Chèvre

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Un chevreau
Une chèvre (motte)

La chèvre domestique est un mammifère herbivore et ruminant, appartenant à la famille des bovidés, sous-famille des caprins. La chèvre a été domestiquée dès le début du Néolithique[1] (environ -10000 ans), vraisemblablement d'abord pour son lait, puis pour sa laine, sa viande, sa peau et son cuir. La plupart du temps, les chèvres sont domestiquées, mais on les trouve aussi à l'état sauvage dans quelques contrées du Caucase, d'Iran, d'Afghanistan ou d'Irak.

Description[modifier | modifier le code]

Les yeux d'un bouc (mâle de la chèvre).
Anatomie de la chèvre: 1. Mufle 2. Chanfrein 3. Front 4. Cornes 5. Encolure 6. Garrot 7. Épaule 8. Dos 9. Reins 10. Flanc 11. Croupe 12. Cuisse 13. Grasset 14. Mamelle 15. Jarret 16. Canon 17. Pied 18. Trayons 19. Abdomen 20. Coude 21. Boulet 22. Paturon 23. Boulet 24. Genou 25. Bras 26. Pampilles.

La chèvre est un animal d'assez petite taille, à cornes arquées ou sans cornes (motte), très agile, particulièrement adapté au saut. Sa température interne normale est assez élevée (de 38 à 39,5 °C). On la trouve dans toutes les régions du globe, particulièrement en montagne. Les mâles sont appelés boucs et les petits sont des chevreaux (parfois encore appelés cabris). Le mâle castré peut être appelé menon dans certaines régions. Les boucs dégagent toujours une odeur puissante, accrue au moment du rut.

Les yeux de la chèvre ont une particularité, leur pupille est rectangulaire et horizontale, ce qui lui donne un regard étrange ; cela lui permet en fait d'avoir un plus large champ de vision.

La chèvre adulte a 32 dents : 8 incisives inférieures qui s’appuient sur la gencive supérieure qui forme un bourrelet résistant (elle n'a pas d'incisives supérieures). Le fond de la bouche est garni de 24 molaires (12 à chaque mâchoire).

Les chèvres ont toutes 60 chromosomes[2] par cellule. La chèvre mesure entre 80 cm et 1 m, et pèse, selon ses origines, entre 15 kg et 80 kg. Elle vit en moyenne 14 ans. 

La chèvre bêle ou béguète.

Comportement[modifier | modifier le code]

La chèvre est un animal relativement intelligent, s'attachant volontiers au soigneur. C'est une grimpeuse adaptée aux escarpements rocheux, aux murailles ou aux arbres si leur feuillage est convoité; Poussée par son instinct d'exploratrice, elle se retrouve parfois dans des positions délicates.

Les chèvres raffolent de l'herbe à la puce, de l'armoise tridentée, de l'euphorbe ésule et du kudzu. Voilà pourquoi elles sont les stars du désherbage sélectif. On a recours à ces brouteuses pour éliminer les végétaux indésirables, telles les espèces invasives et les broussailles alimentant les feux de forêt. Cette pratique est populaire en Amérique du Nord et en Australie. La location de troupeaux a commencé à prendre de l'essor il y a une dizaine d'années, selon John Walker, écologue à l'université Texas A&M. On utilise à la fois des moutons et des chèvres, mais ces dernières sont plus appréciées en raison de leurs goûts éclectiques, de leur bon équilibre sur un terrain pentu et de leur capacité à brouter plus haut, en appui sur leurs pattes arrière. Les chèvres - dont un troupeau de cent têtes peut se louer 150 euros la journée - arrachent aussi les feuilles avec précision. Les clients ? Des parcs, des ranchs et des particuliers[3].

Soins[modifier | modifier le code]

Certaines races de chèvre, parmi les moins rustiques (alpine, saanen, etc.) ne peuvent rester en plein air pendant les mois d'hiver. Comme beaucoup d'animaux d'élevage, elles doivent avoir accès à de l'eau en quantité suffisante.

