Montagne Sainte-Victoire

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43° 32′ 21″ N 5° 38′ 43″ E / 43.539166, 5.645277

Montagne Sainte-Victoire
Bouches-du-Rhône department relief location map 2.jpg
Montagne Sainte-Victoire
Montagne Sainte-Victoire
Localisation de la montagne Sainte-Victoire dans le département des Bouches-du-Rhône.
Géographie
Altitude 1 011 m, Pic des Mouches
Massif Chaîne pyrénéo-provençale
Longueur 20 km
Largeur 8 km
Superficie 160 km2
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Départements Bouches-du-Rhône, Var
Géologie
Roches Roches sédimentaires
La Sainte-Victoire depuis le sud-est.

La montagne Sainte-Victoire (en occitan provençal : Mont Venturi selon la norme classique ou Mount Ventùri selon la norme mistralienne) est un massif calcaire du Sud de la France, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Située à l'est d'Aix-en-Provence, elle a connu une gloire internationale en partie grâce à la soixantaine d'œuvres du peintre Paul Cézanne dont elle est l'objet. Paradis des marcheurs, grimpeurs et amoureux de la nature, elle est un élément majeur du paysage aixois.

Toponymie[modifier | modifier le code]

En -102, alors que les Cimbres et les Teutons, d'origine germanique et scandinave, déferlent dans le Sud de la Gaule, menaçant la paix dans la toute nouvelle ville d'Aix et ses environs, les consuls romains Caius Marius et Quintus Catulus les affrontent et les repoussent à la bataille d'Aix, qui se déroule sur le piémont sud-est de la montagne Sainte-Victoire (plaine de Pourrières). D'où, selon certains[Qui ?], l'appellation par les Romains de montagne de la Victoire[réf. souhaitée]. Une autre origine possible du nom est liée au caractère très venteux du sommet (vencturus en latin ; le nom provençal de la montagne en est proche : Venturi). La Sainte-Victoire (la « Sainte », comme l'appellent les Aixois) aurait dans ce cas la même origine toponymique que le mont Ventoux dans le Vaucluse.

Elle est sanctifiée au Moyen Âge par les Chrétiens pour devenir la Sainte-Venture. Une chapelle a d'ailleurs été construite à son sommet au XIIIe siècle. Ce n'est qu'au XVIIe siècle que la montagne a pris son nom actuel pour une raison encore imprécise. Certains pensent qu'il s'agissait de franciser le nom provençal.[réf. nécessaire]

Géographie[modifier | modifier le code]

Topographie[modifier | modifier le code]

Le massif de la Sainte-Victoire s'étend sur 18 kilomètres de long et sur 5 kilomètres de large[1], suivant une stricte orientation ouest-est. Il se situe sur les départements des Bouches-du-Rhône et du Var, et sur les communes de Puyloubier, Saint-Antonin-sur-Bayon, Rousset, Châteauneuf-le-Rouge, Beaurecueil, Le Tholonet, Vauvenargues, Saint-Marc-Jaumegarde, Pourrières, Artigues et Rians.

Les D 10 et D 17 (Route Cézanne)[2] sont les principales routes qui permettent de longer le massif. Sur le versant septentrional, la D10 franchit le col de Claps (530 m) et le col des Portes (631 m). Sur le versant méridional, la D 17 chemine sur le plateau du Cengle et franchit le collet Blanc du Subéroque (505 m).

Le pic des Mouches vu depuis la face sud

Le massif culmine au pic des Mouches (1 011 m pour l'IGN)[3], près de l'extrémité est de la chaîne, et non pas à la Croix de Provence (946 m pour l'IGN) proche de l'extrémité ouest et visible d'Aix. Le pic des Mouches est l'un des plus hauts sommets du département des Bouches-du-Rhône, derrière le pic de Bertagne qui atteint l'altitude de 1 042 mètres[4] et qui se situe sur le massif de la Sainte-Baume.

6 525 ha du massif de la Sainte-Victoire sont classés depuis 1983.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Au nord-ouest et au pied du massif, le lac de Bimont, le lac de Zola et leurs barrages[5].

