Béarn

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Béarn
Blason du Béarn
Blason du Béarn
Drapeau du Béarn
Drapeau du Béarn
Le Béarn au sein des Pyrénées-Atlantiques
Le Béarn au sein des Pyrénées-Atlantiques
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut politique Ancien état souverain puis province française
Capitale Lescar (Beneharnum), Morlaàs, Orthez puis Pau
Démographie
Gentilé Béarnais
Population 355 200 hab. (2010)
Densité 76 hab./km2
Langue(s) béarnais, français
Géographie
Coordonnées 43° 18′ 00″ N 0° 22′ 00″ O / 43.3, -0.366667 ()43° 18′ 00″ Nord 0° 22′ 00″ Ouest / 43.3, -0.366667 ()  
Superficie 4 678 km2
Divers
Hymne Si canti
Devise Gratia Dei Sum Id Quod Sum
("Grâce à Dieu je suis ce que je suis")

Le Béarn (en béarnais : Bearn [beˈar] ou Biarn ['bjar]), situé au pied des Pyrénées, est un ancien État souverain puis une ancienne province française. Il constitue la partie orientale du département des Pyrénées-Atlantiques (64), dont il occupe les 3/5 du territoire. Il est traversé en diagonale par les gaves de Pau et d'Oloron, dont les vallées parallèles constituent la partie la plus vivante du pays. Le Béarn compte 355 200 habitants[1], sa capitale est Pau depuis 1464.

Géographie[modifier | modifier le code]

Limites[modifier | modifier le code]

Le Béarn est limité à l'ouest par la Soule et la Basse-Navarre, au nord par la Chalosse et le Tursan dans les Landes, l'Armagnac, à l'est par la Bigorre et au sud par l'Aragon (Espagne).

Physionomie[modifier | modifier le code]

En entrant en Béarn par le nord-est, on trouve :

Les Pyrénées béarnaises vont, d'ouest en est, du pic d'Anie (2 504 m) au pic Palas (2 974 m) qui est le point culminant du département.

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Climat[modifier | modifier le code]

Le Béarn connaît une variation d'altitude de près de 3 000 mètres entre le point le plus bas et le plus élevé. Il n'y a donc pas un seul climat. La température moyenne s'abaisse depuis les plaines jusqu'aux sommets les plus élevés, où il peut neiger au milieu de l'été. Les précipitations sont plus importantes à mesure que l'on s'approche du relief. À Pau la moyenne annuelle des précipitations est de 1 330 mm. La température dite normale est celle des plaines : elle est exceptionnellement douce. Le climat Béarnais a plusieurs caractéristiques : égalité de température (températures moyennes maximales comprises entre 11° et 25.5 C° à Pau), douceur, et fréquence des pluies. En hiver, le climat est exceptionnellement ensoleillé avec 332 heures[2]. De plus, il est fréquent que le Vent de Sud (effet de Foehn sur les Pyrénées) fasse monter les températures hivernales entre 15 et 25 °C en particulier sur le piémont (Oloron, Arudy). La beauté du ciel surtout en automne, est impressionnante : c'est le Beth Ceu de Pau claironné haut et fort. Cette clarté est principalement liée à l'effet de foehn.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Béarn.

Le Béarn fut inclus dans les frontières originelles données au royaume franc par le traité de Verdun en 843. Néanmoins, son appartenance effective au royaume a longtemps été controversée. La vicomté de Béarn s'est d'abord unie au comté de Foix puis le comte Gaston Fébus prêta au roi de France hommage pour son comté de Foix, mais le refusa (tout autant qu'au roi d'Angleterre) pour le Béarn qu'il affirma détenir "de Dieu et de son épée". Plus tard, la vicomté indépendante de Béarn s'unit au royaume de Navarre. La proximité politique de la dynastie béarnaise avec le roi de France François Ier (dont la propre sœur avait épousé le vicomte de Béarn, devenant ainsi Marguerite de Navarre) étant intolérable pour le royaume d'Aragon, celui-ci envahît la Basse-Navarre ne laissant au vicomte de Béarn Henri II d'Albret qu'un petit morceau de son royaume (la Basse-Navarre et le Béarn proprement dit) et le titre de roi. Il est à noter que sa fille, Jeanne d'Albret, convertit officiellement le Béarn au calvinisme (bien que la grande majorité de la population fût demeurée catholique). Finalement le fils de cette dernière, Henri III de Navarre (futur Henri IV de France) hérita du royaume de France par son père Antoine de Bourbon et confia la régence du Béarn à sa sœur Catherine de Bourbon.