Beaucoup d'espèces de chèvres sont victimes d'infestations parasitaires. Les vers intestinaux peuvent être éradiqués par vermifugation. Il convient de contenir également l'infestation du pelage par les puces, tiques ou autres parasites[4].

Alimentation[modifier | modifier le code]

La chèvre est un ruminant: elle possède 4 estomacs. Dans un premier temps, elle  avale grossièrement ses aliments puis les régurgite lorsqu'elle est au calme pour les mâcher , c'est ce que l'on appelle la rumination. Elle les avale de nouveau ensuite dans un autre estomac où ils poursuivent leur digestion

Elle se nourrit de toutes sortes de végétaux sauvages ou cultivés. Ces besoins journaliers sont de l'ordre de :[réf. nécessaire]

  • deux kilogrammes de matières sèches (10 kilogrammes de vert) qu'elle pâturera ou d'un foin composé de légumineuses (vesce, lotier, luzerne, etc.) et de graminées (dactyle, ray-grass, etc.) ;
  • dix litres d'eau environ (variable selon que la ration se compose de vert ou de sec) ;
  • du sel ou une pierre à sel à volonté (compléments en sels minéraux).

Santé[modifier | modifier le code]

La météorisation est une affection qui peut tuer une chèvre en quelques heures. Elle est en général provoquée par la consommation de repousses d'herbes, ou d'herbe trop mouillée de rosée, ou d'un brusque refroidissement. La digestion étant brutalement arrêtée, l'herbe fermente dans l'appareil digestif, occasionnant le dégagement de gaz. Au printemps, pour les troupeaux faisant la transition entre les chèvreries et les pâtures (« mise à l'herbe »), les éleveurs continuent à fournir une partie d'alimentation sèche.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La chèvre peut se reproduire dès l'âge de 7 mois. En général, les chaleurs ont lieu à la fin de l'automne. La gestation dure 5 mois, au terme de laquelle la chèvre met bas un ou deux chevreaux. On procède au sevrage des petits à environ 2 mois (entre 14 kg et 16 kg).

Systématique[modifier | modifier le code]

On a donné aux caprins domestiques le nom scientifique de Capra hircus au XVIIIe siècle, avant le développement de la biologie évolutive. Cette dernière a mis en lumière l'étroite relation existant entre les races domestiques et sauvages. Dans ce contexte, le statut scientifique des « espèces » domestiques a été remis en cause, et beaucoup de biologistes ne les considèrent plus désormais que comme des formes domestiquées des espèces sauvages originelles.

Une espèce est en effet constituée de « groupes de populations naturelles, effectivement ou potentiellement interfécondes, qui sont génétiquement isolées d'autres groupes similaires[5] ». Or, les « espèces » domestiques se croisent avec leur espèce parente quand elles en ont l'occasion. « Vu que, du moins en ce qui concerne les races d'animaux domestiques primitives, celles-ci constitueraient, en règle générale, une entité de reproduction avec leur espèce ancestrale, si elles en avaient la possibilité, la classification d'animaux domestiques en tant qu'espèces propres n'est pas acceptable. C'est pourquoi on a essayé de les définir comme sous-espèces[6] ».

On donne alors à la nouvelle sous-espèce le nom de l'espèce d'origine, complété par le nom de sous-espèce (qui reprend l'ancienne épithète spécifique) et depuis 1960 environ, on utilise de plus en plus la désignation "forma", abrégée "f", qui exprime clairement qu'il s'agit d'une forme d'animal domestique qui peut éventuellement remonter jusqu'à diverses sous-espèces sauvages : Capra aegagrus f. hircus[6]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Les termes chèvre, caprin et Capra dérivent du latin caprinus, « bouc, chèvre ». L'épithète spécifique dérive du latin hircus, désignant lui aussi le bouc.

