Sault (Vaucluse)

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Sault
Tour de l'ancien château des Agoult, seigneurs du comté de Sault
Tour de l'ancien château des Agoult, seigneurs du comté de Sault
Blason de Sault
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Carpentras
Canton Sault
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes Ventoux Sud
Maire
Mandat
Claude Labro
2014-2020
Code postal 84390
Code commune 84123
Démographie
Gentilé Saltésiens, Saltésiennes
Population
municipale
1 357 hab. (2011)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 05′ 31″ N 5° 24′ 32″ E / 44.0919444444, 5.4088888888944° 05′ 31″ Nord 5° 24′ 32″ Est / 44.0919444444, 5.40888888889  
Altitude 760 m (min. : 650 m) (max. : 1 591 m)
Superficie 111,15 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.mairie-sault-84.fr

Sault est une commune française, située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Saltésiens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue générale de la commune de Sault

Bâti en hémicycle, à 765 m d'altitude, sur une avancée rocheuse qui termine le plateau de Vaucluse à l'ouest et domine la vallée de la Nesque, Sault offre une bonne base d'excursions entre le Ventoux, les Baronnies et la montagne de Lure.
Le village se trouve à l'est du mont Ventoux et au nord-est des monts de Vaucluse. Il est posé sur un plateau calcaire en limite du plateau d'Albion, entre pierres, forêts (dont forêt du Défens, bois des Roumigières et bois des Fayettes) et champs de lavande.

Accès[modifier | modifier le code]

Du village partent et arrivent de nombreuses routes : les routes départementales 942 et 164 au nord, la route départementale 943 au sud, la route départementale 1 à l'ouest et les routes départementales 30 et 950 à l'est.

Relief et géologie[modifier | modifier le code]

Sault, une des communes du piémont du Mont Ventoux

Plateaux calcaires d'une altitude moyenne de 1 000 mètres.

Le point le plus haut est le col de la Frache à 1 575 mètres, au nord-ouest de la commune, sur les contreforts du Mont Ventoux.

Grande variété géologique du crétacé avec formation d'argiles oxydés[1].

Sismicité[modifier | modifier le code]

À l'exception des cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis classés en zone Ib (risque faible), tous les cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[2].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le pont sur le Croc

Au pied du village passe le Croc, qui se jette dans la Nesque. Source minérale sulfureuse de Fontbelle.

Au cours des années 1856-1860, un dénommé Carbonnel demanda l'autorisation d'exploiter une source d'eau minérale à Sault. Sa demande resta sans suite[3].

Climat[modifier | modifier le code]

Le plateau d'Albion, sur lequel se situe la commune, possède toutes les caractéristiques climatiques des Alpes du Sud, dont il est, avec le Mont Ventoux et la Montagne de Lure, le chaînon le plus occidental. Située dans la zone d’influence du climat méditerranéen, les étés sont chauds et secs, liés à la remontée en latitude des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Avec l'altitude, l'évolution se fait vers un climat tempéré puis continental qui ne prend le type montagnard qu'aux plus hautes altitudes[4].

Relevé météorologique du plateau d'Albion pour une altitude moyenne de 900 mètres.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −1 −1 2 4 8 12 14 14 11 7 3 −1 5,5
Température moyenne (°C) 3,5 5,5 7,5 10 14 18,5 21 21 17 12,5 7,5 2 11,7
Température maximale moyenne (°C) 8 10 13 16 20 25 28 28 23 18 12 8 17
Précipitations (mm) 26,9 24,3 23,8 44 40 27,9 20,9 32,7 45,9 53,5 52,4 30,7 482,8
Source : Relevés météo de Manosque sur le site meteo.msn avec application du gradient -0,6° tous les 100 mètres de dénivelé
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
8
−1
26,9
 
 
 
10
−1
24,3
 
 
 
13
2
23,8
 
 
 
16
4
44
 
 
 
20
8
40
 
 
 
25
12
27,9
 
 
 
28
14
20,9
 
 
 
28
14
32,7
 
 
 
23
11
45,9
 
 
 
18
7
53,5
 
 
 
12
3
52,4
 
 
 
8
−1
30,7
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 859 (Saltus). Le terme latin saltus désigne une région boisée et montagneuse, sauvage et non-cultivée[5].

