Doline

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Doline (homonymie).
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Trou bleu (géologie), Cénote ni Aven.
Doline sur le causse de Sauveterre, en Lozère.
Petite doline au fond de laquelle les argiles de décalcification permettent l'accumulation d'eau (et de neige en l'occurrence).

Une doline est une forme caractéristique d'érosion des calcaires en contexte karstique. La dissolution des calcaires de surface conduit à la formation de dépressions circulaires mesurant de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres. Leur fond est souvent occupé par des argiles de décalcification ou terra rossa (terre rouge), fertiles et plus ou moins imperméables. La rétention locale d'eau qu'elle permet les rend propices au développement d'une riche végétation qui contraste avec le plateau calcaire environnant.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot doline est d'origine slave (dolina : vallée en polonais, serbe, slovène, slovaque et en russe), comme le mot « karst », plateau calcaire situé en Slovénie, autour de Trieste. Il fait référence aux reliefs de la région qui s'étire des Alpes juliennes au Kvarner. Selon l'essayiste et écrivain italien Claudio Magris, les dolines y ont une végétation luxuriante en comparaison aux pentes venteuses et neigeuses du Monte Nevoso.

Termes locaux ou spécialisés[modifier | modifier le code]

  • Un ouvala désigne plusieurs dolines coalescentes.
  • Un poljé est une dépression de très grandes dimensions dont le fond présente des reliefs résiduels ou hums. L'évacuation de l'eau des dolines s'effectue par un embut ou puits absorbant, celle des poljés s'effectue par un ponor.
  • Le terme emposieu peut désigner, dans le Jura, la perte d'un cours d'eau dans une cuvette ou une doline évoluée au fond communiquant parfois avec une cavité[1].
  • Un sotch est parfois aménagé en lavogne (termes rouergats) dans le sud Massif central ou en boutasse dans la région lyonnaise [2]. Ce type d'aménagement de doline sert de collecteur d'eau de pluie, de réservoir et d'abreuvoir à bétail.
Un sotch planté de céréales (Larzac)
Un sotch aménagé en lavogne sur le causse de Blandas
  • Le cloup est le terme typiquement quercynois de la doline.
  • Dans le Nord de la France, les dolines sont souvent associées à des creuses, et ne doivent pas être confondues avec des effondrements d'anciennes carrières souterraines (fontis), ou des séquelles de guerre tels que trous d'obus ou de mines (fréquentes dans une partie du Nord-Pas-de-Calais).
  • Les cénotes, en territoire maya (Yucatan, Belize, Guatemala) peuvent être des dolines d'effondrement noyées.
  • Les tiankengs sont de gigantesques dolines d'effondrement, à parois verticales, qui se rencontrent notamment en Chine d'où vient leur nom signifiant « trou de ciel », mais aussi en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au Mexique. En français, on emploie aussi le terme « méga-doline ».
  • Les sótanos sont de très grandes dolines d'effondrement, à parois verticales, qui sont nommées ainsi au Mexique principalement (exemple : Sótano de las Golondrinas).
  • Les blue holes (littéralement trous bleus) sont des dolines d'effondrement, complètement noyées sous la surface d'un plan d'eau.
  • Les black holes (littéralement trous noirs) sont des dolines de dissolution, noyées, présentes uniquement aux Bahamas, dont l'eau apparaît très sombre du fait de micro-organismes particuliers. L'un des plus connus est le black hole d'Andros[3].
  • Les cahuges sont des dolines profondes se situant en Gironde (France).

Formation[modifier | modifier le code]

Doline à Céreste

Contrairement à d'autres formes karstiques, la doline n'est pas due à la seule action directe des eaux par dissolution des calcaires, mais naît souvent d'un effondrement de la roche lorsque des cavités souterraines sont sub-affleurantes, proches de la surface. Le plafond de la grotte, alors trop mince, peut s'affaisser, créant une dépression en surface où l'eau s'accumule plus facilement et y dépose par ravinement des argiles. L'ouverture par effondrement de la cavité sous-jacente crée un fontis ou aven.

En juin 2010, une doline s'est subitement formée dans la ville de Guatemala. Des pluies torrentielles, amenées par la tempête tropicale Agatha, et un système d'égouts défectueux auraient provoqué la création de cette doline qui a aspiré un immeuble de trois étages de haut[4]. Cette doline mesure environ 20 mètres de diamètre et 70 mètres de haut. En février 2007, une doline semblable s'était formée à quelque distance de cet endroit[5],[6].

Classement morphologique[modifier | modifier le code]

L'évolution morphologique d'une doline dépend de quatre facteurs :

  1. la dissolution,
  2. le comblement,
  3. l'évacuation et
  4. la désagrégation.

En fonction de ces quatre facteurs, plusieurs types de dolines peuvent être distingués : dolines en baquet, en entonnoir, en cuvette, en chaudron, en soucoupe, en écuelle, etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Littré
  2. « boutasse » sur le TLFi
  3. http://www.wondermondo.com/Countries/NA/Bahamas/SouthAndros/AndrosBlackHole.htm
  4. (en) Dan Fletcher, « Massive Sinkhole Opens in Guatemala City », Time.com,‎ 1er juin 2010 (lire en ligne)
  5. [1]
  6. "Se abre hoyo de 100 metros en Guatemala", Associated Press

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Foucault et J.-F. Raoult, « Modelé karstique », in Dictionnaire de géologie, Masson, Paris, 1988 (3e éd.) (ISBN 2-225-81480-5)
  • Jean-Noël Salomon, « Les dépressions fermées : dolines, ouvalas et poljés », in Précis de karstologie, Presses universitaires de Bordeaux, Passac, 2006 (2e éd.), p. 45-72 (ISBN 978-2-86781-411-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

[avi] « L'embut de Caussols (Alpes-Maritimes) », Bureau d'études H2EA, Nice,‎ 2010