John Lee Hooker

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John Lee Hooker

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John Lee Hooker au Long Beach Blues Festival

Informations générales
Naissance 22 août 1917
Vance, près de Clarksdale, État du Mississippi
Décès 21 juin 2001 (à 83 ans)
Genre musical Blues
Années actives 1948-2001
Site officiel www.johnleehooker.com

John Lee Hooker (22 août 1917 - 21 juin 2001) était un guitariste et chanteur de blues américain. Son style, unique et authentique à la fois, en a fait l'un des artistes les plus importants de cette musique, et son influence sur le blues blanc et le Rock durant tout le XXe siècle est considérable. Parmi ses titres les plus connus : Boogie Chillen (1948), I'm in the Mood (1951) et Boom Boom (1962), les deux premiers s’étant classés no 1 dans les charts R&B du Billboard magazine. En France, Shake It Baby a remporté un certain succès en 1963 et a longtemps fait danser dans les boums et autres surboums des années 1960.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une jeunesse difficile[modifier | modifier le code]

John Lee Hooker au Massey Hall de Toronto, le 20 août 1978

Probablement né entre le 17 et le 22 août 1917 près de Clarksdale dans l'État du Mississippi, John Lee Hooker est le dernier d'une famille pauvre de onze enfants. Durant sa prime enfance, il n'est exposé à la musique que sous la forme de chants religieux tels que le gospel, seule forme musicale que son père, pasteur, autorise à sa famille. Il ne se familiarise avec le blues qu'après la séparation de ses parents en 1921 et le remariage de sa mère avec Willie Moore, ouvrier agricole et bluesman à ses heures, qui lui apprend des rudiments de guitare. Toute sa vie, John Lee Hooker rendra hommage à son beau-père, qu'il considère à l'origine de son style très personnel. En 1923, son père meurt. Âgé de seulement 15 ans, John Lee fuit son foyer. Il ne reverra jamais ni sa mère ni son beau-père.

Après diverses péripéties sur lesquelles les sources diffèrent, il s'installe en 1943 à Détroit, alors capitale de l'industrie automobile, dans l'intention d'y exercer un travail d'ouvrier. Dans le même temps, il tente de trouver des engagements de musiciens dans les bars et les bordels de Hasting Street, le quartier des plaisirs de la ville. Il y connaît des débuts difficiles dus au manque de puissance sonore de son instrument : il faut parvenir à couvrir le bruit des consommateurs, voire des orchestres concurrents ! Il adopte donc très tôt les premières guitares électriques, qui permettent, grâce à leurs micros intégrés et à un amplificateur, de jouer plus fort que n'importe qui, et développe un style agressif et hypnotique, exploitant au mieux l'énergie musicale de l'électricité. En 1948, il enregistre son premier disque, Boogie Chillen, dans un style rudimentaire, très proche de la parole, qui deviendra sa marque de fabrique. En février 1949, le titre se classe no 1 dans les charts R&B du Billboard magazine.

La « première carrière » de John Lee Hooker[modifier | modifier le code]

John Lee Hooker au Massey Hall de Toronto, le 20 août 1978

Les musiciens noirs étant très mal payés à cette époque, Hooker, malgré le succès de ses disques, est contraint de courir les studios et les contrats, enregistrant parfois plusieurs fois le même morceau, avec des variations minimes, sous des pseudonymes tels que « John Lee Booker », « Johnny Hooker » ou « John Cooker ». Sa musique, très libre sur le plan rythmique, supportant mal l'accompagnement, il est le plus souvent enregistré seul, marquant le rythme à l'aide d'une planchette de contreplaqué fixée sous sa chaussure. En novembre 1951, I'm in the Mood se classe no 1 des charts R&B du Billboard, pendant quatre semaines de suite.

À la fin des années 1950, les temps sont durs pour les musiciens de blues américains comme John Lee Hooker : une partie du public noir se désintéresse de leur musique au profit du rhythm and blues, plus entraînant et dansant. Quant aux Blancs, le marché très compartimenté de la musique aux États-Unis, allié au racisme ambiant, les empêche d'avoir simplement accès au blues. Durant cette période, de nombreux bluesmen, ne parvenant plus à survivre de leur art, sont contraints de redevenir ouvriers ou métayers. John Lee Hooker parvient tant bien que mal à se maintenir à flot, mais sa carrière stagne. Jusqu'à ce qu'un événement inattendu vienne changer la donne...

Second souffle[modifier | modifier le code]

Au début des années 1960, vient en effet le British blues boom : des musiciens anglais comme Alexis Korner, les Rolling Stones, Eric Clapton ou John Mayall redécouvrent le blues, le pratiquent et sortent de l'oubli quantité de musiciens légendaires, dont Hooker. En partie grâce à la première tournée de l'American Folk Blues Festival, en automne 1962, le public européen, avide d'authenticité, lui fait un triomphe dont lui-même, habitué au mépris des Blancs aux États-Unis, est stupéfait. John Lee Hooker acquiert la célébrité dans le monde entier, aux côtés d'autres grands musiciens fraîchement redécouverts comme Muddy Waters ou Howlin' Wolf. Il enregistre avec certains groupes de blues électrique tels que Canned Heat et démarre une carrière internationale fructueuse qui durera jusqu'à sa mort.

