Montagne de Lure
| Montagne de Lure | ||||
Sommet de la montagne de Lure |
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| Géographie | ||||
|---|---|---|---|---|
| Altitude | 1 826 m | |||
| Massif | Massif des Baronnies | |||
| Coordonnées | ||||
| Administration | ||||
| Pays | ||||
| Région | Provence-Alpes-Côte d'Azur | |||
| Département | Alpes-de-Haute-Provence | |||
| Ascension | ||||
| Voie la plus facile | par le Pas de la Graille | |||
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Géolocalisation sur la carte : Alpes-de-Haute-Provence Géolocalisation sur la carte : France |
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La montagne de Lure est une montagne des Préalpes de Haute-Provence, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence.
Sommaire |
Géographie [modifier]
Topographie [modifier]
À l'ouest du département des Alpes-de-Haute-Provence, la montagne de Lure est une longue crête orientée est-ouest qui domine un paysage de crêtes beaucoup plus basses au nord, les Baronnies, et un paysage de collines au sud, le bassin de Forcalquier. La montagne se prolonge à l'ouest vers le mont Ventoux par le plateau d'Albion, alors qu'à l'est la crête s'incurve vers le nord où elle est coupée par le Jabron, à 5 km au sud de Sisteron. Cette situation particulière, à l'intersection entre les Alpes et la Provence, associée à la morphologie très particulière de la montagne, permet une grande diversité de paysages et d'espèces d'un bout à l'autre de la chaîne.
Le Pas de la Graille est un col d'une altitude de 1 597 m situé à quelques kilomètres sous le Signal de Lure. Franchi par la route D53, il permet de passer de l'adret en venant de Saint-Étienne-les-Orgues à l'ubac vers Noyers-sur-Jabron. Cette route est fermée pendant la saison hivernale.
Géologie [modifier]
Formée au début de l'ère tertiaire par le soulèvement du bassin sédimentaire de Forcalquier, la montagne de Lure est composée principalement de roche calcaire. Elle est issue du même système que le mont Ventoux.
Climat [modifier]
Ce massif possède toutes les caractéristiques climatiques des Alpes du Sud, dont il est, avec le mont Ventoux, le chaînon le plus occidental. De méditerranéennes au bas, elles évoluent en fonction de l'altitude vers un climat tempéré puis continental de type montagnard au sommet[1].
| Mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | -3,0 | -3,0 | 0,0 | 2,0 | 6,0 | 10,0 | 12,0 | 12,0 | 9,0 | 5,0 | 1,0 | -2,0 | 3,5 |
| Température moyenne (°C) | 1,5 | 2,5 | 5,5 | 8,0 | 12,0 | 16,5 | 19,0 | 19,0 | 15,0 | 10,5 | 5,5 | 0,0 | 9,7 |
| Température maximale moyenne (°C) | 6,0 | 8,0 | 11,0 | 14,0 | 18,0 | 23,0 | 26,0 | 26,0 | 21,0 | 16,0 | 10,0 | 6,0 | 15,0 |
| Précipitations (mm) | 26,9 | 24,3 | 23,8 | 44,0 | 40,0 | 27,9 | 20,9 | 32,7 | 45,9 | 53,5 | 52,4 | 30,7 | 482,8 |
| Diagramme climatique | |||||||||||
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
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6.0
-3.0
26.9
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8.0
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24.3
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11.0
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18.0
6.0
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10.0
27.9
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26.0
12.0
20.9
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26.0
12.0
32.7
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21.0
9.0
45.9
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16.0
5.0
53.5
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10.0
1.0
52.4
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6.0
-2.0
30.7
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| Temp. moyennes maxi et mini (°C) • Précipitations (mm) | |||||||||||
Flore et faune [modifier]
La chaîne est connue pour sa flore variée mais pauvre en quantité sur les sommets. De grandes forêts domaniales ou privées recouvrent ses flancs (Forêt de Cruis, Bois du Défends, Forêt de Saint-Étienne, Bois Croumpa...) On y trouve plusieurs essences, telles le pin sylvestre, le chêne et le hêtre à l'adret ou plus facilement le mélèze à l'ubac.
Elle est peuplée de sangliers, chevreuils, cerfs, blaireaux, renards, vipères aspic, chamois, vautours fauves, lézards verts ou encore de lièvres.
Histoire [modifier]
Avant le XXe siècle [modifier]
En 1166, l'abbaye Notre-Dame de Lure est fondée.
En 1603, l'astronome belge Godefroy Wendelin construit un observatoire météorologique et astronomique près du sommet.
Le reboisement de la montagne est dirigé par Prosper Demontzey : le pin noir est l’espèce privilégiée. Bien que la forêt de pin noir ne soit pas autonome, cette essence a été retenue pour ses capacités de pousse rapide et pour retenir les sols. Elle a ainsi permis dans un second temps la pousse d’érables, d’alisiers, de sorbiers, de merisiers, et sur le versant nord, de hêtres[3].
