Avoine cultivée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Avoine (homonymie).

L’Avoine cultivée (Avena sativa L.), parfois appelée Avoine byzantine, est une plante bisannuelle appartenant au genre Avena de la famille des Poacées (graminées), et cultivée comme céréale ou comme fourrage à couper en vert ; leurs pousses tendres et sucrées plaisent à tous les animaux de la ferme. Elle fait partie des céréales à paille et est utilisée principalement dans l’alimentation animale (notamment des équidés)[réf. nécessaire].

Le genre Avena comprend outre l’avoine cultivée, de nombreuses espèces, dont notamment Avena fatua, la folle avoine, adventice des grandes cultures.

Ces graminées n'ont assurément ni la rusticité, ni la rapidité de végétation du seigle, et montrent aussi plus d'exigence que ce dernier sur la qualité du sol, mais leurs tiges durcissent moins vite, ce qui constitue un avantage appréciable au point de vue fourrage. Indépendamment de sa haute qualité fourragère, l'avoine présente le grand avantage de n'occuper le sol que pendant un temps relativement court.

Description[modifier | modifier le code]

Les feuilles de l'avoine présentent une ligule blanche de 2 à 5 mm sans oreillettes.

La plante est facilement identifiable.

L’avoine a des fleurs hermaphrodites autopollinisées par le vent. C’est une monocotylédone à tige cylindrique (cauline) de 25 à 150 cm de haut, au port dressé.

Les feuilles glabres, longues et effilées font 2 à 10 mm de large et engainent les tiges. Elles présentent une ligule blanche de 2 à 5 mm sans oreillettes au niveau de leur insertion sur la tige.

Les inflorescences sont des panicules lâches. Elles mesurent 8 à 30 cm de long, portant des épillets de deux à trois fleurs, mesurant 20 à 25 mm de long.

Le grain est un caryopse velu entouré de glumelles non adhérentes mais qui restent fermées.

L’avoine peut produire des racines adventices au niveau des nœuds. Son système racinaire fasciculé est relativement puissant, pouvant s’enraciner jusqu’à plus de 1,5 m.

Avena sativa est une plante en C3 hexaploïde. L'avoine rude (Avena strigosa) est la seule avoine diploïde et est largement utilisée dans les programmes de création variétale car plus rustique qu’Avena sativa, avec des graines plus petites.

Culture[modifier | modifier le code]

L'avoine est une céréale qui peut être cultivée comme céréale d'hiver ou de printemps.

L’avoine est une plante relativement exigeante qui ne doit pas être installée sur sols pauvres sans apport de fumier ou d’engrais. De plus, l’avoine ne supporte pas la submersion ou l’engorgement. Elle ne doit pas être cultivée en milieu inondable et sur sols très lourds qui favorisent l’engorgement. Enfin, l’avoine se développe assez mal sous ombrage, dans les associations trop denses.

Production[modifier | modifier le code]

La production mondiale d'avoine a beaucoup baissé dans les 50 dernières années, passant de 50 millions de tonnes dans les années 1960 à 20 millions de tonnes en 2010. L'avoine a cessé d'être l'aliment de choix pour animaux, maintenant remplacée par le maïs et l'orge.

Les pays à climat froid et à culture extensive sont les plus importants producteurs d'avoine au monde. Le Canada est le premier exportateur mondial (2,1 millions de tonnes), et les États-Unis le premier importateur.

Production en tonnes. Chiffres 2010
Données de FAOSTAT (FAO)

Fédération de Russie 3 219 800 16,43 %
Canada 2 297 600 11,72 %
Australie 1 374 000 7,01 %
Pologne 1 334 400 6,81 %
États-Unis 1 178 470 6,01 %
Espagne 1 017 800 5,19 %
Finlande 809 700 4,13 %
Royaume-Uni 685 000 3,49 %
Argentine 660 200 3,37 %
Allemagne 600 300 3,06 %
Chine 600 000 3,06 %
Suède 563 400 2,87 %
Ukraine 458 500 2,34 %
France 447 800 2,28 %
Bélarus 442 642 2,26 %
Autres pays 3 911 323 20,00 %
Total 19 600 935 100 %

Utilisations[modifier | modifier le code]

Champ d’avoine.

En alimentation animale[modifier | modifier le code]

L’avoine en grains était autrefois très utilisée pour l’alimentation des chevaux, à cause de son "pouvoir excitant", qui était censé stimuler les animaux. Sa valeur énergétique est cependant bien moindre que celle du blé ou de l’orge. Comme fourrage, on peut la cultiver en mélange avec une légumineuse (comme la vesce), ce qui améliore sa teneur en protéines.

