Hibou grand-duc

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Hibou grand-duc

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Hibou grand-duc

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Strigiformes
Famille Strigidae
Genre Bubo

Nom binominal

Bubo bubo
(Linnaeus, 1758)

Répartition géographique

alt=Description de l'image Bubu bubo dis.png.

[1]

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure


Le Hibou grand-duc appelé aussi Grand-duc d'Europe (Bubo bubo) est une espèce de rapaces nocturnes que l'on rencontre notamment en Europe. Il ne doit pas être confondu avec le Grand-duc d'Amérique. On l'appelle Eagle Owl en anglais.

Description[modifier | modifier le code]

Avec ses 75 cm de haut, le Grand-duc est le plus grand des rapaces nocturnes d'Europe : il fait le double de son congénère le hibou moyen-duc.

Qualifiée d'aristocratique, sa silhouette est massive, sa tête, piquée de deux gros yeux rouge-orangé est surmontée d'aigrettes de 8 cm environ (normalement horizontales et un peu repliées vers l'arrière), que l'oiseau dresse verticalement s'il est excité ou dérangé. Rappelons que ces aigrettes ne jouent aucun rôle dans l'audition. Les sexes se distinguent par la taille du mâle (tiercelet) plus petit.

  • Mimétique aux branchages, son plumage est brun-roussâtre dessus, taché et rayé de brun noir. Le dessous est plus clair, fauve avec des stries longitudinales et des zébrures transversales de couleur brun foncé.
  • Poids et mesures :
    • poids : 2 à 2,5 kg pour le mâle, et 2,5 à 3,3 kg pour la femelle ;
    • longueur : 65 à 75 cm ;
    • envergure : 160 à 188 cm[1].
  • Voix : un « bouhou » ou un « ouhouhou-ou-ouhouhouhouhou » (d'où son nom latin, Bubo bubo) audible de loin, ainsi que toutes sortes d'autres bruits.
  • Longévité : plus de 20 ans en liberté et certains plus de 28 ans en captivité.
  • Vol : le Grand-duc a un vol agile et silencieux malgré sa grande taille car il est doté comme la plupart des nocturnes d'un plumage duveteux, très flexible, qui lui permet de voler sans bruit.

En vol : il est aisément reconnaissable à sa grande envergure, appuyé sur ses grandes ailes longues et larges en détachant bien la tête assez pointue, la queue courte.

Mœurs[modifier | modifier le code]

  • Alimentation : sa nourriture est des plus variées. Il se nourrit de tout ce qui bouge, depuis les scarabées jusqu'aux faons des cervidés. La majeure partie de leur régime consiste en mammifères (campagnols, rats, souris, renards, lièvres) également d'oiseaux de toutes sortes. Ils peuvent aussi consommer des serpents, lézards, anoures, poissons et crabes ainsi que rongeurs, lapins, lièvres, hérissons, oiseaux (corbeaux, pigeons, perdrix), oiseaux marins, chauves-souris, etc., et même d'autres rapaces diurnes et nocturnes. Les chats domestiques en ont une peur atavique[réf. nécessaire]. Cet animal n'a pas de prédateur naturel, sauf l'homme.
    • Pelote de réjection : 10 cm de long.
  • Habitat : répandu dans toute l'Europe en dehors de la partie la plus occidentale ; en France, zones rocheuses de l'est, du centre et du sud. On le rencontre aussi bien dans les plaines que dans les montagnes. Il aime particulièrement les falaises, près des plans d'eau.
Très discret, il s'installe sur des corniches rocheuses, sur les remparts d'un vieux château ou à même le sol ; parfois dans les régions du nord, dans un trou d'arbre mais sans aucun doute, sa préférence va aux grandes falaises proches d'un plan d'eau.
  • Reproduction : fin mars, début avril, il construit un nid simplement garni de restes de poils ou de plumes arrachés à ses proies.
La femelle y pond 2 à 4 œufs qu'elle couve seule pendant 32 à 37 jours, tandis que le mâle lui apporte la nourriture. Une fois éclos, les petits sont protégés par la mère des intempéries et du soleil. Un mois et demi plus tard environ, les petits quittent le nid mais restent à proximité. À trois mois, ils savent parfaitement voler.
  • Œuf : 51 à 73 x 42 à 54 mm

Menaces[modifier | modifier le code]

Bubo bubo (Linnaeus, 1758) - Hibou grand-duc - Grand-duc d'Europe

En Europe, il a longtemps été pourchassé comme gibier[2] et/ou comme oiseau de malheur ou parce qu'on croyait se protéger en le clouant sur les portes de granges, avant qu'on ne s'aperçoive de sa grande utilité écologique et agronomique et qu'il soit protégé par la loi.

