Ski de montagne
Le ski de montagne, ski de randonnée ou ski alpinisme (ski tour dans les pays anglophones) désigne différentes pratiques de ski consistant à évoluer à ski sur des zones non aménagées (absence de remontées mécaniques ou de damage notamment), à titre de loisir ou de compétition.
Il s’agit donc de formes de ski de montagne qui se veulent plus proches de la nature que le ski alpin :
- l’ascension se fait en équipant la semelle des skis de peluches anti-recul, souvent appelées « peaux de phoque » car cette fourrure était utilisée autrefois, avant l'invention de matières synthétiques ;
- la descente se fait dans un style alpin, télémark ou tout autre (descente snowboard avec montée en splitboard).
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Terminologie [modifier]
En France, le terme de ski alpinisme est l’appellation officielle retenue par le Ministère des Sports en France 2008[1] pour désigner différentes pratiques de ski de montagne :
- le ski de randonnée, terme désigné par de nombreux pratiquants pour désigner le ski alpinisme dans son ensemble, a une connotation d’activité de loisir, sans objectif de performance ou de compétition ;
- le ski-alpinisme ou ski de montagne est la variante du ski de randonnée orientée alpinisme et/ou compétition, avec mise en œuvre de techniques de l’alpinisme et l'équipement associé : passage de zones glaciaires ou rocheuses notamment ;
- le ski de randonnée nordique utilise quant à lui des skis beaucoup plus proches du matériel de ski de fond que de celui du ski alpin.
Le terme de ski hors piste, free-rando ou freeride en anglais, relatif à des descentes hors de pistes travaillées ou balisées, n'exclut pas en revanche l'usage de remontées mécaniques, voire d'héliportage : pouvant notamment être pratiqué en station de ski, il ne relève donc pas du seul ski alpinisme.
Histoire du ski alpinisme [modifier]
Genèse [modifier]
Il est difficile de définir précisément l’histoire de ce sport puisque l’homme skie depuis environ 4 000 ans, la trace des premiers skis ayant été trouvée sur des peintures rupestres de Norvège. Mais le ski en Norvège est utilisé principalement en dehors des montagnes [2]. Le ski arrive dans les Alpes au XIXe siècle en tant que moyen de transport et, à la fin du XIXe siècle, est transformé en loisir par la bourgeoisie anglaise[3] vers la fin du XIXe siècle, avec l’exploration de massifs au moyen du ski de randonnée.
Le premier raid à ski connu a lieu du 19 au 23 janvier 1897, par Wilhelm Paulcke avec quatre amis et deux porteurs. Ils réalisent la traversée de l'Oberland[4].
C’est dans les années 1930 que se fait la séparation entre ski de randonnée et ski alpin. À la fin des années 1960, un nouveau tournant s’opère lorsque des skieurs se mettent à rechercher la difficulté pour le plaisir, et on voit alors apparaître le ski de montagne.
Le ski alpinisme aujourd’hui [modifier]
Actuellement, après de nombreuses années de recul dû à l’avènement du ski alpin, le ski de randonnée connaît un nouvel essor. Ceci est principalement dû à l’amélioration du matériel qui vient à égaler celui qu’on peut trouver en ski alpin, tout en étant très léger. Il attire alors un nouveau public désireux de fuir les remontées mécaniques et qui voit dans le ski de randonnée un loisir écologique. La pratique du ski de randonnée s’est aussi diversifiée, allant du raid de plusieurs jours dans un but essentiellement contemplatif à de petites courses à la journée de très grande difficulté. On peut aussi citer les compétitions de ski de montagne qui attirent de plus en plus de skieurs.
Les guides de haute montagne proposent depuis longtemps des programmes de ski de randonnée à la journée, localement à partir des stations de ski des Alpes, pour découvrir cette activité en sécurité. Ils proposent aussi des séjours de plusieurs jours (raids à ski) dans les Alpes françaises, italiennes, suisses, autrichiennes. L'engouement pour cette forme de ski amène une forte fréquentation des massifs européens tant sur les itinéraires que dans les refuges de montagne. Cela a amené certains professionnels à proposer aussi des destinations plus exotiques qui allient le ski à la découverte de nouveaux horizons et de cultures différentes. On peut ainsi pratiquer le ski de randonnée dans les pays de l'Est, au Maroc, en Turquie, en Norvège, au Groenland et dans bien d'autres pays.
Matériel [modifier]
L'équipement du skieur-alpiniste se différencie de celui du skieur alpin principalement pour la montée, ainsi que pour les aspects de sécurité. Au niveau vestimentaire, la conjugaison des conditions climatiques hivernales et de l’effort physique requis à la montée conduit à appliquer la technique des trois couches, et à prévoir du change.
L'orientation ski de randonnée ou ski-alpinisme, la nature du terrain abordé, la durée prévue de la course, guident également la nature du matériel effectivement emporté. Ainsi la pratique en compétition conduit à privilégier des matériels plus légers, souvent plus coûteux.