Dans le cadre de l'année internationale de la biodiversité 2010, un projet pilote est en cours dans la région Franche-Comté, projet pilote visant à cultiver des surfaces d'avoine ceci permettant aux abeilles de pouvoir utiliser le pollen produit par ces plantes comme élément nutritif[1].

En alimentation humaine[modifier | modifier le code]

Avoine déglumée
Valeur nutritionnelle moyenne
pour 100 g
Apport énergétique
Joules 1378 kJ
(Calories) (326 kcal)
Principaux composants
Glucides 55,70 g
- Amidon 54,62 g
- Sucres 1,08 g
- Fibres alimentaires 9,67 g
Protides 10,70 g
Lipides 7,09 g
- Saturés 1430 mg
- Oméga-3 120 mg
- Oméga-6 2740 mg
- Oméga-9 2460 mg
Eau 13 g
Cendres totales 2,85 g
Minéraux & Oligo-éléments
Bore 0,568 mg
Calcium 80 mg
Chlore 119 mg
Chrome 0,0039 mg
Cobalt 0,0085 mg
Cuivre 0,410 mg
Fer 5,8 mg
Fluor 0,095 mg
Iode 0,0080 mg
Magnésium 129 mg
Manganèse 3,0 mg
Nickel 0,210 mg
Phosphore 342 mg
Potassium 355 mg
Sélénium 0,0071 mg
Sodium 8,4 mg
Zinc 3,2 mg
Vitamines
Vitamine B1 0,674 mg
Vitamine B2 0,170 mg
Vitamine B3 (ou PP) 2,4 mg
Vitamine B5 0,710 mg
Vitamine B6 0,960 mg
Vitamine B8 (ou H) 0,013 mg
Vitamine B9 0,033 mg
Vitamine E 0,841 mg
Vitamine K 0,050 mg
Acides aminés
Acide aspartique 1008 mg
Acide glutamique 2547 mg
Alanine 656 mg
Arginine 772 mg
Cystine 323 mg
Glycine 709 mg
Histidine 225 mg
Isoleucine 468 mg
Leucine 870 mg
Lysine 495 mg
Méthionine 191 mg
Phénylalanine 605 mg
Proline 799 mg
Sérine 660 mg
Thréonine 424 mg
Tryptophane 190 mg
Tyrosine 424 mg
Valine 643 mg
Acides gras
Acide myristique 40 mg
Acide palmitique 1280 mg
Acide stéarique 110 mg
Acide palmitoléique 54 mg
Acide oléique 2460 mg
Acide linoléique 2740 mg
Acide alpha-linolénique 120 mg

Source : Souci, Fachmann, Kraut : La composition des aliments. Tableaux des valeurs nutritives, 7e édition, 2008, MedPharm Scientific Publishers / Taylor & Francis, ISBN 978-3-8047-5038-8
  • L'utilisation de l'avoine dans l'alimentation est surtout d'origine anglo-saxonne ou nord-européenne. Elle concerne les flocons d’avoine, le gruau, le porridge, des biscuits, et la préparation d'une boisson telle que la bière de type oatmeal stout.
  • L'avoine a été consommée par l'homme depuis des milliers d'années, surtout sous forme de gruau ou de bouillie. C'était un aliment commun.
  • Depuis quelques années, l'intérêt pour l'avoine comme aliment bénéfique pour la santé s'est accru. En effet, de nombreuses études ont démontré qu'une fibre particulière de l'avoine - le bêta-glucane - a des propriétés régulatrices de la glycémie et également du taux de cholestérol sanguin[2],[3].
  • Les protéines de l'avoine, riches en tryptophane, participent à la production de sérotonine et mélatonine chez l'humain. Les lipides possèdent un taux important de galactolipides, qui pourraient avoir un effet bénéfique sur notre système nerveux. Enfin, l'avoine contient de nombreux antioxydants comme les avénanthramides, les tocophérols et les tocotriénols[4].
  • Problèmes intestinaux : le son d'avoine est une solution aux problèmes de constipation. Le son d'avoine est également un élément d'un régime amincissant récent, le régime Dukan.

Pour information, on estime qu'aux États-Unis l'alimentation humaine correspond à un tiers de l'approvisionnement en avoine, et l'alimentation animale deux tiers.