Après son accession au trône de France, Henri IV cède ses domaines patrimoniaux en 1607 à l'insistante demande du Parlement et les réunit à la couronne (Vendômois, Rouergue, Périgord…), conformément à la tradition qui veut que le roi de France n'ait pas de domaine personnel. Néanmoins, la Souveraineté de Béarn et la Basse-Navarre conserveront leur statut de pays souverain. Ce n'est qu'en 1620 que Louis XIII rattachera le Béarn à la couronne de France par l'Édit d'octobre 1620 : Édit de Louis XIII de glorieuse mémoire du mois d'octobre 1620 par lequel il a uny le Royaume de Navarre et la souveraineté de Béarn à la couronne de France, avec réserve expresse de leurs fors droits franchises et immunités qui seront inviolablement gardés et observés. Les actes juridiques continuent ainsi d'y être rédigés en béarnais, jusqu'à la Révolution française et à suivre les lois béarnaises, conformément aux volonté du Parlement de Béarn qui siégeait à Pau.

Population[modifier | modifier le code]

Le Béarn comprend environ 355 200 habitants répartis dans 387 communes elles-mêmes regroupées dans 31 cantons et 2 circonscriptions (Oloron-Sainte-Marie -sous-préfecture- et Pau -préfecture-). Depuis peu sont venues se superposer à ces entités administratives, les Communautés de Communes. La ville de Pau regroupe à elle seule 79 798 habitants (deuxième ville d'Aquitaine) et 197 611 habitants (INSEE 2010) si l'on compte l'unité urbaine. Orthez avec 10 886 habitants et Oloron-Sainte-Marie avec 10 854 habitants sont désormais dépassées par la banlieue commerciale et résidentielle de Pau : Billère (13 343 hab.), Lons (12 304 hab.) et bientôt Lescar (10 030 hab.).

La vallée d'Aspe souffre de l'émigration; il y avait environ 2 800 habitants en 2009 dans cette splendide vallée contre 3 500 habitants 40 ans plus tôt. D'un autre côté la Vallée d'Ossau est en fort développement avec le tourisme des stations de ski (Gourette, Artouste, Pourtalet), les stations thermales (Eaux-Bonnes, Eaux-Chaudes) et le tourisme vert (Falaise aux vautours, sports d'eaux vives, tourisme culturel et gastronomique).

Transports[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Le Béarn dispose d'un aéroport, de liaisons TGV, qui lui donnent des atouts, et d'une situation enviable. L'Espagne est proche, le Tunnel du Somport est ouvert (bien que les camions se croisent parfois difficilement dans la route qui y monte). Pau et le Béarn constituent un carrefour intéressant entre Espagne, Italie et la région parisienne, sans parler de l'Europe du Nord industrieuse (Ruhr, Benelux).

Les Pyrénées sont franchissables par des cols peu roulants dans sa partie centrale, ou par les deux extrémités, Différents projets ont abouti en Béarn : l'A64, l'A65 (Pau-Langon) et le Tunnel du Somport, d'autres sont envisagés, tels qu'une liaison entre Pau et Oloron-Sainte-Marie; la ligne ferrée entre Jaca (Aragon) et Pau ainsi que l'arrivée de la LGV depuis Bordeaux.

Par la route, la ville de Pau est à 107 km de Bayonne, 194 km de Bordeaux, 180 km de Toulouse, 756 km de Paris, et à 45 minutes de la première station de ski pyrénéenne.

Réseau routier[modifier | modifier le code]

L'autoroute française A64, en diminuant les temps de parcours, rapproche les villes de Toulouse et Bayonne. Le tunnel du Somport permet d'offrir une alternative à un passage vers l'Espagne des deux côtés des Pyrénées : Irun-Hendaye et Le Perthus.

L'autoroute française A65 relie Pau à Bordeaux depuis décembre 2010 ce qui permet de réduire le temps de parcours de 50 minutes[3].

Réseau ferré[modifier | modifier le code]

Le Béarn est traversé d'ouest en est par la ligne Irun-Vintimille, très fréquentée car reliant l'Espagne à l'Italie par Bayonne, Pau, Toulouse, Montpellier, Marseille et Nice. Une ligne TGV traverse le Béarn du nord-ouest au sud-est, elle relie Paris à Tarbes en desservant Bordeaux, Dax, Orthez, Pau et Lourdes. Une ligne TER locale de Pau à Oloron-Sainte-Marie a été rénovée préfigurant la réouverture de la ligne Pau-Canfranc.