Animal modèle et de laboratoire (éventuellement transgénique)[modifier | modifier le code]

La chèvre est parfois utilisée comme organisme modèle ou animal de laboratoire. Des chèvres transgéniques ont été produites[7],[8],[9],[10],[11] puis utilisées pour produire des molécules chimiques complexes (qui peuvent d'ailleurs être légèrement différentes de ce que l'on attendait [12] puis modifiées en intégrant des gènes humains dès le début des années 1990)[13], pour produire des hormones humaines (2000)[14] don au Brésil [15]

Plus récemment (2005/2006), des chercheurs de l'industrie des biotechnologies ont ainsi produit des chèvres transgéniques qui synthétisent dans leur glandes mammaires des molécules qu'on peut ensuite y extraire, dont par exemple le lysozyme (hLZ) humain[16] qui a été testé comme complément alimentaire dans l'alimentation animale donnée à des cochons (il semble améliorer le fonctionnement de leur intestin)[17].

Races de chèvres[modifier | modifier le code]

Le genre Capra comprend des espèces comme la chèvre domestique, la chèvre sauvage (Capra aegagrus), le bouquetin, ou le markhor.

Les chèvres à mohair[modifier | modifier le code]

Certaines races sont élevées spécialement pour leur pelage : tel est le cas de la chèvre angora, originaire de Turquie (Angora est l'ancien nom d'Ankara) dont le poil sert à produire le mohair, et de la chèvre du Cachemire ; d'autres le sont uniquement pour leur viande, à l'instar de la race Kiko.

La chèvre Saanen (Suisse)[modifier | modifier le code]

La saanen (ou chèvre de Gessenay), blanche à poils courts, généralement dépourvue de cornes (mais certaines ont une paire de cornes de taille moyenne tournées vers l'arrière), calme et excellente laitière. Elle est originaire de la haute vallée de la Sarine (Saane en allemand). Sa renommée en tant qu'animal de rente a entraîné l'implantation de la race dans de nombreux pays. On peut considérer aujourd'hui que la Saanen est la race la plus répandue mondialement parmi les races laitières caprines. C'est un animal trapu, solide et paisible, aux qualités très laitières qui s'adapte très bien aux différents modes d'élevage notamment intensifs. Morphologie : poil court, dense et soyeux ; robe uniformément blanche ; tête avec un profil droit ; poitrine profonde, large et longue, caractérisant une grande capacité thoracique ; épaule large et bien attachée; garrot bien en viande ; aplombs sont corrects et allures régulières ; mamelle globuleuse, bien attachée et larges à la base. C'est une race a fort développement: 50 kg à 90 kg pour la femelle ; 80 kg à 120 kg pour le mâle.

La chèvre Toggenburg (Suisse)[modifier | modifier le code]

La Toggenburg, excellente laitière, de pelage fauve à sombre, caractérisée par ses deux bandes blanches de l'oreille à la bouche.

La chèvre Alpine (France et Suisse)[modifier | modifier le code]

Chèvres alpines posant pour les photographes au hameau Les Lindarets en Haute-Savoie

L'Alpine est originaire du massif alpin Suisse et Français. Le berceau de la race se situe en Savoie où elle conserve un cheptel notable. C'est la race la plus répandue en France. Morphologie : poil ras ; robe de couleur variée passant du blanc pur au blanc tacheté de brun, de fauve, de gris, de noir, de pie ou de roux. Les troupeaux sélectionnés génétiquement présentent une couleur plus homogène, marron avec les extrémités et la ligne dorsale noire. La poitrine est profonde, le bassin large et peu incliné. Les membres sont solides, les articulations sèches et les aplombs corrects. La mamelle est volumineuse, bien attachée, se rétractant bien après la traite. Les trayons sont distincts de la mamelle, sont dirigés vers l'avant et sensiblement parallèles. C'est une chèvre de format moyen : 50 kg à 70 kg pour la femelle ; 80 kg à 100 kg pour le mâle. Rustique, très appréciée pour ses qualités laitières et d'élevage, la race Alpine s'adapte aussi bien aux systèmes d'élevages stabulatoires qu'aux pâtures de basses plaines ou d'altitude.

