; l'album obtient du succès aux États-Unis ainsi qu'en Amérique latine. Il inclut aussi une reprise du titre mexicain Cucurrucucu paloma.

Flirtant avec la musique pop, elle conçoit l'album Diamonds & Rust en 1975. C'est un succès commercial, le plus grand de Baez. Le titre principal Diamonds & Rust atteint le top 10 des singles. Après l'album studio Gulf Winds et le live From Every Stage en 1976, Joan Baez change à nouveau de label. Elle signe chez CBS Records et enregistre Blowin' Away en 1977 et Honest Lullaby en 1979 avec cette maison de disques[17],[18].

Années 1980 et 1990[modifier | modifier le code]

Live Aid de Philadelphie auquel Joan Baez participe en 1985.

En 1983, Joan Baez fait une apparition remarquée aux Grammy Awards interprétant la chanson phare de Bob Dylan Blowin' in the Wind. Elle participe à beaucoup de manifestations musicales de solidarité avec notamment le Live Aid de 1985, ainsi que les tournées A Conspiracy of Hope et Human Rights Now ! organisées par Amnesty International. Elle est pendant cette période sans maison de disques. L'album live Live Europe 83 ne sortira pas commercialement aux États-Unis. Son album suivant, Recently réalisé en studio n'est publié qu'en 1987 par son nouveau label Gold Castle Records.

Poursuivant sa collaboration avec Gold Castle, elle enregistre deux albums : Speaking of Dreams en 1989 et Brothers in Arms en 1991. Par la suite elle s'engage avec le label Virgin Records. Elle enregistre l'album Play Me Backwards en 1992. Cet album est nommé au Grammy Awards dans la catégorie meilleur album de folk contemporaine (Best Contemporary Folk Album). C'est pour la chanson Stones in the Road reprise d'un titre de Mary Chapin Carpenter, que Joan Baez enregistre pour la première fois un clip vidéo[19]. Elle change une fois de plus de label en signant avec Guardian avec lequel elle sort l'album live Ring Them Bells en 1995 puis un album studio Gone from Danger.

Années 2000[modifier | modifier le code]

En 2001, elle fait une incursion au théâtre en endossant le rôle de la Contessa ZinZanni au Teatro ZinZanni à San Francisco[20]. En août de la même année, Vanguard réédite les treize premiers albums de la chanteuse sortis de 1960 à 1971. En 2003, elle devient jurée pour la troisième cérémonie des Independent Music Awards qui promeut des artistes indépendants[21]. Elle sort ensuite l'album Dark Chords on a Big Guitar[22], le concert qu'elle donne au Bowery Ballroom de New York l'année suivante donne lieu à un album live Bowery Songs en 2005.

En 2008, Joan Baez sort Day After Tomorrow, son 24e album studio. Il est produit par Steve Earle, lequel est l'auteur de trois chansons dont deux spécialement écrites pour cet album[23]. L'album comprend aussi le titre Henry Russell's Last Words de Diana Jones[24]. Cet album est nommé pour un Grammy Award.

Engagement politiques et sociaux[modifier | modifier le code]

La vie de Joan Baez est jalonnée de nombreux engagements à des mouvements sociaux et organisations humanitaires. Dès 16 ans, en 1957, elle s'était engagée dans son premier acte de désobéissance civile. Elle avait refusé de quitter la classe de son école de Palo Alto pour effectuer les exercices d'évacuation dans les abris anti-bombes en pleine Guerre froide. Cet épisode lui avait valu une punition et un ostracisme de la part de la population locale, qualifiée de « communiste infiltrée »[25].

Mouvement des droits civiques aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Joan Baez en 1963 lors de la Marche vers Washington.

Le commencement de sa carrière est marqué par le boycott de Hootenany TV qui refuse de diffuser Pete Seeger[2]. Au début des années 1960, le Mouvement des droits civiques prend une grande ampleur. En tant que pacifiste, elle adhère rapidement au mouvement. Joan participe à la Marche vers Washington pour le travail et la liberté en 1963 et y chante notamment We Shall Overcome[2], chanson qui devient l'hymne du mouvement des droits civils. Elle la rechante à l'Université de Californie à Berkeley à l'occasion d'une action de protestation par le Mouvement pour la liberté de parole ainsi qu'à de nombreuses reprises lors d'autres rassemblements[2].