Ruisseaux de la Cause, de l'Infernet et du Bayon.

Géologie[modifier | modifier le code]

La Sainte-Victoire, tout comme le massif de la Sainte-Baume, peut être considérée comme un cas particulier parmi les massifs alpins car les différentes étapes de la formation de son relief rattachent son histoire géologique aussi bien à celle de l'ancienne chaîne pyrénéo-provençale qu'à celle des Alpes occidentales lui ayant succédé.

En effet, de l'ancienne montagne Sainte-Victoire, contemporaine des dinosaures du Crétacé, il ne reste aujourd'hui que le pli de Bimont, dit chaînon des Costes Chaudes, dernier vestige résultant des mouvements tectoniques et des empilements caractéristiques de la phase pyrénéo-provençale durant l'Éocène.

Plus tardive durant l'Oligocène, la rupture du pli anticlinal de Sainte-Victoire, lequel résultait de la première surrection des grands reliefs alpins, est à l'origine d'un déferlement contribuant à expliquer la forme actuelle de la montagne, qui apparut 15 millions d'années avant notre ère.

La Sainte-Victoire, dont les sédiments calcaires remontent au Jurassique, se compose donc à la fois d'un vestige pyrénéo-provençal et d'une géologie alpine. Cette singularité et cette ambivalence permettent de comprendre pourquoi, bien qu'étant un massif des Alpes occidentales, la problématique de ce rattachement reste complexe[6],[7].

Selon une étude récente, la Sainte-Victoire serait toujours en train de grandir. La société ME2i a en effet réalisé une étude par satellite entre 1993 et 2003 apportant une preuve que, durant cette période, l'extrémité occidentale de la montagne Sainte-Victoire a été en surrection de 7 mm par an[8].

Paléontologie[modifier | modifier le code]

Le massif héberge plusieurs gisements d'œufs de dinosaures mondialement connus dont celui de Roques-Hautes / Les Grands-Creux situé sur la commune de Beaurecueil.

Sismicité[modifier | modifier le code]

11 juin 1909, fort tremblement de terre en Provence[9],[10]

19 février 1984, 21:14:37 UTC : tremblement de terre de 4,3 avec épicentre au sud de la montagne

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est méditerranéen : chaud l'été, ensoleillé et frais l'hiver, doux en demi-saison et surtout le printemps.

L'été est chaud et sec, l'hiver est sec. Aix-en-Provence, ville située à quelques kilomètres à l'ouest, compte 300 jours de soleil par an[11]. Les températures moyennes y oscillent de °C en janvier à 22 °C en juillet. Il arrive qu'elles soient négatives en hiver (−8,5 °C et −12 °C aux Milles en février 2005 le record est de −17,4 °C le 01/02/1963.) et extrêmement élevées (>40 °C) l'été, car la ville est sur un bassin formé par l'Arc à une altitude plus basse par rapport aux alentours ; l'air chaud est encerclé et a plus de mal à s'échapper. En automne, des orages violents ont souvent lieu. Celui du 10 septembre 2005 touche particulièrement le pays d'Aix avec 80 mm de pluie, et celui de 22 septembre 1993 entraîne une inondation. On relève plus de 200 mm en deux heures, soit quatre mois de précipitations. La campagne y connaît des micro-climats variés, plus humides et ventés ou protégés selon les endroits[12].

Stèle Philippe Noclercq, D17, Puyloubier

Plusieurs incendies majeurs ont ravagé le massif au XXe siècle, notamment :

  • en 1944, quand l'armée occupante allemande a incendié le plateau du Cengle pour réduire le groupe de résistants qui s'y cachaient ;
  • le 25 août 1986, lorsqu'un jeune pompier volontaire, Philippe Noclercq, venu en renfort de la région est, trouvait la mort dans l'incendie du Cengle Sainte-Victoire ;
  • le 28 août 1989, où plus de 5 000 hectares furent détruits entre le barrage de Bimont et Pourrières à la suite de travaux de débroussaillement.

