Réserve de biosphère

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Nombre de réserve de biosphère, par pays et continents

Réserve de biosphère est une reconnaissance par l'UNESCO de zones modèles conciliant la conservation de la biodiversité et le développement durable, dans le cadre du Programme sur l'homme et la biosphère (MAB).

Les sites reconnus en tant que Réserve de biosphère ne font pas l'objet d'une convention internationale mais obéissent à des critères communs définis dans un cadre statutaire formellement approuvés par les États membres de l'UNESCO, lors de sa Conférence Générale de 1995. Ils restent placés sous la juridiction souveraine des États où ils sont situés, cependant ils partagent leurs idées et expériences aux niveaux national, régional et international au sein du Réseau mondial des réserves de biosphère. En juin 2014, on dénombre 631 Réserves de biosphère dont 14 transfrontalières réparties dans 119 pays[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1971, le Programme Man and Biosphere succède au Programme Biologique International de l'UNESCO. Il vise à étudier et à faire connaitre des voies de développement humains respectueux des ressources naturelles. Peu à peu sont définis des critères qui permettent de préciser le concept et un zonage qui institue trois catégories de zones, centrale, tampon et de transition selon de le degré de conservation et de développement.

En 1976, les premières réserves de biosphère sont désignées. Sont alors retenues des zones protégées consacrées à la recherche. Ce n'est que plus tard que seront désignées des zones peuplées, où des actions en faveur d'un développement durable sont menées.

En 1984, le Congrès de Minsk adopte un plan d'action pour les réserves de biosphère, conjoint avec le PNUE. Le Plan est mis en œuvre par les États membres avec l’appui de l’UNESCO et dans certains cas du PNUE.

En 1995 la Conférence de Séville constitue un tournant majeur pour les réserves de biosphère avec la définition d’une stratégie ambitieuse et la mise au point d’un cadre statutaire qui entérine les principes admis par tous les Etats. Ces textes seront adoptés cette même année par la conférence générale de l’UNESCO. La Stratégie de Séville et le Cadre statutaire font désormais référence.

En 2008, une conférence organisée à Madrid a permis de définir un plan d’action pour les prochaines années (jusqu’à 2013).

De nouvelles réserves de biosphère sont ajoutées au réseau MAB de l’UNESCO par le Conseil international de coordination du Programme MAB lors de ses sessions annuelles. En 2013, le nombre de Réserves de biosphère est porté à 621 dans 117 pays. En juin 2014 s'ajoute 10 nouvelles Réserves de biosphère dans 119 pays.

Gestion et zonation[modifier | modifier le code]

La mise en œuvre de ces textes dépend de la juridiction du pays dans lequel elles se trouvent et s'appuie pour les aires centrales sur des espaces légalement protégés, à l'image des parcs nationaux ou des réserves naturelles.

Une réserve de biosphère est une aire portant sur des écosystèmes terrestres et/ou côtiers/marins, qui vise à promouvoir des approches et des moyens pour réconcilier la conservation de la diversité biologique avec son utilisation durable. Ainsi, une répartition par zones et une gestion appropriée sont combinées avec l'utilisation des ressources naturelles au profit des communautés locales. Ceci inclut la recherche, la surveillance, l'éducation et la formation. Ces éléments sont des outils pour mettre en application l'Agenda 21, la Convention sur la diversité biologique, ainsi que d'autres accords internationaux.

Une réserve de biosphère est organisée en 3 types de zones, où se répartissent les objectifs de protection, d’entretien et de développement :

  • Des aires centrales, ayant comme fonction la protection de la nature et devant être protégée par la législation nationale (classées aires protégées).
  • Des zones tampon, qui entourent ou jouxtent les aires centrales. Ce sont des zones de développement durable où les activités de production doivent rester compatibles avec les principes écologiques, dont l’éducation environnementale, la récréation et la recherche scientifique ;
  • Des zones de transition (également dites “de coopération”), se prêtent aux diverses activités. La frontière externe est toujours flexible.

Réserve transfrontalière (Transboundary Biosphere Reserve)[modifier | modifier le code]

Les premières réserves de biosphère transfrontalières (RBT) ont été établies en 1992, l’une entre la Pologne et la Slovaquie (Tatra), l’autre entre la Pologne et la République Tchèque (Krkokonose/Karkonosze). Elles sont suivies, en 1998, de trois autres en Europe, respectivement entre la France et l’Allemagne (Vosges du nord/Palatinat), entre la Roumanie et l’Ukraine (Delta du Danube) puis entre la Pologne, la Slovaquie et l’Ukraine (East Carpathians). Dans chaque cas, l’objectif est d’assurer, par une coopération entre les États concernés, la protection et la gestion d’écosystèmes frontaliers partagés. Les RBT font l’objet d’un accord spécifique entre les parties concernées et sont gérées par un mécanisme de coordination qui varie selon les cas. Elles font l’objet d’une reconnaissance officielle par l’UNESCO.

Depuis les premières RBT, quatre autres ont été officiellement reconnues : la Région du W au Bénin, Burkina Faso et Niger, la Réserve intercontinentale de la Méditerranée entre l’Espagne et le Maroc, le Delta du fleuve Sénégal entre la Mauritanie et le Sénégal, et Geres/Xures entre l’Espagne et le Portugal.

Plusieurs RBT sont en préparation dans différentes régions du monde, en particulier dans l’Europe du Sud-Est.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Le Réseau Mondial des Réserves de Biosphère offre l'occasion de tester, dans des contextes particuliers, des approches qui, en alliant connaissances scientifiques et modalités de gouvernance, visent à :

  1. Réduire la perte de biodiversité ;
  2. Améliorer les moyens de subsistance des populations ;
  3. Favoriser les conditions sociales, économiques et culturelles essentielles à la viabilité du développement durable ;
  4. Améliorer les connaissances grâce à des échanges d’expériences et d’expertises qui s’organisent au niveau régional et mondial ;
  5. Et ainsi, contribuer aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), en particulier sur le développement durable.

Fonctions[modifier | modifier le code]

Pour atteindre les objectifs fixés, les réserves de biosphère combinent trois fonctions complémentaires, à savoir que :

  1. La conservation des écosystèmes, des paysages, des espèces et de leurs patrimoines génétiques doit y être assurée, aussi bien dans les zones naturelles que celles qui sont exploitées par l'agro-sylviculture, la pêche, la chasse, le tourisme ou toute autre activité. Des pratiques respectueuses de l'environnement sont privilégiées.
  2. Les réserves jouent aussi un rôle dans le développement économique et social respectant la nature et la culture locale. Ceci implique que la population prenne une part active à la gestion durable des territoires et soit impliquée dans les prises de décision.
  3. Enfin, plus qu'ailleurs, une importance particulière est accordée à la recherche, aux études et à l'observation continue de l'environnement, à la formation et l'éducation du public, des jeunes en particulier.

Les réserves de biosphère doivent servir de modèle pour le développement de stratégies qui assurent la subsistance des populations à long terme. Il s’agit de démontrer que l’homme peut utiliser les réserves de biosphère sans les détruire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Levrel H., Issa M-S., Kane L., Karimou A., Maiga M., Millogo J. et Pity B., (2006), « Co-construction dans six réserves de biosphère d’Afrique de l’Ouest : à la recherche d’indicateurs d’interactions pour gérer la biodiversité », in Bouamrane M., (ed.), Biodiversité et acteurs : des itinéraires de concertation. La contribution des réserves de biosphère, UNESCO Edition, pp.53-64.

Liens externes[modifier | modifier le code]