Viens

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Viens
Vue générale
Vue générale
Blason de Viens
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Apt
Canton Apt
Intercommunalité Communauté de communes du Pays d'Apt-Pont Julien
Maire
Mandat
Jean-Pierre Peyron
2008-2014
Code postal 84750
Code commune 84144
Démographie
Gentilé Viensois, Viensoises
Population
municipale
621 hab. (2011)
Densité 18 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 53′ 46″ N 5° 34′ 03″ E / 43.8961111111, 5.5675 ()43° 53′ 46″ Nord 5° 34′ 03″ Est / 43.8961111111, 5.5675 ()  
Altitude 610 m (min. : 332 m) (max. : 784 m)
Superficie 34,59 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.viensvillage.fr

Viens est une commune française, située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village de Viens est un village médiéval perché tourné face au massif du Luberon, sur la hauteur entre Apt et Céreste.

La commune fait partie du périmètre du parc naturel régional du Luberon

Relief[modifier | modifier le code]

Le village est perché sur la partie sud des monts de Vaucluse.

Au sud et à l'est de la commune, se déroulent deux vallées. Autour du village, un plateau perché est légèrement incliné entre 500 mètres sur sa partie la plus au sud et 700 mètres sur sa partie nord. Le reste de la commune, soit sa partie nord, est une succession de vallons et collines avec un sommet à 784 mètres. On trouve aussi deux avens : l'aven de la Grande (au nord-ouest) et l'aven des Douces.

Géologie[modifier | modifier le code]

Dalle de Viens (empreintes de pas fossiles de mammifères d'âge Oligocène).

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Cours du Calavon à la sortie des gorges d'Oppedette et ruisseaux au cours périodique.

Transport[modifier | modifier le code]

La départementale 33 et la départementale 155 traversent la commune sur un axe plus ou moins nord-sud et la nationale 100 passe à l'extrême sud de la commune. Sur un axe est-ouest, la départementale 190 passe par le village (comme la départementale 33).

Sismicité[modifier | modifier le code]

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[1]

Climat[modifier | modifier le code]

Relevé météorologique d'Apt
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 3 4 6 9 13 16 19 19 16 13 7 4 10,7
Température moyenne (°C) 7 8 11 13,5 18 21,5 24,5 24,5 21,5 17 11 8 15,5
Température maximale moyenne (°C) 11 12 16 18 23 27 30 30 25 21 15 12 19,2
Précipitations (mm) 35,3 21,3 21,9 40,6 26,7 14,6 8,2 18,3 57 52,3 39,1 25,6 361,1
Source : Données climatologiques d'Apt (Vaucluse) 2000-2007
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
11
3
35.3
 
 
 
12
4
21.3
 
 
 
16
6
21.9
 
 
 
18
9
40.6
 
 
 
23
13
26.7
 
 
 
27
16
14.6
 
 
 
30
19
8.2
 
 
 
30
19
18.3
 
 
 
25
16
57
 
 
 
21
13
52.3
 
 
 
15
7
39.1
 
 
 
12
4
25.6
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

La commune est située dans la zone d'influence du climat méditerranéen. Après une année 2007 caractérisée par une très faible pluviométrie, 435 mm d'eau en pays d'Apt, 2008 avec 1 202 mm, soit 2, 8 fois plus, se place juste derrière l'année 1968. Quant à la moyenne des températures elle augmente de 0, 5°, l'hiver et le printemps ayant été très doux. Le temps pluvieux a affecté la durée de l'ensoleillement avec une centaine d'heures en dessous de la normale[2].

Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures moyennes (°C) 6,9 7,7 8,7 11,9 17,2 20,5 22,7 22,4 17,9 13,8 8,3 4,6 13,6
Températures normales (°C) 5,1 6,3 8,9 11,4 15,7 19,0 22,3 22,3 18,5 13,8 8,3 5,8 13,1
Écart avec la normale (°C) + 1,8 + 1,4 - 0,2 + 0,5 + 1,5 + 1,5 + 0,4 + 0,3 - 0,6 0 - 0,2 - 1,2 + 0,5
Moyenne mensuelle de précipitations (mm) 103 43 23 126 157 38 12 29 187 122 160 202 1 202
Précipitations normales (°C) 71 56 57 79 70 49 37 53 73 101 74 69 789
Écart avec la normale (°C) + 32 - 13 - 34 + 47 + 87 - 11 - 25 - 24 + 114 + 21 + 86 + 133 + 413
Source : Le Pays d'Apt, n° 191, février 2009 et station de référence météo : Apt (242m)

