Miriam Makeba

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Miriam Makeba

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Dizzy Gillespie et Miriam Makeba en concert en 1991.

Informations générales
Surnom Mama Afrika
Nom de naissance Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama
Naissance 4 mars 1932
Johannesburg
Flag of South Africa 1928-1994.svg Afrique du Sud
Décès 9 novembre 2008 (à 76 ans)
Castel Volturno
Drapeau de l'Italie Italie
Années actives Depuis 1952
Site officiel Site officiel

Miriam Makeba (née le 4 mars 1932 à Johannesburg, en Afrique du Sud, et décédée le 9 novembre 2008[1] à Castel Volturno, en Italie), est une chanteuse d'ethno-jazz et activiste politique sud-africaine, naturalisée guinéenne dans les années 1960, Algérienne en 1972, puis citoyenne d'honneur française en 1990[2],[3]. Elle est parfois surnommée Mama Afrika et son nom complet est Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama.

Parcours[modifier | modifier le code]

Miriam Makeba est née le 4 mars 1932 à Johannesburg. Prénommée Zenzi, diminutif d’Uzenzile, qui signifie « Tu ne dois t’en prendre qu’à toi-même », elle n’a que quelques jours lorsque sa mère est emprisonnée durant six mois pour avoir fabriqué de la bière afin de subvenir aux besoins de sa famille. Son père meurt lorsqu’elle a cinq ans. En 1948, les nationalistes afrikaners gagnent les élections. C'est le début de l’apartheïd.

À 20 ans, Zenzi Makeba, bonne d’enfants puis laveuse de taxis, vit seule avec sa fille Bongi et sa mère. C’est là qu’elle commence à chanter, presque par hasard, avec les Cuban Brothers, puis devient choriste du groupe Manhattan Brothers, en 1952, qui lui donne son nom de scène, Miriam. Si elle devient très rapidement une vedette, elle se sert de son nouveau métier pour dénoncer le régime de l'apartheïd. En 1956, elle écrit son plus grand succès, la chanson Pata, Pata, avec laquelle elle fait le tour du monde (elle sera par exemple reprise en français par Sylvie Vartan sous le titre Tape Tape en 1980). En 1959, elle est contrainte à un exil qui durera 31 ans, en raison de son apparition dans le film anti-apartheïd Come Back, Africa du cinéaste américain Lionel Rogosin. Lorsque sa mère meurt en 1960, elle ne peut assister à ses obsèques, du fait de son interdiction de séjour en Afrique du Sud. C'est avec un passeport français qu'elle reviendra en Afrique du Sud à la libération de Nelson Mandela, emprisonné avec la plupart des dirigeants du Congrès national africain (ANC) au pénitencier de Robben Island. Elle ne cessera de prononcer des discours anti-apartheid et d’appeler au boycott de l’Afrique du Sud devant les Nations Unies. Elle chante en zoulou, en xhosa, en tswana, en swahili et en arabe (Ana hourra fi aljazaier pendant les Jeux africains de 1978 à Alger en Algérie). Ses mélodies chantent la tolérance et la paix. Elle vit partout, libre et traquée, aux États-Unis, en Guinée, en Europe. Elle est devenue le symbole de la lutte anti-apartheid. Dans ses chansons, pas d'amertume mais une dignité à toute épreuve. En 1966, Makeba reçoit un Grammy Award pour son disque An evening with Harry Belafonte and Miriam Makeba et devient la première Sud-Africaine à obtenir cette récompense. Son mariage en 1969 avec le militant des droits civils afro-américain Stokely Carmichael, chef des Black Panthers, lui cause des ennuis aux États-Unis. Elle s'exile à nouveau et s'installe en Guinée. En 1985, sa fille Bongi décède en Guinée des suites de son accouchement. En 1987 Miriam Makeba rencontre à nouveau le succès grâce à sa collaboration avec Paul Simon dans l'album Graceland. Peu après, elle publie son autobiographie Makeba: My Story.

Miriam Makeba est décorée par la France au titre de Commandeur des Arts et Lettres en 1985 et devient Citoyenne d'Honneur 1990[4]. En 1990, Nelson Mandela la persuade de rentrer en Afrique du Sud. En 1992, elle interprète le rôle de la mère (Angelina) dans le film Sarafina! qui raconte les émeutes de Soweto en 1976. En 2002, elle partage le Polar Music Prize avec Sofia Gubaidulina.

Miriam Makeba a toujours rêvé d'une grande Afrique unie. Pour son pays, elle exhortait ses frères noirs au pardon : « Il faut nous laisser grandir. Les Noirs et les Blancs doivent apprendre à se connaître, à vivre ensemble. »

Le 16 octobre 1999, Miriam Makeba a été nommée Ambassadrice de bonne volonté[5] de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Elle avait annoncé en 2005 qu'elle mettait fin à sa carrière, mais elle continuait à défendre les causes auxquelles elle croyait. Elle est décédée le dimanche 9 novembre 2008, à l'âge de 76 ans, à Castel Volturno (Province de Caserte, Italie) des suites d'un malaise[4],[6], à l'issue d'un concert de soutien à l'auteur de Gomorra (en), Roberto Saviano, traqué par la Camorra.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Plusieurs sources italiennes (p.e. Reuters Italia) disent qu'elle arrivait morte le 9 novembre à 23 h 15 à l'hôpital Pineta Grande, mais en Afrique du Sud c'était déjà le 10 novembre Communiqué de ZM Makeba Trust and Siyandisa Music sur le site officiel de Miriam Makeba, 10 novembre 2008.
  2. Miriam Makeba, une voix de l'Afrique s'est éteinte sur lefigaro.fr
  3. Disparition de Miriam Makeba sur le site du Ministère des Affaires étrangères.
  4. a et b « Décès de Miriam Makeba, la voix de l'Afrique », La Libre Belgique, 10 novembre 2008.
  5. fao.org
  6. Jean-Noël Schifano, dans son livre Le vent noir ne voit pas où il va (Fayard, 2010 [1]), révèle qu'elle a bu un cognac juste avant son malaise. Il émet l'hypothèse d'un acte criminel. Évoqué lors d'un entretien à la RSR le 7 mai 2010.