Durant une grande période et jusqu'au milieu du XXe siècle, les forêts de Lure sont occupées par une population de charbonniers.
La station de ski [modifier]
Sur la commune de Saint-Étienne-les-Orgues, à environ 1 600 m d'altitude, se trouve une petite station de ski. Malgré sa taille modeste, c'est la plus vieille station de ski du département (1934) et celle-ci est intéressante car elle fut la première à installer des remontées mécaniques dans les Alpes du Sud dès 1935. Station de ski la plus proche de Marseille, elle a prospéré jusque dans les années 1980, grâce à des hivers enneigés. Avec la réduction de l'enneigement et la concurrence des stations des Grandes Alpes, mieux équipées et mieux desservies, la station a perdu de son intérêt. Exposée à l'adret, la station ne bénéficie plus d'un enneigement fiable. Depuis 1997, la majorité des pistes étaient fermées et seuls deux téleskis fonctionnaient encore l'hiver. La station de ski est en cours de démontage depuis mai 2011[4]. Bien que le démontage soit entamé les deux téléskis « débutants » sont encore en service dès la présence de neige. Aux activités du ski alpin sont aujourd'hui associés les loisirs du ski nordique, de randonnée, ou des balades notamment en raquettes.
Littérature [modifier]
C'est le lieu, implicite ou explicite, de plusieurs œuvres de l'écrivain régionaliste Jean Giono. Il y organisa, de 1935 à 1939, au hameau du Contadour, un rassemblement littéraire bi-annuel : les Rencontres du Contadour, qui donnèrent lieu à une publication périodique, les Cahiers du Contadour.
Oronymie [modifier]
La montagne est désignée comme Montanha de Lura en occitan provençal classique et Mountagno de Luro sous la norme mistralienne.
Montagne de Lure : frontière linguistique [modifier]
La montagne de Lure et le mont Ventoux marquent une frontière linguistique entre deux variétés de la langue occitane. Celle-ci traverse d'ailleurs toute la langue d'oc de la frontière italienne jusqu'à l'Atlantique. C'est une prononciation différentes du K et du G devant la voyelle A qui détermine ces deux grands ensembles linguistiques : le nord-occitan et le sud-occitan[5].
Le nord-occitan correspond aux parlers vivaro-alpin, auvergnat et limousin, le sud-occitan au provençal, languedocien et gascon. Le tableau ci-dessous montre quelques exemples de cette palatalisation dans le langage courant[5].
| Français | Sud-occitan | Nord-occitan |
| chanter | cantar | chantar |
| chèvre | cabra | chabra |
| coq | gau | jau |
| charger | cargar | charjar |
Ces différences de prononciation se retrouvent aujourd'hui essentiellement dans les toponymes. Sur les thèmes latins capra-, on trouve un Cabrières dans le Vaucluse, et un Chabrillan dans la Drôme ; campus-, donne un Campredon, quartier de L'Isle-sur-la-Sorgue et un Champtercier au centre des Alpes-de-Haute-Provence ; canta-, Cantarel, à Avignon, et Chantemerle, dans la Drôme, et castrum- se décline en Castellane, dans le sud des Alpes-de-Haute-Provence, et Chastel-Arnaud, dans la Drôme[6]. Sur un thème pré-latin garg- (pierre) a formé Gargas, dans le Vaucluse, et son équivalant Jarjayes, dans les Hautes-Alpes[7].
Cyclisme [modifier]
Paris-Nice [modifier]
Le 13 mars 2009, la montagne de Lure a accueilli l'arrivée de la 6e étape de Paris-Nice 2009. Elle était annoncée comme l'étape la plus difficile de cette édition et fut marquée par la victoire d'Alberto Contador qui a pris par la même occasion le maillot jaune à Sylvain Chavanel. La montagne a été grimpée par le versant sud et a constitué l'arrivée la plus haute de l'histoire de cette course même si elle n'a pas été jugée au sommet de la route, enneigée en cette période, mais quelques kilomètres plus bas au niveau du refuge de Lure. Alberto Contador avait ainsi mis 34 min 20 s pour grimper jusqu'à la station[8].
Le 8 mars 2013, le Paris-Nice a fait à nouveau étape à la montagne de Lure. L'arrivée a été une nouvelle fois jugée à la station sur le versant sud. Alors que le peloton du maillot jaune était groupé jusque dans les derniers kilomètres, le leader Andrew Talansky accélérait le rythme, répondant à une attaque de Michele Scarponi. Mais c'est finalement Richie Porte qui est parvenu à s'extirper du groupe de tête à 1,5 km de l'arrivée pour l'emporter et prendre le maillot jaune à Andrew Talansky[9].