La chèvre Poitevine[modifier | modifier le code]

En Europe, on a la chèvre Poitevine. Son berceau se situe aux alentours des sources de la Sèvre niortaise, dans le centre ouest de la France. Élevées en petits troupeaux familiaux, les chèvres poitevines étaient plus de 40 000 au début du XXe siècle. En 1925, une épizootie de fièvre aphteuse a décimé les troupeaux poitevins. C'est à partir de souches prélevées dans les Alpes que le troupeau fut progressivement reconstitué. On dénombre aujourd'hui environ 2 800 [18] femelles principalement élevées dans le berceau de la race en Poitou-Charentes. Voici sa morphologie : robe de couleur brune, plus ou moins foncée, parfois presque noire dite "en cape de Maure" ; poils semi-longs sur le corps et sur les cuisses ; face inférieure des membres, dessous du ventre et de la queue blancs ou très clairs ; face comportant une raie blanche de chaque côté du chanfrein encadrant une tête fine, triangulaire. La chèvre poitevine est avec ou sans cornes, avec ou sans barbiches ou pampilles. La poitevine est une chèvre de format moyen à grand, d'aspect longiligne. Les mâles peuvent atteindre 75 kg. La chèvre pèse entre 40 kg et 65 kg. Sa taille au garrot est de 70-80 cm. Rustique et de caractère paisible, la chèvre poitevine est appréciée pour son lait typique aux grandes qualités fromagères. Elle présente de bonnes capacités pour valoriser les pâturages et les fromages grossiers.

Une chèvre suitée

La chèvre Corse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La chèvre Corse.

La chèvre du Rove[modifier | modifier le code]

La chèvre du Rove est une race française des Bouches-du-Rhône, faisant partie des races à petit effectif, le cheptel compte environ 8000 bêtes en 2013. La robe est généralement de couleur marron/rouge et parfois tâchetée de blanc. Elle possède des cornes de section triangulaires et torsadées de taille importante qui permette de la reconnaître facilement. Avec son lait on fabrique un fromage typique appelé la Brousse. C'est une race mixte puisqu'elle est utilisé pour la production de lait et la transformation fromagère, mais aussi pour la production de cabris.

Bouc de Rove et troupeau de moutons gorges du Gardon mai 2011

La chèvre Provençale[modifier | modifier le code]

La chèvre Provençale est une race française de Provence comme son nom l'indique, elle fait partie des races à petit effectif, puisqu'on compte environ 1000 chèvres en 2013. La couleur de la robe peut être très diversifiée, c'est une chèvre aux oreilles longues et tombantes, parfois recourbées. Elle a le poils long en particulier sur les cuisses.

La chèvre Boer[modifier | modifier le code]

La chèvre Boer améliorée est apparue au début des années 1900 lorsque des éleveurs d'Afrique du Sud ont commencé à sélectionner pour une chèvre démontrant une bonne conformation bouchère, une croissance et une prolificité élevées, une bonne qualité de carcasse, un pelage court blanc sur le corps et rouge (variant de cannelle à presque noir) sur la tête et le cou. En 1993, la chèvre Boer est apparue au Canada et elle a été importée pour la boucherie. Ses oreilles sont pendantes et son nez est assez arrondi ou busqué. Ses cornes sont rondes et courbées vers l’arrière.

La chèvre Kiko[modifier | modifier le code]

Le mot « kiko » a été utilisé traditionnellement en Nouvelle-Zélande par les Maoris pour décrire les animaux de boucherie. La chèvre Kiko a été développée en Nouvelle-Zélande par la sélection des meilleures et des plus fertiles chèvres sauvages de ce pays au niveau de leur capacité de production de viande améliorée dans des conditions de pâturages naturels où le broutement arbustif est important. Le taux de croissance est probablement la caractéristique qui définit le mieux la race Kiko. Les chevreaux présentent une vigueur impressionnante. Elle est aussi très rustique. La chèvre Kiko peut être maintenue sous des conditions d'élevage extensif dans les milieux ouverts broussailleux. Elle n'est pas que présente en Nouvelle-Zélande, mais elle a aussi été introduite au Canada, dans la province de Québec.