  • Proteines

L'avoine, comme le riz, a comme source de protéine majeure la globuline; se retrouvant chez les légumineuses. Elle contient comme le riz de 5 à 10% de prolamines incluant l'Avenine, la Proline, la Glutamine, qui sont des protéines présentent chez les Triticées[5]. Les Globulines sont caractérisées par leur solubilité dans l'eau saline. Les autres protéines classique tel Gluten (Blé, Orge, Seigle) et Zéine (Maïs), sont des prolamines. Une des protéines mineures de la prolamine est l'avenine[6]. L'avenine est toxique chez les individus sensibles à cette protéine [7] et aurait des effets toxiques similaires à l’intolérance au gluten (Voir Gluten) La source de protéines de l'avoine est équivalente qualitativement à celle du Soja (légumineuse contenant la globuline), les recherches de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé) ayant montré l’équivalence avec les protéines de la viande, du lait et des œufs[8]. Les protéines contenues dans l'enveloppe de la graine sont en proportion de 12 à 24%, l'un des taux les plus haut de la famille des Céréales.

Comme dans tous les grains, l'avoine contient de l'acide phytique dans son enveloppe (le son). Si l'avoine n'est pas trempé plusieurs heures voire fermenté comme dans l'ancien temps, l'acide phytique peut se lier dans les intestins au Calcium, Magnésium, Cuivre, Fer et tout spécialement le Zinc et bloquer son absorption, provoquant à long terme des maladies cœliaques[9]. Donc, un régime fort en céréales complètes non cuites peut entraîner un déficit en minéraux et des problèmes de santé. Simplement tremper, fermenter ou cuire (donc ramollir) ces céréales complètes permettent aux enzymes et autres organismes de neutraliser et dégrader l'acide phytique afin d’empêcher cela.

En couvert végétal et contrôle des bioagresseurs[modifier | modifier le code]

L’avoine possède un système racinaire fasciculé relativement puissant qui lui permet de se développer sur sol modérément compacté et d’en améliorer la structure lorsqu'on l'utilise en CIPAN. Son système racinaire, très dense sur les horizons de surface, s’enracine en général à plus de 80 cm et peut atteindre 190 cm. De plus, l’avoine produit une biomasse conséquente et procure ainsi une très bonne couverture du sol. Cette couverture se décompose lentement (rapport C/N élevé) et se maintient en conséquence longtemps sur le sol. L’avoine bénéficie ainsi aux cultures qui lui succèdent, en particulier pour les légumineuses d'autant qu'elle permet un bon contrôle des adventices. L’avoine est une excellente plante nettoyante. Au-delà de l’effet d’ombrage procuré par la couverture, l’avoine a des facultés allélopathiques très marquées, que ce soit en végétation ou lors de sa décomposition. En conséquence, les cultures installées sur résidus d’avoine peuvent généralement être conduites sans utilisation d’herbicide.

L’avoine est souvent utilisée comme nématicide. Elle est considérée comme un bio pesticide, en particulier en semis direct. Son effet est multiple : d’une part, elle n’est pas un hôte des nématodes (en particulier Pratylenchus penetrans). Comme elle supprime les autres plantes qui pourraient être des hôtes, elle rompt le cycle de ces nématodes. D’autre part, elle a des effets allélopathiques et biocides, que ce soit pendant sa croissance ou lors de la décomposition de ses pailles. Par ailleurs, l’avoine sécrète par son appareil racinaire des substances fongicides, toxiques pour Fusarium, Gaeumannomyces et Rhizoctonia.

Calendrier[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain français, le 2e jour du mois de Messidor, est officiellement dénommé jour de l'Avoine[10]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fédération régionale des Chasseurs, « Abeilles : des centaines d'hectares semés pour les nourrir », Maxisciences.com, Maxisciences.com,‎ 2010 (lire en ligne)
  2. Page du site d'Agriculture et Agroalimentaire Canada sur les beta glucanes
  3. (en) Avis de l'EFSA dans le cadre du règlement 1924/2006 sur les allégations de santé
  4. Bryngelsson et al, 2002
  5. (en) « Seed Storage Proteins: Structures 'and Biosynthesis », Plantcell.org (consulté le 2013-03-27)
  6. (en) Rottmann LH, « On the Use of Oats in the Gluten-Free Diet » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Celiac Sprue Association/United States of America, Inc. (CSA), 2006-09-26. Consulté le 2006-10-31
  7. (en) « Info on Oats » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Celiac Sprue Association/United States of America, Inc. (CSA), 2006-09-26. Consulté le 2007-09-29
  8. (en) Radomir Lasztity, The Chemistry of Cereal Proteins, Akademiai Kiado,‎ 1999 (ISBN 978-0-8493-2763-6)
  9. http://www.highonhealth.org/why-its-very-important-to-soak-oats-before-you-eat-them/
  10. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 28.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :