Pic noir

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Pic noir

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Pic noir et jeunes en Finlande

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Piciformes
Famille Picidae
Genre Dryocopus

Nom binominal

Dryocopus martius
(Linnaeus, 1758)

Répartition géographique

alt=Description de l'image Dryocopus martius distr.PNG.


Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le Pic noir (Dryocopus martius) est le plus grand des pics européens. Sa taille peut atteindre 51 cm. C'est un pic au plumage noir, sauf une calotte rouge chez le mâle (seulement la nuque chez la femelle). C'est un oiseau forestier au tambourinage très sonore, des forêts de hêtres et de conifères qui se repaît d'insectes xylophages.

Dans des arbres sains, en général des hêtres en plaine, il creuse une cavité de grande taille en forme de puits (pouvant aller jusqu'à 50 cm) dans laquelle il installe son nid. La femelle pond le plus souvent 3-4 œufs dont l'incubation est courte (12 jours). Les jeunes quittent le nid au bout de 28 jours.

En dehors de la période de reproduction, c'est un oiseau sédentaire, territorial et solitaire. Ses loges sont réutilisées comme nichoir par de nombreuses autres espèces comme la Chouette de Tengmalm, la Martre des pins, le Choucas des tours par exemple ou, plus étonnant, par le Garrot à œil d'or, un canard du nord de l'Europe.

Le Pic noir est originaire des forêts montagnardes du nord et du centre de l'Europe. En France, il est en expansion en plaine et vers les régions atlantiques depuis le début des années 1960, sans qu'on puisse en expliquer réellement la raison. L'hypothèse d'une modification des pratiques sylvicoles est avancée, mais les ornithologues français se perdent en conjectures. En Belgique, l'espèce connaît le même dynamisme parce qu'elle a largement profité des vagues d'enrésinement et plus particulièrement des exploitations de résineux. En effet, le Pic noir défonce les souches des résineux à la recherche d'insectes xylophages dont il se nourrit abondamment (Colmant 1996).

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Trois sous-espèces sont décrites chez le Pic noir. La sous-espèce martius est répandue dans la zone paléarctique, de la France et la Scandinavie au nord du Japon ; la sous-espèce pinetorum est présente du sud et du centre de l'Europe au nord de l'Iran ; la sous-espèce khamensis, plus petite, vit dans l'ouest de la Chine. Il est à noter, toutefois, que la sous-espèce pinetorum est de plus en plus considérée aujourd'hui comme synonyme de martius.

État des populations, pression et menaces[modifier | modifier le code]

Pic noir

Comme tous les pics, le Pic noir a sans doute beaucoup souffert au XXe siècle de la raréfaction des bois morts et arbres sénescents en forêt. Le monitoring de la «  Station ornithologique suisse » a montré que la restauration de la quantité et qualité des bois morts et sénescents (suivi par l'Inventaire forestier national suisse) a permis une nette augmentation des populations reproductrices des espèces forestières dépendante de plusieurs types de bois mort (pic noir, mais aussi Pic épeiche, Pic mar, Pic épeichette, Pic vert, Pic tridactyle ainsi que Mésange huppée, Mésange boréale et Grimpereau des bois) de 1990 à 2008, bien que, dans une certaine mesure, ces données soient variables selon les espèces. Le Pic à dos blanc a même fortement élargi son aire dans l’est de la Suisse.
Pour toutes les espèces suivies, hormis pour le Pic vert et le Pic mar, la disponibilité croissante en bois mort semble être le facteur explicatif le plus important. Ces espèces consommant les insectes parasites des arbres, on peut supposer que la résilience écologique des forêts en sera améliorée[1],[2],[3],[4].

Protection[modifier | modifier le code]

Vieux tronc de hêtre commun attaqué par un pic noir (Forêt de Hez-Froidmont, Oise).
Jeune pic noir.

Le Pic noir bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. Il est inscrit à l'annexe I de la directive Oiseaux de l'Union européenne. Il est donc interdit de le détruire, le mutiler, le capturer ou l'enlever, de le perturber intentionnellement ou de le naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids, et de détruire, altérer ou dégrader son milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter. Les mesures sont équivalentes dans d'autres pays, dont la Belgique.

Un autre volet de la protection du Pic noir concerne ses sites de nidification et ses arbres à loges. L'enjeu pour le Pic noir et les espèces hôtes est important. Pour l'illustrer, un suivi de 15 ans dans des forêts de Wallonie en Belgique permet de tirer des enseignements du maintien des arbres à loges lors des exploitations forestières (Colmant 2010). Non seulement le nombre de loges augmente progressivement, ce qui favorise les reproductions du Pic noir mais aussi celles des espèces hôtes tels le Pigeon colombin Columba oenas le Choucas des tours Corvus monedula, ainsi que celles d’autres espèces d’Oiseaux, de Mammifères et d'Hyménoptères. Les résultats suggèrent que l’augmentation du nombre de loges se poursuit avec la mesure conservatoire et que celles-ci sont occupées par un cortège d’espèces de plus en plus diversifié au fil des ans.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Colmant L. 2010 : Quinze années de protection des arbres à loges du Pic noir Dryocopus martius dans les forêts du sud de l'Entre-Sambre-et-Meuse (Belgique), Nos Oiseaux 57 (2)
  • (fr) Colmant L. 2003 : Population, sites de nidification et arbres à loges du Pic noir Dryocopus martius dans la région du parc naturel Viroin-Hermeton (Wallonie, Belgique), Alauda 71 (2) : 145-157
  • (fr) Colmant L. 1996 : La conservation du Pic noir Dryocopus martius en zone de protection spéciale : exemple de la forêt domaniale indivise de Stambruges, Forêt wallonne, 26 : 10-15
  • (fr) Michel Cuisin : « Essai d'une monographie du Pic noir Dryocopus martius », Alauda, 1967-1968.
  • (fr) R. Peterson, G. Mountfort, H. Hollom / P. Géroudet : Guide des oiseaux de France et d'Europe. Éditions Delachaux et Niestlé. ISBN 2-603-01446-3
  • (fr) « Les aventures d'Arsène Lepic » dans La Hulotte, n°82, 2002. ISSN 0337-2154
  • (en) Hans Winkler, David Christie, David Nurney : Woodpeckers. Pica Press, 1995. ISBN 1-873403-25-9

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Mollet Schweizerische, Niklaus Zbinden Schweizerische, Hans schmid Schweizerische ; “Steigende Bestandszahlen bei spechten und anderen Vogelarten dank Zunahme von Totholz ?” (« Est-ce que les effectifs de pics augmentent grâce à l'accroissement de la quantité de bois mort ? » Station ornithologique suisse. Schweiz Z Forstwes 160 (2009) 11: 334–340
  2. Barbalat A. & Piot B. (2009) Progression récente du Pic mar (Dendrocopos medius) dans le Bassin genevois. Nos Oiseaux, 56: 87–97.
  3. Bütler R., Angelstam P., Ekelund P. & Schlaepfer R. (2004) Dead wood threshold values for the three-toed woodpecker presence in boreal and sub-Alpine forest. Biol. Conserv., 119: 305–318.
  4. Mulhauser B. & Junod P. (2003) Apparition et expansion des populations neuchâteloises de Pic mar Dendrocopos medius dans la seconde moitié du XXe s. en relation avec l’évolution des forêts. Nos Oiseaux, 50: 245–260.

Références externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :