Ski de montagne

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Participant de la Patrouille des Glaciers (édition 2006)

Le ski de montagne[1],[2], ou ski-alpinisme[3] ou ski de randonnée[4],[5] (ski touring dans les pays anglophones) consiste à évoluer à ski sur des terrains enneigées, d'une manière très proche de la nature, sans utilisation d'aménagements spécifiques aux domaines skiables (sans remontées mécaniques et sans parcours de zones damées notamment), à titre de loisir ou de compétition.

Le ski de montagne et le ski-alpinisme se pratiquent sur très fortes pentes, le plus souvent avec des skis de type alpin ; le ski de randonnée peut aussi s'entendre pratiqué avec des skis de fond[6],[7],[8].

L’ascension s'effectue grâce à un équipement particulier de la semelle des skis :

  • avec des skis de type alpin ce sont des peluches anti-recul, souvent appelées « peaux de phoque » car cette fourrure était utilisée autrefois, avant l'invention de matières synthétiques ;
  • avec des skis de fond, ce sont le plus souvent des écailles sur la semelle.

Cette ascension peut se compléter par des parcours à pied, skis à la main ou sur l'épaule. La descente s'effectue par la glisse sur la neige, selon le style approprié aux skis utilisés : alpin, télémark ou tout autre (descente snowboard avec montée en splitboard ou en raquettes), ski de fond.

Terminologie[modifier | modifier le code]

En France, le terme de ski alpinisme est l’appellation officielle retenue par le Ministère des Sports en France 2008[9] pour désigner différentes pratiques de ski de montagne :

  • le ski de randonnée, terme désigné par de nombreux pratiquants pour désigner le ski alpinisme dans son ensemble, a une connotation d’activité de loisir, sans objectif de performance ou de compétition ;
  • le ski-alpinisme ou ski de montagne est la variante du ski de randonnée orientée alpinisme et/ou compétition, avec mise en œuvre de techniques de l’alpinisme et l'équipement associé : passage de zones glaciaires ou rocheuses notamment ;
  • le ski de randonnée nordique utilise quant à lui des skis beaucoup plus proches du matériel de ski de fond que de celui du ski alpin.

Le terme de ski hors piste, free-rando ou freeride en anglais, relatif à des descentes hors de pistes travaillées ou balisées, n'exclut pas en revanche l'usage de remontées mécaniques, voire d'héliportage : pouvant notamment être pratiqué en station de ski, il ne relève donc pas du seul ski alpinisme.

Histoire du ski alpinisme[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Il est difficile de définir précisément l’histoire de ce sport puisque l’homme skie depuis environ 4 000 ans, la trace des premiers skis ayant été trouvée sur des peintures rupestres de Norvège. Mais le ski en Norvège est utilisé principalement en dehors des montagnes [10]. Le ski arrive dans les Alpes au XIXe siècle en tant que moyen de transport et, à la fin du XIXe siècle, est transformé en loisir par la bourgeoisie anglaise[11] vers la fin du XIXe siècle, avec l’exploration de massifs au moyen du ski de randonnée.

Le premier raid à ski connu a lieu du 19 au 23 janvier 1897, par Wilhelm Paulcke avec quatre amis et deux porteurs. Ils réalisent la traversée de l'Oberland[12].

C’est dans les années 1930 que se fait la séparation entre ski de randonnée et ski alpin. À la fin des années 1960, un nouveau tournant s’opère lorsque des skieurs se mettent à rechercher la difficulté pour le plaisir, et on voit alors apparaître le ski de montagne.

Le ski alpinisme aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Actuellement, après de nombreuses années de recul dû à l’avènement du ski alpin, le ski de randonnée connaît un nouvel essor. Ceci est principalement dû à l’amélioration du matériel qui vient à égaler celui qu’on peut trouver en ski alpin, tout en étant très léger. Il attire alors un nouveau public désireux de fuir les remontées mécaniques et qui voit dans le ski de randonnée un loisir écologique. La pratique du ski de randonnée s’est aussi diversifiée, allant du raid de plusieurs jours dans un but essentiellement contemplatif à de petites courses à la journée de très grande difficulté. On peut aussi citer les compétitions de ski de montagne qui attirent de plus en plus de skieurs.

