Festival de Woodstock

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Woodstock Music and Art Fair
Woodstock
Image illustrative de l'article Festival de Woodstock
Photo de la foule au premier jour du festival

Genre Rock et Musique folk principalement, Blues rock, Folk rock, Jazz-rock fusion, Hard rock, Latin rock, Rock psychédélique.
Lieu Bethel, Drapeau des États-Unis États-Unis
Coordonnées 41° 42′ 05″ N 74° 52′ 49″ O / 41.701389, -74.88027841° 42′ 05″ Nord 74° 52′ 49″ Ouest / 41.701389, -74.880278  
Période Festival original du 15 août 1969 au 18 août 1969
Réédition de 1994
Réédition de 1999
Date de création 1969
Fondateurs Michael Lang, John Roberts, Joel Rosenman, Artie Kornfeld

Le Festival de Woodstock (Woodstock Music and Art Fair, ou Woodstock) est un festival de musique et un rassemblement emblématique de la culture hippie des années 1960. Il eut lieu à Bethel sur les terres du fermier Max Yasgur aux États-Unis, à une soixantaine de kilomètres de Woodstock dans l'État de New York.

Organisé pour se dérouler du 15 au 17 août 1969 et accueillir 50 000 spectateurs, il en accueillit finalement environ un demi million, et se poursuivit un jour de plus, soit jusqu'au 18 août 1969 au matin[1].

Le festival accueillit les concerts de 32 groupes et solistes de musiques folk, rock, soul et blues. Le budget de rémunération des artistes atteignit au total 200 000 dollars. C'est un des plus grands moments de l'histoire de la musique populaire, classé par le magazine Rolling Stone parmi les 50 moments qui ont changé l'histoire du Rock and Roll[2],[3].

L'événement a été immortalisé par le film Woodstock de Michael Wadleigh[4], les photos d'Elliot Landy, l'album tiré du film et enfin la chanson de Joni Mitchell Woodstock qui commémore ces journées et qui est reprise par Crosby, Stills, Nash and Young.

Plusieurs morceaux joués à Woodstock deviendront légendaires, comme le Star Spangled Banner réinterprété par Jimi Hendrix dans un solo de guitare dans lequel il imite des bombardements de B-52 pendant la guerre du Vietnam, le Soul Sacrifice de Santana avec un solo épique de batterie par le plus jeune musicien du festival, le batteur Michael Shrieve (20 ans), le Fish Cheer/I-Feel-Like-I'm-Fixing-To-Die-Rag de Country Joe McDonald avec la phrase légendaire : « Give me a F! Give me a U! Give me a C! Give me a K! », I'm Going Home de Ten Years After, With a Little Help from My Friends des Beatles repris par Joe Cocker, l'interprétation de Tommy par les Who et Freedom chanté par Richie Havens.

Genèse[modifier | modifier le code]

Le festival est né d'une idée commerciale : Michael Lang (producteur), jeune hippie ayant auparavant organisé le Miami Pop festival, qui réunit 100 000 personnes, veut tirer de la recette d'un nouveau festival les fonds suffisants à l'achat de son propre studio d'enregistrement, Media Sounds. Ce studio se trouve à Woodstock, où ont vécu de nombreuses stars comme The Band et Tim Hardin. Aidé de son voisin le chanteur et parolier Artie Kornfeld, alors vice-président de Capitol Records (aujourd'hui Laurie Records), il convainc deux jeunes entrepreneurs de la ville de New York, avec lesquels il fonde Woodstock Ventures, d'investir avec lui. John Roberts et Joel Rosenman, alors âgés de 24 ans, diffusent dans le Wall Street Journal et le New York Times l'annonce suivante : « Jeunes hommes avec un capital illimité cherchent des occasions d'investissement intéressantes et des propositions d'affaire »[5].

La manifestation doit d'abord avoir lieu à Wallkill, à 50 kilomètres au sud de Woodstock[6]. La population de ce village refuse que ce festival ait lieu chez eux. Le fermier Max Yasgur (né en 1919 et mort en 1973) leur loue finalement son domaine, situé sur la bourgade de White Lake, près de Bethel, un terrain de 243 ha, pour 50 000 dollars (à la suite d'un procès intenté par ses voisins, celui-ci est condamné à leur reverser 75 000 dollars de dommages et intérêts pour compenser les dégâts causés par les visiteurs[7]).

Toutefois, l'appellation de Woodstock est conservée[réf. insuffisante][8]. Le nom complet du festival est The Woodstock Music and Art Fair. Il devait officiellement se tenir en hommage à Bob Dylan, mais celui-ci étant alors à Bearsville, son nom fut retiré du haut de l'affiche.