Blason des Agoult, comtes de Sault, au château de Lourmarin

La seigneurie de Sault appartenait aux d'Agoult, une des quatre grandes familles de Provence (Villeneuve, d'Agoult, et Castellane). Aux XIIe et XIIIe siècles, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possédait l’église paroissiale et deux églises rurales (à Anjou et à La Loge), établissements dont elle percevait les revenus[6].

Renaissance[modifier | modifier le code]

Une ordonnance du baron de Sault, datée du 5 avril 1515, fixa un marché hebdomadaire à Sault, tous les mercredis. En même temps, elle octroyait sept foires par an à la capitale de sa seigneurie, les 12 mai, 25 juin, 16 août, 25 novembre, le mercredi qui suit la Sexagésime, le lundi de la semaine de la Passion et le mercredi qui suit le 18 octobre[7].

Érigée en comté (1561) en faveur de François d'Agoult. Longtemps, les intendants furent de la famille Morard (apparentée aux d'Agoult et aux Villeneuve), famille venant de Pertuis, originaire du Dauphiné.

Pendant les guerres de religion, les habitants protestants de Forcalquier tentent un assaut sur la ville, qui échoue, en 1575[8].

Période moderne[modifier | modifier le code]

Durant la Révolution, c’est à Sault que se crée la troisième société patriotique des Basses-Alpes. La ville et son canton sont rattachés au département du Vaucluse lors de sa création et à la demande des habitants, par arrêté du 24 août 1793[9].

Le 12 août 1793 fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.

Article détaillé : Histoire de Vaucluse.

Ancienne industrie de la verrerie au XVIIIe et XIXe siècle[1].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Mémorial du maquis Ventoux à Sault
Gisant du mémorial du maquis Ventoux à Sault

Des opérations de parachutage d’armes sont organisées dans la région de Sault où plusieurs terrains ont été aménagés appelés la « Seigneurie », le « Ventilateur », le « Spitfire » ou encore le « Champlong ». Cette organisation du plateau de Sault figure d’ailleurs au musée militaire de Mont-Faron à Toulon, comme un exemple d’aménagement de terrains d’atterrissage et de parachutage pendant cette période[10].

Le commandant français Gonzague Corbin de la Mangoux, alias Amict, qui atterrit à Sault, le 12 juillet 1944, fut impressionné par le dispositif mis en place par d'Artagnan[11] :

« Dans cette région, environ 1 000 maquisards étaient placés sous la direction du lieutenant-colonel Philippe Beyne, un ancien percepteur et officier de la 152e Infanterie de Colmar, qui, avec son adjoint Max Fischer, avait organisé le Maquis Ventoux, en groupes qui pouvaient être comptés parmi les mieux équipés et mieux entraînés du département de Vaucluse[11]. »

Attaque du maquis contre une colonne allemande, en 1944, à Saint-Jean ; Sault a reçu la croix de guerre[1].

Article détaillé : Maquis Ventoux.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
Blason de Sault

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

D'argent au loup ravissant d'azur, lampassé et armé de gueules.

Armoiries tirées des armes des d'Agoult[12].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Saut en occitan provençal.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 2001 en cours André Faraud PS V/P du Conseil général

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 357 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 581 2 590 2 614 2 733 2 770 2 887 2 730 2 798 2 851
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 760 2 674 2 636 2 563 2 533 2 409 2 353 2 089 2 030
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 961 1 887 1 782 1 424 1 420 1 348 1 306 1 262 1 174
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
1 160 1 320 1 230 1 231 1 206 1 171 1 285 1 301 1 357
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2004[14].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Il s'agit avant tout d'une activité agricole de montagne: production de lavande, de lavandin, d'épeautre, de miel et de leurs produits dérivés. Coopérative des producteurs de lavande du pays de Sault avec expo-vente et distillerie, coopérative céréalière et exploitation forestière[1].