Aussi, chaque été, une vigie située au sommet près de la Croix de Provence surveille-t-elle le massif et toute la vallée de l'Arc attenante.

Le massif est globalement plus arrosé que ses alentours (environ 700 mm/an), les températures sont aussi un peu moins élevées notamment sur le versant septentrional de la montagne ainsi que dans la vallée de Vauvenargues.[réf. nécessaire]

Flore et faune[modifier | modifier le code]

Son orientation est-ouest conduit à une grande différence d'ensoleillement entre les faces nord et sud, et donc à une différence de végétation. On trouve ainsi une végétation de type méditerranéenne sur le versant sud et de type alpine sur le versant nord. Du fait de ses différences d'exposition et d'altitude (de 200 m à plus de 1 000 m), la montagne Sainte-Victoire présente les principaux étages de la végétation méditerranéenne et sud-alpine. Elle offre donc une flore exceptionnelle de 900 plantes à fleurs soit 20 % de la flore française[13].

Parmi la faune, on peut noter de nombreux insectes, 27 espèces de mammifères[13] dont 9 chauves-souris, sangliers, lièvres... et 126 espèces d’oiseaux dont 78 nicheurs[13] (voir liste non exhaustive).

Versant sud[modifier | modifier le code]

Le versant sud se caractérise par la présence d'importantes falaises calcaires hautes de 500 à 700 m dont l'aspect blanc ajouté au soleil donne l'aspect d'une haute muraille.

Au pied des falaises, on trouve en plus des massifs de broussailles, chêne vert, chêne kermès, pin d'Alep (population fortement réduite après l'incendie de 1989) mais aussi des cultures (Amandiers et oliviers).

Versant nord[modifier | modifier le code]

Parmi les nombreuses espèces présentes sur ce versant, le Crocus est assez bien représenté sur les hauteurs ainsi que l'iris sauvage et la jonquille. On peut aussi y voir des buis et diverses variétés d'arbustes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Entrée du prieuré de Sainte-Victoire  Inscrit MH (1978)[14]

Les vestiges celto-ligure des oppidum d'Untinos et de Bramefan attestent d'une présence ancienne sur les lieux[1]. En 483, l'ermite saint Servin (saint Ser) est assassiné par des Wisigoths, dans une chapelle à flanc de montagne, sur la commune de Puyloubier. Au XIIIe siècle, une chapelle est construite à quelques pas de l'un des sommets de la montagne.

Entre 1850 et 1854 est construit le barrage de Zola[5]. Un autre barrage, le barrage de Bimont viendra compléter l'action du barrage Zola. Sa construction s'échelonnera de 1946 à 1951[5].

En 1875, une croix monumentale de 19 mètres de hauteur est inaugurée au sommet de l'éperon surplombant le prieuré, à une altitude de 946 mètres. Il s'agit de la 4e croix à cet emplacement, on retrouve les traces des précédentes jusqu'au XVIe siècle, un marin en détresse ayant alors fait vœu d'édifier une croix au sommet de la première montagne émergée qu'il rencontrerait[15]. Cette croix est restaurée en 1982 et en 2004.

Article détaillé : Croix de Provence.

Une partie du massif de la Sainte-Victoire est classé en 1983. Mais, du 28 au 31 août 1989, un gigantesque incendie en ravage la face sud sur 5 000 hectares[1].

En février 1990, est créé le syndicat intercommunal du Massif Sainte-Victoire[1]. En 1992, de nombreuses plantations sont réalisées afin de reboiser, mais à cause de l'incendie, la végétation a été très réduite, notamment les résineux. L'accès à la montagne est en grande partie interdit en période estivale. En août 2000, le Grand Site Sainte-Victoire est créé. Il s'agit d'un syndicat mixte départemental labellisé « Grand Site de France » depuis 2004, chargé de la mise en valeur et de la protection du milieu naturel et culturel ainsi que de la gestion de la fréquentation sur un territoire de près de 34 500 hectares dont un site classé de 6 525 hectares.