Avion[modifier | modifier le code]

L'Aéroport international de Pau-Pyrénées est situé à Uzein, à 7 km au nord-ouest de la ville. Il assure des liaisons régulières vers Paris (9 vols par jour), Lyon (3 vols par jours), Marseille (12 vols par semaine) ainsi que vers Malte, Madère et la Croatie pendant les vacances d'été.

Le Béarn dispose d'une riche et ancienne tradition dans l'aviation. Il s'agit du berceau de cette pratique en Aquitaine, puisque dès le 3 février 1909 un premier vol eu lieu en terre béarnaise. Il est l'œuvre des frères américains Orville et Wilbur Wright qui, après une tentative infructueuse au Mans, portèrent leur dévolu sur le Béarn. Effectivement, les conditions météorologiques (notamment concernant l'absence de vent) sont particulièrement bonnes pour la pratique de l'aviation. Un terrain est donc accordé pour réaliser des tests près de Pau, sur la lande du Pont-Long. Après des vols concluant en Béarn, les frères Wright y installent la première école d'aviation organisée du Monde[4].

La forte industrie aéronautique présente actuellement en Béarn est le fruit de cette présence historique en Béarn des pionniers de l'aviation. Par ailleurs, cette zone du Pont-Long est toujours pleinement liée au domaine de l'aviation puisque l'aéroport de Pau y est situé. Tandis que l'école des troupes aéroportées y est également présente depuis 1946, elle est chargée de former l'ensemble des parachutistes militaires des quatre corps de l'armée française.

Économie[modifier | modifier le code]

Rond-point face au site d'extraction du gaz de Lacq

Aujourd'hui l'activité économique du Béarn s'appuie sur quatre grands secteurs : aéronautique, pétrole & gaz, chimie & pétrochimie et agro-alimentaire, se greffant autour d'autres secteurs d'activité, comme notamment : le bâtiment[5], l'industrie textile[6], le tourisme[7], et autres[8].

Aéronautique[modifier | modifier le code]

  • Turboméca installé à Bordes - Activité : turbines aéronautiques terrestres et maritimes - 2.191 salariés ;
  • Messier-Dowty installé à Bidos - Activité : équipements de trains d'atterrissage - 850 salariés ;
  • Toray Carbon Fibers Europe (ex Soficar) installé à Abidos - Activité : fibre de carbone - 400 salariés ;
  • PCC (en) installé à Ogeu-les-bains - Activité: fonderie de précision pour l'aéronautique - 340 salariés ;

Pétrole et gaz[modifier | modifier le code]

Centre scientifique et technique Jean Féger de Total
  • Total Exploration Production France (TEPF) installé à Lacq - Activité : pétrole et gaz - 970 salariés - Gisement de gaz naturel de Lacq ;
  • TIGF installé à Pau - Activité : transport et stockage de gaz naturel - 500 salariés ;

Chimie et pétrochimie[modifier | modifier le code]

Agroalimentaire[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

La station de ski de Gourette

Culture[modifier | modifier le code]

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Béarnais.

Béarnais et français[modifier | modifier le code]

Le béarnais est une langue d'oc voisine des parlers gascons auxquels il a servi de base normative (en particulier par le biais de l'Escole Gastoû Febus, branche béarno-gasconne du Félibrige) en raison de son passé littéraire et institutionnel. Le béarnais employé dans les textes juridiques médiévaux (en particulier dans les Fors de Béarn) et par les notaires pendant des siècles pour tous leurs actes, laisse transparaître beaucoup de particularités dialectales reste proche d'une langue d'oc classique désignée sous la forme de scripta ; on y observe des différences pour les scribes de langue béarnaise, par exemple comme dans le cas typique des "h" initiaux béarnais par un "f", justifié dans le cas de hilha > filha - "fille" - défaillant dans le cas de hemne > feume - "femme") [9].

Le corps des notaires institué par le Vicomte Gaston VII Moncade en 1256, institua cette langue officiellement pour la Vicomté.

Il est à noter que le béarnais juridique (la scripta béarnaise) fut utilisée hors de Béarn dans le comté de Foix (théoriquement de dialecte languedocien) et également pour transcrire le corpus juridique souletin (dans un pays théoriquement de langue basque souletine) et en Navarre (avant et après son union avec le Béarn).