L'élevage ovin ou porcin tient aussi une place importante. Les premières estimations précises ne datent pourtant que du XIXe siècle. Le nombre d'ovins est alors estimé à 30 000 têtes. Ce cheptel subdivisé en petits troupeaux, ou trenteniers, est placé sous la garde de jeunes bergers dont un bon nombre sont issus des hospices d'Avignon et de Carpentras[a 1]. Déjà les agneaux de la race locale « Préalpes du Sud » sont vendus aux foires annuelles de Sault[a 1]. Un net recul de cet élevage va résulter de la politique de reboisement qui va affecter la zone de pâturage à partir de 1 000 mètres d'altitude. Entre 1866 et 1929, ce sont la moitié des troupeaux qui disparaissent sur le versant Sud et le versant Nord n'a plus qu'un tiers à un quart de son cheptel initial[a 2]. En 1970, on comptabilise encore 6 000 ovins disséminés en 70 troupeaux. En l'an 2000, le chiffre est resté identique mais avec seulement 28 troupeaux répartis sur les communes de Monieux, Sault, Aurel, Montbrun et Bédoin. À ce chiffre s'ajoute l'estive qui fait monter sur les pâturages du Ventoux entre 800 à 1 000 têtes en provenance de Sarrians et de Jonquières[a 2].

Le porc du Ventoux est un label de qualité, créé en 1998, regroupant les éleveurs porcins en plein air autour du Mont Ventoux. Les porcins de cette filière sont élevés en plein air, à une altitude de 800 à 1 000 m. La zone de production est située à l'est de Sault (zone de 50 km), dans les monts de Vaucluse, au sud du Mont Ventoux[15]. Les animaux disposent d'un espace plein champ, d'environ 100 à 110 m2 par individu. Ils sont nourris par une alimentation variée, à plus de 70 % composée de céréales, complétée par des légumineuses. L'utilisation de produits facteurs de croissances, ou de produits d'origine animale est interdite par la charte de production de la filière.

La mise en valeur des produits du terroir et de l'environnement développe le tourisme, avec par exemple : la Fête de la Lavande qui se déroule tous les ans le 15 août.

La proximité du Mont-Ventoux, de la Montagne de Lure, et des Gorges de la Nesque a développé un tourisme vert qui prend de plus en plus d'importance dans l'économie locale et bénéficie d'aménagements récents avec entre autres un office de tourisme de la Région de Sault et un camping.

Le développement du tourisme local doit aussi beaucoup au nougat de Sault, dont la renommée a désormais dépassé les frontières du pays. Les macarons sont également réputés.

Une base militaire, à Saint-Christol sur le plateau d'Albion, est importante pour l'économie du village. Cette base était une composante de la force de dissuasion nucléaire de la France, elle abritait 18 missiles SSBS. Démantelée en 1998,ce site est "dénucléarisé". Le 2e REG y est installé depuis 1999.

Vie locale[modifier | modifier le code]

Le pittoresque Marché de Sault, se tient le mercredi. Il a été créé en 1515 par ordonnance du baron de Sault.

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'école située rue de la résistance et une école primaire et maternelle. Le hameau de Saint-Jean de Sault avait autrefois sa propre école, fermée par manque d'effectif et regroupement.

Le Collège du pays de Sault dessert les communes du plateau et de ces environs. Environ 175 enfants sont scolarisées dans cet établissement

Sports[modifier | modifier le code]

Stades, Hippodrome de Deffends[16], piscine, tennis

Nombreux chemins de randonnées pédestres dont passage des GR4, GR9, GR92.

Parapente, stand de tir, VTT, chasse, spéléologie...

Environnement[modifier | modifier le code]

Cette commune fait partie de la Réserve de Biosphère du Mont Ventoux, label attribué par l'UNESCO à 34 communes du massif depuis 1990. Plus récemment, elle est également concernée par le projet de Parc naturel régional du Mont-Ventoux.

