Cephalopoda

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Les céphalopodes (Cephalopoda, du grec képhalé, la tête, et pous, podos, le pied) sont des animaux de l'embranchement des mollusques, dont le pied, divisé en bras, surmonte la tête. Peu de céphalopodes disposent d'un nom vernaculaire, cependant hormis quelques céphalopodes, ils peuvent être, selon leurs caractéristiques, désignés par un nom générique. Ainsi les espèces nommées pieuvre, calmar, ou seiche (groupe des Coléoïdes), ainsi que les nautiles (groupe des Nautiloïdes) sont des céphalopodes.

Cephalopoda peut être considéré comme un clade à proprement parler[1], présentant comme synapomorphie la plus évidente la présence de tentacules préhensiles. Leur tête, distincte de la masse viscérale, comporte un véritable cerveau contenu dans un crâne cartilagineux; des yeux perfectionnés, un bec corné, etc. Leur pied, qui s'attache à la tête, est divisé en bras munis de ventouses. Le manteau ventral, contractile, constitue avec le siphon un puissant organe de locomotion.

Les céphalopodes existent depuis la fin du Cambrien, il y a 500 millions d'années. Les céphalopodes actuels sont des prédateurs marins. Ils se nourrissent de mollusques, de poissons, et de crustacés. Ils tiennent leur proie avec leurs bras, et la déchiquettent avec leur bec corné. Quand ils sont sédentaires, on peut facilement repérer leur présence par l'amas de coquilles vidées devant leur trou.

La teuthologie est la branche des sciences naturelles qui étudie les céphalopodes du point de vue phylogénétique.

Anatomie[modifier | modifier le code]

Tête[modifier | modifier le code]

Le corps se compose d'une grosse tête, portant deux yeux latéraux aussi complexes que ceux des poissons ou des hommes.

En haut s'ouvre une bouche, pourvue d'un bec à deux mandibules, semblables à celles d'un bec de perroquet, et une radula avec des glandes salivaires.

Un crâne cartilagineux solide renferme un cerveau très complexe, et donne attache aux muscles des bras et du dos.

Leurs yeux rappellent ceux des vertébrés ; les céphalopodes perçoivent également les sons grâce à leurs statocystes.

Le système nerveux est extrêmement condensé. De la fusion des ganglions cérébroïdes, palléaux et pédieux résulte un véritable cerveau, d'où partent la plupart des nerfs. Il révèle une céphalisation poussée et les capacités de résolution de problèmes observées chez les poulpes, par exemple, sont étonnantes.

Bras[modifier | modifier le code]

Les bras qui rayonnent autour de la bouche sont appelés des tentacules. Pour ce qui est de la sous-classe des coléoïdes, on peut en compter huit chez les octopodes ou dix chez les décapodes.

Ces appendices sont parfois porteurs de ventouses (ce n'est pas le cas des Nautiles), qui les recouvrent plus ou moins complètement, et sont disposées en rangées. Les ventouses sont garnies de dents ou de crochets cornés.
Chaque ventouse est un instrument perfectionné qui s'applique sur sa cible. Un anneau corné assure l'étanchéité, et un organe fonctionnant comme un piston fait le vide à l'intérieur, assurant l'adhésion.

Ces organes servent à la capture des proies, à l'accouplement, et à la reptation sur le sol.

Corps[modifier | modifier le code]

Le corps est tantôt en forme de fuseau (calmar) tantôt en forme de bourse (pieuvre). Il contient une forte cavité renfermant des branchies complexes, et dans laquelle s'ouvrent les organes reproducteurs, urinaires, et l'anus. La masse des viscères y est adossée.

La peau, qui recouvre le corps entier, forme un repli qui limite la cavité branchiale (les nautiloïdes sont tétrabranchiaux, 4 branchies, et les coléoïdes sont dibranchiaux, 2 branchies) : c'est le manteau. Toute cette peau est couverte d'organes colorés (chromatophores) qui, sous l'action du cerveau, permettent aux céphalopodes de changer brusquement de couleur. Au-dessus des cellules pigmentées existent des cellules irisées, qui réfléchissent la lumière.

Ces animaux sont très forts, et de grands nageurs. La musculature du corps et des tentacules est très puissante. Chez les coléoïdes, les octopodes n'ont pas de nageoires et rampent, contrairement aux décapodes qui en possèdent une (triangulaire en position antérieur pour le calmar et tout autour du corps pour les seiches). La présence, la régression ou l'absence de coquille est une raison pour laquelle ils nagent mieux que le reste des mollusques. Les nautiloïdes possèdent une coquille qui les handicapent dans leurs déplacements. Par contre, chez les coléoïdes, les décapodes possèdent une coquille interne en position dorsale, mais les octopodes eux sont sans coquille.

Leur cœur est très perfectionné. La circulation est elle-même assez perfectionnée. Il y a des artères, des veines, des capillaires. Le système n'est pas totalement fermé, mais une partie du sang seulement passe par des lacunes, avant de revenir au cœur. Le sang est teinté de bleu par de l'hémocyanine, substance à base de cuivre qui joue un rôle analogue à l'hémoglobine pour le transport de l'oxygène.

Ils ont un gros foie, un pancréas, un intestin complexe, des reins très développés.

Chez les décapodes, on trouve sous la peau du dos un organe dur, qui est la coquille des mollusques transformée en un os (seiche Sepiida) ou en un gladius, organe corné en forme de plume chez les calmars et certaines pieuvres. Alors que chez les nautiles, la coquille est restée externe ; elle est cloisonnée, parcourue par un siphon, et entoure le corps.

Siphon[modifier | modifier le code]

Entre la tête et le corps se trouve un organe tubulaire, le siphon, qui permet d'évacuer l'eau de la cavité palléale et à nager à reculons, par propulsion à réaction.

