Fontaine de Vaucluse

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43° 55′ 05″ N 5° 07′ 59″ E / 43.917932, 5.133157 ()

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La source, en été, niveau bas.
La Fontaine de Vaucluse, en avril 2008.
Au même endroit, le 31 mai 2008, lors d'un débord de 1, 53 mètres à la Fontaine.

La Fontaine de Vaucluse, source de la Sorgue, est la plus importante exsurgence de France métropolitaine. Elle est classée au cinquième rang mondial avec un débit annuel de 630 à 700 millions de mètres cubes. Cette exsurgence sert de référence en hydrogéologie pour la caractérisation d'un type dénommé « source vauclusienne ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La Fontaine de Vaucluse est située dans le département du Vaucluse, sur le territoire de la commune de Fontaine-de-Vaucluse. Cette dernière s'appelait autrefois « Vaucluse », or elle est située dans le département du même nom. Cette homonymie engendrant de nombreux problèmes, elle fut rebaptisée « Fontaine-de-Vaucluse », évoquant ainsi la fontaine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le village dans lequel se situe la fontaine s'appelait autrefois « Vallis Clausa » (« vallée close » en latin, Vau-cluso en provençal), en raison de sa position topographique. Ce nom est ensuite devenu « Vaucluse », ce qui a donné le nom de Fontaine de Vaucluse[1]. Le nom en provençal est la Font de Vau-cluso, soit la source de la vallée close. Le mot font a deux sens en provençal, celui de fontaine et celui de source. Ici, il désigne une source et non une fontaine.

Géologie[modifier | modifier le code]

Au-dessus de la fontaine se trouve une falaise de calcaire de 500 à 800 mètres de hauteur, parcourue par d'innombrables cassures et failles. Celle-ci joue le rôle d'un réservoir, un aquifère karstique, l'eau y circulant en suivant les discontinuités jusqu'à rencontrer une barrière de calcaire et d'argile.

La source est l'unique point de sortie d'un bassin souterrain de 1 100 km2 récupérant les eaux du mont Ventoux, des monts de Vaucluse, du plateau d'Albion et de la montagne de Lure. Elle alimente la Sorgue. L'eau de cette exsurgence contenant un taux moyen de 200 mg/litre de carbonate de calcium et ayant un débit annuel d'environ 700 millions de mètres cubes, ce réservoir d'alimentation perd chaque année 50 000 m3 de calcaire. Ce phénomène de karstification rapporté à la surface de l'impluvium représente un volume annuel de 45 m3/km2 qui disparait dissous dans l'eau[2].

Ce chiffre devient plus parlant quand les calculs démontrent que dans 3,5 millions d'années, en toute logique, les monts de Vaucluse, le plateau d'Albion et la montagne de Lure, d'une épaisseur de 1 500 mètres, devraient avoir totalement disparu[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site fut durant l'Antiquité un lieu d'offrandes rituelles. Lors des différentes plongées, et en particulier celle de 1998, les membres de la société spéléologique de Fontaine-de-Vaucluse, avaient été intrigués par la présence de nombreuses pièces de monnaie. Des plongées de prospection furent faites par les spéléologues de la SSFV, sous la direction du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM). Le sous-marin Spélénaute leur permit de travailler entre –40 et –80 mètres, au cours de l'année 2001, révélant des dépôts antiques de numéraire. Un an plus tard, lors d'une nouvelle campagne d'exploration, les spéléologues remontèrent 400 pièces d'une grande valeur historique. En 2003, un nouveau chantier archéologique permit d'autres découvertes. Ce sont actuellement 1 600 pièces et objets qui ont été récupérés et qui ont pu être datés du Ier siècle av. J.-C. jusqu'au milieu du Ve siècle[4].

Légende du Coulobre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Coulobre.
Le Coulobre, statufié à la porte de l'église de Saint-Véran.

Une légende raconte que saint Véran, évêque de Cavaillon aurait débarrassé la Sorgue d'un horrible Drac ou dragon, le Coulobre.

Ce Coulobre, dont le nom pourrait être issu du mot latin « coluber » (couleuvre), était une créature ailée qui aurait vécu dans la fontaine de Vaucluse[5]. Selon la légende, elle passait pour s'unir avec des dragons qui l'abandonnaient ensuite, la forçant à élever seule les petites salamandres noires dont elle accouchait. Elle cherchait désespérément un nouvel époux et un père pour ses enfants mais sa laideur repoussait tous les prétendants[5].

