Marianne Faithfull

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Marianne Faithfull

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Marianne Faithfull en concert en 2007

Informations générales
Nom de naissance Marianne Evelyn Faithfull
Naissance 29 décembre 1946 (67 ans)
Londres, Angleterre
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Rock pop, folk, jazz, blues
Instruments Voix, clavier
Labels Decca, Deram, London, NEMS, Columbia, Island, RCA, Instinct, Sanctuary, Anti, Naïve
Site officiel www.mariannefaithfull.org.uk

Marianne Faithfull (née le 29 décembre 1946 à Londres) est une chanteuse de rock et actrice anglaise.

Jusqu'aux années 1960[modifier | modifier le code]

Fille d'un officier britannique et d'une aristocrate autrichienne, petite-nièce de l'écrivain Leopold von Sacher-Masoch, elle est élevée à Londres jusqu'au divorce de ses parents. Elle suit alors sa mère à Reading (Berkshire) et participe, pendant sa scolarité, aux spectacles du « Progress Theatre » de la ville.

Au début des années 1960, elle se produit dans des cafés où elle interprète des chansons populaires traditionnelles. C'est à l'issue d'un de ces récitals qu'elle fait, en 1964, une rencontre déterminante avec Andrew Loog Oldham, le manager des Rolling Stones. Mick Jagger et Keith Richards écrivent au même moment, poussés par leur manager, leur première chanson As Tears Go By, mais ils ne veulent pas la faire interpréter par les Stones car, jugée trop sentimentale, elle ne correspond pas à ce qui constitue leur répertoire à l'époque : le blues et le rock. Le titre est donc confié à Marianne Faithfull, alors âgée de 17 ans ; il rencontre le succès et lance sa carrière. Elle enchaîne avec d'autres succès comme This Little Bird et Summer Nights.

En 1965, elle épouse l'artiste et directeur de galerie d'art John Dunbar, et donne naissance à leur enfant Nicolas. Le couple ne dure pas longtemps. Marianne part s'installer avec son fils chez le guitariste des Rolling Stones Brian Jones, dont la compagne d'alors, le mannequin Anita Pallenberg, l'initie au cannabis. Elle entame par la suite une liaison avec Mick Jagger qui durera plusieurs années, tandis qu'elle commence à s'adonner à l'héroïne, ce qui l'amènera à rester dans le coma après une overdose.

Après avoir interprété son propre personnage dans Made in USA de Jean-Luc Godard (1966) et fait une apparition dans la comédie musicale Anna de Pierre Koralnik et Serge Gainsbourg en 1967 (elle interprète Hier ou demain, apportant, comme Eddy Mitchell, une caution commerciale au projet), elle débute réellement sa carrière cinématographique dans deux films sulfureux, en 1967 dans Qu'arrivera-t-il après ? réalisé par Michael Winner, avec Orson Welles, Carol White et Oliver Reed (elle est la première à prononcer un certain mot vulgaire dans le cinéma britannique grand public), et l'année suivante en jouant l'héroïne (nue sous sa combinaison de cuir) de La Motocyclette d'après André Pieyre de Mandiargues, un film franco-britannique où elle donne la réplique à Alain Delon. En 1969, elle obtient le rôle d'Ophélie dans Hamlet mis en scène au théâtre et au cinéma par Tony Richardson, avec Antony Hopkins dans un second rôle. Faithfull avait débuté sur scène dès 1967 au Royal Court Theatre dans Les Trois Sœurs de Tchekhov et l'année suivante dans une pièce d'Edward Bond.

La mort de Brian Jones et une overdose qui manque de les réunir achèvent les Sixties de Marianne Faithfull. Elle écrit et chante Sister Morphine, mais le titre, jugé choquant, est rapidement retiré de la vente, les Rolling Stones en feront plus tard un succès, le texte jugé plus acceptable dans la bouche d'un homme. Le mérite de Marianne en cette occasion ne sera reconnu que beaucoup plus tard. Faithfull aime reprendre cette chanson sur scène et demander ensuite avec coquetterie et assurance au public "je la chante bien ?". Par ailleurs la chanteuse avait auparavant déjà collaboré à plusieurs textes du groupe, écrivant des passages déterminants de leurs plus grands succès.

