Frêne

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Frêne
 Fraxinus excelsior
Fraxinus excelsior
Classification classique
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Sous-classe Asteridae
Ordre Scrophulariales
Famille Oleaceae
Genre
Fraxinus
L., 1753
Classification phylogénétique
Ordre Lamiales
Famille Oleaceae

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Les frênes, les arbres du genre Fraxinus, appartiennent à la famille des Oléacées et comprennent une soixantaine d'espèces :

Le nom « Fraxinus » vient du latin « lance », car les lances des soldats étaient faites en bois de frêne.

Sommaire

[modifier] Habitat

En association avec le chêne, le frêne forme des futaies appelées « chênaies-frênaies ».

Le frêne, comme l'érable a une stratégie de croissance et de captation de la lumière typique d’essence de trouée, qui le rend également adaptée aux systèmes bocagers. Plus la lumière est disponible, plus il croît vite et de manière importante. Il ne peut comme le hêtre ou le sapin réduire sa croissance fortement quand il manque de lumière et ainsi attendre longtemps le retour d'une situation plus ensoleillée [1].

[modifier] Mythologie

Dans la mythologie scandinave, l'axe et support du monde est un frêne géant nommé Yggdrasil. Le culte scandinave dédiait cet arbre à Odin, roi des cieux, et lui accordait des pouvoirs surnaturels.

Dans la mythologie grecque le frêne est né des éclaboussures de sang qui sont tombés au sol quand Cronos a coupé les parties génitales d'Ouranos. Plus tard, quand Zeus s'est essayé à donner naissance à l'homme, c'est du frêne que sont nés une sorte d'humains particulièrement violents qui ont passé leur temps à se battre entre eux et à se détruire.

[modifier] Vertus médicinales

Avec le tilleul et le bouleau, le frêne (Fraxinus excelsior) est l'un des arbres médicinaux les plus utilisés. Il était aussi autrefois donné en fourrage aux animaux. Son écorce et ses feuilles ont des vertus diurétiques et anti-inflammatoires contre la goutte et les rhumatismes.

  • L'infusion de feuilles (5 g pour 1/4 litre) est diurétique et laxative.
  • Il est utilisées traditionnellement contre l’hypertension par l’homme dans le sud-est marocain, sous forme de poudre de racine séchée bouillie quelques minutes dans l’eau.

Le frêne est particulièrement réputé pour ses propriétés diurétiques, mais également anti-inflammatoires. Les feuilles de frêne sont riches en rutoside, en hétérosides coumariniques et en tanins [2]. Toutefois, elles pourraient devoir leurs propriétés diurétiques à leur richesse en sels de potassium [3]. Une revue de synthèse de 2007, a classé le frêne parmi les plantes médicinales aux propriétés diurétiques les plus prometteuses [4]. Ses propriétés anti-inflammatoires ont également été confirmées scientifiquement [5] [6].

On fabrique dans certaines régions (Nord de la France, Belgique, Normandie), une boisson faiblement alcoolisée appelée frênette, à partir de feuilles de frêne et d'autres ingrédients.

[modifier] Maladies

Plusieurs maladies se développent chez le frêne, probablement du fait des échanges commerciaux internationaux, et peut être en raison d'une tendance au réchauffement climatique.

  • un insecte coléoptère d'origine asiatique lAgrilus planipennis (de la famille des buprestidae) s'est répandu aux États-Unis, en Ontario et depuis 2008 au Québec depuis sa découverte en 2002, obligeant à des abattages sanitaires.
  • Une autre maladie, émergente, est provoquée par une ou plusieurs sous-espèces d'un champignon ; Chalara fraxinea, hyphomycète isolé sur des brindilles et branches malades mais aussi dans les racines mortes de frênes attaqués et encore vivants[7]. Cette maladie semble avoir émergé au début des années 1990 en Europe de l’Est et du Nord (d'abord repéré au début des années 90 en Pologne). D'après de récentes études [8] le téléomorphe de cette espèce est Hymenoscyphus albidus.
    De 1990 à 2008, la maladie a été repérée en Autriche[9] [10], Finlande, Allemagne[11], Hongrie[12], Lituanie, Norvège[13], Pologne[14], Suède et sur la base des symptômes, au Danemark[15], en Estonie, Lettonie et Suisse[16]) et elle progresse vers l'Europe de l'Ouest, puisque détectée par l'ONF de Vesoul en France à l’automne 2008 chez des peuplements malades dans plus de de 80 communes de Haute-Saône[17].
    En Belgique, le DNF et laboratoire de mycologie du Centre de recherches agronomiques (CRA) de Gembloux assurent une veille sanitaire. Des experts craignent que ce champignons puisse aussi s’attaquer ensuite à d’autres essences. Il infecte l'arbre et provoque notamment le dessèchement puis la mort des rameaux de un ou deux ans (juste avant le débourrement ou durant les sécheresses estivales). La base des rameaux morts ou latéraux présente généralement d'abord des nécroses corticales (sans exsudats) qui s’étendent ensuite aux branches des couronnes (avec descente de cime) puis au tronc pour former des faciès chancreux. Le bois attaqué devient gris[18]. Un développement anarchique de pousses épicormiques est parfois constaté (à partir de bourgeons dormants)
    Dans les zones touchées par la maladie, les experts recommandent de ne transporter que du frêne bien sec[19]. On manque encore de données précises sur la pathogénicité de ce champignon, des causes qui facilitent l'infection du frêne (Le gel et/ou les sécheresses pourraient le favoriser). En 2007, le frêne européen (Fraxinus excelsior) était touché, mais aucune donnée n'était disponible sur la sensibilité à ce parasite pour d'autres espèces de Fraxinus. Selon l'EPPO, les plants de pépinières et le transport de bois contaminé semblent expliquer la propagation de la maladie sur de longues distances[20]. La maladie être souvent chronique, et parfois mortelle pour l'arbre. Ces dépérissement ont été observés en forêt, mais aussi en ville (parcs et jardins) et en pépinières.
    Voir des photos illustrant les symptômes visibles de cette maladie