Les guides de haute montagne proposent depuis longtemps des programmes de ski de randonnée à la journée, localement à partir des stations de ski des Alpes, pour découvrir cette activité en sécurité. Ils proposent aussi des séjours de plusieurs jours (raids à ski) dans les Alpes françaises, italiennes, suisses, autrichiennes. L'engouement pour cette forme de ski, ainsi que la réduction des domaines non aménagés, amène une forte fréquentation des massifs européens vierges résiduels, tant sur les itinéraires que dans les refuges de montagne. Cela a amené certains professionnels à proposer aussi des destinations plus exotiques qui allient le ski à la découverte de nouveaux horizons et de cultures différentes. On peut ainsi pratiquer le ski de randonnée dans les pays de l'Est, au Maroc, en Turquie, en Norvège, au Groenland et dans bien d'autres pays.

Matériel[modifier | modifier le code]

L'équipement du skieur-alpiniste se différencie de celui du skieur alpin principalement pour la montée, ainsi que pour les aspects de sécurité. Au niveau vestimentaire, la conjugaison des conditions climatiques hivernales et de l’effort physique requis à la montée conduit à appliquer la technique des trois couches, et à prévoir du change.

L'orientation ski de randonnée ou ski-alpinisme, la nature du terrain abordé, la durée prévue de la course, guident également la nature du matériel effectivement emporté. Ainsi la pratique en compétition conduit à privilégier des matériels plus légers, souvent plus coûteux.

Pour la montée[modifier | modifier le code]

Montée en ski de randonnée
Chaussures, fixation (type diamir) et crampon de ski de randonnée
  • Les skis de randonnée et d’alpinisme sont proches des skis alpins, avec en général une structure allégée.
  • Pour éviter de glisser vers l'arrière, on accole à la montée sous les skis des peaux de phoques, dispositif désormais synthétique pourvu de poils ras.
  • Les chaussures sont plus souples, avec parfois un chausson amovible, et peuvent être débrayées au niveau du talon pour augmenter la flexion.
  • Les fixations se détachent de l'arrière et pivotent à l'avant; il existe trois grandes familles de fixation, toutes trois désignées par le nom de leur fabricant :
    • les diamir et les marker, dont le principe est proche des fixations de ski alpin classique ;
    • les dynafit, allégées, dont le principe consiste en deux picots s’insérant sur les côtés avant de la chaussure, requérant alors des chaussures spéciales.
  • Les fixations intègrent des cales qui permettent de surélever le talon dans les pentes plus raides.
  • Quand les conditions de neige ou les conditions du terrain le justifient, on peut ajouter des couteaux (crampons adaptés aux skis) sur les skis pour éviter de déraper.
  • Quand la pente (neigeuse ou rocheuse) est trop raide on doit parfois se munir de sac adapté à un portage latéral des skis, et utiliser un piolet et des crampons (d'où l'appellation ski alpinisme).

Pour la descente[modifier | modifier le code]

  • Les fixations peuvent être « bloquées » à l'arrière, bloquant le pivotement avant et restituant ainsi les sensations du ski de piste.
  • La polyvalence des skis permet d’aborder tout type de neige, bien que leur légèreté présente des inconvénients particulièrement sur neiges dures ou damées (apparition de phénomène de vibration).
  • Les skis sont munis souvent d'un trou dans la spatule, ce qui permet de les suspendre en cas de besoin, de faciliter des mouflages, de confectionner un brancard.
  • Emporter un fart à froid permet de pallier une altération du fartage en cours de course (conditions climatiques et de terrain agressives notamment).

Pour la sécurité[modifier | modifier le code]

Cette activité amène à évoluer en moyenne ou en haute montagne et nécessite donc une très bonne connaissance du terrain, de la nivologie, éventuellement des risques sur glacier, de la météorologie en montagne et des itinéraires pour assurer la sécurité des skieurs. Il est conseillé aux pratiquants de se renseigner avant de partir auprès des services météo et nivologie et des professionnels de la montagne (pisteurs-secouristes ou guides de haute montagne). Par ailleurs, ces aspects de sécurité conduisent aussi à s’équiper de matériel spécifique, qui alourdit d’autant le portage et accentue le caractère physique et sportif de cette activité.