Années 1970 et 1980[modifier | modifier le code]

Elle quitte Jagger en mai 1970, et perd la garde de son fils la même année. En se séparant de Mick Jagger, elle interrompt les enregistrements et s'adonne aux drogues dures. Pendant deux ans, elle vit dans les rues du quartier de Soho à Londres. Des amis lui font suivre un programme de désintoxication du National Health Service, grâce auquel elle a droit à une dose journalière délivrée en pharmacie, mais c'est un échec. En 1971, un producteur qui la voit dans la rue lui fait enregistrer Rich Kid Blues, mais l'album ne sortira pas avant 1985. Sa voix a déjà fortement changé.

Sa carrière au cinéma piétine également (malgré Lucifer Rising de Kenneth Anger) : elle est obligée de refuser le Macbeth de Roman Polanski à cause de ses problèmes de drogue, ce qu'elle regrette encore aujourd'hui. Elle demeure présente sur les planches (Alice de Lewis Carroll, A Patriot for Me de John Osborne, Le Collectionneur de John Fowles, The Kingdom of Earth de Tennessee Williams) et, au moins au début de la décennie, à la télévision dans des adaptations de Somerset Maugham et August Strindberg.

Elle enregistre tout de même en duo avec David Bowie une reprise d'I Got You Babe de Sonny Bono en 1973, succédant à Cher. Elle emménage à Chelsea avec son compagnon Ben Brierly du groupe The Vibrators vers 1975, et enregistre Dreamin' My Dreams qui ne rencontre un certain écho qu'en Irlande, et ressort modifié sous le titre Faithless deux ans plus tard, sans marquer davantage.

1979 marque son grand retour avec l'album Broken English qui, bien que reconnu par les amateurs, ne rencontre qu'un succès mitigé. Broken English est très influencé par le rock punk, l'album d'une rare cohérence contient notamment un hommage à Ulrike Meinhof, une chanson basée sur un tango, Why D'Ya Do It, au texte violemment explicite, destiné initialement à Tina Turner, le standard The Ballad of Lucy Jordan (repris dans Thelma et Louise et dans Cours Privé de Pierre Granier-Deferre en 1986) et Working Class Hero de John Lennon.

Au début des années 1980, elle sort également Dangerous Acquaintances en 1981 et A Child's Adventure (qui contient le titre Times Square) en 1983, disques de pop rock. Elle vit à New York, et, en 1985, elle suit une cure de désintoxication dans le Minnesota. Elle a une liaison avec un homme souffrant de maladie mentale qui se suicide, et divorce de Ben Brierly. Strange Weather, publié en 1987, contient entre autres la chanson qui donne son titre à l'album, autre standard de la chanteuse, une reprise de As Tears Go By (le contraste avec la version de 1964 est saisissant) et The Boulevard of Broken Dreams, morceau des années 1930 ; c'est son plus important succès critique de la décennie. De l'aveu de Faithfull, Strange Weather lui fait prendre conscience de sa valeur et la décide à soigner son addiction. En 1988, elle épouse un acteur, dont elle divorce en 1991.

Années 1990[modifier | modifier le code]

Sa carrière évolue pendant cette période avec la sortie de Blazing Away et sa (re)montée sur les planches avec des interprétations de pièces de Bertolt Brecht et de Kurt Weill. L'album The Seven Deadly Sins (opéra de Brecht et Weill) suit, ainsi que, sur scène, son interprétation dans l'Opéra de quat'sous. De nombreux spectacles consacrés au répertoire des années 1930, relativement confidentiels, dans des cabarets, donneront lieu à une captation : le disque 20th Century Blues, qui comprend deux reprises de standards interprétés par Marlene Dietrich, à laquelle le producteur Hal Willner compare Faithfull.

En 1994, elle publie une autobiographie : Faithfull. En 1995, Angelo Badalamenti lui compose l'album A Secret Life, qui s'ouvre avec Dante et se clôt avec Shakespeare, dont elle écrit ou coécrit presque tous les textes, et Marianne Faithfull interprète également une chanson de la bande originale du film La Cité des enfants perdus composée par Badalamenti.