Joan Baez rejoint Martin Luther King, Jr., lors de la Marches de Selma à Montgomery en Alabama en 1965[26].

Guerre du Viêt Nam[modifier | modifier le code]

Après son engagement dans les marches des droits civiques, Joan Baez affiche son désaccord avec la guerre du Viêt Nam. La chanteuse participe à de nombreuses marches anti-guerre et actions de protestations. Elle est notamment arrêtée deux fois en 1967 pour avoir bloqué l'entrée de l’Armed Forces Induction Center d’Oakland en Californie[27]. Elle passe environ 1 mois en prison. Elle aura aussi à plusieurs reprises des ennuis avec la justice pour son refus de payer l'impôt militaire[28].

Elle participe fréquemment aux marches anti-guerre et concerts engagés. On peut citer la Fifth Avenue Peace Parade de 1966 à New York[29]. En 1967, un concert gratuit de Joan Baez en opposition à la guerre est organisé au Washington Monument à Washington par Filles de la Révolution américaine[30].

En 1972, pendant la période de Noël, Joan Baez fait partie d'une délégation visitant un camp de prisonniers de guerre américains au Nord-Vietnam pour promouvoir les droits de l'Homme ainsi que pour délivrer du courrier aux prisonniers de guerre. Ce voyage coïncide avec le bombardement massif de la ville de Hanoï par les forces américaines pendant 7 jours. La chanteuse reste très marquée par cet épisode[25].

Les droits de l'Homme[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, Joan Baez rejoint les rangs d'Amnesty International[5]. Sept ans après son action au Nord-Vietnam, elle publie une lettre ouverte dans laquelle elle dénonce le viol des droits de l'Homme par les autorités vietnamiennes. Cette publication provoque alors de nombreuses réactions d'opposition de la part de militants de gauche[31].

La chanteuse fonde sa propre association, Humanitas International, qui dénonce les violations des droits de l'Homme. En 1981, Alors qu'elle visite le Chili, le Brésil et l'Argentine elle n'est pas autorisée à chanter car les régimes totalitaires en place dans ces pays ne veulent pas lui donner une tribune d'expression. Après les manifestations de la place Tian'anmen en 1989, Joan Baez écrit la chanson China dans laquelle elle condamne le Parti communiste chinois qui a écrasé des milliers d'opposants au régime.

Autres engagements[modifier | modifier le code]

On la retrouve à la Fête de l'Humanité. Un grand concert le 24 décembre 1980 (veillée de Noël) sur le parvis de Notre-Dame de Paris (25 000 spectateurs), avec pour final Blowin' in the Wind repris par les orgues et les cloches de la cathédrale, dédié aux enfants du monde, concert gratuit dont les droits de retransmission et les films sont allés à trois organismes différents dont l'un est Humanitas (et un concert place de la Concorde à Paris en juillet 1983).

Et plus récemment (le 13 décembre 2005) avec les manifestants contre la peine de mort devant la prison où était détenu Stanley Tookie Williams, finalement exécuté. Elle n'abandonne pas ses actions, ces dernières années, où sa voix unique accompagnée de sa guitare la mène en Europe de l'Est, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud

Vie privée[modifier | modifier le code]

Joan Baez rencontre Bob Dylan en 1961 au Gerdes Folk City dans le quartier de Greenwich Village à New York. N'étant pas impressionnée par Dylan et son air de « Hillbilly urbain », elle est cependant fortement intéressée par l'une de ses compositions Song to Woody et souhaite l'enregistrer. Une relation amoureuse connaissant des hauts et des bas se noue entre les deux artistes.

En 1963, la chanteuse invite Dylan à chanter avec elle au Newport Folk Festival. Le duo interprète une composition de Dylan : With God on Our Side. C'est le début d'un duo qui se produira sur scène — avec de longues interruptions — jusqu'au milieu des années 1970 lors de la Rolling Thunder Revue. Si au début c'est Joan Baez qui invite Bob Dylan à interpréter ses propres compositions, les rôles s'inversent rapidement.