Prieuré de Sainte-Victoire

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture et productions[modifier | modifier le code]

Vue sur les cultures et les sentiers de randonnée des parties basses au sud ouest de la montagne

Au pied de la montagne, quelques vergers d'amandiers et d'oliviers (côté sud) et de la vigne.

Production de vins sur plusieurs cépages. Rendement maximum : 50 hl/ha, contre 55 hl/ha pour l’appellation Côtes de Provence[16].

Tourisme[modifier | modifier le code]

La Sainte-Victoire vue d'Aix-en-Provence (est)

Une étude publiée en janvier 2011 révèle que, entre mars 2009 et mars 2010, 930 000 personnes ont arpenté le site de Sainte-Victoire[17]. La dernière étude concernait 1995, période à laquelle le massif avait accueilli 725 000 visiteurs[17]. Pour permettre l'afflux de ces visiteurs, plusieurs parkings sont situés le long de la route départementale 17.

Toutes les informations à jour sur les périodes d'accès autorisé sont fournies par le syndicat du grand site.

Sport[modifier | modifier le code]

Pendant les périodes d'accès libre, cette zone rocheuse est un terrain apprécié pour la randonnée pédestre, le vélo tout terrain, l'escalade, le parapente et plus modestement pour la spéléologie. Elle est notamment le lieu d'activités sportives et de traditions de la Corniche Lyautey du lycée militaire d'Aix-en-Provence.

Pour le parapente, il existe des zones de décollage au pic des Mouches (1 011 m) et au Pas du Dinosaure (495 m) sur le versant occidental. L'aérologie sur la Sainte-Victoire est typique des Alpes du Sud.

Exploitation des richesses du sous-sol[modifier | modifier le code]

La montagne comporte une carrière d'où est tiré le marbre d'Aix : un agrégat de teinte rosée et de coupe composite, rappelant notoirement le marbre rose. Le marbre d'Aix provient d'un site d'effondrement de pierres et de sédiments situé sur la commune de Saint-Antonin-sur-Bayon. Souvent employé comme matériau de construction des villas huppées du pays aixois, il compose aussi les socles des sculptures léonines de la fontaine de la Rotonde, à Aix-en-Provence.

La carrière, qui n'est plus exploitée, est accessible à pied par les sentiers du massif. Le site d'extraction présente à la fois les marques de l'exploitation au burin, avec une paroi très irrégulière, et celles de l'exploitation au découpage par fil, avec une haute paroi inclinée en miroir.

Environnement[modifier | modifier le code]

Site Natura 2000[modifier | modifier le code]

Montagne Sainte-Victoire avec vue sur la Croix de Provence

La zone de protection spéciale[modifier | modifier le code]

Au titre de la directive « oiseaux », la zone de protection spéciale (ZPS) « Montagne Sainte-Victoire »[18] couvre onze communes, une surface totale de 15 493 hectares d'un seul tenant et se situe entre 246 et 1 016 mètres d'altitude.

La zone est à cheval sur deux départements, les Bouches-du-Rhône (59 %) et le Var (41 %). Huit communes des Bouches-du-Rhône sont concernées : Beaurecueil, Châteauneuf-le-Rouge, Jouques, Puyloubier, Rousset, Saint-Antonin-sur-Bayon, Saint-Marc-Jaumegarde et Vauvenargues, ainsi que trois communes du Var : Artigues, Esparron et Rians.

