Jurassique

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Jurassique

Notation chronostratigraphique J
Notation française lj
Stratotype initial Drapeau de la FranceDrapeau de la Suisse Jura
Niveau Période / Système
Érathème / Ère
- Éonothème / Éon
Mésozoïque
Phanérozoïque

Stratigraphie

Début Fin
Point stratotypique mondial 201,3 ± 0,2 Ma
(extinction du Trias-Jurassique)
≃145,0 Ma
Fossiles stratigraphiques ammonites
brachiopodes (régionalement)

Paléogéographie et climat

Taux de O2 atmosphérique env. 26 %vol[1]
(130 % de l'actuel)
Taux de CO2 atmosphérique env. 1 950 ppm[2]
(7 fois le niveau d'avant la révolution industrielle)
Température moyenne 16,5 °C[3]
(+°C par rapport à l'actuel)

Contexte géodynamique

Faune et flore

Description de cette image, également commentée ci-après

Reconstitution du Nord de l'Allemagne sous le Jurassique. On y voit deux Compsognathus à l'avant-plan et un Archaeopteryx sur une branche à droite, ainsi qu'un Brachiosaurus (en marron clair) à l'arrière-plan.

Évolution

Le Jurassique est une période qui s’étend d'environ -200 à -145 millions d'années. Le Jurassique constitue la période ou le système intermédiaire de l'ère Mésozoïque laquelle est aussi connue sous le nom d' « ère des reptiles ». Le début du Jurassique est marqué par une extinction massive d’espèces, l’extinction du Trias-Jurassique. Le système jurassique se subdivise en trois séries géologiques : Jurassique inférieur, Jurassique moyen et Jurassique supérieur[4] autrefois dénommées, respectivement : Lias, Dogger et Malm.

La base du premier étage géologique du Jurassique, l'Hettangien est officiellement définie par un Point Stratotypique Mondial (PSM) qui marque ainsi la base du système jurassique. Par contre, le PSM de la base du premier étage du Crétacé, le Berriasien, qui marquerait le toit du Jurassique, n’a pas encore été choisi[4].

Le Jurassique a été nommé ainsi en 1829 par le géologue et naturaliste français Alexandre Brongniart d’après les calcaires trouvés dans le Jura[5]. Cette période de l’ère Mésozoïque suit le Trias et précède le Crétacé.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Le Jurassique est divisé en trois séries, le Jurassique inférieur ou Lias, le Jurassique moyen ou Dogger et le Jurassique supérieur ou Malm. Les subdivisions et leur âges associés, selon l'échelle des temps géologiques 2012 de la Commission internationale de stratigraphie, s'établissent ainsi[4],[6] :

Système Série Étage Age (Ma)
Crétacé Inférieur Berriasien plus récent
Jurassique Supérieur Tithonien 145,0 ±0,8 – 152,1 ±0,9
Kimméridgien 152,1 ±0,9 – 157,3 ±1,0
Oxfordien 157,3 ±1,0 – 163,5 ±1,0
Moyen Callovien 163,5 ±1,0 – 166,1 ±1,2
Bathonien 166,1 ±1,2 – 168,3 ±1,3
Bajocien 168,3 ±1,3 – 170,3 ±1,4
Aalénien 170,3 ±1,4 – 174,1 ±1,0
Inférieur Toarcien 174,1 ±1,0 – 182,7 ±0,7
Pliensbachien 182,7 ±0,7 – 190,8 ±1,0
Sinémurien 190,8 ±1,0 – 199,3 ±0,3
Hettangien 199,3 ±0,3 – 201,3 ±0,2
Trias Supérieur Rhétien plus ancien

Paléogéographie[modifier | modifier le code]

Marnes du Jurassique dans le sud d’Israël

Pendant le Jurassique inférieur et moyen, le supercontinent Pangée se divise en Laurasia au nord et Gondwana au sud. La Laurasia se scinde à son tour en Amérique du Nord et Eurasie tandis que le Gondwana se divise en Afrique, Amérique du Sud et Antarctique vers la fin du Jurassique supérieur et durant le Crétacé. L’océan Atlantique Nord date de cette période, sa partie sud n’apparaît qu’à partir du Crétacé[7]. L’océan Téthys se ferme et le bassin de la Néotéthys ou Téthys alpine apparaît.

