Lampe à huile

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Lampe à huile en granite, Camiros (Rhodes).
Âge du bronze, vers -1500/-1400.

Une lampe à huile est une lampe dont le combustible est de la graisse animale, de l'huile végétale, de l'huile de baleine mais encore de l'huile minérale.

De la Préhistoire au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

"Photographie d'une lampe à graisse de Lascaux."
Le brûloir de Lascaux, en grès rose. Magdalénien ancien ou Solutréen ?

Premières lampes à graisse[modifier | modifier le code]

L'homme du Néolithique nous a laissé d'assez nombreux témoignages de ses moyens d'éclairage. « Art des ténèbres » lorsqu'il est pratiqué dans des grottes profondes, l'art préhistorique a besoin d'éclairage adapté : torche enflammée par de la résine, lampe à graisse composée d'une simple pierre (en calcaire façonné, en grès rouge ou rose) en forme de cuvette dans laquelle trempait une tresse ou une torsade végétale (brindilles de résineux, sapin ou genévrier) dans de la graisse animale fondue. Parfois, ce type de brûloir est juste formé d’une anfractuosité du relief de la grotte[1].

Lampes de l'Antiquité et du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Lampe à huile romaine en terre cuite avec décor de gladiateurs (Musée de Cologne)

Depuis l'Âge du bronze ont été fabriquées des lampes en pierre, en terre cuite, ou en métal, récipients ouverts ou fermés comportant un ou plusieurs becs destinés à accueillir une mèche, et pour les lampes fermées, un ou plusieurs trous de remplissage, le plus souvent au centre d'une cuvette formant entonnoir. Elles ont servi à l'éclairage depuis les périodes protohistoriques (lampes à huile d'Akrotiri, au musée de Santorin, par exemple), jusqu'au Moyen Âge où l'on utilisait des lampes à pied ou suspendues, à l’imitation des Romains.

Dès l'Antiquité, cependant, l'éclairage à l'huile minérale (naphte) est cité comme pratique courante en Mésopotamie[2]. Cette huile est d'abord épurée par des moyens physico-chimiques, puis distillée, comme le mentionne Al-Razi (Rhazès) au IXe siècle dans son Kitab al-Asrar (Livre des Secrets)[3]. Au Moyen Âge en France, on utilisait l'huile de navette dans le Nord[4],[5] et l’huile de noix dans le Midi.

La seule alternative à la lampe à huile était alors la torche, adaptée à l'usage extérieur, puis la chandelle, pour l'éclairage domestique.

Les mèches, cependant, se spécialisent et progressent au cours de millénaires, dans leur nature et leur texture[6]. D'abord tressée en roseau, en lin, en chanvre, en laine, puis en coton à partir du XVIIe siècle, elle devient plate pour assurer une combustion plus régulière.

Cependant, à la campagne, la seule source de lumière ordinaire demeure le feu de la cheminée, jusqu'à un passé récent, et encore aujourd'hui dans de nombreuses contrées.

Lampe à huile de baleine xviiie siècle. Feuille de fer avec une mèche en coton d'Allemagne

Les progrès de la lampe à huile à partir de 1780[modifier | modifier le code]

Quinquet à huile, en 1822.
(Le peintre américain James Peale vu par son frère Charles Willson Peale)

La lampe à huile a toujours connu deux difficultés : les huiles, toujours trop visqueuses, peinent à monter dans la mèche par capillarité ; la mèche tend à charbonner et à s'éteindre.

Les progrès vont être déterminants à la fois dans la mécanique et dans l'amélioration des mèches et brûleurs.

  • Le chimiste français Joseph Louis Proust invente vers 1780 la lampe à huile à réservoir latéral : l'huile, située en hauteur par rapport au bec, est poussée vers le bec par son propre poids.
  • Le physicien et chimiste suisse Ami Argand invente, en 1782, la mèche cylindrique et la cheminée de tôle, puis de verre. Associé à Lange (ou L'Ange), un autre inventeur, il produit une lampe connue sous le nom de « lampe d'Argand ».
  • Le pharmacien Antoine Quinquet, en 1784, rassemble ces trois innovations dans la lampe qui porte son nom, montée sur une tige. Cette lampe est bien au point et restera d'usage courant jusqu'à l'avènement du pétrole.
  • La lampe Carcel, à partir de 1800, est plus compliquée et coûteuse : elle comporte un mouvement d'horlogerie et une pompe pour faire monter l'huile. Le réservoir n'est plus latéral : il est maintenant sous le brûleur.
  • Isaac-Ami Bordier-Marcet, successeur d'Argand, crée en 1809 la lampe « astrale » à réservoir plat disposé autour du brûleur.
  • Enfin, la lampe à modérateur, en 1837, reprend le principe de la mécanique à piston, mais se voit adjoindre une aiguille mobile régulatrice[7],[8].

Risque sanitaire[modifier | modifier le code]

En 1849, « dans les lampes, on brûle, en France, de l'huile de colza, purifiée à l'aide d'acide sulfurique qui, s'il en restait quelques parties, se réduirait, par la combustion, en gaz sulfureux, agent excessivement irritant du système pulmonaire, qui déterminerait des suffocations et ferait tousser ; on y brûle encore de l'huile d'œillette, de l'huile de chènevis et de l'huile de noix. Depuis le perfectionnement apporté par Argani dans la fabrication des lampes, qui sont maintenant à double courant d'air, leur influence sur la santé est moindre, mais elles produisent des effets analogues (...)Toutefois on a cru remarquer que l'usage de l'huile de noix était plus pernicieux et occasionnait particulièrement une espèce d'engourdissement[9]. ».

L'avènement de la lampe à pétrole à partir de 1853[modifier | modifier le code]

Le pétrole lampant, huile enfin fluide, permettant une excellente montée du carburant vers la mèche par capillarité, provoque l'extinction de facto de la lampe à huile.

Article détaillé : lampe à pétrole.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Brigitte et Gilles Delluc, Dictionnaire de Lascaux, Éditions Sud Ouest,‎ 2008, p. 136-137
  2. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre II, 108-109 en ligne, Itinera Electronica
  3. (en) Zayn Bilkadi, « The Oil Weapons », Saudi Aramco World,‎ janvier 1995 (lire en ligne)
  4. http://www.tela-botanica.org/eflore/BDNFF/4.02/nn/10375/chorologie
  5. http://www.tela-botanica.org/eflore/BDNFF/4.02/nn/10373/chorologie
  6. Laurent Chrzanovski et Ara Kebapcioglu, Les mèches de l'Antiquité à l'époque moderne
  7. Louis Figuier, Les Merveilles de la science, p. 14 et suiv.
  8. Louis Figuier, L'Art de l'éclairage
  9. Désiré Magnier Nouveau manuel complet de l'éclairage au gaz, ou Traité élémentaire et pratique à l'usage des ingénieurs, directeurs, etc. LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE FORET 1849 (Livre numérique Google)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]