Les causes de sa disparition sont le recul, la dégradation ou la fragmentation écologique de son habitat, les tirs illégaux de chasseurs (voir ci-dessous protection), les pesticides agricoles, les poisons utilisés contre les rongeurs (bromadiolone notamment), les accidents dus aux véhicules et la pollution lumineuse, car il est très sensible à l'éblouissement des phares de voitures. On note aussi une mortalité importante due aux collisions contre les câbles électriques aériens et les fils de fer. Les poisons utilisés pour détruire ses proies, les pesticides, s'accumulent dans son organisme et peuvent entraîner sa mort.

La France, au début du XXIe siècle, connaît une « expansion accélérée des populations de grand-duc[3] ».

Protection[modifier | modifier le code]

Historique de la protection[modifier | modifier le code]

En France, alors que tous les rapaces nocturnes ont été protégés dès 1902 en tant qu'oiseaux utiles à l'agriculture, seul le hibou grand-duc était exclu de cette protection. Il est vrai que le fait que les chats domestiques pouvaient être au nombre de ses proies n'a pas joué en sa faveur.

Il a bénéficié d'une prohibition de la chasse grâce à l'arrêté ministériel du 27 novembre 1964 relatif aux espèces dont la chasse est prohibée confirmé par l'arrêté ministériel du 24 janvier 1972.

Statut de protection actuelle[modifier | modifier le code]

Le Hibou grand-duc bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. Il est inscrit à l'annexe I de la directive Oiseaux de l'Union européenne[4]. Il est donc interdit de le détruire, le mutiler, le capturer ou l'enlever, de le perturber intentionnellement ou de le naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids, et de détruire, altérer ou dégrader son milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter.

Pour éviter la disparition de l'espèce, il existe désormais des élevages spécialisés dans la reproduction du Grand-duc en captivité. Les détenteurs des spécimens ainsi obtenus, apprivoisés, doivent avoir obtenu un diplôme adéquat. Ils reçoivent une formation et un traitement de l'administration pour entretenir leur Grand-Duc, le nourrir, le soigner et l' entraîner à la chasse au vol.

Utilisation de « grands ducs artificiels »[modifier | modifier le code]

De faux grands ducs sont parfois utilisés pour faire fuir des oiseaux (pour éviter leurs fientes). Certains sont au contraire utilisés pour attirer certains animaux qui sont attirés par ces effigies (ces dernières inquiètent certains animaux, qui s'en approchent avec des comportements d'intimidation ; elles sont donc utilisées pour la chasse et la destruction de certains animaux dits nuisibles (autorisé en France depuis peu à la demande de représentants des chasseurs[5]).

Reproduction[modifier | modifier le code]

Il niche en mars-avril, dans des nids abandonnés de Corvidés, à même le sol ou dans des cavités rocheuses naturelles, dans les falaises escarpées. La femelle pond de 2 à 4 œufs dont l'incubation dure 31-37 jours. Les petits quittent le nid au bout de 6 semaines et volent un peu plus tard. On compte une seule ponte par an.

La femelle n'hésite pas à s'en prendre avec le bec et les serres à tout intrus susceptible de menacer ses jeunes, aidée par le mâle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

L'œil du Grand-duc, lui permet de voir dans le noir, mais comme celui des chouettes et d'autres animaux nocturnes, il est très sensible à l'éblouissement par les phares de voitures ou l'éclairage nocturne, exposant l'animal à des collisions avec des véhicules (phénomène de « Roadkill »).

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Oiseaux.net, consulté en février 2011 et janvier 2013
  2. Passerat (1921) La Chasse aux grands ducs
  3. Faucon pèlerin, consulté le 01/11/13.
  4. Le statut juridique des oiseaux sauvages en France, Ligue pour la protection des oiseaux
  5. Art. L. 427-8-1 Créé par la loi n ° 2012-325 du 7 mars 2012 (JORF du 8 mars 2012). « L'utilisation du grand duc artificiel est autorisée pour la chasse des animaux nuisibles et pour leur destruction»