Pinus nigra

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Le Pin noir d'Autriche (Pinus subs. nigra), appelé simplement pin noir en Europe, est une espèce de pin présentant de nombreuses variétés et que l'on trouve en Europe méridionale, de l'Espagne à la Crimée, en Asie Mineure, à Chypre et, localement, dans les montagnes de l'Atlas en Afrique du Nord-Ouest.

L'une de ses sous-espèces, le Pin de Salzmann - en raison de sa résistance à la sécheresse - fait l'objet d'études, de la part de l'INRA notamment, qui songe à le valoriser dans le contexte de la perspective d'un réchauffement climatique [1]. Ses populations naturelles constituent un habitat prioritaire au sens de la directive Habitats[2] « Pinèdes (sub- ) méditerranéennes de pins noirs endémiques : Pin de Salzmann ».

Morphologie[modifier | modifier le code]

C'est un grand arbre puisque sa taille atteint 20 à 55 mètres de hauteur à sa maturité[réf. nécessaire]. La couleur de son écorce est jaune-brun à gris ; elle est couverte de larges écailles plates séparées par de profondes fissures qui s'élargissent de plus en plus avec l'âge. Les feuilles, nommées aiguilles, sont groupés par deux dans une gaine, sont de couleur vert-foncé, et ont huit à vingt centimètres de longueur[réf. nécessaire]. Les cônes d'ovules et de pollen apparaissent à partir de mai ou juin. Les cônes de graines mûres ont de cinq à dix centimètres de long[réf. nécessaire], et ont des écailles arrondies ; le mûrissement, qui s'effectue en septembre et novembre, dix-huit mois après la pollinisation, fait passer leur couleur du vert au jaune chamois clair. Les graines, pourvues d'ailes, sont dispersées par le vent lors de l'ouverture des cônes, de décembre à avril. La maturité sexuelle de l'arbre est atteinte entre quinze et quarante ans[réf. nécessaire]. De grosses quantités de graines sont produites tous les deux à cinq ans. Sa croissance est modérément rapide, de 30 à 70 cm. par an[réf. nécessaire], et, en général, il présente une silhouette conique arrondie, devenant irrégulière avec l'âge. Il a une assez grande longévité : quelques-uns ont plus de cinq cents ans[réf. nécessaire].

Cône de pin noir.

Le bois du pin noir, semblable à celui des pin sylvestre et pin rouge (Pinus resinosa), est modérément dur et présente un grain droit. Il tend cependant à être plus rugueux, plus mou et moins fort, en raison de la croissance plus rapide de l'arbre.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Le pin noir pousse à des altitudes s'étendant entre le niveau de la mer et deux mille mètres, le plus généralement entre 250 et 1 600 m.

Le pin noir n'apprécie pas l'ombre et a besoin de beaucoup de soleil pour bien se développer, mais il résiste bien aux dommages occasionnés par la neige et la glace.

Données autécologiques : essence de lumières, dont les semis peuvent néanmoins supporter léger ombrage. Il tolère les sols calcaires , marneux, sec et argileux compacte[3].

Chaque variété est adaptée à différents types de sol, selon sa provenance géographique: les pins noirs d'Autriche ou des Pyrénées s'épanouissent facilement sur une large gamme de sols, le laricio corse supporte mal les sols calcaires contrairement aux pins d'origine turque ou criméenne. Quelle que soit sa provenance, le pin noir croît facilement sur le podzosol. La sous-espèce orientale nigra fait preuve d'une plus grande robustesse au gel en hiver, même au-dessous de -30 °C, que la sous-espèce occidentale salzmannii qui résiste jusqu'à environ -25 °C.

[réf. nécessaire]

Sous-espèces et variétés[modifier | modifier le code]

L'espèce est divisée en deux ou trois sous-espèces, chacune encore subdivisée en différentes variétés:

  • Pinus nigra subsp. nigra Arn., variété orientale, qui pousse de l'Autriche, à la Crimée et à la Turquie, en passant par le nord-est et le centre de l'Italie :
    • Pinus nigra subsp. nigra var. nigra Arn. : pin noir d'Autriche ;
    • Pinus nigra subsp. nigra var. caramanica (Loudon) Rehder : pin noir de Turquie ;
    • Pinus nigra subsp. nigra var. pallasiana (Lambert) Asch. & Graebn. : pin de Crimée ;
  • Pinus nigra subsp. salzmannii (Dunal) Franco 1943, variété occidentale, qui pousse en France (Cévennes et Pyrénées orientales), en Espagne et en Afrique du Nord :
    • Pinus nigra subsp. salzmannii var. salzmannii (Dunal) Franco 1943 : pin noir des Cévennes ou pin de Salzmann ;
    • Pinus nigra subsp. salzmannii var. mauretanica Maire & Peyerimoff : pin noir de l'Atlas ;
  • Pinus nigra subsp. laricio (Poiret) Maire (ou Pinus nigra subsp. salzmannii var. laricio (Loudon) (Hylander), sous-espèces endémiques de Méditerranée :
    • Pinus nigra subsp. laricio var. corsicana : Pin laricio de Corse ;
    • Pinus nigra subsp. laricio var. calabrica : pin laricio de Calabre.
Pin de Salzmann.
Pin noir d'Autriche

En Europe et en Asie Mineure, les pins noirs poussent habituellement dans un habitat commun à d'autres résineux, comme le pin sylvestre (Pinus sylvestris), l'épicéa de Serbie (Picea omorika), le pin de Bosnie (Pinus heldreichii), l'épicéa commun (Picea abies), le cèdre du Liban (Cedrus libani), le sapin blanc (Abies alba) et d'autres conifères, plusieurs espèces du genévrier (Juniperus), et divers feuillus.

Le pin noir d'Europe est utilisé comme ornement citadin, notamment aux États-Unis, du fait de sa grande résistance au sel routier utilisé en hiver, aux divers polluants industriels (y compris l'ozone), ainsi que de sa tolérance à la sécheresse.

Le Pin de Salzmann[modifier | modifier le code]

C'est peut-être une espèce relique, qui a aussi servi à des chantiers de reboisements, et qu'on trouve en France notamment dans 4 zones étudiées par l'INRA ;

  1. Saint-Guilhem-le-Désert (reboisements de plusieurs centaines d'hectares) et Carlencas dans le piémont des Cévennes (Hérault),
  2. les Cévennes proprement dites (Gard, Ardèche),
  3. les confins des Cévennes avec le col d'Uglas (Gard) et en bosques de moins d'une centaine d'arbres dans les Gorges du Tarn (Lozère), et
  4. le Conflent (Pyrénées-Orientales).

...mais qui est localement susceptible de ne pas être autochtone ou d'avoir subi une pollution génétique[4],[5],[6],[7].
Les fiches "Habitat prioritaire" relatives à ce pin recommandent à la fois ;

  • une gestion in situ des populations et de leur diversité génétique, par ouverture des peuplements pour favoriser la régénération naturelle, ou une gestion sylvicole classique avec élimination des pins noirs introduits. Pour l'INRA seuls les arbres de plus de 150 ans sont susceptibles d'être très probablement autochtone…) [1] ;
  • une Conservation ex situ (récolte conservatoire de graines, verger conservatoire avec élevage de plants greffés ou issus de graines) [1].

Cette espèce fait en France l'objet de greffages et d'études génétiques[8] et généralistes[9] dans la perspective d'un réseau de conservation des ressources génétiques et au classement des peuplements[10]

Le Pin noir d'Autriche[modifier | modifier le code]

Pin noir d'Autriche à L'Hôpital (Moselle).