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

À la fin de l'Antiquité et au début du Moyen Âge, le village fut connu sous le nom romain de Vegnis.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Un mobilier néolithique important, recueilli dans une demi-douzaine de stations, montre que la zone a été occupée assez tôt.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Les Ligures, les Celtes, puis les Romains s'installèrent sur le territoire de la commune[3]. Les nombreux vestiges romains (et la proximité d'Apt) montrent que la zone a continué d'être occupée durant la période romaine.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le château médiéval au début du XXe siècle

Viens est cité en 1005 sous le nom de « Vegnis » puis en 1225 sous son vocable actuel. Au XIIe siècle, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possédait un prieuré faisant office d’église paroissiale, jusqu’au début du XIIIe siècle, et deux églises, Saint-Ferreol et Saint-Jean, dont elle percevait les revenus[4]. En 1300, une petite communauté juive comptant 2 feux était établie à Viens[5].

Le village fut le fief des d'Agoult, puis successivement des Simiane (ancienne baronnie de Grange de Simiane), Sabran-Forcalquier, Villemus, Glandevès et enfin des d'Agoult-Montauban.[réf. nécessaire]

Période moderne[modifier | modifier le code]

La gare de Viens

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Suite à la première guerre mondiale, comme dans de nombreux villages français, la commune de Viens voit le nombre d'habitants diminuer fortement, passant d'environ 1000 personnes à près de 400 entre le début du siècle et 1926[3].

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Mairie de Viens
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2002 en cours Jean-Pierre Peyron PCF  

Fiscalité[modifier | modifier le code]

L'imposition des ménages et des entreprises à Viens en 2009[6]
Taxe part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation (TH) 10,96 % 0,00 % 7,55 % 0,00 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 13,06 % 0,00 % 10,20 % 2,36 %
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 45,81 % 0,00 % 28,96 % 8,85 %
Taxe professionnelle (TP) 00,00 % 19,25 % 13,00 % 3,84 %

La Part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 621 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 113 1 104 1 136 1 118 1 207 1 253 1 242 1 236 1 186
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 167 1 107 1 043 1 028 1 028 933 889 881 781
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
733 725 655 552 488 474 471 395 331
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
286 300 304 401 458 491 564 621 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8])
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune possède une école primaire publique avec seulement une classe de maternelle et une classe de CP. En effet, le village de Viens appartient à un regroupement pédagogique avec les deux villages limitrophes de Caseneuve et de Saint-Martin-de-Castillon. Les autres classes de l'école primaire sont sur ces deux autres villages. Les trois communes organisent un réseau de bus scolaires pour amener les enfants de chaque commune vers l'école appropriée[9]. Les élèves peuvent ensuite poursuivre leurs études au collège[10] et au lycée[11] Charles de Gaulle d' Apt [12].

Animation[modifier | modifier le code]

Depuis le 16 janvier 2013, Viens possède sa webradio à l'Url http://www.radioviens84.fr. Radio de divertissement, musiques et actualités locales.

Sports[modifier | modifier le code]

Tennis, piscine, centre d'équitation, pétanque (boulodrome).

Randonnées pédestres, équestres et VTT.

Santé[modifier | modifier le code]

Proximité du centre hospitalier d'Apt.

Cultes[modifier | modifier le code]

Église catholique

Économie[modifier | modifier le code]

Élevage de moutons près de Viens

L'économie de la commune fut prospère dès le XVIIe siècle, avec la présence sur la commune de Viens, de foires et marchés, de nombreux artisans (chaudronniers, maçons, maréchaux ferrants, tisserants). 2 études notariales suivaient alors les diverses activités du village. L'agriculture diversifiée sur la culture de céréales, d'olives et l'élevage ovin, s'est complétée du travail du ver à soie[3].

Sur cette commune se pratique actuellement des cultures fruitières et maraîchères, la culture et la distillation du lavandin. Elle produit des vins AOC Ventoux. Les vins qui ne sont pas en appellation d'origine contrôlée peuvent revendiquer, après agrément le label Vin de pays d'Aigues[13]

  • Élevage ovin et caprin avec production de fromages de chèvre.
  • Ferme biologique : laiterie et fromagerie (bovins).
  • Gîte d'étape équestre et chambres d'hôtes.