Joan Baez reprenait, avant sa rencontre avec Bob Dylan, un répertoire « folk » traditionnel ou des chansons engagées connues Last Night I Had the Strangest Dream, We Shall Overcome. Pendant la tournée de Dylan au Royaume-Uni, leur relation se délite. Le film documentaire Dont Look Back de D. A. Pennebaker sorti au cinéma en 1967 relate cette tournée britannique et la fin de la relation amoureuse entre les deux artistes. Malgré leur séparation, ils reprendront leur collaboration. Joan Baez suit Dylan pendant sa tournée Rolling Thunder Revue en 1975-76. Elle obtient aussi un rôle dans le film Renaldo and Clara dirigé par Dylan.

Fortement influencée par cette relation, Baez écrit au moins deux chansons dédiées à Dylan. Dans To Bobby, la chanteuse exhorte Dylan à reprendre son activisme politique. Avec le titre Diamonds & Rust elle revient sur la relation entretenue avec lui[32].

Entre 1968 et 1973, Joan Baez est mariée à David Harris, un militant pacifiste avec lequel elle aura un fils, Gabriel, né en décembre 1969. Son mari est condamné à 3 ans de prison et libéré au bout de 20 mois. Puis, le couple se sépare et divorce.

Elle aura, au début des années 1980, une relation amoureuse avec le créateur d'Apple, Steve Jobs[33]. Un certain nombre de sources ont établi que Jobs aurait envisagé de la demander en mariage, si Joan avait été prête, à presque 40 ans, à avoir des enfants[34].

Divers[modifier | modifier le code]

Le père de Joan meurt le 20 mars 2007.

Joan a un fils, le percussionniste Gabriel Harris. Elle est grand-mère de Jasmine, fille de Gabriel et de son épouse Pamela.

Elle réside dans une maison de Woodside, en Californie, où elle vivait avec sa mère qui est décédée le 20 avril 2013 alors qu'elle venait d'avoir 100 ans [35]. Joan Baez occupe son temps à méditer, à écrire, « étant proche de la nature »[36].

L'un de ses cousins, Peter Baez, est un propagandiste de l'utilisation de la marijuana médicale[37]. Un autre cousin, John Baez, est, comme son père, spécialiste de physique mathématique.

Sa vie et sa carrière publique ont été retracées dans un documentaire How sweet the sound, diffusé le 14 octobre 2009 par la chaîne américaine PBS American Masters, et en France par Arte le 8 juillet 2010. Elle y est reconnue comme une des plus emblématiques artistes « folk revival », la conscience d'une génération[38].

Discographie[modifier | modifier le code]

En solo[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

  1. Folksingers 'Round Harvard Square (1959)
  2. The First 10 Years, Vanguard (novembre 1970)
  3. The Joan Baez Ballad Book, Vanguard (1972)
  4. Hits: Greatest and Others, Vanguard (1973)
  5. The Contemporary Ballad Book, Vanguard (1974)
  6. The Joan Baez Lovesong Album, Vanguard (1976)
  7. The Joan Baez Country Music Album (1977)
  8. Best of Joan C. Baez, A&M (1977)
  9. Joan Baez: Classics, A&M (1986)
  10. Brothers in Arms, Gold Castle (1991)
  11. No Woman No Cry, Laserlight (février 1992)
  12. Rare, Live & Classic (boxed set), Vanguard (1993)
  13. Greatest Hits, A&M (1996)
  14. Best of Joan Baez: The Millennium Collection, A&M/Universal (1999)
  15. The Complete A&M Recordings, Universal/A&M (2003)
  16. How Sweet The Sound, Harmonia Mundi (2009)