Le pin noir d'Autriche mesure entre 25 et 35 mètres de hauteur. Il a un tronc plus ou moins droit avec un houppier dense et sombre. Cette variété présente des aiguilles de 8 à 14 cm de long, groupées par deux, très rigides, piquantes et droites ou légèrement courbées, presque perpendiculaires au rameau. De couleur verte, elles sont persistantes pendant 4 ou 5 ans. Les bourgeons du pin noir d'Autriche sont oblongs, pointus, et résineux. Les cônes mesurent entre 5 à 8 cm, sont de couleur vert, tournant vers le brun-clair, avec une écorce grisâtre dans le jeune âge puis se crevassent en larges plaques épaisses de couleurs noirâtre en vieillissant. Le bois possède de bonnes propriétés mécaniques mais avec beaucoup de nœuds. Le pin noir d'autriche est une essence héliophile, le pin noir d'Autriche se développe en climat continental. Cependant les semis peuvent supporter un léger ombrage dans le jeune âge. Il résiste très bien au froid et à la sécheresse, aussi qu'au vent et à la pollution atmosphérique. Il présente un enracinement puissant qui tolère aussi bien les sols calcaires que les sols argileux compacts. Il peut même pousser sur des roches superficielles. À ce titre, il est beaucoup utilisé pour la restauration de terrain en montagne (RTM) pour stabiliser les sols car c'est aussi une essence postpionnière nomade. Le pin noir d'Autriche est souvent utilisé dans les chênaies pubescentes et dans les hêtraies. Dans les boisements il peut être planté avec d'autres essences comme le mélèze, le cèdre, le robinier, ainsi qu'une co-colonisation de pin sylvestre.

Les modes de sylvicultures : La régénération du pin noir d'Autriche peut se faire par régénération naturelle. Elle se produit au alentours des 100 ans du peuplement. Ou bien la régénération peut se faire par plantation. Les densités de plantation du pin noir d'autriche est de l'ordre de 1800 à 2300 plants par hectare. Les dépressages dans le pin noir d'Autriche est conseillé quand les tiges font environ 3 mètres. Le dépressage permet de réduire la densité ; entre 1200 à 1500 tiges par hectare. L'élagage du pin noir d'Autriche peut se faire sur 200 à 250 tiges par hectare. La première éclaircie intervient quand les tiges font de 13 à 15 mètres de haut. Ces éclaircies peuvent être sélectives cloisonnées. Ces travaux sont mécanisables[réf. nécessaire].

Le pin noir et l'homme[modifier | modifier le code]

On emploie le bois, en Europe surtout, comme combustible, ainsi que dans la fabrication de papier et dans la construction générale (par exemple, Napoléon employa notamment les pins laricios de Corse comme mâts pour ses navires[réf. nécessaire]).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Valoriser et conserver le Pin de SALZMANN Compte rendu final établi le 30 novembre 2008, travail dirigé par Bruno Fady
  2. (Directive 92/43 CEE du 21 mai 1992)
  3. Flore forestière Française
  4. Lauranson-Broyer J., Lebreton P., 1995. Flavonic chemosystematics of the specific complex Pinus nigra Arn... In Population genetics and genetic conservation of foret trees, P. Baradat, W.T. Adams, G. Müller-Starck edit., 181-188
  5. Nei M, 1973. Analysis of gene diversity in subdivided populations. Proc. Natl. Acad. Sci. USA. 70:3321-3323
  6. Quézel P., Barbéro M., 1988. Signification écologique des peuplements naturels de Pin de Salzmann en France. Ecol. medit., XIV (1-2), 41-63
  7. Rafii Z. R., Dodd R. S., Zavarin E., 1996. Genetic diversity in foliar terpenoids among natural populations of European Black pine. Biochemical Systematics and Ecology, 24 (4), 325-339.
  8. Regato P., Gamisans J., Gruber M., 1995. A syntaxonominal study of Pinus nigra subsp. salzmanni forests in the Iberian peninsula. Phytocoenologia, 25 (4), 561-578
  9. Tanghe C., 1991. Ecologie et croissance du pin de Salzmann en France. Mémoire 3è année ENITEF. CEMAGREF
  10. Vautrin M.-A., Royer J., 1998. Le pin de Salzmann (Pinus nigra Arn. ssp clusiana Clem). Etude préalable à la mise en place d'un réseau de conservation des ressources génétiques et au classement des peuplements. CEMAGREF, Nogent sur Vernisson. 8 p. et annexes.