Tourisme

  • Visite guidée du village, circuits balisés
  • Chemin de grande randonnées, GR 6, de Tarascon (Bouches du Rhône) à Saint-Paul-sur-Ubaye (Alpes de Haute Provence)

Habitat[modifier | modifier le code]

Habitat perché[modifier | modifier le code]

Château de Viens protégeant le village perché sur un éperon

Ce type d'habitat est considéré comme typiquement provençal, il est surtout typiquement méditerranéen. Ces villages sis sur leur « acropole rocheuse », qui ont gardé leur aspect médiéval, forment par l'orientation des façades de leurs maisons - vers la vallée ou la voie de communication - un véritable front de fortification[14].

Fernand Benoit souligne leur origine quelques fois préhistorique en signalant que Cicéron, à propos des Ligures qui peuplaient la région, les dénomme castellani, c'est-à-dire habitants des castellas (Brutus, LXXIII, 256)[14].

Ces villages perchés se trouvent dans essentiellement dans les zones collinaires dont le terroir est pauvre en alluvions et où l'eau est rare. Ce qui est le cas général en Provence sauf dans la basse vallée du Rhône et dans celle de la Durance, où les terres alluvionaires abondent et surtout où l'eau est facilement accessible pour chaque propriété grâce à un puits creusé dans la cour de la maison[15].

De plus ce groupement en communauté refermée sur elle-même correspond à des régions de petites propriétés, où les seules terres fertiles se situent au fond de quelques vallons, et ce regroupement a facilité l'existence d'un artisanat rural indispensable aux villageois (charron, forgeron, etc.). À contrario, l'habitat dispersé implique de grands domaines qui tendent à vivre en autarcie. D'où la loi émise par Fernand Benoit « La misère groupe l'habitat, l'aisance le disperse »[15].

Maison en hauteur[modifier | modifier le code]

Maison en hauteur datée du XVIe siècle
Maison médiévale

Fernand Benoit explique que « son originalité consiste à placer les bêtes en bas, les hommes au-dessus ». Effectivement ce type d'habitation, qui se retrouve essentiellement dans un village, superpose sous un même toit, suivant une tradition méditerranéenne, le logement des humains à celui des bêtes. La maison en hauteur se subdivise en une étable-remise au rez-de-chaussée, un logement sur un ou deux étages, un grenier dans les combles. Elle était le type de maison réservée aux paysans villageois qui n'avaient que peu de bétail à loger, étant impossible dans un local aussi exigu de faire tenir des chevaux et un attelage[16].

Elle se retrouve aujourd'hui dans nombre de massifs montagneux ou plateaux de la Provence occidentale[17].

Ces maisons datent pour la plupart du XVIe siècle, période où les guerres de religion imposèrent de se retrancher derrière les fortifications du village. Celles-ci finies, il y eut un mouvement de sortie pour établir dans la périphérie de l'agglomération des « maisons à terre », plus aptes à recevoir des bâtiments annexes[17].

En effet, ce type d'habitation, regroupant gens et bêtes dans un village, ne pouvait que rester figé, toute extension lui étant interdite sauf en hauteur. Leur architecture est donc caractéristique : une façade étroite à une ou deux fenêtres, et une élévation ne pouvant dépasser quatre à cinq étages, grenier compris avec sa poulie extérieure pour hisser le fourrage. Actuellement, les seules transformations possibles - ces maisons ayant perdu leur statut agricole - sont d'installer un garage au rez-de-chaussée et de créer de nouvelles chambres au grenier[18]. Pour celles qui ont été restaurées avec goût, on accède toujours à l'étage d'habitation par un escalier accolé à la façade[17].

La présence de terrasse ou balcon était une constante. La terrasse servait, en priorité, au séchage des fruits et légumes suspendus à un fil de fer. Elle était appelée trihard quand elle accueillait une treille qui recouvrait une pergola rustique. Quand elle formait loggia, des colonnettes soutenant un auvent recouvert de tuiles, elle était nommée galarié ou souleriè[19].

Maison à terre[modifier | modifier le code]

Maison à terre (mas) datant du XVIIIe siècle

Compartimenté dans le sens de la longueur, ce type de maison représente un stade d'évolution plus avancé que la « maison en hauteur ». Il est caractéristique de l'habitat dispersé[20]. C'est l'habitation traditionnelle des pays de « riche culture » et la lavande en fut une[21].