Les boucs matures possèdent des cornes distinctives en spirale et de grande envergure. Les oreilles de la Kiko sont placées assez hautes, de largeur moyenne et longueur modérée, non pendantes et non dressées. Son museau est bien proportionné, ni convexe ni concave. La densité de son pelage peut varier en fonction des conditions climatiques et il y a une variation marquée entre le pelage d’été et d’hiver. La couleur prédominante de sa robe est le blanc, mais toute autre couleur est retrouvée.

La chèvre Tennessee[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, on retrouve la chèvre Tennessee ou chèvre myotonique. Cette espèce de chèvre est présente principalement au Tennessee et au Texas. Cette race remonte à la fin des années 1800. Cette variété de chèvres a la particularité de se tétaniser littéralement quand elle est stressée ou surprise : l’animal tombe sans pouvoir bouger pendant environ une vingtaine de secondes. Cette chèvre est affectée par la myotonie (c.-à-d. une contraction involontaire et temporaire des muscles lors d’un stress), ce qui expliquerait la tendreté de la viande et la forte musculature de la carcasse de cette race. L'origine de la chose serait une mutation génétique héréditaire. Cette chèvre est surtout élevée pour son potentiel en boucherie. Il existe trois différents types dont un seul est potentiellement intéressant pour la production de boucherie. Seul un type de grande taille à forte musculature et myotonique peut être qualifié de chèvre Tennessee. Ces lignées produisent une chèvre désaisonnalisée, très résistante aux parasites, très maternelle, à facilité de mise bas, très facile à garder et à manipuler puisqu’elle ne saute pas, probablement le meilleur rendement de carcasse, mais à croissance très lente. Il existe des lignées anciennes avec un potentiel de boucherie très intéressant. À propos de cette chèvre, on dit qu'elle feint la mort, ce qu'on appelle la thanatose (du grec ancien θάνατος, thanatos, « mort »), et consiste à simuler la mort, afin d'échapper a un prédateur. De nombreux animaux ont recours à cette technique, comme l'opossum, la couleuvre à collier, certains poissons, oiseaux, coléoptères, insectes et amphibiens.

La chèvre Nubienne[modifier | modifier le code]

La chèvre Nubienne est surtout une chèvre laitière, mais peut également être élevée pour sa viande. Elle est présente au Québec.

La chèvre Mancha[modifier | modifier le code]

Même chose que pour la Nubienne, la Mancha est surtout une chèvre laitière, mais peut également être élevée pour sa viande. Elle est présente au Québec.

Autres chèvres[modifier | modifier le code]

Enfin, des chèvres d'espèces naines sont également élevées comme animaux de compagnie.

La plupart du temps, les chèvres sont domestiquées, mais on les trouve encore à l'état sauvage dans quelques contrées du Caucase, d'Iran, d'Afghanistan ou d'Irak. Leur domestication est ancienne (au moins VIIIe millénaire av. J.-C.). On les élève pour leur lait, leur cuir, leur poil et leur viande.

Les cheptels[modifier | modifier le code]

En France, la chèvre est élevée surtout pour son lait, qui sert à la fabrication de fromages mais les chèvres laitières de réformes fournissent tout de même de la viande.

Les races caprines : en France deux races dominent : l'alpine, environ 55 % du cheptel, la saanen, environ un quart. Le troupeau comprend au total 1 254 000 têtes, dont 856 000 chèvres.[réf. nécessaire]

Les principaux pays par l'importance de leur cheptel caprin sont les suivants :[réf. nécessaire]

(nombre de têtes)

Histoire[modifier | modifier le code]

Gandhi à Marseille en 1931 avec deux chèvres qui lui fournissaient sa ration quotidienne de lait.

Les chèvres semblent avoir été d'abord domestiquées il y a environ 10 000 ans (fin de la dernière glaciation) dans les monts Zagros et sur les plateaux d'Iran. L'autre centre de domestication connu, le plus important quantitativement, est l'Est de l'Anatolie (Turquie).

