Pin sylvestre

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Le Pin sylvestre (Pinus sylvestris) est une espèce d'arbre de la famille des Pinaceae naturellement présent dans une grande partie de l'Europe tempérée et boréale et jusqu'en Sibérie orientale. Son bois est parfois désigné sous l'appellation « pin du Nord ».

Description[modifier | modifier le code]

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

Arbre élancé au long tronc nu, dont la longévité est en général de 150 à 200 ans mais qui peut exceptionnellement vivre plus de sept cents ans[1]. Il peut atteindre 35 mètres de haut mais ne dépasse la plupart du temps pas 25 mètres. Il se reconnaît notamment à la couleur ocre-rouge de son écorce, dans la partie haute du tronc de l'arbre adulte, les rhytidomes devenant gris en vieillissant[2].

La tige du jeune pin sylvestre est d'abord verte puis devient progressivement brun clair. Les bourgeons d'hiver sont ovales ou ovoïde et font 15 millimètre de long. Ils sont rouge-bruns et contiennent peu ou pas de résine[2].

Les feuilles sont des aiguilles de taille assez courte à moyenne, faisant de 4 à 7 de longueur sur les arbres adultes et souvent un peu plus sur les jeunes spécimens. Elles sont groupées par lots de deux ("géminées") avec une gaine commune à leur base. Ces aiguilles sont assez épaisses et de couleur vert bleuté ou vert grisâtre, et sont typiquement torsadées[2]. Au niveau microscopique, l'aiguille est constitué d'un mince hypoderme, de vaisseaux résinifères et de deux faisseaux vasiculaires.

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des conifères, cette espèce est monoïque, avec des cônes mâles et femelles distincts mais présents sur le même individu. Les cônes sont situés à la base des rameaux lorsqu'ils sont mâles, et à leur extrémité lorsqu'ils sont femelles. Ils sont solitaires ou regroupés par groupes de 2 à 5 cônes. Ils sont de forme ovoïde à conique et font de 3 à 7 cm de long pour 2-3 cm de large. D'abord d'un vert intense, ils deviennent ensuite brun-rouge. Une fois le cône mûr, les écailles s'ouvrent et libèrent une graine de 3 à 5 cm dotée d'une ailette qui fait trois fois sa taille : la dispersion des graines se fait alors par anémochorie[2].

Composants[modifier | modifier le code]

Tanin, résine, acide primarique, acide primarinique, pinipicrine, terpènes[réf. souhaitée].

Aire de répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Le pin sylvestre est une espèce eurasiatique. Son aire de répartition naturelle est extrèmement large; On les trouve des sierra du Sud de la péninsule Ibérique à la mer d'Okhotsk, des Highlands écossaises à la Mandchourie, des montagnes de Turquie jusqu'à l'extrême Nord sibérien là où la taïga cède à la toundra. De façon espacée et souvent mêlée à d'autres conifères comme l'épicéa, le sapin ou le mélèze, mais aussi des feuillus comme le bouleau ou le hêtre, résistante à la sécheresse, au froid le plus intense, à la tempête, elle couvre toute la masse septentrionale du continent eurasiatique, où selon l'habitat elle prend des formes de port extrêmement diversifiées.

C'est une espèce commune des montagnes d'Europe occidentale, notamment dans l'étage montagnard sec. Elle se développe également à des altitudes de plus en plus basses au fur et à mesure qu'augmente la latitude. Elle a été beaucoup plantée dans des parcs ou utilisée pour le reboisement, parfois loin de son aire d'origine.

Le pin sylvestre est une essence de lumière. Elle est sensible au vent mais ne craint pas les périodes de sécheresse. Elle est peu sensible au froid et elle s'adapte à la plupart des sols, sauf les sols alcalins.

Variétés[modifier | modifier le code]

Il existe une cinquantaine de variétés de pins sylvestres décrites. La plupart du temps, il existe des intermédiaires entre les différentes variétés: les variations sont continues plutôt que brutales. Ces différences reflètent des adaptations aux conditions locales qui peuvent énormément différer les unes des autres étant donné l'amplitude géographique du Pin sylvestre.

La variété mongolica Litv. est particulièrement différente des autres. On la trouve à l'extrême est de l'aire de répartition des pins sylvestres. Elle est caractérisée par des longues aiguilles (jusqu'à 12 cm), un tronc lisse gris verdâtre et des bourgeons bruns pales.

Il existe également des pins sylvestres hybrides, notamment avec Pinus mugo et Pinus nigra.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Largement utilisé en reboisement, il s'est également naturalisé dans des régions où il n'était pas indigène ou dont il avait historiquement disparu. Il est ainsi introduit dans les Landes par François Batbedat à la fin du XVIIIe siècle[3],[4],[5]. On l'utilise couramment dans la construction et dans la fabrication de pâte à papier. Son bois est utilisé pour produire du déroulage de contreplaqué et dans la charpente. On en tire aussi de l'essence térébenthine. Les feuilles effilochées peuvent donner de la « laine » (rembourrage) pour des « coussins médicaux ».

Construction[modifier | modifier le code]

C'est une des essences européennes de bois résineux les plus couramment employées pour la menuiserie et la charpenterie.

Appellation commerciale[modifier | modifier le code]

En Belgique, on retrouve sous l'appellation commerciale « PNG » (contraction des appellations française et néerlandaise : Pin du Nord/Noords grenen) des bois équarris issus du Pin sylvestre. Mais il arrive que ce même pin sylvestre soit appelé sapin rouge ou sapin rouge du nord (abrégé SRN), dénomination commerciale qui couvre une partie de la familles des pinacées qui compte 220-250 espèces réparties en 11 genres. On peut aussi pour ce bois se référer à la dénomination commerciale anglaise[6], « european redwood » suivie de la provenance du bois : la même espèce de bois, lorsque son aire de répartition est grande, et c'est le cas pour le pin sylvestre, peut donner des qualités de bois très différentes, fonction notamment du climat.

Pharmacopée[modifier | modifier le code]

Les bourgeons, et parfois la résine, sont utilisés pour leurs propriétés diurétique, balsamique, expectorant et antiseptique bronchique[réf. nécessaire]. Ils sont utilisés sous forme d'essence, d'huile essentielle, voire de décoction, notamment pour produire des sirops ou des pastilles contre la toux[7].

Par distillation sèche, il donne des huiles essentielles très utilisées contre la calvitie[réf. nécessaire].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) S.K. Kamra, Effect of different distances between water level and seed bed on Jacobsen apparatus on the germination of Pinus sylvestris, L. seed. Stud. For. Suecica, no 65, 1968, pages 1–18.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (no) Forfjorddalen naturreservat
  2. a, b, c et d Farjon, Pines, page 195
  3. « Pins (deux espèces de) », dans le Dictionnaire chronologique et raisonné des découvertes, L. Colas, 1824, p. 390.
  4. Site centrecultureldupaysdorthe.com, « La forêt ressource ».
  5. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences, 1836, volume 3, p. 62.
  6. Moirant, Dictionnaire du bois, ses dérivés. Maison du dictionnaire, Édition Malgrétout, 1986.
  7. R. Auger, J. Laporte-Cru, Flore du domaine atlantique du Sud-ouest de la France et des régions des plaines, CNDP,‎ 1982, 516 p. (ISBN 2 86617 225 6), p. 46