Ce type de maison est divisé en deux parties très distinctes dans le sens de la longueur. Le rez-de-chaussée est occupé par une salle commune dans laquelle est intégrée la cuisine. Très souvent se trouve à l'arrière un cellier contenant la réserve de vin et une chambre. Un étroit couloir, qui permet d'accéder à l'étage, sépare cet ensemble de la seconde partie réservée aux bêtes. Celle-ci se compose, dans la plupart des cas, d'une remise qui peut servir d'écurie et d'une étable. L'étage est réservé aux chambres et au grenier à foin qui correspond par une trombe avec l'étable et l'écurie[21].

À cet ensemble, s'ajoutaient des annexes. Une des principales était la tour du pigeonnier, mais la maison se prolongeait aussi d'une soue à cochons, d'une lapinière, d'un poulailler et d'une bergerie[21].

Alors qu'aucune maison en hauteur ne disposait de lieu d'aisance, même en ville, la maison à terre permet d'installer ces « lieux » à l'extérieur de l'habitation. Jusqu'au milieu du XXe siècle, c'était un simple abri en planches recouvert de roseaux (canisse) dont l'évacuation se faisait directement sur la fosse à purin ou sur le fumier[21].

Maison à terre et sa treille à l'entrée du village

La construction d'un tel ensemble étant étalée dans le temps, il n'y avait aucune conception architecturale pré-établie. Chaque propriétaire agissait selon ses nécessités et dans l'ordre de ses priorités. Ce qui permet de voir aujourd'hui l'hétérogénéité de chaque ensemble où les toitures de chaque bâtiments se chevauchent généralement en dégradé[22].

Chaque maison se personnalisait aussi par son aménagement extérieur. Il y avait pourtant deux constantes. La première était la nécessité d'une treille toujours installée pour protéger l'entrée. Son feuillage filtrait les rayons de soleil l'été, et dès l'automne la chute des feuilles permettait une plus grande luminosité dans la salle commune. La seconde était le puits toujours situé à proximité. Il était soit recouvert d'une construction de pierres sèches en encorbellement qui se fermait par une porte de bois, soit surmonté par deux piliers soutenant un linteau où était accrochée une poulie permettant de faire descendre un seau. L'approvisionnement en eau était très souvent complété par une citerne qui recueillait les eaux de pluie de la toiture[22].

Le pigeonnier devint, après la Révolution la partie emblématique de ce type d'habitat puisque sa construction signifiait la fin des droits seigneuriaux, celui-ci étant jusqu'alors réservé aux seules maisons nobles. Il était soit directement accolé à la maison mais aussi indépendant d'elle. Toujours de dimension considérable, puisqu'il était censé anoblir l'habitat, il s'élevait sur deux étages, le dernier étant seul réservé aux pigeons. Pour protéger ceux-ci d'une invasion de rongeurs, son accès était toujours protégé par un revêtement de carreaux vernissés qui les empêchait d'accéder à l'intérieur[21].

Maison à cour[modifier | modifier le code]

Ce type d'habitation est composé de bâtiments et de dépendances ordonnés autour d'une cour centrale. Cet ensemble est caractéristique des grands domaines céréaliers et prend souvent l'aspect d'un château avec des murs flanqués d'échauguettes et des tours d'angle. Il est adapté à une vie agricole où le climat n'impose pas une grange pour engranger les javelles de blé avant le dépiquage, celui-ci ayant lieu aussitôt les gerbes coupées sur l'aire de terre battue. Dans ce mode culturel, les grains sont entrés en sacs dans une remise tandis que les moissonneurs élèvent les meules de paille avec comme seule protection contre la pluie un mélange de poussier et de terre glaise. Seul est rentré le fourrage[23].

Cette structure agraire est rare en Provence[23].

Maison à tours[modifier | modifier le code]

C'est le style des grandes maisons seigneuriales qui va traverser les siècles même après la Renaissance. Il s'agit de bâtisses isolées, avec ou sans cour intérieure, dont la façade est flanquée de deux tours ou qui est protégée par quatre tours d'angle[24].

La fortification des maisons de campagne est une pratique fort ancienne. Elle se retrouve, dès le haut Moyen Âge, avec le castellum dont celles de Provence reprennent le plan avec ses tours d'angle. C'est un héritage romain puisque nombre de villæ rusticæ furent protégées par des tours[24].