Matériel préventif[modifier | modifier le code]

Du fait de la pratique du ski de montagne en terrain non sécurisé ni balisé, le skieur doit ainsi s'équiper préventivement :

  • de matériel d'orientation : boussole, altimètre et cartographie ;
  • de matériel de gestion du temps, tel qu'une montre, et d'informations météorologiques et nivologiques ;
  • le cas échéant, particulièrement en ski-alpinisme, des équipements de sécurité complémentaires spécifiques au terrain abordé :
    • matériel de progression sur terrain glaciaire ou rocheux : cordes, piolet, casque, etc.
    • selon les règlementations des compétitions, il est parfois nécessaire d'avoir un baudrier.

Matériel curatif[modifier | modifier le code]

Afin de faire face aux conséquences des possibles avalanches et autres accidents de montagnes :

  • l'indispensable triptyque ARVA-pelle-sonde regroupe un ARVA (appareil de recherche des victimes d’avalanche), une pelle à neige et une sonde à neige ;
  • GPS et moyen de communication hertzien, permettent d'assurer d'éventuels secours et la localisation ;
  • une trousse médicale selon les compétences des participants ;
  • il peut également s’avérer prudent de se munir de quelques outils légers de réparation : tournevis, pince, couteau suisse, fil de fer, etc.

Cotations[modifier | modifier le code]

Plusieurs cotations existent en ski de montagne. On peut en distinguer principalement trois, détaillées ci-après dans l'ordre chronologique de leur apparition. Ces cotations sont données pour des conditions de neige favorable, ce qui est rarement le cas dans les pentes raides. Il convient alors d'avoir une marge technique lorsque les conditions de neige ne sont pas idéales, ce qui reste une observation subjective.

Cotation « Blachère »[modifier | modifier le code]

Du nom de son inventeur Gérard Blachère.

Cette cotation fut la première inventée pour le ski de montagne. C'est une cotation générale donnant une indication sur l'ensemble de la course. Elle n'est quasiment plus utilisée de nos jours en France mais elle existe encore dans des ouvrages suisses ou allemands.

Elle est formée sur la base de trois (voire quatre) abréviations principales, auxquelles peut s'ajouter une abréviation supplémentaire :

Abréviations principales :

  • SM : Skieur moyen
  • BS : Bon skieur
  • TBS : Très bon skieur

On peut parfois trouver ES pour « Excellent skieur ».

Abréviation supplémentaire : A pour « Alpiniste » quand le terrain demande l'utilisation des techniques d'alpinisme.

L'utilisation de cette cotation peut par exemple donner TBSA (Très bon skieur alpiniste) pour une course très ardue nécessitant des techniques de l'alpinisme, ou SAM (Skieur alpiniste moyen) pour une course dont la difficulté de ski reste raisonnable mais recourant tout de même aux techniques de l'alpinisme.

Cotation « Traynard »[modifier | modifier le code]

Du nom de son inventeur Philippe Traynard, auteur de plusieurs guides de ski de montagne.

C'est une cotation ponctuelle indiquant la difficulté technique du passage le plus difficile. Elle est utilisée actuellement dans certains ouvrages.

  • S1 : Itinéraire facile ne nécessitant pas de technique particulière pour évoluer en sécurité, route forestière par exemple.
  • S2 : Pentes assez vastes, même un peu raides (25°), ou itinéraires vallonnés (niveau technique de contrôle des dérapages et virages en toutes neiges).
  • S3 : Inclinaison des pentes jusqu'à 35° (pistes noires les plus raides des stations, en neige dure). L'évolution en toutes sortes de neige doit se pratiquer sans difficulté technique.
  • S4 : Inclinaison des pentes jusqu'à 45° si l'exposition n'est pas trop forte; à partir de 30° et jusqu'à 40° si l'exposition est forte ou le passage étroit. Une très bonne technique à ski devient indispensable.
  • S5 : Inclinaison de 45 à 50° voire plus si l'exposition est faible. À partir de 40° si l'exposition est forte.
  • S6 : Au delà de 50° si l'exposition est forte, ce qui est le plus souvent le cas. Sinon à partir de 55° pour de courts passages peu exposés.
  • S7 : Passages à 60° ou plus, ou saut de barres en terrain très raide ou exposé (ce qui est souvent synonyme)

En général, cette cotation est accompagnée d'une cotation globale de la course, introduite par François Labande, auteur également de plusieurs guides de ski alpinisme, et issue de l'échelle alpine. Ces cotations renseignent sur le sérieux, l'engagement et l'exposition globale de la course :

  • F : Facile
  • PD : Peu Difficile
  • AD : Assez difficile
  • D : Difficile
  • TD : Très Difficile
  • ED : Extrêmement difficile

Cotation « Shahshahani »[modifier | modifier le code]

Du nom de son inventeur Volodia Shahshahani.

