Limousin (dialecte)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Limousin et langue limousine.
Limousin
lemosin
Parlée en France
Région Limousin, Poitou-Charentes, Aquitaine
Nombre de locuteurs 400 000
Typologie SVO, syllabique
Classification par famille
Statut officiel
Régi par Conselh de la Lenga Occitana

Le limousin (lemosin en limousin), aussi appelé langue d'or[1], est le dialecte de l'occitan parlé dans les trois quarts du Limousin (aux côtés du marchois et de l'auvergnat), la Charente occitane et une grande moitié nord de la Dordogne.

Au Moyen Âge, sous l'influence culturelle de l'abbaye Saint-Martial de Limoges et des tout premiers Troubadours, dont Bernard de Ventadour, on pouvait appeler limousin l'ensemble des dialectes de la langue d'oc. Cet usage a parfois perduré jusqu'au XVIe siècle, par exemple en Catalogne.

Définition[modifier | modifier le code]

Le limousin est un dialecte de l'occitan ou langue d'oc, comme l'auvergnat et le vivaro-alpin (avec lesquels il forme l'ensemble nord-occitan), le languedocien, le provençal et le gascon (qui constituent eux l'ensemble sud-occitan). Les premiers troubadours écrivaient en limousin (Guillaume IX de Poitiers, Ebles II de Ventadour, Bernard de Ventadour, Bertran de Born, Arnaut Daniel, Giraut de Bornelh...) et leurs héritiers le plus souvent aussi. On considère généralement que les premiers documents en occitan ont été rédigés dans ce dialecte, notamment le Boecis, écrit vers l'an 1000. C'était aussi la langue natale des grands seigneurs d'Aquitaine ou du Limousin, tels par exemple Aliénor d'Aquitaine ou Richard Cœur de Lion, qui a composé des poèmes en langue limousine.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Localisation de la zone linguistique limousine au sein de l'aire occitane
Carte des dialectes occitans
L'espace dialectal de l'occitan limousin et du marchois

Il est parlé dans les trois départements de la région française du Limousin : la totalité de la Haute-Vienne, les trois quarts occidentaux de la Corrèze (le reste parlant auvergnat) également réduits de quelques communes de l'extrême sud parlant languedocien, les deux tiers occidentaux de la Creuse (le reste parlant auvergnat). Le limousin est également historiquement parlé dans quelques communes du sud-est du département de la Vienne, le tiers oriental de la Charente (Charente occitane, qui comprend la Charente limousine, la bordure orientale de l'Angoumois et une frange sud-est du département en limite de la Dordogne) et dans toute la moitié nord de la Dordogne, au-delà du ligne allant de Mussidan à Montignac.

Usage de la langue[modifier | modifier le code]

Le dialecte limousin était jusqu'au XVIe siècle la langue officielle de la province. Le limousin reste la langue orale dominante jusqu'au début du XXe siècle, y compris dans certains quartiers populaires de milieux urbains (Limoges, Saint-Junien)), époque à partir de laquelle le français prend le dessus. L'UNESCO le classe "sérieusement en danger" dans son Atlas des langues menacées[2]. Le limousin est surtout employé par les habitants des zones rurales âgés de plus de 70 ans. Tous ses locuteurs sont également francophones, et son utilisation a encore tendance à décliner. Mais la plupart des Limousins de naissance connaissent, lorsqu'ils ne comprennent pas parfaitement la langue, des expressions, proverbes ou autres chansons en langue occitane qui font partie de leur patrimoine culturel. Il existe deux écoles maternelles/primaires immersives occitanes (calandretas) dans la zone du dialecte limousin, l'une à Limoges, l'autre à Périgueux. Elles sont laïques, gratuites, et utilisent une pédagogie active et participative issue des théories de Freinet. Elles sont ouvertes à tous sans exception, y compris aux enfants dont les parents ne parlent pas l'occitan. Elles participent à la transmission et à la continuité de la langue limousine en éduquant des enfants dans le bilinguisme occitan-français. Trois professeurs enseignent l'occitan limousin dans les collèges, les lycées et les I.U.T. en Limousin. On trouve encore la trace de l'occitan limousin dans de nombreux patronymes et noms de lieux. La langue a également laissé sa trace dans les tournures de phrases (limousinismes) des Limousins, ainsi que dans leur accent lorsqu'ils s'expriment en français.