En 1997, elle chante sur la chanson The Memory Remains de Metallica.

Dreaming my Dreams (1999) est un DVD avec une biographie de son enfance et des vidéos remontant à 1964. Il suit l'évolution de sa carrière avec des entrevues et des commentaires d'artistes l'ayant fréquentée (Les Rolling Stones). Le disque retrace aussi sa vie personnelle, avec son mari John Dunbar et son amant Mick Jagger. En clôture, on peut voir un concert de 30 minutes. La même année, Marianne publie le mélancolique Vagabond Ways dont elle cosigne la moitié des titres et qui contient des reprises de Roger Waters et Leonard Cohen ainsi qu'une chanson de Daniel Lanois (également producteur de l'opus).

Depuis 2000[modifier | modifier le code]

Marianne Faithfull aux Women's World Awards en 2009

Elle a sorti le CD pop Kissin' Time en 2002, avec des chansons coécrites par Beck, Billy Corgan, Blur, Jarvis Cocker et Étienne Daho. Dans cet album, elle rend hommage à Nico (Song for Nico), tout en acceptant l'autodérision avec Sliding Through Life on Charm. En 2003, elle lit un extrait de "la Vénus à la fourrure" de son arrière-grand-oncle Leopold von Sacher-Masoch et chante en duo avec Étienne Daho, le sulfureux Les liens d'Eros dans l'album de ce dernier Réévolution. À la même époque, sort en DVD The Wall : live in Berlin, où elle interprète la mère au milieu d'une pléiade de stars.

En 2004, l'album Before the Poison, conçu en collaboration avec PJ Harvey Nick Cave, avec la participation de Damon Albarn, est diversement accueilli par les critiques comme le Rolling Stone américain[1] et Village Voice[2] mais il est, dans l'ensemble, salué comme un de ses meilleurs disques.

La même année elle retourne sur scène pour jouer le diable dans The Black Rider, spectacle musical et faustien écrit par William Burroughs et Tom Waits. En 2006, Faithfull participe au disque hommage Monsieur Gainsbourg Revisited (avec une version de Lola R. for ever). En 2011, elle interprète un autre titre de Gainsbourg, Manon, sur l'album From Gainsbourg to Lulu publié par Lulu Gainsbourg.

Elle apparait dans la sitcom britannique Absolutely Fabulous, dans le rôle de Dieu, avec Anita Pallenberg dans le rôle du Diable. Elle a également joué, sous la direction de Patrice Chéreau, dans Intimité. Sa chanson du film La Cité des enfants perdus, est reprise dans La Fille sur le pont. Elle interprète Marie-Thérèse d'Autriche dans le film de Sofia Coppola, Marie-Antoinette avec Kirsten Dunst, sorti en 2006. Elle tient aussi le rôle d'une artiste peintre dans le court-métrage que Gus Van Sant a réalisé pour le film Paris je t'aime (2006).

En 2007, la chanteuse déclare sur son site officiel qu'elle est « fauchée »[3]. « Je m'aperçois que je n'ai pas de filet de sécurité »[3], dit-elle. Les médias mentionnent cependant qu'elle possède un appartement à Paris[4],[5], situé dans « l'une des rues les plus prisées de la capitale »[4] ainsi qu'une maison en Irlande[5]. Durant cette période, elle chante en duo avec Patrick Wolf, sur le titre Magpie extrait de son album The Magic Position. Au cinéma, elle joue le rôle principal de Irina Palm de Sam Garbarski qui recueille d'excellentes critiques et lui vaut un prix d'interprétation européen. L'année suivante, elle sort le double album Easy Come, Easy Go composé de reprises variées, avec les collaborations prestigieuses de Nick Cave, Rufus Wainwright, Keith Richards, Sean Lennon et Jarvis Cocker.

Faithfull fait également une apparition dans la série télévisée britannique FM, diffusée depuis le 25 février 2009. Elle reçoit aussi une distinction lors des Women's World Awards.