La langue béarnaise héritière de la scripta fut employée (au côté du français) dans les textes officiels du Parlement de Navarre séant à Pau et pour les actes notariés jusqu'à la Révolution ; le français a été imposé par l'État comme unique langue officielle en 1789. Depuis le XXe siècle, son usage est devenu majoritaire. Comme toutes les langues et parlers régionaux de France, le béarnais a progressivement reculé, mais en l'absence de grande ville en Béarn, ce recul ne s'est guère manifesté avant la seconde moitié du XIXe siècle, pour s'accentuer et gagner les zones rurales après 1945[10].

Le béarnais ne cessa cependant jamais d'être employé littérairement : au XVIIe siècle avec Jean-Henri Fondeville ; au XVIIIe siècle avec la poésie de Cyprien Despourrins et Lou Sermou deu Curé de Bidèren ; au XIXe siècle avec les poète Xavier Navarrot et l'écrivain et homme politique béarno-argentin Alexis Peyret. Le Félibrige (académie de la langue d'oc fondée par l'écrivain provençal et prix Nobel de Littérature Frédéric Mistral) essaima en Béarn sous le nom d'Escole Gastoû Febus ; un de ses principaux auteurs fut Simin Palay (auteur d'un grand dictionnaire du "Béarnais et du Gascon moderne").

Le béarnais compta également sur des érudits et des linguistes pour le théoriser comme l'archiviste Paul Raymond, le philologue Vastin Lespy (tous deux auteurs du premier grand dictionnaire béarnais) et l'hispaniste et grammairien Jean Bouzet (auteur d'une grammaire béarnaise).

Dynamisme des langues locales[modifier | modifier le code]

Dès la fin du XIXe siècle, le Béarn est l'un des pôles les plus dynamiques du Félibrige, puis à partir des années 1960, voit apparaître un mouvement occitaniste, sans détrôner les solides racines béarnaises classiques. En 2005, le Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques a lancé un plan d'action coûteux pour favoriser l'occitan appelé Iniciativa. Les Calandretas (en béarnais, « petites alouettes », surnom des apprentis) sont les écoles bilingues occitanes apparues dans le Béarn en 1979 et répandues aujourd'hui dans tout le Sud-Ouest. C'est l'équivalent occitan des diwan bretonnes, des ikastolak basques ou des bressoles nord-catalanes. Mais le béarnais classique, modernisé par l'école Gaston Fébus, garde toujours la faveur des béarnais. Un sondage de 1982 en Béarn indique que 51 % de la population parle béarnais, 70 % le comprend, 85 % est favorable à la sauvegarde de la langue. Les écrivains béarnais ont une place prépondérante, voire centrale, dans la littérature régionaliste contemporaine.

Une ancienne expression[modifier | modifier le code]

Diu Vivant! [ˈdiw βiˈβan], est une expression béarnaise, dont l'initiative revient à Jeanne d'Albret. Elle rendit une ordonnance sur la façon de prêter serment en justice, alors que les Béarnais juraient sur la croix et le missel, ils doivent désormais lever la main et jurer au nom du Dieu vivant. C'est un témoignage d'une volonté forte d'une personnalité à fort caractère. Jeanne de Navarre chercha le redressement des mœurs et une religion plus pure, une vie moins corrompue. Elle transforma le Béarn en un bastion d'une religion réformatrice. Cette expression n'est pas purement anecdotique, c'est aussi avec ces mots qu'Henri IV prit la tête des armées. C'est devenu une interjection courante en béarnais jusqu'à nos jours.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Garbure préparée pendant la Garburade d'Oloron-Sainte-Marie

On retrouve toutes les spécialités gastronomiques du sud-ouest, notamment celles liées au canard : le foie gras, le confit, et le magret.

Les Béarnais ont aussi développé quelques spécialités, notamment : la poule au pot, la garbure, le fromage de brebis Ossau-iraty dont l'appellation d'origine contrôlée se trouve pour plus de la moitié en terre béarnaise. Quant au jambon de Bayonne, il est commun au Béarn et au Pays basque car il est préparé à partir des sources de sel de Salies de Béarn et des marais salants de l'ensemble du bassin hydrographique de l'Adour. Il faut noter que la sauce béarnaise n'est pas originaire du Béarn, alors que le béret basque, lui, est béarnais !