La protection et mise en valeur de l'environnement fait partie des compétences de la Communauté de communes Ventoux Sud.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Habitat perché[modifier | modifier le code]

Vue de de Sault sur son éperon rocheux

Ce type d'habitat est considéré comme typiquement provençal, il est surtout typiquement méditerranéen. Ces villages sis sur leur « acropole rocheuse », qui ont gardé leur aspect médiéval, forment par l'orientation des façades de leurs maisons - vers la vallée ou la voie de communication - un véritable front de fortification[17].

Fernand Benoit souligne leur origine quelques fois préhistorique en signalant que Cicéron, à propos des Ligures qui peuplaient la région, les dénomme castellani, c'est-à-dire habitants des castellas (Brutus, LXXIII, 256)[17].

Le parcellaire agricole de Sault

Ces villages perchés se trouvent dans essentiellement dans les zones collinaires dont le terroir est pauvre en alluvions et où l'eau est rare. Ce qui est le cas général en Provence[18].

De plus ce groupement en communauté refermée sur elle-même correspond à des régions de petites propriétés, où les seules terres fertiles se situent au fond de quelques vallons, et ce regroupement a facilité l'existence d'un artisanat rural indispensable aux villageois (charron, forgeron, etc.). À contrario, l'habitat dispersé implique de grands domaines qui tendent à vivre en autarcie. D'où la loi émise par Fernand Benoit « La misère groupe l'habitat, l'aisance le disperse »[18].

Urbanisme intra-muros[modifier | modifier le code]

Maisons en hauteur
Maison en hauteur construite dans les vestiges de l'ancien château des Agoult
Maison en hauteur du XVIe, près de l'église

Fernand Benoit explique que « son originalité consiste à placer les bêtes en bas, les hommes au-dessus ». Effectivement ce type d'habitation, qui se retrouve essentiellement dans un village, superpose sous un même toit, suivant une tradition méditerranéenne, le logement des humains à celui des bêtes. La maison en hauteur se subdivise en une étable-remise au rez-de-chaussée, un logement sur un ou deux étages, un grenier dans les combles. Elle était le type de maison réservée aux paysans villageois qui n'avaient que peu de bétail à loger, étant impossible dans un local aussi exigu de faire tenir des chevaux et un attelage[19].

Ces maisons datent pour la plupart du XVIe siècle, période où les guerres de religion imposèrent de se retrancher derrière les fortifications du village. Celles-ci finies, il y eut un mouvement de sortie pour établir dans la périphérie de l'agglomération des « maisons à terre », plus aptes à recevoir des bâtiments annexes[20].

Maison en hauteur avec balcon, l'entrée est sur l'autre façade

En effet, ce type d'habitation, regroupant gens et bêtes dans un village, ne pouvait que rester figé, toute extension lui étant interdite sauf en hauteur. Leur architecture est donc caractéristique : une façade étroite à une ou deux fenêtres, et une élévation ne pouvant dépasser quatre à cinq étages, grenier compris avec sa poulie extérieure pour hisser le fourrage. Actuellement, les seules transformations possibles - ces maisons ayant perdu leur statut agricole - sont d'installer un garage au rez-de-chaussée et de créer de nouvelles chambres au grenier[21]. Pour celles qui ont été restaurées avec goût, on accède toujours à l'étage d'habitation par un escalier accolé à la façade[20].

La présence de terrasse ou balcon était une constante. La terrasse servait, en priorité, au séchage des fruits et légumes suspendus à un fil de fer. Elle était appelée trihard quand elle accueillait une treille qui recouvrait une pergola rustique. Quand elle formait loggia, des colonnettes soutenant un auvent recouvert de tuiles, elle était nommée galarié ou souleriè[22].

Maisons à tour
Maison à tour dans le bas de la ville
Tour de l'ancien château des Agoult aménagée en maison en hauteur

C'est le style des grandes maisons seigneuriales qui va traverser les siècles même après la Renaissance. Généralement, il s'agit de bâtisses isolées, avec ou sans cour intérieure, dont la façade est flanquée de deux tours ou qui est protégée par quatre tours d'angle[23].

Leur particularité, à Sault, c'est de se retrouver soit à l'intérieur, soit à la périphérie de l'agglomération. La fortification des maisons est une pratique fort ancienne. Elle se retrouve, dès le haut Moyen Âge, avec le castellum dont celles de Provence reprennent le plan avec ses tours d'angle. C'est un héritage romain puisque nombre de villæ rusticæ furent protégées par des tours[23].

