Lièvre

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Lepus

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Les lièvres constituent le genre Lepus, famille des Léporidés. Ce sont des petits mammifères sauvages herbivores proches des lapins. Il existe une trentaine d'espèces de lièvres de par le monde qui diffèrent entre elles par leur taille, leur coloris ou leur mode de vie. Les lièvres sont des animaux relativement solitaires vivant parfois en couple.

Les lièvres sont fins, légers et possèdent de longues pattes postérieures, très musclées qui leur permettent de se propulser en bonds très rapides lorsque c'est nécessaire. Le lièvre d'Europe peut ainsi se déplacer à une vitesse de 60 km/h en moyenne et atteindre 80 km/h en pointe[1] et peut aussi faire des bonds de 2 mètres à la verticale.

Ils font partie de la culture populaire et constituent traditionnellement un gibier de chasse recherché.

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

Albrecht Dürer, Le Lièvre, 1502, aquarelle et gouache sur papier

Le mot lièvre vient du latin lepus.

° La femelle du lièvre s'appelle la « hase [2]» (mot emprunté à l'allemand)

° Le petit du lièvre s'appelle le « levraut » ou « lièvreteau [3]» au Canada

° Le mâle reproducteur s'appelle un « bouquin » ou « bouquet [3]» au Canada.

Le cri du lièvre est le « vagissement » ou « couinement [3]» au Canada.

La période de reproduction porte le nom de « bouquinage »[4].

En français, il est parfois désigné par les noms vernaculaires de « capucin », « rouquin », « oreillard », « bossu »…
Régionalement, dans le sud de la France, on l'appelle aussi la lèbre en occitan, la lebe à l'ouest (gascon), liôre en forézien, erbi en basque. En breton gad (fém.) et en alsacien de Hàs.

Comparaison avec les autres lagomorphes[modifier | modifier le code]

Les lièvres sont des Lagomorphes et non des Rongeurs dont ils se distinguent principalement par leur denture ainsi que par l'absence de baculum.

Différences avec le lapin :

  • oreilles plus longues que la tête.
  • iris jaunâtre
  • ongle des orteils fendu
  • gestation : 40 jours contre 31 chez la lapine
  • Selon les espèces, le lièvre peut être solitaire ou vivre en couple monogame.
  • 48 chromosomes contre 44 pour le lapin.
  • L'extrémité de l'oreille du lièvre est noire.
  • Contrairement au lapin, le lièvre n'habite pas dans un terrier souterrain. Il se repose et élève ses petits dans un nid à même le sol appelé gîte, souvent une simple dépression que l'animal approfondit[1]. Ses gîtes assurent une moins bonne protection que les terriers, notamment concernant la régulation de la température et la protection contre les prédateurs. Mais les levrauts, dépourvus d'odeur à la naissance[1], ont un développement beaucoup plus précoce que les lapereaux : ils sont poilus, voient dès leur naissance et subviennent très vite à leurs besoins.
  • Le lièvre est un animal sauvage. Il n'existe pas d'espèce domestique. Toutefois son élevage est largement pratiqué, essentiellement à des fins de repeuplement[5] et, autrefois, pour sa fourrure ou sa peau.

Il faut aussi différencier les lièvres « vrais » des pikas, lièvres siffleurs ou lièvres nains, qui sont des lagomorphes également mais classés dans des familles différentes.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La hase a deux ou trois portées par an et possède trois paires de mamelles. La hase possède 2 matrices, et ainsi elle procrée en superfétation.

Chez le lièvre d'Europe, la période de reproduction va de janvier à novembre.

Le lièvre qui s'accouple, se dit "le lièvre bouquine".

Éthologie[modifier | modifier le code]

Le lièvre est un animal territorial, qui se montre capable de déplacements significatifs (quand il n'est pas confronté à des obstacles importants).

De grandes variations saisonnières et individuelles caractérisent les distances parcourues, et l'étendue du domaine vital.

En zone de terre arable, un suivi télémétrique (fait au centre de l'Allemagne) a conclu que le lièvre s'éloigne assez peu de son gîte (172 à 226 m le jour ou la nuit), avec toutefois d'importantes variations individuelles. Les domaines vitaux s'étendaient dans ce cas en moyenne sur 21 hectares, avec une taille de domaine vital inversement proportionnel à la taille de la population. Trente deux pour cent de la superficie du domaine vital d'un lièvre chevauchaient celui de ses voisins. Quand la population d'adultes augmente au printemps, un domaine vital individuel moyen chevauchait celui de 13 à 21 autres lièvres (sans tenir compte des juvéniles)[6].