Au XVIe siècle, au Pays valencien et à Majorque, l'expression langue limousine ou limosí était d'abord utilisé pour parler de la façon de parler des troubadours catalans. Puis, ce terme s'est utilisé jusqu'au XIXe siècle, incorrectement, pour parler parfois de la langue catalane[3].

Écrivains en limousin[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Foucaud (1747-1818), limougeaud connu pour ses adaptations en occitan de fables de La Fontaine.
  • L'abbé Joseph Roux (1834-1905), de Tulle, qui a relancé l'écriture littéraire du limousin au XIXe siècle avec son long poème La Chansou lemouzina[4], et codifié l'orthographe limousine dans sa Grammaire limousine (1893-1895)[5].
  • Roger Ténèze (1904-1976), journaliste à « la Voix du Nord », auteur de nouvelles (Noreia) et des poèmes (Las Ombras Sobeiranas)[6].
  • Marcelle Delpastre (1925-1998), auteur de contes (Los contes dau Pueg-Gerjan), de poésies[7].
  • Jean Mouzat, poète et auteur d'études sur les Troubadours, notamment sur Gaulcem Faidit[8].
  • Albert Pestour (1892-1965), poète (Lous rebats sus l'Autura)[9].
  • Jan dau Melhau
  • Michel Chadeuil (Micheu Chapduelh), un périgourdin originaire des Vaures, poète (Lo còr et las dents), nouvelliste, romancier, proche de Jan dau Melhau et de Joan-Pau Verdier[10].
  • Paul-Louis Grenier
  • Jean Ganiayre
  • Yves Lavalade, limousin de Haute-Vienne auteur de nombreux ouvrages de référence en graphie normalisée (dont dictionnaires).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Liste de périphrases désignant des langues
  2. UNESCO Interactive Atlas of the World's Languages in Danger [1]
  3. August Rafanell Vall-Llosera(ed.), Un nom per a la llengua. El concepte de llemosí en la història del català, EUMO Editorial, Vic, 1991.
  4. L'anthologie du félibrige, Armand Praviel et J.-R. de Brousse ([PDF] voir en ligne)
  5. Le Limousin, pays et identités: enquêtes d'histoire, de l'antiquité au XXIe siècle, Jean Tricard, Philippe Grandcoing, Robert Chanaud, 2006, (ISBN 2-84287-410-2), p. 246 (http://books.google.com/books?id=fe5YCq5SiHYC&pg=PA246 )
  6. Limousin, Terre d'Oc, revue Lemouzi, 65 ter, Robert Joudoux, 1978, p. 143.
  7. Limousin, Terre d'Oc, revue Lemouzi, 65 ter, Robert Joudoux, 1978, p. 124
  8. Limousin, Terre d'Oc, revue Lemouzi, 65 ter, Robert Joudoux, 1978, p. 110
  9. Limousin, Terre d'Oc, revue Lemouzi, 65 ter, Robert Joudoux, 1978, p. 97. L'œuvre citée est dans la graphie de l'auteur.
  10. Limousin, Terre d'Oc, revue Lemouzi, 65 ter, Robert Joudoux, 1978, p. 175

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Lavalade, Dictionnaire Français / Occitan (Limousin-Marche-Périgord), Lucien Souny, 2001
  • Yves Lavalade, Dictionnaire Occitan / Français (Limousin-Marche-Périgord), Lucien Souny, 2003
  • Gérard Gonfroy, Dictionnaire normatif limousin-français, Éditions Lemouzi, n° 55 bis, Tulle, 1975
  • Dominique Decomps, L'occitan redde e ben: lo lemosin (le limousin vite et bien), méthode d'initiation au limousin comprenant un manuel, accompagné d'un livret "Traduction des conversations et corrigés des exercices", et d'un coffret comprenant deux cassettes audio, Collection de l'Institut d'Études Occitanes, Éditions Omnivox, Paris, 1979