Le manteau a des contractions rythmiques et très énergiques. Chaque fois qu'il se dilate, l'eau entre par l'ouverture de la poche. À chaque contraction, elle est chassée brusquement par l'entonnoir. Il en résulte un déplacement de l'animal en sens contraire du courant d'eau.

Sous le siphon s'ouvre une glande qui secrète du noir, quelques gouttes suffisent à troubler l'eau autour du céphalopode, et lui permettre de s'échapper, en combinant cette action avec la transformation de sa coloration par le jeu des chromatophores.

L'encre de seiche, le sépia, est utilisée comme pigment en dessin et en cuisine.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les sexes sont séparés. La reproduction chez les céphalopodes est aussi très perfectionnée.

Chez le mâle, un ou deux bras sont modifiés et permettent l'accouplement (hectocotyle). Les spermatozoïdes sont regroupés dans des sacs, ou spermatophores, que le mâle saisit avec un de ses bras et introduit dans la cavité palléale de la femelle. Parfois, le bras copulateur se détache dans l'opération, ce qui l'a fait prendre par les anciens naturalistes pour un ver parasite.

Les œufs sont gros, et riches en vitellus (œufs télolécithes). Le plus souvent, ils sont pondus réunis en pontes glaireuses ou en grappes noires (seiches), ce que l'on appelle les "raisins de mer". Chez l'argonaute, la femelle sécrète une nacelle calcaire pour les contenir.

La segmentation de l'œuf est partielle. Le développement est direct.

Systématique[modifier | modifier le code]

Classification[modifier | modifier le code]

Différents céphalopodes.

Dans la classe des céphalopodes, on rencontre des mollusques marins qui ont pu faire partie, à des époques géologiques variées, des principaux prédateurs des océans.

Il n'en existe plus que deux lignées[2] :

Le groupe des Ammonoïdes, apparu au Dévonien, s'est éteint au Crétacé supérieur.

Caractères propres du groupe[modifier | modifier le code]

L'organisation anatomique des céphalopodes est marquée par la présence :

  • d'un entonnoir dérivant du pied des mollusques servant à la locomotion et à l'irrigation,
  • de bras portant des ventouses entourant la bouche et formant une couronne de tentacules,
  • d'une paire de mâchoires cornées qui se fossilisent parfois (ce sont les aptychus) ou d'un opercule.
  • d'yeux performants.
  • suivant les groupes, d'une coquille à chambre et siphon, d'une coquille interne parfois réduite à une plume chitineuse ou encore d'aucune ossature (comme pour les poulpes).

Leur coquille, quand ils en possèdent une, est composée d'une partie cloisonnée dite phragmocône.

Selon les bases de données taxinomiques[modifier | modifier le code]

Selon World Register of Marine Species (23 décembre 2013)[2] : ...

Selon ITIS (23 décembre 2013)[3] :

Avec les ordres éteints[modifier | modifier le code]

Selon d'autres sources[réf. nécessaire][modifier | modifier le code]

  • Sous-classe: Nautiloidea
  • Fam: Nautilidae (famille du nautile)
  • Sous-classe: Coleoidea
  • Division: Neocoleoidea
  • Super-ordre: Octopodiformes (céphalopodes à huit bras)- Octobrachia Fioroni, 1981
  • Fam: Vampyroteuthidae (famille du calmar vampire)
  • Ordre: Octopoda (les pieuvres ou poulpes)
  • Sous-ordre: Cirrata
  • Sous-ordre: Incirrata
  • Tribu: Argonautida
  • Fam: Alloposidae
  • Fam: Argonautidae
  • Fam: Ocythoidae
  • Fam: Tremoctopodidae
  • Tribu: ----
  • Fam: Amphitretidae
  • Fam: Bolitaenidae
  • Fam: Octopodidae (famille de la pieuvre).
  • Fam: Vitreledonellidae
  • Fam: Bolitaenidae
  • Super-ordre: Decapodiformes (céphalopodes à 10 bras: calmars et seiches) - Decabrachia Boettger, 1952
  • Ordre: Oegopsida
  • nombreuses familles
  • Ordre: Myopsida d'Orbigny, 1841 in Ferussac & d'Orbigny, 1834-1848
  • Fam: Loliginidae
  • Fam: Chtenopterygidae
  • Fam: Bathyteuthidae
  • Ordre: Sepioidea Gray, 1849
  • Fam: Sepiidae
  • Fam: Spirulidae
  • Fam: Idiosepiidae
  • Fam: Sepiadariidae
  • Fam: Sepiolidae

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Céphalopodes utilisés en cuisine.

Parmi les céphalopodes utilisés en cuisine, seuls certains coléoïdes, c'est-à-dire quelques poulpes, seiches et calmars sont consommés. Certaines espèces de poulpes sont d'ailleurs toxiques. Ces animaux sont consommés depuis très longtemps, la plus ancienne transcription de recette de cuisine connue date de l'Antiquité romaine dans un ouvrage de Marcus Gavius Apicius[4].

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Voss, N. A. Sweeney, M. J, Systematics and Biogeography of Cephalopods., vol. II, Smithsonian Contributions to Zoology, 586: 277-599,‎ 1998 (lire en ligne)
  • (en) Voss, N. A. Sweeney, M. J, Systematics and Biogeography of Cephalopods., vol. I, Smithsonian Contributions to Zoology, 586: 277-599,‎ 1998 (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. G. Lecointre & H. Le Guyader, Classification phylogénétique du vivant, 2006, 3ème édition, Belin, Paris
  2. a et b World Register of Marine Species, consulté le 23 décembre 2013
  3. ITIS, consulté le 23 décembre 2013
  4. Dictionnaire classique d'histoire naturelle Par Bory de Saint-Vincent