Dynamique des populations[modifier | modifier le code]

Comme pour d'autres lagomorphes, les courbes démographiques sont généralement cycliques, l'animal étant plus sensible aux maladies en cas de surpopulation et quand le nombre de prédateurs diminue.

Pour faciliter les comptages en stressant moins l'animal, des méthodes d'évaluation de l'abondance du nombre de lièvre d’Amérique (Lepus americanus) par comptage des crottes ont été testées[7].

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Menaces[modifier | modifier le code]

Le lièvre est réputé pour sa rapidité

Le lièvre a beaucoup régressé dans de nombreuses régions, notamment en Europe, et il a totalement disparu d'une partie de son territoire. Il se montre plus sensible que le lapin à la fragmentation de son territoire par les routes qu'il n'aime pas traverser. S'il est grâce à cela moins sensible à l'écrasement par les véhicules, il pourrait aussi être rendu plus vulnérable aux maladies par la régression de ses prédateurs naturels (moins de sélection naturelle), et par la consanguinité qui augmente lorsque son territoire se réduit.

Plusieurs maladies dont la tularémie, l'infection par la grande douve du foie Fasciola hepatica, la coccidiose ou encore l'European brown hare syndrom EBHS (équivalent de la maladie virale hémorragique du lapin (RHD)), ont décimé des populations locales, dont en 2004 dans le sud de la France selon le Réseau SAGIR, avec un variant du virus EBHS qui semblait inhabituellement virulent[9].

Légendes et théories[modifier | modifier le code]

Tétradrachme en argent de Sicile représentant un lièvre bondissant
  • Le lièvre est un personnage récurrent des contes africains et afro-américains. Il est connu sous différents noms comme « Boton le lièvre » (Côte d'Ivoire), ou « Leuk le lièvre » (Sénégal) ou encore « Compère Lapin » chez les Afro-Américains. Ce personnage a des ennemis comme la hyène à laquelle il joue un certain nombre de mauvais tours.
  • On trouve un extrait de Théophraste, chez Aulu-Gelle, dans son ouvrage Les Nuits Attiques[10] : « Chose surprenante qu'on lit dans Théophraste, à l'égard des perdrix. Trait à peu près semblable que Théopompe nous a laissé, concernant les lièvres. Théophraste, le philosophe par excellence, assure que dans la Paphlagonie, toutes les perdrix ont deux cœurs ; et Théopompe rapporte que, dans la Bisaltie, les lièvres ont deux foies. »

Recherche française[modifier | modifier le code]

En France, au sein de l'ONCFS, le CNERA travaille sur les facteurs de régression du lièvre d'Europe en France, mais aussi sur la démographie du lièvre d'Amérique à St Pierre et Miquelon et suit la mise en place d’une étude de la biologie de la reproduction du lièvre à collier noir à La Réunion[11].

Divers[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain français, le 25e jour du mois de Pluviôse était officiellement dénommé jour du lièvre.


Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c V. Battaglia, page « Lièvre » sur dinosoria.com, 27 janvier 2009
  2. Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales (consulter en ligne), Montpellier, France, Cirad.
  3. a, b et c Nom en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada
  4. Association des Amis de la Forêt de Fontainebleau : Le lièvre
  5. Fédération des éleveurs de lièvres de France
  6. Ferdinand Rühe, Ulf Hohmann, Seasonal locomotion and home-range characteristics of European hares (Lepus europaeus) in an arable region in central Germany ; European Journal of Wildlife Research Volume 50, Number 3, 101-111, DOI: 10.1007/s10344-004-0049-9
  7. [PDF] Guillaume Godbout, Mario Poirier, René Lafond, Méthode de caractérisation du cycle d'abondance du lièvre à l'aide du dénombrement de crottes, à des fins de gestion des animaux à fourrure, Société de la faune et des parcs du Québec, Société de la faune et des parcs du Québec, Direction du développement de la faune et Direction de l’aménagement de la Faune de l’Abitibi-Témiscamingue, Québec, août 2001, 50 p. (ISBN 2-550-38445-8)
  8. Nature et biodiversité algérienne
  9. Mortalités anormalement élevées chez le Lièvre d'Europe, en France en 2004 : en lien avec l'EBHS, Thèse de Chritine Puech, École Nationale Vétérinaire de Nantes
  10. Livre XVI, Chapitre 15
  11. CNERA Les études du C.N.E.R.A. Petite Faune Sédentaire de Plaine , ONCFS, page mise à jour le 19 janvier 2010 et consultée le 25 mai 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]