Le Jurançon est un vin blanc sec ou moelleux. On élabore également des vins rouges appelés "rouges du Béarn", tandis que la zone AOC du Madiran comprend 28 communes béarnaises.

Article connexe : Vignoble du Jurançon.

Le bonbon appelé la coucougnette, fait avec des amandes, de la pâte d'amande et du chocolat, est devenu une spécialité béarnaise depuis plusieurs années.

Festivités béarnaises[modifier | modifier le code]

La vie culturelle et sociale béarnaise est ponctuée de différentes manifestations spécifiques à ce territoire. Elles s'attachent à mettre en valeur le terroir béarnais, principalement autour de sa langue, sa gastronomie et son hospitalité. Une liste de quelques manifestations annuelles en Béarn :

  • Le carnaval biarnes, qui part de Jaca en Espagne puis traverse le Béarn pour arriver à Pau durant Mardi gras ;
  • Lo printemps de l'Arribera de Saint-Pé-de-Léren, festival qui se déroule en Avril ;
  • Le festival des transhumances musicales, à Laàs en mai ou juin ;
  • Les fêtes taurines d'Orthez en juillet ;
  • La fête du fromage de la Vallée d'Aspe à Etsaut en juillet ;
  • Le festival Hestivoc, qui célèbre la culture occitane à Pau en août ;
  • La fête de l'agneau à Escot en août ;
  • Les championnats du monde de garbure (ou garburade), au mois de septembre à Oloron-Sainte-Marie ;
  • La fête du sel, se déroule en septembre à Salies-de-Béarn ;
  • La foire du béret, en septembre à Nay ;
  • La fête des bergers, en septembre à Aramits ;
  • Le festival de culture béarnaise de Siros en septembre ;
  • La fête des vendanges en Jurançon en octobre ;
  • La foire au fromage de Laruns, qui se déroule en octobre.

Contrairement à ces voisins basques, landais, ou gersois, les béarnais n'ont pas été pris de l'engouement pour la corrida espagnole. Importée du sud des Pyrénées au début du XXe siècle, les corridas ne se sont développées que tardivement en Béarn. Trois arènes sont situées dans la partie nord-ouest du territoire: à Orthez, Garlin et Arzacq-Arraziguet. Sous l'influence directe de la Chalosse, ces villes ont donc développé une culture des corridas espagnoles récente mais désormais bien ancrée.

Le reste du Béarn n'est pas dépourvue de culture taurine, effectivement des courses de vaches étaient déjà organisée il y a plus de 500 ans[11]. Le Béarn a également choisi pour emblème deux vaches béarnaises, prouvant ainsi l'attachement des béarnais à cette espèce. Les béarnais, notamment dans la partie Nord, sont plus historiquement adeptes des courses landaises.

Code vestimentaire[modifier | modifier le code]

Costume traditionnel de la Vallée d'Ossau
Le béret

Le béret est le couvre-chef traditionnel des béarnais. Bien que qualifié, à tort, de « béret basque » il est bel et bien d'origine béarnaise, le mot français béret, provient lui-même du béarnais berret. La méprise est l'origine de Napoléon III qui en voyage à Biarritz qualifia le béret de basque. Les journalistes de l'époque n'ont pas souhaité contredire la parole de l'empereur et répandirent l'information[12]. Porté à l'origine par les bergers de la vallée d'Ossau, il s'est ensuite répandu dans tous les coins du Béarn puis dans l'ensemble du Sud-Ouest. Bien que son port soit moins généralisé de nos jours, il est toujours porté par une frange importante des béarnais pour le quotidien ou bien pour des occasions particulières (marché, match de rugby, etc.). Le dernier fabricant 100% français de bérets est situé en Béarn, il s'agit de l'entreprise Laulhère située à Oloron-Sainte-Marie.

Le costume traditionnel ossalois

Le costume traditionnel de la vallée d'Ossau constitue l'un des marqueurs essentiel de la tradition ossaloise. Il est toujours revêtu pour des fêtes ou pour des mariages notamment[13].

Architecture[modifier | modifier le code]

Mur en galets d'une maison béarnaise typique

L’oustau (se prononce oustaou) béarnais, la case dans les vallées, est comme la maison basque la pierre angulaire de l’identité de la famille. Chaque vie est tendue vers un but: assurer la pérennité. La hiérarchie sociale s'établit sur la base de l'oustau ou la case transmise avec l’ensemble de la propriété à l’aîné.