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

  1. PETRI AN A. M., VON LÜPKE B., PETRI AN I. C. [2009]. Influence of light availability on growth, leaf morphology and plant architecture of beech (Fagus sylvatica L.), maple (Acer pseudoplatanus L.) and ash (Fraxinus excelsior L.) saplings. European Journal of Forest Research 128(1) : 61-74 (14 pages, 6 figures, 5 tableaux, 56 références). [European Journal of Forest Research www.springerlink.com/content/110827/ Voir] (consulté 2009 03 09, cité par Forêt mail de Mars 2009)
  2. Monographie du Frêne (Fraxinus excelsior) sur le site "La nutrition.fr"
  3. Y. Donadieu Les thérapeutiques naturelles, sur le site 01sante.com
  4. Wright CI, Van-Buren L, Kroner CI, Koning MM, Herbal medicines as diuretics: A review of the scientific evidence, J Ethnopharmacol. 2007;114:1-31.
  5. Schempp H, Weiser D, Elstner EF, Biochemical model reactions indicative of inflammatory processes. Activities of extracts from Fraxinus excelsior and Populus tremula, Arzneimittelforschung, 2000;50:362-72
  6. Cappaert D, D.G. McCullough, T.M. Poland and N.W. Siegert. 2005. Emerald ash borer in North America: a research and regulatory challenge. American Entomologist 152-165
  7. T. Kowalski, Chalara fraxinea sp. nov. associated with dieback of ash (Fraxinus excelsior) in Poland Forest Pathology Volume 36, Issue 4 , Pages264 - 270 2006 Blackwell Verlag, Berlin
  8. Kowalski T. and Holdenrieder O. 2009 The teleomorph of Chalara fraxinea, the causal agent of ash dieback. Forest Pathology doi: 10.1111/j.1439-0329.2008.00589.x
  9. Halmschlager E, Kirisits T (2008) First report of the ash dieback pathogen Chalara fraxinea on Fraxinus excelsior in Austria. New Disease Reports, Volume 17, February 2008 - July 2008. (Lire)
  10. Actual situation of dieback of ash in Austria by TL Cech and U Hoyer-Tomiczek (Research and Training Centre for Forests, Natural Hazards and Landscape ; BFW))
  11. Schumacher J, Wulf A, Leonhard S (2007) First record of Chalara fraxinea T. Kowalski sp. nov. in Germany – a new agent of ash decline. Nachrichtenblatt des Deutschen Pflanzenchutzdienstes 59(6), 121-123 (in German).
  12. Szabó I (2008) Dieback of common ash (Fraxinus excelsior) caused by Chalara fraxinea. Növényvédelem 44(9), 444-446 (en Hongrois).
  13. Ash dieback (Norwegian Institute of Forestry and landscape. , en norvégien)
  14. Kowalski T (2006) Chalara fraxinea sp. nov. associated with dieback of ash (Fraxinus excelsior) in Poland. Forest Pathology 36(4), 264-270.
  15. Ash dieback in Denmark (Forest & Landscape Denmark)
  16. Protection des forêts – Vue d’ensemble 2007 (publié en 2008)
  17. Piou D., Caroulle F. [2008]. Émergence d’une nouvelle maladie du frêne. Forêts de France 519 : 29 (1 p., 2 fig.).
  18. Fiche Protection des végétaux ; Revue de la Fédération Wallonne Horticole – n° 50 Chalara fraxinea, un nouveau champignon qui attaque le frêne en Europe : appel à signalement
  19. Chandelier A. [2008]. Le frêne, une essence menacée en Europe ? Silva Belgica 115 : 28-31 (4 p., 3 fig., 5 réf.)
  20. Page de la liste d'Alerte de l'EPPO (en) datée 2007_09, revue 2008-02 et Consultée 2009 92 12 22:46
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