Les enregistrements géologiques en Europe de l'Ouest sont nombreux et riches, ils indiquent la présence de mers tropicales peu profondes, la plus grande partie du continent est submergée durant de longues périodes. En contraste, les sites datant du Jurassique en Amérique du Nord sont parmi les plus pauvres du Mésozoïque sur ce continent avec très peu d’affleurements. Bien qu’une mer épicontinentale, la Sundance Sea (en) ait laissé des dépôts marins en Amérique du Nord, la majorité des sédiments dans cette région sont d’origine continentale[8]. On trouve aussi des affleurements du Jurassique en Russie, Indes, Amérique du Sud, Japon, Australasie, Maghreb, péninsule Arabique, etc.

Le premier de plusieurs batholites massifs se met en place le long de la côte Ouest de l’Amérique du Nord, l’orogenèse est très active le long de cette côte[9].

À l’instar du Trias, il ne semble pas y avoir eu de terre proche des pôles ; le climat était chaud : il n’existe aucun indice de période glaciaire pendant cette période.

Faune[modifier | modifier le code]

Marine[modifier | modifier le code]

Gastéropodes et bivalves, Jurassique du sud d’Israël.

Durant le Jurassique les formes de vie les plus évoluées dans les mers sont les poissons et des reptiles marins. Ces derniers incluent des ichtyosaures, plésiosaures et des crocodiles marins, Teleosauridae et Metriorhynchidae.

Dans le monde des invertébrés plusieurs groupes apparaissent, entre autres les rudistes, les bélemnites et de nombreuses espèces de bivalves.

Les ammonites (au sens large, c'est à dire la sous-classe des Ammonoidea) sont apparues pendant le Dévonien[10]. Les ammonites « vraies », c'est à dire l'ordre des Ammonitida, apparaissent à la fin du Trias[10]. Elles deviennent très communes et extrêmement variées au Jurassique et constituent le principal groupe utilisé pour la biostratigraphie de cette période (voir les exemples de biozonation par ammonites pour les étages Pliensbachien et Callovien)[11].

Le plancton apparaît lui aussi pendant cette période.

Terrestre[modifier | modifier le code]

Sur terre, les Archosauria restent dominants. Le Jurassique marque le début de l’« âge d’or des dinosaures » qui culminera au Crétacé[12] : Sauropodes, Camarasaure, Diplodocus et Brachiosaure, pour ne citer qu’eux, sont très communs. Leurs sources principales de nourriture consistent en prairies, fougères, Cycadales et Bennettitales. Certains dinosaures se sont adaptés pour consommer des conifères plus élevés. Les principaux prédateurs de ces grands herbivores sont des saurischiens appartenant au sous-ordre des Théropodes : Ceratosaurus, Megalosaurus, Allosaurus, etc. Vers la fin du Jurassique, durant le Malm, les premiers oiseaux évoluent à partir des Coelurosauria, les premiers fossiles d’Archaeopteryx datent du Kimméridgien[13].

Les ornithischiens sont moins nombreux et plus petits que les saurischiens. Toutefois, les Stégosaures et de petits ornithopodes jouent un rôle écologique important. Dans les airs, les ptérosaures dominent et remplissent plusieurs niches écologiques occupées de nos jours par les oiseaux.

Flore[modifier | modifier le code]

Les conditions climatiques arides du Trias déclinent régulièrement durant le Jurassique, plus spécialement aux latitudes élevées ; le climat chaud et humide permet le développement de jungles luxuriantes qui couvrent une grande partie des terres[14]. Les conifères continuent à dominer la flore, ils constituent le groupe le plus diversifié et la majorité des arbres. On trouve parmi eux des Araucariaceae, Cephalotaxaceae, Pinaceae, Podocarpaceae, Taxaceae et Taxodiaceae ainsi que les groupes maintenant éteints des Cheirolepidiaceae et des Bennettitales aux latitudes plus basses[15]. Les Cycadophytes, les Ginkgoaceae, Cyatheales et fougères sont aussi communs. Les Ginkgos sont principalement présents dans les latitudes moyennes et dans l’hémisphère nord tandis que les Podocarpaceae le sont dans l’hémisphère sud[14].