Pour la montée [modifier]
- Les skis de randonnée et d’alpinisme sont proches des skis alpins, avec en général une structure allégée.
- Pour éviter de glisser vers l'arrière, on accole à la montée sous les skis des peaux de phoques, dispositif désormais synthétique pourvu de poils ras.
- Les chaussures sont plus souples, avec parfois un chausson amovible, et peuvent être débrayées au niveau du talon pour augmenter la flexion.
- Les fixations se détachent de l'arrière et pivotent à l'avant; il existe trois grandes familles de fixation, toutes trois désignées par le nom de leur fabricant :
- les diamir et les marker, dont le principe est proche des fixations de ski alpin classique ;
- les dynafit, allégées, dont le principe consiste en deux picots s’insérant sur les côtés avant de la chaussure, requérant alors des chaussures spéciales.
- Les fixations intègrent des cales qui permettent de surélever le talon dans les pentes plus raides.
- Quand les conditions de neige ou les conditions du terrain le justifient, on peut ajouter des couteaux (crampons adaptés aux skis) sur les skis pour éviter de déraper.
- Quand la pente (neigeuse ou rocheuse) est trop raide on doit parfois se munir de sac adapté à un portage latéral des skis, et utiliser un piolet et des crampons (d'où l'appellation ski alpinisme).
Pour la descente [modifier]
- Les fixations peuvent être « bloquées » à l'arrière, bloquant le pivotement avant et restituant ainsi les sensations du ski de piste.
- La polyvalence des skis permet d’aborder tout type de neige, bien que leur légèreté présente des inconvénients particulièrement sur neiges dures ou damées (apparition de phénomène de vibration).
- Les skis sont munis souvent d'un trou dans la spatule, ce qui permet de les suspendre en cas de besoin, de faciliter des mouflages, de confectionner un brancard.
- Emporter un fart à froid permet de pallier une altération du fartage en cours de course (conditions climatiques et de terrain agressives notamment).
Pour la sécurité [modifier]
Cette activité amène à évoluer en moyenne ou en haute montagne et nécessite donc une très bonne connaissance du terrain, de la nivologie, éventuellement des risques sur glacier, de la météorologie en montagne et des itinéraires pour assurer la sécurité des skieurs. Il est conseillé aux pratiquants de se renseigner avant de partir auprès des services météo et nivologie et des professionnels de la montagne (pisteurs-secouristes ou guides de haute montagne). Par ailleurs, ces aspects de sécurité conduisent aussi à s’équiper de matériel spécifique, qui alourdit d’autant le portage et accentue le caractère physique et sportif de cette activité.
Matériel préventif [modifier]
Du fait de la pratique du ski de montagne en terrain non sécurisé ni balisé, le skieur doit ainsi s'équiper préventivement :
- de matériel d'orientation : boussole, altimètre et cartographie ;
- de matériel de gestion du temps, tel qu'une montre, et d'informations météorologiques et nivologiques ;
- le cas échéant, particulièrement en ski-alpinisme, des équipements de sécurité complémentaires spécifiques au terrain abordé :
Matériel curatif [modifier]
Afin de faire face aux conséquences des possibles avalanches et autres accidents de montagnes :
- l'indispensable tryptique ARVA-pelle-sonde regroupe un ARVA (appareil de recherche des victimes d’avalanche), une pelle à neige et une sonde à neige ;
- GPS et moyen de communication hertzien, permettent d'assurer d'éventuels secours et la localisation ;
- une trousse médicale selon les compétences des participants ;
- il peut également s’avérer prudent de se munir de quelques outils légers de réparation : tournevis, pince, couteau suisse, fil de fer, etc.
Cotations [modifier]
Plusieurs cotations existent en ski de montagne. On peut en distinguer principalement trois, détaillées ci-après dans l'ordre chronologique de leur apparition. Ces cotations sont données pour des conditions de neige favorable, ce qui est rarement le cas dans les pentes raides. Il convient alors d'avoir une marge technique lorsque les conditions de neige ne sont pas idéales, ce qui reste une observation subjective.
Cotation « Blachère » [modifier]
Du nom de son inventeur Gérard Blachère.
Cette cotation fut la première inventée pour le ski de montagne. C'est une cotation générale donnant une indication sur l'ensemble de la course. Elle n'est quasiment plus utilisée de nos jours en France mais elle existe encore dans des ouvrages suisses ou allemands.
Elle est formée sur la base de trois (voire quatre) abréviations principales, auxquelles peut s'ajouter une abréviation supplémentaire :
Abréviations principales :
- SM : Skieur moyen
- BS : Bon skieur
- TBS : Très bon skieur
On peut parfois trouver ES pour « Excellent skieur ».
Abréviation supplémentaire : A pour « Alpiniste » quand le terrain demande l'utilisation des techniques d'alpinisme.