Parmi les nombreuses espèces animales présentent dans la zone, on peut noter une grande variété d'oiseaux dont certains sont protégés[19], soit résidents, soit simplement de passage (hivernage, lieu de reproduction, etc.) : l’Aigle botté (Hieraaetus pennatus), l’Aigle de Bonelli (Hieraaetus fasciatus), l’Aigle royal (Aquila chrysaetos), l’Alouette lulu (Lullula arborea), l’Autour des palombes (Accipiter gentilis), la Bécasse des bois (Scolopax rusticola), la Bondrée apivore (Pernis apivorus), le Bruant ortolan (Emberiza hortulana), le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus), la Cigogne blanche (Ciconia ciconia), la Cigogne noire (Ciconia nigra), le Circaète Jean-le-blanc (Circaetus gallicus), le Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax), l’Engoulevent d'Europe (Caprimulgus europaeus), l’Épervier d'Europe (Accipiter nisus), le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus), le Faucon émerillon (Falco columbarius), le Faucon pèlerin (Falco peregrinus), la Fauvette orphée (Sylvia hortensis), la Fauvette passerinette (Sylvia cantillans), la Fauvette pitchou (Sylvia undata), le Grand-duc d'Europe (Bubo bubo), la Grive litorne (Turdus pilaris), l’Hirondelle rousseline (Hirundo daurica), le Martinet à ventre blanc (Apus melba), le Milan noir (Milvus migrans), le Milan royal (Milvus milvus), le Monticole de roche (Monticola saxatilis), le Petit-duc scops (Otus scops), la Pie-grièche à tête rousse (Lanius senator), la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), le Pipit rousseline (Anthus campestris), le Rollier d'Europe (Coracias garrulus), le Traquet oreillard (Oenanthe hispanica) et le Vautour percnoptère (Neophron percnopterus).

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Le site d'intérêt communautaire[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la directive « Habitats, faune, flore », le Site d'intérêt communautaire (SIC) « Montagne Sainte-Victoire »[20] a été défini.

Ce site couvre 32 759 hectares et comprend, outre les onze communes déjà incluses dans la zone de protection spéciale, six communes supplémentaires des Bouches-du-Rhône : Aix-en-Provence, Meyrargues, Peyrolles-en-Provence, Saint-Paul-lès-Durance, le Tholonet et Venelles, soit au total dix-sept communes.

Le site est composé de : Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana pour 30 %, Forêts caducifoliées, Forêts sempervirentes non résineuses et Rochers intérieurs, Eboulis rocheux, Dunes intérieures, Neige ou glace permanente pour 15 % chacun, Pelouses sèches, Steppes pour 10 %, Autres terres arables et Forêts de résineux pour 5 % chacun, Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées et Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes) pour 2 % chacun et enfin Cultures céréalières extensives (incluant les cultures en rotation avec une jachère régulière) pour 1 %.

Le label « Grand Site de France »[modifier | modifier le code]

Le label « Grand Site de France » est un label décerné par le ministère de l’Environnement.

En 1989, un Syndicat intercommunal est créé suite aux incendies pour permettre de mieux gérer la réhabilitation de l'ensemble du territoire[21]. Il s'agit du Syndicat mixte départemental des massifs Concors et Sainte-Victoire regroupant quatorze communes du périmètre Natura 2000[22] et couvrant un territoire de près de 34 500 hectares dont 6 525 sont classés[21].

Avec un projet de « mise en valeur et protection du milieu naturel et culturel », l'appellation « Grand Site Sainte-Victoire » apparait en août 2000. La labelisation a été obtenue le 17 juin 2004 soit environ 4 ans plus tard[23].

Parmi bien d'autres documents de gestion, existence d'un Plan Intercommunal d’Aménagement Forestier et d'une charte forestière de territoire.

Autres classements[modifier | modifier le code]

Le classement initial du massif date de 1983 et concerne 6 525 hectares des communes d'Aix-en-Provence, Beaurecueil, Le Tholonet, Puyloubier, Saint-Antonin-sur-Bayon, Saint-Marc-Jaumegarde et Vauvenargues. Ce classement a été mis en œuvre par le Ministère de l'Environnement à la demande des associations, soucieuses d'une protection efficace d'un site remarquable, et face aux risques d'urbanisation croissante du pays d'Aix (qui s'est, de fait, développé davantage vers l'ouest).

Une réserve naturelle de 140 hectares a été créée en 1994 sur le flanc ouest du piémont de la Sainte-Victoire pour protéger un site géologique remarquable comprenant de nombreux fossiles, dont des œufs de dinosaures. Située au sein du parc départemental de Roques Hautes, cette réserve est interdite au public dans sa zone centrale.

Le château de Saint-Antonin-sur-Bayon est également inscrit en tant que monument historique (pour sa façade et sa toiture) par arrêté du 30 mars 1978[24]. Son périmètre (hameau de Saint-Antonin) fait l'objet de mesures de protection au plan architectural.