Les analyses génétiques d'ADN fossile laissent penser que les hommes ont d'abord protégé des populations de chèvres sauvages en tuant leurs prédateurs. Puis les tribus ont commencé à les élever pour avoir plus facilement sous la main du lait conservé sous forme de fromage, des poils, de la viande et des peaux[20]. Les chèvres domestiques étaient généralement gardées dans des troupeaux qui se déplaçaient sur les collines ou sur d'autres domaines de pâturage analogues. Les chevriers qui les soignaient étaient souvent des enfants ou des adolescents, pareils à l'image que nous nous faisons du berger. Ces méthodes de garde se rencontrent encore aujourd'hui.

La domestication des chèvres a probablement engendré des modifications significatives des paysages et des écosystèmes (recul des zones arborées au profit des buissons et « maquis »).

La peau de chèvre est utilisée pour le transport de l'eau, du lait caillé ou du vin. Historiquement, elle servait aussi à produire le parchemin, qui était le support le plus employé pour écrire en Europe jusqu'à l'invention de l'imprimerie et la vulgarisation du papier.

La Bible mentionne, dans le livre de la Genèse, que Rebecca prépare à son mari Isaac deux chevreaux pour qu'Isaac bénisse Jacob (Gn 27:9).

Lait, fromage et viande[modifier | modifier le code]

Lait[modifier | modifier le code]

La bonne digestibilité des laits de chèvre pourrait s’expliquer en partie par leur teneur en acides gras courts, par la petite taille des globules gras qui les composent, mais également par leur richesse en triglycérides à chaîne moyenne et courte. La réputation d’innocuité du lait de chèvre en matière d’allergie mérite en revanche d’être fortement relativisée. Tous les experts sont aujourd’hui formels : le lait de chèvre n’est pas moins allergisant qu’un autre lait. De plus, il peut s’avérer très dangereux de conseiller le lait de chèvre à des personnes allergiques à un autre lait (vache, brebis...) Cela peut entraîner des troubles graves pouvant même conduire à un choc anaphylactique (parfois mortel)[21].

Fromage[modifier | modifier le code]

Exemples de fromages de chèvre de Provence Exemples de fromages de chèvre de Provence Exemples de fromages de chèvre de Provence
Exemples de fromages de chèvre de Provence
Article détaillé : Fromage au lait de chèvre.

Le lait de chèvre est aussi utilisé pour fabriquer des fromages très populaires comme le Rocamadour et la Féta, bien qu'il puisse aussi bien servir à produire n'importe quel type de fromage. On appelle souvent le fromage de chèvre simplement "chèvre".

À noter que quatorze appellations françaises de fromage de chèvre sont protégées par le système AOP : Banon (2003), chabichou du Poitou (1990), Charolais (2010), Chevrotin (2002), crottin de Chavignol (1976), Mâconnais (2005), pélardon (2000), picodon (1983), Pouligny Saint-Pierre (1972), Rigotte de Condrieu (2009) Rocamadour (1996), Sainte-Maure (1990), Selles-sur-Cher (1970), Valençay (1998).

Viande[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Viande de chèvre.

Les chevreaux mâles sont utilisés au moment des fêtes de Pâques en remplacement de l'agneau.

Autres produits[modifier | modifier le code]

Peau de chèvre[modifier | modifier le code]

La peau de chèvre est principalement utilisée dans la confection d'instruments à percussion, comme le djembé, le bendir et le sabar, et aussi à cordes, comme la kora. Elle peut aussi servir dans la fabrication de certains vêtements et accessoires.

La toison de la chèvre[modifier | modifier le code]

La toison de la chèvre angora sert à fabriquer le mohair, une sorte de laine. Sa laine est non seulement un très bon isolant thermique, mais les vêtements fabriqués avec cette matière sont très légers à porter. On peut aussi en faire des couvertures.