Urbanisme extra-muros[modifier | modifier le code]

Maison à terre
Grande bastide du type maison à terre à proximité de Sault

Compartimenté dans le sens de la longueur, ce type de maison représente un stade d'évolution plus avancé que la « maison en hauteur ». Il est caractéristique de l'habitat dispersé qui se retrouve dans des pays de « riche culture », la lavande en fut une[24].

Ce type de maison est divisé en deux parties très distinctes dans le sens de la longueur. Le rez-de-chaussée est occupé par une salle commune dans laquelle est intégrée la cuisine. Très souvent se trouve à l'arrière un cellier contenant la réserve de vin et une chambre. Un étroit couloir, qui permet d'accéder à l'étage, sépare cet ensemble de la seconde partie réservée aux bêtes. Celle-ci se compose, dans la plupart des cas, d'une remise qui peut servir d'écurie et d'une étable. L'étage est réservé aux chambres et au grenier à foin qui correspond par une trombe avec l'étable et l'écurie[24].

À cet ensemble, s'ajoutaient des annexes. Une des principales était la tour du pigeonnier, mais la maison se prolongeait aussi d'une soue à cochons, d'une lapinière, d'un poulailler et d'une bergerie[24].

Alors qu'aucune maison en hauteur ne disposait de lieu d'aisance, même en ville, la maison à terre permet d'installer ces « lieux » à l'extérieur de l'habitation. Jusqu'au milieu du XXe siècle, c'était un simple abri en planches recouvert de roseaux (canisse) dont l'évacuation se faisait directement sur la fosse à purin ou sur le fumier[24].

La construction d'un tel ensemble étant étalée dans le temps, il n'y avait aucune conception architecturale pré-établie. Chaque propriétaire agissait selon ses nécessités et dans l'ordre de ses priorités. Ce qui permet de voir aujourd'hui l'hétérogénéité de chaque ensemble où les toitures de chaque bâtiment se chevauchent généralement en dégradé[25].

Chaque maison se personnalisait aussi par son aménagement extérieur. Il y avait pourtant deux constantes. La première était la nécessité d'une treille toujours installée pour protéger l'entrée. Son feuillage filtrait les rayons de soleil l'été, et dès l'automne la chute des feuilles permettait une plus grande luminosité dans la salle commune. La seconde était le puits toujours situé à proximité. Il était soit recouvert d'une construction de pierres sèches en encorbellement qui se fermait par une porte de bois, soit surmonté par deux piliers soutenant un linteau où était accrochée une poulie permettant de faire descendre un seau. L'approvisionnement en eau était très souvent complété par une citerne qui recueillait les eaux de pluie de la toiture[25].

Le pigeonnier devint, après la Révolution la partie emblématique de ce type d'habitat puisque sa construction signifiait la fin des droits seigneuriaux, celui-ci étant jusqu'alors réservé aux seules maisons nobles. Il était soit directement accolé à la maison mais aussi indépendant d'elle. Toujours de dimension considérable, puisqu'il était censé anoblir l'habitat, il s'élevait sur deux étages, le dernier étant seul réservé aux pigeons. Pour protéger ceux-ci d'une invasion de rongeurs, son accès était toujours protégé par un revêtement de carreaux vernissés qui les empêchait d'accéder à l'intérieur[24].

Cabanon
Cabanon en bordure de champ
Champ de lavande et son cabanon

L'existence de cette « maisonnette des champs » est toujours liée à une activité agricole qui contraint le paysan à rester éloigné de sa résidence habituelle[26].

Pour le paysan sédentaire, c'est l'éloignement de ses cultures qui impose un habitat aménagé à même son champ. Le cabanon sert à entreposer outillage, matériel à traiter et produits de traitement. C'est de plus un véritable habitat saisonnier qui est utilisé lors des travaux de longue durée[26].