Profil de l'ascension [modifier]
En démarrant par Saint-Étienne-les-Orgues sur le versant sud, l'ascension présente un profil de 18 kilomètres à 5,83 % de moyenne. L'ascension s'effectue en majeure partie sur une route qui traverse une forêt de petits conifères sauf vers le sommet où la végétation est plus rase. L'ascension est considérée comme moyennement difficile. Après un passage de quelques hectomètres à 9 % à la sortie du village, la route prend un profil plus régulier avec des pourcentages avoisinant les 5,5 %. Mais on relève un passage difficile au km 8 après l'oratoire Saint-Joseph où un petit chemin à droite mène à l'abbaye Notre-Dame de Lure. Mais si la pente n'y excède pas 8 %, il marque l'apparition de pourcentages légèrement plus difficiles jusqu'à la station, un peu au-delà de 7 %. Au km 10 environ, on perçoit nettement les antennes du Signal de Lure. Après être passé devant un premier refuge, on accède au refuge de Lure et la station de ski au km 13,5 à 1 572 m d'altitude. À partir de là, il reste environ 4,5 km à 3,84 % de moyenne à grimper dans un nouveau décor mélangé entre cailloux et touffes d'herbes. Cependant, même si la pente est plus douce, le revêtement, déjà un peu rugueux avant, devient un peu granuleux dans ces ultimes kilomètres. On arrive enfin à 1 745 m d'altitude au pied du Signal de Lure qui s'élève à 1 826 m.
Au départ de Valbelle par le versant Nord-Est, l'ascension est plus longue puisqu'elle comporte 24 km à 4,97 % de moyenne mais elle est aussi un peu plus facile. Cela dit, le rendement du cycliste peut être pénalisé par un goudron assez médiocre. La route est ombragée jusqu'au Pas de la Graille. La pente est irrégulière au début, faîte de mini-descentes suivies de raidillons. Ensuite, la principale difficulté est une série de lacets sur 5 km avant le Pas de la Graille.
Tourisme [modifier]
La montagne de Lure est peu fréquentée par les touristes, mais sa longue crête présente des points de vue intéressants, en particulier près du Signal de Lure à 1 826 m d'altitude.
Panorama [modifier]
La vue porte loin sur 360° depuis le sommet, et presque autant depuis le reste de la crête. À l'est, on aperçoit les Préalpes de Haute-Provence, les Grandes Alpes et, par temps clair, le mont Viso. Au sud-est, on peut voir les massifs autour du Verdon, les Rochers des Mées et la plaine de la Durance. Au sud, on peut voir les chaînes du Luberon ainsi que les massifs de la Sainte-Baume et de la Sainte-Victoire. À l'ouest, le mont Ventoux apparaît nettement et au nord, on a une vue sur les Préalpes de la Drôme provençale, le Dévoluy, le Vercors et les Écrins.
Sports d'hiver [modifier]
Bien que la station de ski soit très petite et l'enneigement peu fiable, elle reste un lieu très apprécié des locaux qui y trouvent un lieu idéal pour faire d'autres sports d'hiver (ski de randonnée ou nordique, raquettes, luge...).
Autres sports [modifier]
La montagne de Lure est fréquentée par les randonneurs, et cette montagne permet également la pratique de sports aériens (planeur, parapente, deltaplane). Elle est connue pour avoir permis à des planeurs de monter en vol stationnaire jusqu'à 10 000 m d'altitude.
Galerie [modifier]
Notes et références [modifier]
- Guy Barruol, op. cit., pp. 16-17.
- Guy Barruol, op. cit., pp. 234-235.
- Patrick Gabeloteau, Michel Poteur, « L’évolution naturelle de la forêt provençale, interventions humaines heureuses et malheureuses », La forêt et le bois en Provence, Actes des 11es journées d’étude de l’espace provençal, Mouans-Sartoux, 13-14 mai 2000, Mouans-Sartoux, Centre régional de documentation occitane, ISBN 2-9509775-7-X, p. 126
- Le démontage de la station en images, www.ledauphine.com, consulté le 16 mai 2011.
- Jean-Claude Bouvier, Encyclopédie Ventoux, op. cit., p. 238.
- Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, pp. 1723 à 1733
- Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, p. 1795 et 1817.
- « La Montagne de Lure, Le Petit Ventoux », Le Cycle no 387, mai 2009, p 82
- Porte prend les commandes, site de L'Équipe, 8 mars 2013
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
: ouvrage ou article utilisé comme source pour la rédaction de cet article
- Wilfrid Kilian, Description géologique de la montagne de Lure, Annales des sociétés géologiques, tomes XIX & XX, Paris, 1887.
- Patrick Ollivier-Élliott, Pays de Lure, Édisud, Aix-en-Provence, 2000. (ISBN 2-7449-0169-5)

- Guy Barruol, André de Réparaz et Jean-Yves Royer, La montagne de Lure, encyclopédie d'une montagne en Haute-Provence, collectif sous la direction de Guy Barruol, Éd. Les Alpes de Lumière, juin 2004. (ISBN 2-906162-70-1)