La maison béarnaise est bâtie avec des galets du gave gris dans le mortier. L’une des caractéristiques essentielles de la maison béarnaise est sa toiture : la pente peut atteindre 50°, ou même plus, couverte de tuiles plates ou plus fréquemment d'ardoises. Dans le Béarn, comme au Pays basque, les maisons varient selon les vallées, selon les aires géographiques. Il faut également ajouter l'architecture des granges, les bordes et les cabanes de montagne, les cujalars.

Article connexe : Maison béarnaise.

Jeux traditionnels[modifier | modifier le code]

À l'image de la force basque ou des jeux traditionnels bretons, le Béarn compte différents jeux ayant pour but de prouver la force, l'agilité et l'adresse des participants. Chaque jeu représente un défi que les agriculteurs béarnais se lançaient autrefois lors des récoltes du blé, de la paille, des pommes de terre, du bois ou encore lors des vendanges[14]. Depuis 1974 les jeux béarnais réunissent plusieurs cantons du Béarn qui s'affrontent autour de 10 épreuves. La 44e édition a ainsi eu lieu en 2013 dans les arènes d'Arzacq-Arraziguet[15].

Article détaillé : Jeux béarnais.

Le Béarn est aussi une place forte de la Pelote basque avec la Ligue du Béarn[16] qui existe depuis 1945 et regroupe 40 clubs, près de 2700 licenciés et 5000 joueurs loisir. La Ligue du Béarn organise chaque saison 110 championnats du Béarn dans les différentes spécialités qui débouchent ensuite sur les championnats de France organisés par la FFPB.

Le Béarn est également réputé pour son jeu de quille typique: les quilles de neuf. Il s'agit d'un jeu ancestral qui se jouait déjà du temps d'Henri IV. Le but est d'envoyer une boule de 6 kg sur les quilles pour effectuer l'une des 12 figures prédéfinies par les règles du jeu[17]. Il reste environ 25 plantiers en Béarn (plantiers municipaux ou privés).

Article détaillé : Quilles de neuf.

Le Béarn est adepte de plusieurs sports d'origine étrangère mais particulièrement bien implantés dans ce coin du Sud-Ouest de la France:

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Blason[modifier | modifier le code]

Blason du Béarn avant 1290

Selon la légende, le vicomte du Béarn défia l'archevêque de Morlaàs qui élevait un ours, en lui soutenant qu'une de ses vaches l'emporterait au combat, ce qui se produisit.

Mais vraisemblablement, la présence des vaches sur ce blason remonte à l'époque des Vaccéens, peuple celte vivant au nord du fleuve espagnol le Douro. Conquis par les Romains en 100 avant J.C, puis chassés en France par les Wisigoths ; ils s'établirent dans les futures provinces de Navarre, Nord-Aragon, Béarn et Bigorre, emportant avec eux leurs traditions. Parmi-elles, leur attention particulière aux vaches, dont la peuplade tire son nom. Ce sera Louis le Pieux qui, transformant le Béarn en vicomté, décida de perpétuer l'image des vaches en l'apposant sur le blason[18].

Symbole de pastoralisme, la vache est reine dans le cœur des Béarnais. Il s'agit d'une vache de pure race béarnaise. Les Béarnais sont satisfaits qu'elle soit représentée sur leur blason et d'y être assimilés, parce que c'est un animal robuste, fier, généreux, ayant un grand esprit d'abnégation.

Le blason du Béarn a été intégré aux armoiries de la principauté d'Andorre. Chaque coprince de l'Etat pyrénéen dispose ainsi de deux quartiers dans ce blason. Le comte de Foix a intégré le blason du comté de Foix ainsi que celui du Béarn car les deux provinces sont unies dans la même lignée depuis 1290.

L'emblème de la vallée d'Ossau : l'ours et la vache sont représentés sur la façade de la mairie d'Aste-Béon.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Le pic du Midi d'Ossau

Située dans le département des Pyrénées-Atlantiques dans le Béarn région Aquitaine, la vallée d'Ossau est une vallée glaciaire qui offre son emblème au Béarn : le pic du Midi d'Ossau. Il est surnommé le Jean-Pierre (Ian-Per en béarnais), qui est une déformation du qualificatif le géant de pierre à moins qu'il ne s'agisse de l'association des deux prénoms Jean et Pierre, prénoms traditionnels donnés aux deux premiers fils dans les familles béarnaises habitant la vallée d'Ossau.

