Oronge

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Amanita caesarea, de ses noms vernaculaires, Amanite des Césars, Oronge ou Oronge vraie[1], est un champignon méditerranéen, basidiomycète, excellent comestible de la famille des amanitaceae.

Elle doit son qualificatif à ce qu'elle aurait été un mets de choix à la table des empereurs romains. Il semble qu'ils l'appelaient boletus, seul nom de champignon hérité de l'antiquité et repris de nos jours pour désigner un genre tout à fait différent mais également riche d'espèces savoureuses.Appelé également Coucoune en Provence

La beauté de l'oronge, sa réputation et sa relative rareté en font le roi des champignons et un peu le graal de tout mycologue.

Description du sporophore[modifier | modifier le code]

Le chapeau de l'oronge va de 8 à 15-20 cm, est ovoïde jeune puis hémisphérique et enfin convexe, jamais aplati ni déprimé. La cuticule est rouge orangé vif, luisant, assez souvent couvert de grands lambeaux de la volve, blancs. La chair est ferme, blanche, jaune sous la cuticule. La marge est nettement striée, jaune d'or. Les lames sont serrées, jaune d'or clair. Le stipe de 8 à 15 cm est robuste, droit ou légèrement courbé, de la couleur des lames. La base du stipe est ovoïde vers le sol. La volve est épaisse, blanc grisâtre, s'écartant du stipe et ample. Son anneau membraneux, concolore au pied, placé haut et pendant. L'odeur est agréable, sa saveur douce de noix. La sporée est blanche.

Habitat et Répartition[modifier | modifier le code]

Thermophile, l'oronge pousse de mi-septembre à mi-novembre sous les feuillus (chênes verts, chênes-lièges, châtaigniers notamment) des régions méditerranéennes, encore que le réchauffement climatique permette de la trouver de plus en plus souvent plus au nord, notamment en Île-de-France[réf. nécessaire]. Elle n'apparait pas en Belgique sauf quelques rares cas signalés en Gaume[2].

Comestibilité[modifier | modifier le code]

C'est un excellent champignon comestible, considéré comme le meilleur qui soit. Il peut se manger cuit mais également cru[3], seul, grillé au four chaud quelques minutes, avec un peu de sel, un filet de citron et d'huile d'olive.

Confusions possibles[modifier | modifier le code]

Amanite tue-mouches délavée et ayant perdu la plupart de ses méchules blanches

L'amanite des Césars peut se confondre, sans grand danger, avec l'amanite safran qui a parfois les lames un peu jaunes mais ne porte pas d'anneau. Mais le véritable risque de confusion est l'amanite tue-mouches, dite pour cela "fausse oronge", qui est toxique. Quoique souvent d'un rouge plus soutenu, la tue-mouches peut être orangée. Elle porte généralement des points blancs réguliers mais ceux-ci peuvent être délavés ou confondus avec des restes de volve présents sur l'oronge. En revanche la différence saute aux yeux dès qu'on retourne les champignons : l'oronge vraie a les lames et le stipe jaunes (c'est même la seule amanite dans ce cas[4]) alors que les lames comme le stipe de l'amanite tue-mouches sont immuablement blancs. Enfin, il y a plusieurs autres dissemblances très visibles (la marge de l'oronge est striée, pas celle de la "fausse"; la volve de l'oronge est épaisse et en sac, celle de la tue-mouches est friable; l'œuf de l'oronge repose sur le petit bout, celui de muscaria sur le gros) mais la couleur des lames à elle seule permet d'éviter toute confusion. Sans compter que l'amanite tue-mouches est largement inféodée au bouleau et très commune jusqu'en Sibérie, ce qui est loin d'être l'habitat de l'oronge.

Tableau comparatif[modifier | modifier le code]

Nom scientifique Noms vernaculaire Cuticule du chapeau Marge du chapeau Couleur du stipe et des lames Ovoïde de l'œuf Forme de la volve Habitat
Amanita muscaria Amanite tue-mouches; Fausse oronge Parsemée de petits flocons blancs, éventuellement délavés Lisse et rouge Blanc Circulaire vers le bas Bourrelet floconneux Universelle
Amanita Ceasarea Amanite des Césars; Oronge vraie Nue avec parfois des grands lambeaux de volve Striée et jaune d'or Jaune d'or (jamais blanc) Elliptique vers le bas Blanche, épaisse en forme de sac Mediterranée, Indes, Sechuan
Amanita xanthocephala Grisette vermillon Lambeaux de volve orange Striée et orange Blanche Circulaire vers le bas Orange, forme de sac Australie, Tasmanie
Amanita jacksonii Amanite de Jackson; César fuselé d'Amérique Aucun lambeau orange Pectinée et rouge Jaune Circulaire vers le bas Rouge écarlate, forme de sac Côte Est du Canada, USA, Mexique

Sources[modifier | modifier le code]

Quelques livres en français comportant plus de renseignements sur ce champignon :

  • André Marchand : Champignons du Nord et du Midi, tome I/IX, planche 1, Hachette 1971, ISBN 84-499-0649-0
  • Régis Courtecuisse, Bernard Duhem : Guide des champignons de France et d'Europe (Delachaux & Niestlé, 1994-2000).
  • Marcel Bon : Champignons de France et d'Europe occidentale (Flammarion, 2004)
  • Dr Ewaldt Gerhardt : Guide Vigot des champignons (Vigot, 1999) - ISBN 2-7114-1413-2
  • Roger Phillips : Les champignons (Solar, 1981) - ISBN 2-263-00640-0
  • Thomas Laessoe, Anna Del Conte: L'Encyclopédie des champignons (Bordas, 1996) - ISBN 2-04-027177-5
  • Peter Jordan, Steven Wheeler : Larousse saveurs - Les champignons (Larousse, 1996) - ISBN 2-03-516003-0
  • G. Becker, Dr L. Giacomoni, J Nicot, S. Pautot, G. Redeuihl, G. Branchu, D. Hartog, A. Herubel, H. Marxmuller, U. Millot et C. Schaeffner : Le guide des champignons (Reader's Digest, 1982) - ISBN 2-7098-0031-4
  • Henri Romagnesi : Petit atlas des champignons (Bordas, 1970) - ISBN 2-04-007940-8
  • Larousse des champignons édition 2004 sous la direction de Guy Redeuilh- ISBN 2-03-560338-2

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Par opposition à la Fausse oronge, autre nom vernaculaire de l'amanite tue-mouche ou amanita muscaria.
  2. Lambinon, Ulg, à compléter.
  3. Attention : si, à l'instar de l'oronge ou de quelques agarics comestibles et de boletus edulis, très peu de champignons peuvent se déguster crus, certains, et notamment d'autres amanites ou les morilles, ne doivent être consommés qu'après une cuisson soigneuse, soit 20 minutes a 70°.
  4. Toutefois certaines amanites australiennes ont les lames et le stipe jaune.

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