Ces cabanons, qui se trouvent à l'orée ou au centre du champ, avaient aussi un rôle d'affirmation sociale pour le paysan. Ils étaient considérés comme « le signe de la propriété sur une terre qu'il entendait distinguer du communal »[26].

Sites[modifier | modifier le code]

Le secteur est apprécié des spéléologues pour ces nombreux avens : Trou de l'Ermite à l'est, au sud, avens de Bouffard, de la Meynière, des Cougnoux et de Jean Nouveau.

Église Notre-Dame-de-la-Tour
Devanture d'une ancienne échoppe sur la place du château
  • Plusieurs façades médiévales et Renaissance (fenêtres à meneaux) avec quelques maisons à encorbellement.
  • Donjon ruiné de Saint-Jean-de-Durfort et tour d'observation[1].
  • Château Saint-Jaume[1].
  • Viaduc (pont à Arches) sur le Torrent la Croc[27].
  • Église Notre-Dame-de-la-Tour de Sault, classée au titre des monuments historiques en 1990[28] avec l'ancienne chapelle des Pénitents Blancs adossée.
  • Chapelle aux hameaux de Saint-Jean de Sault, de Verdolier et de Saint-Jaume.
  • Oratoires Notre-Dame, Saint-Joseph et du Sacré-Cœur[1].

Musée municipal au contenu très varié : antiquités (produits de fouilles locales, importation plus inattendue d'un sarcophage égyptien avec sa momie), beaux-arts, histoire naturelle, collection d'armes (surtout d'armes blanches), etc.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aimé Autrand, Le département de Vaucluse de la défaite à la Libération (mai 1940-25 août 1944), Aubanel, Avignon, 1965,‎ 1965
  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, A. Barthélemy, Avignon,‎ 1986 (ISBN 2903044279)
  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Christian Lacour, Nîmes (réed.),‎ 1997 (ISBN 284406051X)
  • Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclopédie d'une montagne provençale, Alpes de Lumières,‎ 2007 (ISBN 978-2-906162-92-1)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g (fr) « Sault sur le site du Quid » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  2. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  3. Inventaire des dossiers relatifs aux demandes de déclaration d'intérêt public, Répertoire numérique détaillé par Martine Illaire, Conservateur en chef, Section sources d'eaux minérales, Ministère des Travaux Publics, 2002.
  4. Guy Barruol, op. cit., pp. 16-17.
  5. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, vol. 1 : Formations préceltiques, celtiques, romanes, Genève, Librairie Droz, coll. « Publications romanes et françaises » (no 193),‎ 1990, 1869 p. (ISBN 978-2-600-02884-4, lire en ligne) § 5384, p 332
  6. Guy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du Xe au XIIIe siècle », in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. (ISSN 1254-9371), (ISBN 2-906162-54-X), p 229
  7. Jules Courtet, op. cit., p. 298.
  8. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8) p 308
  9. Jean-Bernard Lacroix, « Naissance du département », La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 108-110
  10. Jean-Paul Bonnefoy, Sault & le Pays de Sault, Collection « Le Temps Retrouvé » Éd. Équinoxe, Saint-Rémy-de-Provence, 2007.
  11. a et b (fr) Les Français Libres, de juin 1940 à juillet 1943 : Gonzague Corbin de Mangoux.
  12. Armorial du Comtat Venaissin
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  15. Zone d'élevage du prc du Ventoux
  16. hippodrome de Sault
  17. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 43.
  18. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 44.
  19. Fernand Benoit, op. cit., p. 48.
  20. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 49.
  21. Fernand Benoit, op. cit., p. 50.
  22. Fernand Benoit, op. cit., p. 51.
  23. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 61.
  24. a, b, c, d et e Fernand Benoit, op. cit., p. 55.
  25. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 56.
  26. a, b et c Fernand Benoit, op. cit., p. 69.
  27. Fiche du torrent la Croc sur le site du Sandre
  28. « Église paroissiale Notre-Dame-de-la-Tour », base Mérimée, ministère français de la Culture
  • Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclopédie d'une montagne provençale
  1. a et b Claude Durbiano, p. 131
  2. a et b Claude Durbiano, p. 132

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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