Puits à eau

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Puits avec toiture.

Un puits à eau est un forage vertical permettant l'exploitation d'une nappe d'eau souterraine, autrement dit un aquifère. L'eau peut être remontée au niveau du sol grâce à un seau ou une pompe, manuelle ou non. Les puits sont très divers, que ce soit par leur profondeur, leur volume d'eau…

Historique[modifier | modifier le code]

Puits gallo-romain en France

Nous pouvons raisonnablement penser que les premiers puits étaient de très simples trous non protégés des éboulements et qui n'ont pas résisté au temps et ont disparu[1]. Les plus anciens puits sont datés du Néolithique et sont localisés sur le pourtour de la Méditerranée ou en Europe centrale et Europe de l'Est. Le plus ancien puits au monde a été découvert à Chypre sur le site de Kissonerga ; il est daté du Xe au IXe millénaire[réf. nécessaire] BP. En Israël, sur le site sous-marin de Atlit Yam, un puits est daté de la fin du IXe millénaire BP[2]. Ces puits sont ronds et cimentés, tandis que les puits trouvés en Europe centrale et de l’Est et appartenant à la civilisation rubanée sont construits en planches de bois imbriquées et horizontales formant un casier dans le sol[3]. Beaucoup plus nombreux sont les puits datés des Âges du Cuivre, Bronze et Fer que l'on retrouve un peu partout en Europe.

Architecture[modifier | modifier le code]

Puits artisanaux[modifier | modifier le code]

La mort du puisatier par E.Sacré
Un ancien puits dans la cour de la Grande Mosquée de Kairouan, Tunisie

Les puits artisanaux sont creusés à la force des mains par le puisatier et ses aides. La largeur du puits doit être assez importante pour qu'un homme puisse y travailler, et sa profondeur dépend de celle de la nappe phréatique (un puits peut être approfondi si le niveau de la nappe diminue) et du risque d'éboulement des parois. Si le coût peut être amorti, un puits plus large est creusé, ce qui non seulement renforce la sécurité des travailleurs mais assure un plus grand rendement lors de l'exploitation (la surface drainée de l'aquifère étant plus importante).

Pour creuser un puits plusieurs personnes sont nécessaires : un homme au fond du trou pioche, rassemble la terre extraite dans un seau qui est remonté à la surface par un équipier. Si le trou est très large, il peut y avoir deux personnes au fond, l'une pour piocher, l'autre pour pelleter. Lorsque le trou atteint la nappe phréatique et se remplit d'eau, le creuseur doit alors dénoyer le puits en évacuant l'eau accumulée.

Les puisatiers d'autrefois mettaient en place une chèvre faite de trois rondins liés en haut et fichés en bas dans le sol autour du trou à creuser. Une poulie y était attachée. Ils utilisaient aussi un plateau de bois posé en corde sur l'ouverture du puits, pour pouvoir sortir plus facilement les seaux pleins.

Une fois le trou creusé, il fallait bâtir la gaine du puits entre le niveau de la nappe et la margelle avec des pierres, en respectant les règles de la maçonnerie (croisement des joints, pose en boutisse, calage à l'arrière). Les pierres étaient descendues dans un seau ou au bout d'une corde pour les plus grosses. Les margelles des puits des grandes bâtisses traditionnelles sont constituées de pierres finement taillées et portent fréquemment des sculptures.

Forages[modifier | modifier le code]

On peut regrouper sous l'appellation de puits modernes les puits réalisés par forage et équipés pour la récupération de quantités importantes d'eau. Le puits artésien est un fonçage de tubes dans le sol jusqu'à la nappe d'eau qui est sous pression par dénivellation. Grâce à la pression, ces tubes ramènent l'eau naturellement à la surface.

Protection[modifier | modifier le code]

Dans presque tous les pays, des lois stipulent la nécessité de protéger les puits d'alimentation en eau potable, par la réalisation de barrières physiques (protection immédiate) et de barrières législatives délimitant des aires où les activités à risque sont interdites.

Sécurité[modifier | modifier le code]

Il peut être très dangereux de descendre au fond d'un puits, pour un curage par exemple, lorsqu'on n'est pas un professionnel, non seulement à cause de la proximité de l'eau mais aussi à cause des gaz qui peuvent s'être accumulés au fond. En effet, le fond d'un puits peut être rempli de monoxyde de carbone, toxique et inodore. Les professionnels descendent avec une bougie allumée qui s'éteint en cas d'absence d'oxygène et donne ainsi le signal de la remontée urgente. Il est aussi possible d'utiliser un compresseur qui renouvelle l'air au fond du puits.

Lors d'un curage, il faut absolument éviter de creuser sous les fondations du puits, c'est-à-dire sous le mur ou sous les buses, car le risque d'éboulement est important.

Culture et représentations[modifier | modifier le code]

La branche IV du Roman de Renart relate l'épisode où le renard, pris au piège au fond d'un puits, parvient à y attirer le loup à sa place. Le récit s'inspire de la Disciplina Clericalis de Pierre Alphonse. Ce motif est repris et développé dans la réécriture contemporaine du roman médiéval, Mon Roman de Renart de Xavier Kawa-Topor (Actes Sud, 2003).

Anecdote[modifier | modifier le code]

La généralisation des châteaux d'eau et des canalisations a le plus souvent transformé les puits à eau, que l'on trouvait dans nombre de jardins des domiciles privés et des espaces publics d'autrefois, en ornements désaffectés que l'on a pris soin de fermer d'une grille pour éviter la chute des personnes, type de mésaventure mis scène par exemple dans la chanson en nissart Lou Pous (Le Puits).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. David Thomas, Wells as Signatures of Social Change
  2. The Pre-Pottery Neolithic Site of Atlit-Yam sur Israel Antiquities Authority
  3. Maximilian O. Baldia, The Oldest Dated Well

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]