Publications[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Avital H. Bloch, Lauri Umansky 2005, p. 127
  2. a, b, c, d et e David De Leon 1994, p. 345
  3. http://www.breadandroses.com Bread and Roses Official Website
  4. Avital H. Bloch, Lauri Umansky 2005, p. 133
  5. a et b David Spiller 2008, p. 104
  6. http://music.yahoo.com/read/news/12049281 Music.yahoo.com
  7. Legendary Folk Singer & Activist Pete Seeger Turns 90, Thousands Turn Out for All-Star Tribute Featuring Bruce Springsteen, Joan Baez, Bernice Johnson Reagon and Dozens More Democracy Now, 4 mai 2009.
  8. a et b David Spiller 2008, p. 101
  9. a et b David Spiller 2008, p. 102
  10. Joan Baez, And a Voice to Sing With : A Memoir New York City, New York : Summit Books. 1987 (ISBN 0-671-40062-2), p. 61-62
  11. a et b Icon Group International 2008, p. 393
  12. Icon Group International 2008, p. 381
  13. Icon Group International 2008, p. 354
  14. Icon Group International 2008, p. 386
  15. David De Leon 1994, p. 347
  16. Icon Group International 2008, p. 418
  17. Icon Group International 2008, p. 383
  18. Icon Group International 2008, p. 392
  19. Icon Group International 2008, p. 407
  20. (en) Steve Winn, « Now it's Countess Baez », San Francisco Chronicle (consulté le 16 juillet 2010)
  21. (en) « 3rd Annual Independent Music Awards - Judges », Independent Music Awards ; Music Resource Group, LLC, 2004. (consulté le 16 juillet 2010)
  22. Icon Group International 2008, p. 385
  23. (en) William Ruhlmann, « Day After Tomorrow - Joan Baez », allmusic.com (consulté le 16 juillet 2010)
  24. A Nashville singer/songwriter with deep roots in Appalachia
  25. a et b Joan Baez. How sweet the sound, film documentaire de Mary Wharton, États-Unis, 2009, 85 min.
  26. Avital H. Bloch, Lauri Umansky 2005, p. 132
  27. (en) « 1967 : Joan Baez arrested in Vietnam protest », BBC News,‎ 16 octobre 1967 (consulté le 6 mai 2010)
  28. Jefferson Lang 2005, p. 8
  29. (en) Douglas Robinson, « Antiwar Protests Staged in U.S. ; 15 Burn Discharge Papers Here ; Hundreds Cheer at Union Square Rally Arrests Made Across the Country 5th Avenue Parade Set Today », The New York Times,‎ 26 mars 1966 (lire en ligne)
  30. (en) B. Drummond Ayres Jr., « 30,000 in Capital at Free Concert by Joan Baez ; Folk Singer Chides D.A.R., Which Protested U.S. Site », The New York Times,‎ 15 août 1967 (lire en ligne)
  31. Catherine Ingram 2003, p. 62
  32. (en) Michael Gray, The Bob Dylan Encyclopedia, London, The Continuum International Publishing Group Ltd,‎ 2006, relié (ISBN 978-0-8264-6933-5, lien LCCN?), p. 30–31
  33. Walter Isaacson, Steve Jobs, JC Lattès, 2011 (ISBN 978-2709638326), Chapitre 20 - Un homme comme les autres
  34. Young, Jeffrey S. and Simon, William L. (2005). iCon Steve Jobs: The Greatest Second Act in the History of Business. Wiley. ISBN 0-471-72083-6. Retrieved 2010-06-17.
  35. http://www.joanbaez.com/latestnews.html
  36. (en) John Hayes, « Music Preview: Joan Baez says hard times are over », www.post-gazette.com,‎ 2 mars 2008 (consulté le 23 juillet 2010)
  37. San Jose Pot Club Shuts Down Assets seized -- director faces 6 felony charges • Samedi 9 mai 1998
  38. (en) Joan Baez, How sweet the sound, site d'American Masters. Le documentaire est visible sur le site le 10 décembre 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Avital H. Bloch, Lauri Umansky, Impossible to hold: women and culture in the 1960's, NYU Press,‎ 2005 (ISBN 9780814799109)
  • (en) David De Leon, Leaders from the 1960s: a biographical sourcebook of American activism, Greenwood Publishing Group,‎ 1994 (ISBN 9780313274145)
  • (en) Icon Group International, Joan: Webster's Quotations, Facts and Phrases, ICON Group International,‎ 2008 (ISBN 9780546663341)
  • (en) Catherine Ingram, In the Footsteps of Gandhi: Conversations with Spiritual Social Activists, Parallax Press,‎ 2003 (ISBN 9781888375350)
  • (en) Jefferson Lang, American Trilogy, iUniverse,‎ 2005 (ISBN 9780595338221)
  • (en) David Spiller, Great Singers of the Twentieth Century, Lulu.com,‎ 2008 (ISBN 9780955686702)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Joan Baez — How sweet the sound, film documentaire de Mary Wharton, États-Unis, 2009, 85 min (version française diffusée sur ARTE le 8 juillet 2010)

Lien externe[modifier | modifier le code]