Selon Albert Dauzat et Charles Rostaing, le Drac est une divinité ligure des eaux tumultueuses et le Coulobre doit son nom à deux racines celto-ligures : Kal : pierre, et Briga : colline. C'est la falaise dominant la fontaine où se trouve encore la Vache d'Or qui devait être le lieu d'un antique culte pastoral célébrant la force et la forme de l'eau et de la pierre[6].

Exploration[modifier | modifier le code]

La première plongée en scaphandre lourd a lieu en 1879, Nello Ottonelli s'aventura à 23 mètres. Il fallut ensuite attendre l'arrivée du scaphandre autonome en 1946 et Jacques-Yves Cousteau pour atteindre 46 mètres, puis 74 mètres neuf ans plus tard. C'est la limite des plongées à l'air. En 1981, Claude Touloumdjian atteignit 153 mètres avec un mélange oxygène-hélium. Enfin, en 1983, Jochen Hasenmayer parvint à 205 mètres. Pour descendre encore plus bas et toucher le fond, il fallut utiliser des robots[4].

En 1985, la Mission Modexa 350 lève le mystère sur la profondeur du système : en effet, le robot se pose par -305 mètres, et en 1989 un autre robot le Spélénaute (SSFV) atteint le point le plus bas du siphon, à 308 mètres de profondeur[4].

En 2014, une visite virtuelle a été réalisée par le photographe Christoph Gerigk, en collaboration avec la Société Spéléologique de Fontaine de Vaucluse (SSFV), à partir de vues panoramiques sphériques et à 360°[7].

Structure[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, les efforts conjoints des géologues, hydrogéologues, hydrochimistes et spéléologues ont permis d'avoir une meilleure conception du fonctionnement de cette source karstique[8]. Si son impluvium récupère les eaux du mont Ventoux, des monts de Vaucluse, du plateau d'Albion et de la montagne de Lure, il exclut la montagne de Bluye, au nord, ainsi que le Luberon et le synclinal d'Apt, au sud[9].

Zone dénoyée[modifier | modifier le code]

C'est celle du réservoir qui est accessible aux spéléologues. Elle dépasse -600 mètres puisque a été découvert, en période d'étiage, à partir d'un aven de Saint-Christol, la « rivière souterraine d'Albion » à la cote -610 mètres. Ce systèmes des gouffres et avens, qui truffent le plateau d'Albion, est un des effets de la karstification. Lors de violents orages, il peut emmagasiner aux environs de 110 millions de mètres cubes d'eau[9].

Zone noyée[modifier | modifier le code]

Elle reste la grande inconnue. Un modèle mathématique a pu démontrer qu'en se basant sur la plus basse cote de l'exutoire -308 mètres, et sur la surface de l'impluvium, les réserves permanentes atteindraient 150 millions de mètres cubes[9].

Écoulement[modifier | modifier le code]

Sur une décennie le débit est compris entre 630 et 700 millions de mètres cubes par an. Avec une moyenne de 21 m3/s, il est sept fois supérieur à la totalité de l'eau potable distribuée dans le département de Vaucluse. Première source de France pour les volumes débités ; la Fontaine se classe au 5e rang mondial des sources les plus importantes[9].

Le site en images[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Truc, op. cit., p. 24
  2. Georges Truc, op. cit., p. 23
  3. Georges Truc, op. cit., p. 25
  4. a, b et c Communes > Fontaine-de-Vaucluse, sur le site officiel de l'Office de Tourisme Intercommunal du Pays des Sorgues et des Monts de Vaucluse (consulter l'archive Wikiwix's cache – contenu de 2007)
  5. a et b Édouard Brasey, La Petite Encyclopédie du merveilleux, Paris, Éditions Le Pré aux clercs,‎ 14 septembre 2007, 435 p. (ISBN 978-2842283216), p. 172
  6. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, p. 1758
  7. « Société Spéléologique de Fontaine de Vaucluse : Visite virtuelle du gouffre », sur ssfv.fr (consulté le 23 mai 2014)
  8. Georges Truc, op. cit., p. 28
  9. a, b, c et d Georges Truc, op. cit., p. 29

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Georges Truc, L'eau en Vaucluse. Origine, fonctionnement, potentiel et qualité des réservoirs aquifères, Éd. Conseil Général de Vaucluse, Avignon, 1991

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]