L'utilisation de cette cotation peut par exemple donner TBSA (Très bon skieur alpiniste) pour une course très ardue nécessitant des techniques de l'alpinisme, ou SAM (Skieur alpiniste moyen) pour une course dont la difficulté de ski reste raisonnable mais recourant tout de même aux techniques de l'alpinisme.
Cotation « Traynard » [modifier]
Du nom de son inventeur Philippe Traynard.
C'est une cotation ponctuelle indiquant la difficulté technique du passage le plus difficile. Elle est utilisée actuellement dans certains ouvrages.
- S1 : Itinéraire facile ne nécessitant pas de technique particulière pour évoluer en sécurité, route forestière par exemple.
- S2 : Pentes assez vastes, même un peu raides (25°), ou itinéraires vallonnés (niveau technique de contrôle des dérapages et virages en toutes neiges).
- S3 : Inclinaison des pentes jusqu'à 35° (pistes noires les plus raides des stations, en neige dure). L'évolution en toutes sortes de neige doit se pratiquer sans difficulté technique.
- S4 : Inclinaison des pentes jusqu'à 45° si l'exposition n'est pas trop forte; à partir de 30° et jusqu'à 40° si l'exposition est forte ou le passage étroit. Une très bonne technique à ski devient indispensable.
- S5 : Inclinaison de 45 à 50° voire plus si l'exposition est faible. À partir de 40° si l'exposition est forte.
- S6 : Au delà de 50° si l'exposition est forte, ce qui est le plus souvent le cas. Sinon à partir de 55° pour de courts passages peu exposés.
- S7 : Passages à 60° ou plus, ou saut de barres en terrain très raide ou exposé (ce qui est souvent synonyme)
En général, cette cotation est accompagnée d'une cotation globale de la course, introduite par François Labande, et issue de l'échelle alpine. Ces cotations renseignent sur le sérieux, l'engagement et l'exposition globale de la course :
- F : Facile
- PD : Peu Difficile
- AD : Assez difficile
- D : Difficile
- TD : Très Difficile
- ED : Extrêmement difficile
- ABO : abominablement difficile
Cotation « Shahshahani » [modifier]
Du nom de son inventeur Volodia Shahshahani.
Toponeige Volopress : Cotations Ski, Marche, Exposition
C'est la cotation la plus récente en ski de montagne. C'est aussi la plus complète et la plus complexe puisqu'elle comporte trois échelles différentes pour évaluer la difficulté de montée, la difficulté de ski ainsi que l'exposition de la course.
La cotation complète d'une course consiste en la juxtaposition de ces trois cotations.
Difficulté de montée [modifier]
Cette cotation reprend la cotation alpine en rajoutant la cotation R (« Rando ») lorsqu'il n'y a aucun passage technique lors de l'ascension. À noter que les cotations extrêmes (TD, ED et ABO) ne sont pour ainsi dire jamais utilisées car elles représentent des passages non skiables en général.
Difficulté de descente [modifier]
Cette cotation est copiée sur le système de cotation américain en escalade. C'est une échelle ouverte comportant cinq grands niveaux, les quatre premiers étant séparés en trois sous-niveaux, et le dernier n'étant pas limité.
Les cotations vont de 1.1 (aucune difficulté technique) à 5.6 qui est la cotation maximale actuellement. L'échelle étant ouverte, il n'existe cependant aucune limite théorique à la difficulté.
Le terme ski de randonnée est utilisé pour les cotation de 1.1 à 3.3. Le terme ski de montagne est réservé aux courses dépassant la cotation 4.1. Au delà, jusqu'à 5.3, on parle de ski de pente raide et à partir de 5.4 on parle de ski extrême.
Exposition [modifier]
Cette échelle à quatre niveaux, indépendante de la difficulté de la course, représente le risque couru par le skieur en cas de chute :
- E1 : Risque faible : en cas de chute, le skieur ne risque pas de percuter un obstacle.
- E2 : Risque moyen : quelques obstacles comme des rochers ou des petites barres rocheuses blessent le skieur.
- E3 : Risque important : de nombreux obstacles blessent très gravement le skieur, mort probable.
- E4 : Risque très important : mort certaine.
Compétitions [modifier]
- Championnats du monde de ski-alpinisme
- Championnats d'Europe de ski-alpinisme
- Championnats de France de ski-alpinisme
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Patrouille des Glaciers
- Trophée des Gastlosen
- Pierra Menta (course)
- Tournette Sources du Fier
- Ski Rando magazine
Références [modifier]
- Appellation officielle de 2008. Ski de rando, ski-alpinisme ... chacun trouve spatule à son pied !
- Skieurs du ciel Dominique Potard aux Éditions Guérin p. 17.
- Skieurs du ciel Dominique Potard aux Éditions Guérin p. 15.
- Skieurs du ciel Dominique Potard aux Éditions Guérin p. 23.
- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Ski de randonnée » (voir la liste des auteurs).