Le symbolisme de la chèvre[modifier | modifier le code]

Une chèvre croisée sur un sentier suisse
La chèvre se nourrit de peu, mais elle peut contribuer à la déforestation, voire à la désertification par surpâturage (ici au Cap-Vert)
La chèvre aime se nourrir aux arbres (ici au Parc Fond’Roy à Uccle).

La chèvre dans le calendrier républicain[modifier | modifier le code]

La chèvre dans la mythologie grecque[modifier | modifier le code]

  • Amalthée, la fameuse chèvre de la mythologie grecque qui nourrit Zeus enfant, entre autres avec de l'ambroisie et du nectar contenus dans ses cornes. L'une de ses cornes, brisée par le jeune dieu, fut transformée en Corne d'abondance. Une autre version dit que Zeus, à la mort de la chèvre, fit un bouclier de sa peau, ce qui le rendait invincible, car celle-ci ne pouvait être transpercée.
  • Dans la mythologie grecque, le corps de la Chimère est celui d'une chèvre.
  • D'après Diodore de Sicile, des chèvres auraient guidé l'attention des hommes de Delphes vers le lieu où des fumées sortaient des entrailles de la terre. Prises de vertige, elles dansaient. Intrigués par ces danses, des hommes auraient compris le sens des vapeurs émanant de la terre: il leur fallait interpréter cette théophanie ; ils instituèrent un oracle.
  • Le dieu de la nature Pan est dépeint comme mi-homme mi-bouc. Dans l’Hymne homérique, il porte barbe, cornes et pieds de chèvre, mais dans l'art figuré, il est parfois représenté sous les traits d'un jeune homme à tête de chèvre avec une courte queue de chèvre.

La chèvre dans les mythologies nordiques[modifier | modifier le code]

  • Dans la mythologie nordique, on retrouve le mythe de la chèvre nourricière : Heidrun, la chèvre qui donne son lait composé d'hydromel aux guerriers d'Odin. Heidrun (ou heithrun, clair ruisseau ?) est une chèvre vivant au Valhalla et broutant les feuilles d'Yggdrasill, l'arbre-monde.
  • Chez les Scandinaves, la chèvre incarnait « l'esprit du blé » sous le nom de Kornbocke.

La chèvre dans la mythologie indienne[modifier | modifier le code]

  • En Inde, le mot qui la désigne signifie aussi "« non-né » ; la chèvre est le symbole de la substance primordiale non manifestée. C'est la mère du monde Prakriti. Les trois couleurs qui lui sont attribuées, le rouge, le blanc et le noir correspondent aux trois guna ou qualités primordiales, respectivement Sattva, Rajas et Tamas (dana).

La chèvre dans les mythologies chinoise et tibétaine[modifier | modifier le code]

  • En Chine, la chèvre est associée à l'activité céleste au bénéfice de la terre et même plus précisément de l'agriculture et de l'élevage. Dans la religion primitive tibétaine, la divinité en question avait les traits d'un caprin à poils longs. D'autre par certaines peuplades de la Chine mettent la chèvre en rapport avec le dieu de la foudre : la tête de la chèvre sacrifiée lui sert d'enclume. Toujours au Tibet, des chèvres blanches auraient contribué à l'édification du palais du Potala à Lhassa (résidence du dalai-lama jusqu'en 1959), transportant les pierres, négociant sans relâche toutes les sinuosités des chemins escarpés de l'Himalaya.

La chèvre dans la Bible[modifier | modifier le code]

Dans l'Ancien Testament, on voit que la chèvre est souvent offerte en sacrifice lors des rituels juifs. Dans le Cantique des Cantiques, les cheveux de l'amoureuse sont comparés à un troupeau de chèvres suspendues aux flancs de Galaad (Ct 4.1).