En 1980, il joue son tube Boom Boom dans le film The Blues Brothers. Pour respecter son style d'improvisation, sa prestation est filmée et enregistrée en live, au contraire de bien des films musicaux qui utilisent le playback. Il se joint en 1989 à d'autres musiciens prestigieux tels que Carlos Santana et Keith Richards pour enregistrer l'album The Healer, qui lui vaudra un Grammy Award du meilleur album de blues traditionnel. Il chante également plusieurs morceaux aux côtés de Van Morrison, dont Never Get Out of These Blues Alive, The Healing Game et I Cover the Waterfront, et se produit avec lui sur scène.

À la fin de sa vie, Hooker s'installe à San Francisco, où il ouvre un club de blues nommé d'après son plus grand succès, Boom Boom Room. Il tombe malade en 2001, juste avant une tournée en Europe, et meurt peu après, à l'âge de 83 ans.

Discographie (non exhaustive)[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  • 1959 - Folk Blues
  • 1959 - House Of The Blues
  • 1959 - The Country Blues of John Lee Hooker
  • 1960 - Blues Man
  • 1960 - I'm John Lee Hooker
  • 1960 - That's My Story
  • 1960 - Traveling'
  • 1961 - John Lee Hooker Sing The Blues
  • 1961 - Plays And Sings The Blues
  • 1961 - The Folk Lore of John Lee Hooker
  • 1962 - Burnin'
  • 1962 - Drifting the Blues
  • 1962 - The Blues
  • 1962 - Tupelo Blues
  • 1963 - Don't Turn Me from Your Door: John Lee Hooker Sings His Blues
  • 1964 - Burning Hell
  • 1964 - Great Blues Sounds
  • 1964 - I Want to Shout the Blues
  • 1964 - The Big Soul of John Lee Hooker
  • 1964 - The Great John Lee Hooker (Japan only)
  • 1965 - Hooker & The Hogs
  • 1966 - It Serves You Right to Suffer
  • 1966 - The Real Folk Blues
  • 1967 - Live at Cafè Au Go-Go
  • 1968 - Hooked on Blues
  • 1969 - Get Back Home (Black & Blue, 1999)
  • 1969 - If You Miss'Im I Got'Im
  • 1969 - Simply The Truth
  • 1969 - That's Where It's At!
  • 1969 - Get Back Home (First Issue)
  • 1970 - If You Miss 'Im… I Got 'Im
  • 1970 - John Lee Hooker on the Waterfront
  • 1970 - Moanin' and Stompin' Blues
  • 1970 - Hooker 'n' Heat (Recorded Live at the Fox Venice Theatre)
  • 1971 - Endless Boogie
  • 1971 - Goin' Down Highway 51
  • 1971 - Half A Stranger
  • 1971 - Hooker'n'Heat/Infinite boogie
  • 1971 - I Feel Good
  • 1971 - Never Get Out Of These Blues Alive
  • 1972 - Detroit Special
  • 1972 - Live At Soledad Prison
  • 1973 - Born In Mississippi, Raised Up In Tennessee
  • 1974 - Free Beer And Chicken
  • 1974 - Mad Man Blues
  • 1976 - Alone
  • 1976 - In Person
  • 1977 - Black Snake
  • 1977 - Dusty Road
  • 1978 - The Cream
  • 1979 - Sad And Lonesome
  • 1980 - Everybody Rockin'
  • 1980 - Sittin' Here Thinkin'
  • 1987 - Jealous
  • 1988 - Trouble Blues
  • 1989 - Highway Of Blues
  • 1989 - John Lee Hooker's 40th Anniversary Album
  • 1989 - The Detroit Lion
  • 1989 - The Healer avec Carlos Santana, Bonnie Raitt...
  • 1990 - Don't You Remember Me
  • 1991 - More Real Folk Blues: The Missing Album
  • 1991 - Mr. Lucky avec Ry Cooder, Johnnie Johnson, Keith Richards...
  • 1992 - Boom Boom
  • 1992 - This Is Hip
  • 1992 - Urban Blues
  • 1993 - Nothing But The Blues
  • 1994 - King of the Boogie
  • 1994 - Original Folk Blues… Plus
  • 1994 - Dimples (Classic Blues)
  • 1995 - Alternative Boogie: Early Studio Recordings, 1948-1952
  • 1995 - Chill Out
  • 1995 - Whiskey & Wimmen
  • 1995 - Blues for Big Town
  • 1996 - Moanin' the Blues (Eclipse)
  • 1996 - Alone: The First Concert
  • 1997 - Don't Look Back
  • 1997 - Alone: The Second Concert
  • 1998 - Black Man Blues
  • 2000 - On Campus
  • 2001 - Concert at Newport
  • 2001 - The Cream (Re-issue)
  • 2001 - The Real Blues: Live in Houston 1979
  • 2002 - Live At Newport
  • 2003 - Face to Face
  • 2003 - Burning Hell (Our World)
  • 2003 - Rock With Me
  • 2003 - Blues is my soul
  • 2004 - Jack O' Diamonds: The 1949 Recordings