Enfin, depuis 1959 (décret Malraux), la route Cézanne, qui offre des vues lointaines sur la Sainte-Victoire, est classée sur 4,690 km entre Aix-en-Provence et le Tholonet. Plusieurs associations demandent la « sanctuarisation » de l'ensemble de la RD 17, route qui va d'Aix jusqu'à Puyloubier, le long de la face sud de la Sainte-Victoire.

Aménagements, architecture[modifier | modifier le code]

La Croix de Provence

Sentiers et parkings. Parmi les sentiers on pourra noter côté sud : le Pas du Moine, l'oppidum et la montée vers Lou Garagai et le Col de Saint Ser. Côté nord : le sentier des Venturiers et celui des plaideurs. Le GR9 permet de longer les crêtes.

Une croix dite « croix de Provence » visible à des kilomètres à la ronde. La croix, datant de 1875, fut restaurée une première fois en 1982, puis en 2004, où l'ensemble de l'ancien socle a été remplacé par un parement de béton armé de couleur proche de la pierre, formant un banc périphérique d'où on aperçoit le paysage provençal sur 360°. La « croix de Provence » est un point remarquable du massif : celle-ci haute de 19 mètres a été posée non sur le point culminant mais sur un pic (946 mètres) surplombant une chapelle (Notre Dame de la Victoire) et un prieuré du XVIIe siècle en cours de restauration[25], qui, de par sa forme, se détache bien plus du massif que le pic des Mouches. La chapelle Notre Dame de la Victoire est à 885 m d'altitude. Après avoir été détruite, elle fut reconstruite en 1657, comme l'atteste le millésime gravé sur le fronton[26].

Juste à côté de la chapelle, un ancien prieuré, récemment restauré par les Amis de Sainte-Victoire, est ouvert toute l'année comme refuge d'accès libre. Dans la petite terrasse adjacente, qui offre une vue vers le sud, se situent un puits (citerne) et l'ancien escalier qui permettait aux moines de descendre dans leur jardin de la face sud. L'ouverture rectangulaire qui donne à la fois vue et ensoleillement à cette terrasse est artificielle. Elle a été creusée par les moines au XVIIe siècle.

Au pied de la face sud, le petit village de Saint-Antonin-sur-Bayon comporte quelques maisons autour de son château (bastide du XVIIIe siècle sur des fondations très anciennes) et de ses bâtiments paroissiaux datant également du XVIIIe siècle (église avec un retable sculpté et presbytère transformé en gîtes). Le village possède aussi une chapelle romane datant du XIe siècle (restaurée en 2011) et un écomusée situé dans une ancienne porcherie (maison Sainte-Victoire). Selon John Rewald, spécialiste américain de Cézanne, le peintre séjournait parfois dans la bergerie de ce village quand il venait peindre la montagne.

Un peu plus à l'est, toujours sur la face sud, la chapelle de Saint-Ser, détruite par un éboulement en 1990, a été entièrement restaurée au début des années 2000. Au sud-ouest de la Croix de Provence, l'ancien hameau du Trou a fait l'objet d'une restauration récente (arches de l'ancienne chapelle, aire à blé, fondations de maisons), juste à côté du refuge Cézanne, mais actuellement fermé. Enfin l'oppidum d'Untinos, au-dessus de Saint-Antonin, a été habité à diverses époques (habitat celto-ligure, ruines du Vieux-Château) et a probablement servi de vigie à l'époque romaine.

Un aqueduc remarquable, dont on peut encore voir les vestiges le long du CD17 qui va de Saint-Antonin à Aix, conduisait l'eau de Sainte-Victoire vers Aix, depuis un captage situé en amont du village de Saint-Antonin.

Au piémont du versant nord, sont présent le château de Vauvenargues, datant du XIVe siècle, et diverses bastides.

Représentations de la Sainte-Victoire[modifier | modifier le code]

La montagne a inspiré de nombreux artistes plus ou moins récents[1].