La chèvre dans la littérature occidentale[modifier | modifier le code]

La chèvre dans les arts visuels[modifier | modifier le code]

La chèvre du côté de la sculpture[modifier | modifier le code]

Du côté de la sculpture, Jean Cocteau a sculpté plus d'une fois des têtes de chèvres. En 1958, il a sculpté une tête de chèvre orange. Il a aussi sculpté une tête de chèvre verte en bronze. Gé Pellini (Gérard Pellini) a aussi sculpté souvent des chèvres. En 1950, Picasso a aussi constitué une sculpture de chèvre très originale pour sa propre chèvre, Esmeralda. Le ventre est constitué d’un panier, ses deux pis sont des pots à lait en céramique, les cornes ont été taillées dans des ceps de vigne, le tout assemblé avec du plâtre. Elle est aussi faite d’une boîte de conserve et pour son dos, une feuille de palmier. En 1973, le Français Jean Marais a sculpté une tête de cabri orange, qui est exposée au musée Jean Marais à Vallauris. En 1963, le sculpteur animalier Joseph Constant a réalisé un groupe de chèvres en bronze, installée sur une place à La Courneuve.

La chèvre du côté de la peinture[modifier | modifier le code]

  • Au XVIIe siècle, le Flamand Jacob Jordaens a fait une peinture qui représente Zeus enfant nourri par la chèvre Almathée. Elle est exposée au Musée du Louvre à Paris. Camera.svg
  • Vers 1640, David Teniers le jeune a peint un jeune berger accompagné de chèvres, intitulé Grange avec des chèvre. Camera.svg
  • Au XIXe siècle, Camille Roqueplan a peint une toile intitulée La jeune fille à la chèvre, qui est conservée au Musée Lambinet à Versailles.
  • En 1890, l'Allemand Max Liebermann a peint une toile intitulée Femme avec des chèvres dans les dunes. Camera.svg
  • Pablo Picasso a peint plus d'une fois des chèvres, un animal qu'il aimait beaucoup. L'une de ses plus belles peintures caprines, parmi les mieux connues, est sans doute une peinture à l'huile qu'il a peint en 1906, intitulé Jeune fille avec une chèvre, et qui a été reproduite de nombreuses fois. Il s'agit d'une jeune femme nue jouant dans ses cheveux et un garçonnet nu portant un vase sur sa tête accompagnés d'une chèvre lors de leur marche. Pour lui, les chèvres semblaient représenter la joie de vivre.

La chèvre du côté du cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir à ce sujet les travaux de Sándor Bökönyi, en particulier A comparison of the early neolithic domestic and wild faunes of the Balkans, Italy and South France, Cahiers Ligures de Préhistoire et Protohistoire N.S.2, 1985
  2. PAILHOUX E, CRIBIU EP, CHAFFAUX S, DARRE R, FELLOUS M, COTINOT C (1994) Molecular analysis of 60,XX pseudohermaphrodite polled goats for the presence of SRY and ZFY genes. J. Reprod. Fertil., 100,491-496.
  3. National Geographic d'avril 2012 p. 24
  4. « La chèvre naine », sur les animaux de la ferme miniature
  5. , selon la célèbre définition de Ernst Mayr.
  6. a et b « Instruction CITES pour le service vétérinaire de frontière », CITES, 20 décembre 1991, [1].
  7. GOOTWINE E, BARASH I, BOR A, DEKEL I, FRIEDLER A, HELLER M, ZAHARONI U, ZENUE A AND SHANI M. (1997), Factors affecting success of embryo collection and transfer in a transgenic goat program. Theriogenology 48: 485-499.
  8. LEE CS ET AL (2000), Embryo recovery and transfer for the production of transgenic goats from Korean native strain, Capra hircus aegragrus. Small Rum Res 37: 57-63.
  9. BALDASSARRE H ET AL. (2003), Production of transgenic goats by pronuclear microinjection of in vitro produced zygotes derived from oocytes recovered by laparoscopy. Theriogenology 59: 831-839.
  10. FREITAS VJF ET AL. (2003), Birth of normal kids after microinjection of pronuclear embryos in a transgenic goat (Capra hircus) production program in Brazil. Gen Mol Res 2: 200-205.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références externes[modifier | modifier le code]

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