Toponeige Volopress : Cotations Ski, Marche, Exposition

C'est la cotation la plus récente en ski de montagne. C'est aussi la plus complète et la plus complexe puisqu'elle comporte trois échelles différentes pour évaluer la difficulté de montée, la difficulté de ski ainsi que l'exposition de la course.

La cotation complète d'une course consiste en la juxtaposition de ces trois cotations.

Difficulté de montée[modifier | modifier le code]

Cette cotation reprend la cotation alpine en rajoutant la cotation R (« Rando ») lorsqu'il n'y a aucun passage technique lors de l'ascension. À noter que les cotations extrêmes (TD, ED et ABO) ne sont pour ainsi dire jamais utilisées car elles représentent des passages non skiables en général.

Difficulté de descente[modifier | modifier le code]

Cette cotation est copiée sur le système de cotation américain en escalade. C'est une échelle ouverte comportant cinq grands niveaux, les quatre premiers étant séparés en trois sous-niveaux, et le dernier n'étant pas limité.

Les cotations vont de 1.1 (aucune difficulté technique) à 5.6 qui est la cotation maximale actuellement. L'échelle étant ouverte, il n'existe cependant aucune limite théorique à la difficulté.

Le terme ski de randonnée est utilisé pour les cotation de 1.1 à 3.3. Le terme ski de montagne est réservé aux courses dépassant la cotation 4.1. Au delà, jusqu'à 5.3, on parle de ski de pente raide et à partir de 5.4 on parle de ski extrême.

Exposition[modifier | modifier le code]

Cette échelle à quatre niveaux, indépendante de la difficulté de la course, représente le risque couru par le skieur en cas de chute :

  • E1 : Risque faible : en cas de chute, le skieur ne risque pas de percuter un obstacle.
  • E2 : Risque moyen : quelques obstacles comme des rochers ou des petites barres rocheuses blessent le skieur.
  • E3 : Risque important : de nombreux obstacles blessent très gravement le skieur, mort probable.
  • E4 : Risque très important : mort certaine.

Compétitions[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Y. Cochennec, « [ William Bon Mardion ] A la découverte du ski-alpinisme », Air le mag, no 36, février 2013, p.  48-51

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Herzog et Pierre Courthion, La montagne, Larousse,‎ 1956, 475 p., p. 335
  2. Claude Traynard et Philippe Traynard, Ski de montagne,‎ 1994 (ISBN 2700300238)
  3. Sylvain JOUTY et Hubert ODIER, Dictionnaire de la montagne, Omnibus,‎ septembre 2009 (ISBN 225808220X)
  4. François Labande et Georges Sanga, Ski de randonnée, Valais central : 118 itinéraires de ski alpinisme dont la Haute route, Genève, Olizane,‎ 2007, 305 p. (ISBN 2880863589)
  5. Emmanuel Cabau, Ski de randonnée, Savoie, Genève, Olizane,‎ 2010, 303 p. (ISBN 2880863910)
  6. Nathalie Le Coz, Découvrir le Bas-Saint-Laurent : Nature et culture, Québec, Fides,‎ mai 2007, 225 p. (ISBN 2762127866), p. 82, 106, 174
  7. Michel Roux, Les Géographes et le tiers temps : Approches des loisirs urbains, Université de Besançon, coll. « Annales littéraires du laboratoire de géographie humaine »,‎ mai 1989, 229 p. (ISBN 2251604006), p. 177, 194, 205
  8. Guide du citoyen, Québec, Ministère des communications,‎ mai 1977, 554 p., p. 286, 287
  9. Appellation officielle de 2008. Ski de rando, ski-alpinisme ... chacun trouve spatule à son pied !
  10. Skieurs du ciel Dominique Potard aux Éditions Guérin p. 17.
  11. Skieurs du ciel Dominique Potard aux Éditions Guérin p. 15.
  12. Skieurs du ciel Dominique Potard aux Éditions Guérin p. 23.