L'actrice chanteuse sort, le 31 janvier 2011, un nouvel album nommé Horses and High Heels pour lequel elle revient à l'écriture et auquel participent Lou Reed et Laurent Voulzy. Cependant, le disque reçoit des critiques mitigées de la part de la presse[6], [7], [8].

En 2014 son album Give my Love to London, bénéficie des collaborations de Nick Cave, Anna Calvi, Brian Eno et Adrian Utley de Portishead.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums originaux[modifier | modifier le code]

Compilations (liste partielle)[modifier | modifier le code]

  • The world of Marianne Faithfull ou Marianne Faithfull's greatest hits (1969)
  • As tears go by (1980)
  • Rich kid blues (1985)
  • The very best of Marianne Faithfull (1987)
  • Faithfull  : A collection of her best recordings (1994)
  • The wasted years (1998, double cd)
  • A perfect stranger (1998)
  • The best of Marianne Faithfull (1999)
  • Emmaüs Mouvement (1999)
  • True - The collection (2000)
  • It's All Over Now, Baby Blue (2000)
  • A Stranger on earth : An introduction to Marianne Faithfull (2001)
  • The best of Marianne Faithfull - The millenium collection (2003)
  • Her best songs (2006)
  • No regrets (2008)

DVD musicaux[modifier | modifier le code]

  • Sings Kurt Weill - Montréal Jazz Festival (1997)
  • Dreaming my dreams (1999)
  • Live from The Henry Fonda Theater in Hollywood (+ 1 CD) (2005)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marianne Faithfull, avec David Dalton, traduit par Jean Rosenthal. Faithfull : une vie. Belfond, 1995. Titre original : Faithfull : An autobiography. Little, Brown, 1994 - ISBN 0-316-27324-4
  • Marianne Faithfull, avec David Dalton, traduit par Jean Guiloineau. Mémoires, rêves et réflexions. Christian Bourgois, 2008. Titre original : Memories, dreams and reflections. Harper Collins, 2008 - ISBN 0-00-724581-5
  • La relation entre Marianne Faithfull et les Rolling Stones est assez largement traitée dans la biographie de Keith Richard , Life. Keith Richard, James Fox , 2010, Little, Brown - ISBN 978-0-297-85439-5

Autres participations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Barry Walters. "Before the poison (chronique)". Rolling Stone (édition américaine). 2005. "The combination often proves too bleak."
  2. (en) Josh Goldfein, « Angel With Big Friends (Before the poison -chronique) », Village Voice : « Faithfull's voice is just too weak to carry a tune without a narrative crutch... Luckily for you, the age of iconic chanteuse auto-tribute albums (Nancy Sinatra, Loretta Lynn, the Sixths) is coincident with the rise of iTunes. Unless you dig Nick's poetry, grab the Polly songs and run. »
  3. a et b Faithful Reveals She Has No Money mariannefaithfull.net
  4. a et b (en) Woods, Judith, « 'Of course I have regrets,' says Marianne Faithfull, on a life packed with bad living », Daily Mail,‎ 24 Novembre 2007 (consulté le 10-1-2012) : « Marianne on the balcony of her Paris apartment, which is tucked away off the ultra-fashionable shopping street rue St-Honoré »
  5. a et b (en) Iley, Chrissy, « Marianne Faithfull interview », The Telegraph,‎ 07 mars 2011 (consulté le 10-1-2012) : « She still lives in Paris and has a house in County Waterford, Ireland. »
  6. (en) Andy Gill, « Horses and High Heels Marianne Faithfull », The Independent,‎ 4 March 2011 (consulté le 12-1-2012) : « it's not territory she occupies comfortably (Two stars out of five) »
  7. "Horses and High Heels". Uncut. avril 2011, page 80 "Producer Hal Wilner again helms this follow-up but the chemistry proves more fitful".
  8. (en) Green, Thomas H, « Horses and High Heels, CD review », The Telegraph,‎ 05 March 2011 (consulté le 10-1-2012) : « Marianne Faithfull's Horses and High Heels is heavy with world-weary pathos. »

Liens externes[modifier | modifier le code]