Festival[modifier | modifier le code]

Le public du festival de Woodstock (1969)

« Trois jours de paix et de musique. Des centaines d'hectares à parcourir. Promène-toi pendant trois jours sans voir un gratte-ciel ou un feu rouge. Fais voler un cerf-volant. Fais-toi bronzer. Cuisine toi-même tes repas et respire de l'air pur. »

Cette publicité ne prévoyait ni le nombre de spectateurs évalué à 450 000[5],[1], ni les embouteillages colossaux qui en découlèrent, ni la pluie, ni la boue. La programmation en fut perturbée : Richie Havens ouvrit le festival à la place du groupe Sweetwater, bloqué dans la circulation ; les artistes qui ne pouvaient accéder au site y furent finalement amenés en hélicoptère de l'US Army. Ceux-ci furent également utilisés pour pourvoir aux besoins de la foule en eau, nourriture et médicaments.

À la fin de la première journée, quand les barrières qui délimitaient le site eurent disparu, les organisateurs décidèrent d'en rendre l'accès gratuit[9] ; « From now on, this is a free concert ! »

Les plus grands noms de la scène rock sont présents[10]. Pour certains artistes comme Joe Cocker, Woodstock sera un accélérateur de carrière. Jimi Hendrix termine le festival à l'aube du lundi 18 août ; il ne reste alors que 30 000 spectateurs.

Après le festival[modifier | modifier le code]

Le festival fut à la fois un des points culminants de la contre-culture des années 1960 et de la culture hippie et la fin du flower power.

La région fut peu après déclarée zone sinistrée mais aucune violence ne fut cependant rapportée.

Trois décès (une surdose de drogue, une appendicite non soignée et un accident de tracteur) et deux naissances eurent lieu pendant l'événement, qui causa en outre le plus important embouteillage de l'histoire des États-Unis.

Dans un premier temps, et en raison du nombre important de personnes qui entrèrent gratuitement, le festival fit perdre énormément d'argent à ses organisateurs mais, à la suite des ventes des enregistrements du festival (audio et vidéo), ils devinrent bénéficiaires. En effet, si Woodstock est le point important de la contre-culture et de l'anti-capitalisme pacifiste, les organisateurs durent revendre les droits à la Warner pour régler leurs dettes.

« Si Woodstock est devenu une légende, et est resté aussi présent dans les esprits, c'est bien parce qu'il est non seulement un événement musical, mais aussi un événement historique[11] »

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Le festival fut enregistré avec les moyens du bord (un 4 piste et quelques micros) par Eddie Kramer accompagné par 4 cameramen et donna lieu, en 1970, à un film documentaire, réalisé par Michael Wadleigh assisté de Martin Scorsese, qui participa également au montage. Un album de 4 DVD essaie de montrer entre scènes de concert, l'organisation, les problèmes posés et l'ambiance de ce festival.

Un triple album est sorti en mai 1970, Woodstock: Music from the Original Soundtrack and More, et sera réédité en double CD en 1994. Un double album, Woodstock Two, sort un an plus tard, en juillet 1971, et sera réédité lui aussi en 1994 et en double CD. Pour les 25 ans du festival, un quadruple album (en CD) sera édité, avec un certain nombre d'inédits.

Programmation[modifier | modifier le code]

Richie Havens, le 15 août 1969
Article détaillé : Chansons jouées à Woodstock.

- Vendredi :

- Samedi :

- Dimanche :

- Lundi :

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b The New York Times, 27 août 1969, p. 45 : "State Investigating Handling of Tickets At Woodstock Fair". Michael Lang affirme de son côté que l'audience a dépassé les 400 000 spectateurs dont la moitié n'avait pas de ticket
  2. (en) Woodstock in 1969 ; 50 moments that changed the history of rock & roll - Rolling Stone, 24 juin 2004
  3. (en) 50 Moments that Changed the History of Rock & Roll - Rolling Stone, 24 juin 2004
  4.  Oscar du meilleur documentaire en 1970
  5. a et b Y. Delmas, C. Gancel, Protest Song, p. 269
  6. La ville de Woodstock est très fréquentée par les artistes, comme Bob Dylan (qui ne participe pas à l'édition de 1969).
  7. Woodstock (film)
  8. Y. Delmas, C. Gancel, Protest Song, p. 270
  9. (en)http://www.lehigh.edu/~ineng/jac/jac-history.htm
  10. À quelques exceptions près : les Rolling Stones, les Doors à cause du procès de Jim Morrison à Miami, Iron Butterfly bloqué à l'aéroport
  11. Pascal Cordereix , Woodstock 40 ans après, in Chroniques no 49, mai-août 2009

Ressources[modifier | modifier le code]

  • Georges Ayache. Une Histoire américaine, Choiseul Éditions, 2010 (ISBN 978-2-916722-93-1)
  • Yves Delmas, Charles Gancel. Protest Song : la chanson contestataire dans l'Amérique des Sixties, Textuel Musik, 2005, (ISBN 2-8459-7134-6)
  • www.lehigh.edu
  • Film de Ang Lee, "Taking Woodstock"(hotel woodstock), 2009

Lien externe[modifier | modifier le code]

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