Anecdote[modifier | modifier le code]

Le mot Jurassique a été utilisé pour le titre du film Jurassic Park de Steven Spielberg en 1993, qui est l'adaptation du roman du même nom, écrit par Michael Crichton en 1990.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. (de) teneur en oxygène dans l'atmosphère au Phanérozoïque
  2. (en) dioxyde de carbone au Phanérozoïque
  3. (en) température de la Terre
  4. a, b et c [PDF] « International chronostratigraphic chart (2012) », sur http://www.stratigraphy.org/
  5. Alexandre Brongniart, Tableau des terrains qui composent l’écorce du Globe ou Essai sur la Structure de la Partie connue de la Terre, F.G. Levrault, Paris, 1829, 435 p.
  6. (en) F.M. Gradstein, J.G Ogg, M. Schmitz et G. Ogg, The Geologic Time Scale 2012, Elsevier,‎ , 1176 p. (ISBN 9780444594488)
  7. (en) Christopher J. Scotese, Paleomap Project
  8. carte des sédiments datant du Jurassique en Amérique du Nord
  9. (en) Monroe, James S., and Reed Wicander. (1997) The Changing Earth: Exploring Geology and Evolution, 2nd ed. Belmont: West Publishing Company, 1997. ISBN 0-314-09577-2
  10. a et b Pierre Clairambault, Ammonoïdés, Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 4 avril 2015. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ammonoides/
  11. Patrice Lebrun, « Ammonites du Jurassique – Tome 1 », Minéraux & Fossiles, no 24 (Hors série),‎ (ISSN 0335-6566)
  12. http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/dinosaure/43628
  13. (en) David Lambert, The Ultimate Dinosaur Book, Dorling Kindersley,‎ 1993, 38-81 p. (ISBN 156458304X)
  14. a et b (en) Haines, Tim (2000) Walking with Dinosaurs: A Natural History, New York: Dorling Kindersley Publishing, Inc., p. 65. ISBN 0-563-38449-2
  15. (en) Behrensmeyer, Anna K., Damuth, J.D., DiMichele, W.A., Potts, R., Sues, H.D. & Wing, S.L. (eds.) (1992), Terrestrial Ecosystems through Time: the Evolutionary Paleoecology of Terrestrial Plants and Animals, University of Chicago Press, Chicago and London, ISBN 0-226-04154-9 (cloth), ISBN 0-226-04155-7
  • (en) Kazlev, M. Alan (2002) Paleos website 8 janvier 2006
  • (en) Mader, Sylvia (2004) Biology, eighth edition
  • (en) Ogg, Jim; June, 2004, Overview of Global Boundary Stratotype Sections and Points (GSSP's) http://www.stratigraphy.org/gssp.htm Accessed April 30, 2006.
  • (en) Stanley, S.M. and Hardie, L.A. (1998), Secular oscillations in the carbonate mineralogy of reef-building and sediment-producing organisms driven by tectonically forced shifts in seawater chemistry, Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology 144 : 3-19.
  • (en) Stanley, S.M. and Hardie, L.A. (1999), Hypercalcification; paleontology links plate tectonics and geochemistry to sedimentology, GSA Today 9 : 1-7.
  • (en) Taylor, P.D. and Wilson, M.A., 2003, Palaeoecology and evolution of marine hard substrate communities, Earth-Science Reviews 62: 1-103 [1]
Paléozoïque Mésozoïque Cénozoïque
Cambrien Ordovicien Silurien Dévonien Carbonifère Permien Trias Jurassique Crétacé Paléogène Néogène .