Musiques de films[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 1974 - Mad Man Blues (Chess 1951-1966)
  • 1987 - Don't Look Back
  • 1989 - The Hook: 20 Years of Hits
  • 1991 - Hobo Blues
  • 1991 - The Chess Masters
  • 1991 - The Complete Chess Folk Blues Sessions (The Real Folk Blues/More Real Folk Blues)
  • 1991 - The Ultimate Collection 1948-1990
  • 1992 - Best Of: 1965-1974
  • 1992 - The Ultimate Collection (Universal)
  • 1992 - The Vee-Jay Years, 1955-1964
  • 1993 - Boom Boom (UK only)
  • 1993 - Boogie Man
  • 1993 - The Legendary Modern Recordings 1948-1954
  • 1994 - Blues Collection (Boogie Man)
  • 1994 - John Lee Hooker (LaserLight)
  • 1994 - The Early Years
  • 1994 - Wandering Blues
  • 1995 - Red Blooded Blues
  • 1995 - The Very Best Of
  • 1996 - Blues Legend
  • 1996 - Live at Cafe au Go-Go (and Soledad Prison)
  • 1997 - His Best Chess Sides
  • 1997 - Live In Concert
  • 1997 - The Essential Collection
  • 1998 - The Best of Friends
  • 1998 - The Complete 50's Chess Recordings
  • 1999 - Best of John Lee Hooker: 20th Century Masters
  • 1999 - This Is Hip [The Best Of]
  • 2000 - The Definitive Collection
  • 2001 - Born With The Blues
  • 2001 - Gold Collection
  • 2001 - Legendary Blues Recordings: John Lee Hooker
  • 2001 - John Lee Hooker presents his House Rent Boogie (Ace)
  • 2002 - Blues Before Sunrise
  • 2002 - The Complete - Vol. 1 [Body & Soul]
  • 2002 - The Complete - Vol. 2 [Body & Soul]
  • 2002 - The Complete - Vol. 3 [Body & Soul]
  • 2002 - The Complete - Vol. 4 [Body & Soul]
  • 2002 - The Real Folk Blues/More Real Folk Blues
  • 2002 - Timeless Collection
  • 2003 - Blues Kingpins
  • 2003 - Final Recordings, Vol. 1: Face to Face
  • 2003 - The Collection 1948-52
  • 2004 - Don't Look Back: Complete Blues
  • 2004 - The Complete - Vol. 5 [Body & Soul]
  • 2005 - The Complete - Vol. 6 [Body & Soul]
  • 2006 - John Lee Hooker (Specialty Profiles)
  • 2006 - Too much boogie (Blue label)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1991 : J. L. Hooker par Gérard Herzhaft, Ed. du Limon (frère du bluesman français Cisco Herzhaft qui a croisé le manche avec John Lee Hooker lors de sa venue en Europe dans les années 1960)

Hommages dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • John Lee Hooker est cité dans une chanson de Louis Bertignac : « J'avais la meilleure guitare du monde, la même Gibson que John Lee Hooker.. ». Il fait allusion au modèle Gibson SG (? ES 335).
  • Johnny Rivers lui a rendu un vibrant hommage en composant et enregistrant « live » en 1967 un fameux blues dansant de 15 minutes, intitulé John Lee Hooker-Live At The Whiskey A Go Go Los Angeles (CD EMI 828918 2)
  • John Lee Hooker est mis en scène, alors qu'il a 16 ans, dans le roman Billard Blues de Maxence Fermine. L'histoire est narrée à la première personne par Hooker lui-même qui raconte une scène d'affrontement entre le champion de billard Willy Hope et le chef de la mafia Al Capone dans un bar de Chicago en 1933. Maxence Fermine s'inspire de la vie de John Lee Hooker (à cette époque, Hooker avait fui son foyer pour se produire dans des bars), mais la scène n'a jamais existé.
  • L'anime Cowboy Bebop rend hommage à John Lee Hooker en utilisant le titre de son album The Real Folk Blues en tant que nom du générique de la fin et des deux derniers épisodes de la série.
  • Le manga Beck lui rend hommage au travers d'un personnage nommé John Lee Davis, musicien de blues ayant le même physique.
  • Le titre Boom Boom apparaît dans le jeu vidéo Mafia 2, ainsi que dans la publicité Volkswagen Utilitaires de 2012.

La musique "Boom Boom" apparaît dans le film : Skyfall

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]