Le cirque de Lescun

Cirque naturel façonné par les glaciers au fil des millénaires, il est situé en vallée d'Aspe près de la commune de Lescun. Le cirque est délimité par des cimes calcaires aux noms légendaires telles que la Table des Trois Rois ou les Aiguilles d’Ansabère, orgues de Camplong etc. Le cirque est également appelé "Dolomites des Pyrénées".

Le parc national des Pyrénées

Le parc national des Pyrénées est l'un des dix parcs nationaux français, il est situé à cheval entre la Bigorre et le Béarn. Il s'étend sur 50 000 ha et abrite une riche diversité en faune et flore. On y retrouve notamment quelques espèces symboliques des Pyrénées comme l'isard, l'ours brun, le vautour fauve ou encore l'aigle royal.

Le pays des gaves

Un gave est le nom générique donné aux cours d'eau en Béarn. Les deux principaux gaves du Béarn sont le gave de Pau et le gave d'Oloron. Ces cours d'eau ont largement façonné le paysage béarnais en tant que voie de communication et de commerce. Les gaves contiennent également une faune et flore particulière. Les saligues du gave de Pau constituent, par exemple, les dernières zones humides pour les oiseaux migrateurs avant la traversée des Pyrénées. Ces zones correspondent à l'espace de divagation du gave : bancs de graviers, chenaux, bras secondaires, fourrés et boisements inondables les composent.

Liste de monuments[modifier | modifier le code]

Liste autres lieux[modifier | modifier le code]

Vautour fauve dans les Pyrénées

Béarnais célèbres[modifier | modifier le code]

Figures historiques[modifier | modifier le code]

Personnalités politiques[modifier | modifier le code]

Chanteurs[modifier | modifier le code]

Poètes, écrivains, universitaires, scientifiques[modifier | modifier le code]

Le sociologue Pierre Bourdieu

Sportifs[modifier | modifier le code]

Tony Estanguet, triple champion olympique de canoë monoplace

Autres[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.agglo-pau.fr/images/pdf_articles/grands_projets/lgv/lgv.pdf
  2. Valeurs normales annuelles de la station météo de Pau Uzein : http://climat.meteofrance.com/chgt_climat2/climat_france?73928.path=climatstationn%252F64549001
  3. La République des Pyrénées du 17 décembre 2010 [1]
  4. http://www.espace-pau-aviation.fr/pau-et-laviation L'histoire de l'aviation à Pau et en Béarn
  5. Voir : Mas et Cancé
  6. Industrie textile : Autrefois florissante, cette activité a subi de plein fouet la crise de l'industrie textile. Aujourd'hui, il ne reste qu'une seule société à Oloron, employant environ 80 personnes. Ses créations sont commercialisées sous la marque Pierre Laulhère site Béatex
  7. Tourisme, consulter le site du Comité départemental du tourisme
  8. Consulter CCI de Pau
  9. Le Béarn, témoignages sur 1000 ans d'histoire, Per Noste
  10. Voir le béarnais
  11. http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2011/07/12/la-corrida-une-histoire-bearnaise,203185.php Article de La République des Pyrénées sur la culture taurine du Béarn
  12. http://www.sudouest.fr/2012/08/11/le-beret-basque-landais-ou-bearnais-792129-4608.php Article du Sud-Ouest sur l'origine du béret
  13. http://www.ossau-pyrenees.com/fr/article/41/le-costume-ossalois#.UpqHVcRLN9U Description du costume ossalois
  14. http://bearn64.free.fr/bearn/jeux-bearnais/index.htm
  15. http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2013/09/09/des-arenes-de-feu-pour-la-44e-finale-des-jeux-bearnais,1153126.php
  16. http://www.liguebearnpelote.fr
  17. http://www.quilles.net/fr/decouvrir/le-jeu.html
  18. "Pourquoi%20y%20a-t-il%20deux%20vaches%20sur%20le%20blason%20du%20Béarn?"%20-%2031%20juillet%202010 http://www.sudouest.fr/2010/07/31/pourquoi-y-a-t-il-deux-vaches-sur-le-blason-du-bearn-151086-4621.php
  19. Musée du béret voir, site
  20. Joan Francés Tisnèr
  21. Jules supervielle et Oloron-Sainte-Marie

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thierry Issartel (coordinateur de l'ouvrage), Henri IV, les clés d'un règne, éditions Gascogne (Orthez), 2010.

Articles connexes[modifier | modifier le code]