Littérature[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

La Sainte-Victoire peinte par Paul Cézanne

Plusieurs maîtres de la peinture ont pris la Sainte-Victoire comme sujet (de premier ou arrière-plan). Le plus évident d'entre eux, très souvent associé à cette montagne, est Paul Cézanne dont près de quatre-vingts œuvres représentent la montagne.

Photographie[modifier | modifier le code]

Aussi attractif pour les photographes que pour les peintres, on peut notamment citer comme visiteurs Brigitte Bauer[27], Jürgen Hill qui expose en 2004 ses photos du massif à la Maison de Heidelberg, ou Jean-Jérôme Crosnier Mangeat[28].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

La montagne Sainte-Victoire vue de Trets.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Guy Ballossier, La Montagne Sainte-Victoire : Au cœur du pays de Cézanne, ARPCV,‎ 2006 (ISBN 2-9518857-3-3)
  • Sainte-Victoire, éd. Édisud / Association pour le reboisement et la protection du Cengle-Sainte-Victoire, Aix-en-Provence, 1998 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-François Lemoine, Aimer la Provence, Ouest France,‎ 1985 (ISBN 2-85882-764-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Sainte-Victoire sur www.aix-en-provence.com
  2. Sur le site Association Patrimoine : « Par décret du 17 juillet 1959 une zone de protection est établie aux abords du chemin départemental n°17 dit Route Cézanne, classé parmi les sites pittoresques du département des Bouches-du-Rhône par arrêté du 30 mai 1959, sur une longueur de 4km690, entre les PK 75, 567 et 80, 257. » Ce classement a été fait à l'initiative d'André Malraux et empêche toute construction.
  3. Le pic des Mouches culmine à 1 011 mètres ou à 1 021 mètres d'altitude selon les sources.
  4. Les sources pour l'altitude du pic de Bertagne donne une variation de hauteur entre 1041 et 1042 mètres.
  5. a, b et c les barrages de Bimont et de Zola
  6. La montagne Sainte-Victoire dans l'Histoire de la Terre
  7. Une vague de pierre calcaire aux portes d'Aix-en-Provence
  8. Sainte-Victoire, la montagne qui grandit encore, article sur la Provence
  9. Note sur le tremblement de terre de Provence du 11 juin 1909 par M. le commandant Spiess
  10. Carte de la région principalement affectée Le Petit Parisien, Paris, 13 juin 1909, quotidien (ISSN 09992707) [lire en ligne]
  11. Aix-en-Provence tourisme.
  12. Climat à Aix-en-Provence.
  13. a, b et c Flore sur grandsitesaintevictoire.com
  14. « Notice no PA00081490 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. « La croix de Provence », in Sainte-Victoire, éd. Édisud / Association pour le reboisement et la protection du Cengle-Sainte-Victoire, Aix-en-Provence, 1998, p. 93.
  16. Les vins rouges Côtes de Provence Sainte-Victoire
  17. a et b « 930000visiteurs sur Sainte-Victoire en un an », études cabinets Éole et Traces TPI, cité in La Provence, éd. Aix-en-Provence, 4 janvier 2010, p. 4.
  18. Zone de Protection Spéciale Montagne Sainte-Victoire, directive "Oiseaux" - FR9310067
  19. Arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection
  20. Site d'Intérêt Communautaire Montagne Sainte-Victoire, directive "Habitats, faune, flore" - FR9301605
  21. a et b Le Syndicat mixte départemental des massifs Concors et Sainte-Victoire
  22. Les huit communes de la zone de protection spéciale (ZPS) et les six communes supplémentaires des Bouches-du-Rhône incluses dans le site d'intérêt communautaire (SIC).
  23. Le label sur grandsitesaintevictoire.com
  24. « Notice no PA00081424 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  25. Information vérifiée et toujours valable en Mars 2008
  26. vauvenargues.org
  27. Montagne Sainte-Victoire, 1999
  28. Jean-Jérôme Crosnier Mangeat, Sainte-Victoire Voyage en pays de lumières, Nature d'Images (ISBN 2-9523078-0-6)