Cabanon[modifier | modifier le code]

Ancien grenier à blé en bordure d'un champ

L'existence de cette « maisonnette des champs » est toujours liée à une activité agricole qui contraint le paysan à rester éloigné de sa résidence habituelle. Dans son étude sur l'habitat rural, Fernand Benoit envisage à la fois le cas du pastoralisme et celui du sédentarisme. Pour le premier, la transhumance, qui permet aux troupeaux d'estiver dans les alpages, implique l'usage d'un habitat sur place de « type élémentaire » pour le berger. Suivant le lieu, il prend l'aspect d'un jas en pierre sèche ou d'une cabane édifiée en matériaux composites. Ce refuge lui sert à la fois d'abri et de laiterie[25].

Pour le paysan sédentaire, c'est l'éloignement de ses cultures qui impose un habitat aménagé près de son champ. Dans ce dernier cas, le cabanon correspond à un véritable habitat saisonnier qui est utilisé lors des travaux de longue durée[25].

Ces cabanons, qui se trouvent à l'orée ou au centre du champ, avaient aussi un rôle d'affirmation sociale pour le paysan. Ils étaient considérés comme « le signe de la propriété sur une terre qu'il entendait distinguer du communal »[25].

Borie[modifier | modifier le code]

On nomme ainsi en Provence une cabane de pierre sèche. Le terme de borie est issu du latin boria - déjà référencé dans le quartier Borianum d'Arles - et s'orthographie bori en provençal. Elle est aussi dénommée cabanon pointu dans les Alpes provençales (région de Forcalquier). Ce type de construction réalisé uniquement en pierres sèches, permettait au paysan de stocker (serrer en provençal) ses instruments agraires, protéger sa récolte ou plus spécifiquement sa réserve d'eau et, au besoin, d'y passer la nuit. La borie était donc une annexe de l'habitat permanent[25]. Ce type de construction en pierre sèche est facilité par l'épierrage des champs. En Provence, il est courant dans les régions montueuses, de plateaux secs, des coteaux travaillés en restanques[26].

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église de Viens. Son clocher est classé monument historique
Ancien moulin à huile
  • Au village
    • Château XIIe/XIIIe siècle, très remanié.
    • Tour sarrazine.
    • Ruelles caladées.
    • Nombreuses façades Renaissance, dont la maison Monier d'Arnaud et la maison Monier de La Quarré.
    • L'église Saint Hilaire (église romane du XIIe remaniée au XVIIe) et son clocher carré de la fin du XIIIe siècle (monument historique inscrit).
    • Campanile.
    • Lavoirs anciens, fontaine.
    • Architecture défensive très bien conservée, dont des tours rondes, tour de la mairie (XIe siècle), tour carrée du Portail (XIIe siècle, restaurée au XIVe siècle).
    • Ancien hôtel de Pontevès XVIe siècle (mairie).
    • Ancien moulin à huile dans la roche.
    • Fours à pain, dont un d'origine du XIIe siècle.
  • Sur la commune
    • À 2 km à l'ouest, la chapelle rurale Saint Laurent, restaurée partiellement (à usage d'habitation).
    • Sur le Calavon, la chapelle rurale Saint Ferréol (XVIIIe, restaurée) et nombreux moulins (dont Benoye, Coutraire et Bélan qui sont entiers)
    • Chapelle au hameau de Saint-Paul, restaurée en partie.
    • Rares vestiges d'une chapelle au hameau de Saint-Amas.
    • Deux oratoires à Notre-Dame.
    • Plusieurs cabanes en pierre sèche ou bories.
    • Plusieurs grangeons, anciens greniers à blé.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
Armes de Viens

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

De gueules aux deux dauphins couronnés affrontés tenant de leurs gueules une même grappe de raisin par ses sarments, soutenus d'un croissant, le tout d'or.

Cinématographie[modifier | modifier le code]

Le téléfilm Cet été-là d'Elisabeth Rappeneau avec Constance Dollé, Marc Barbé, Mathieu Delarive, Pierre Aussedat, Alexandra Bienvenu, Xavier de Guillebon, Monique Chaumette, Pascal Elso, Christophe Brault a été tourné en 2008 à Viens [27]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, A. Barthélemy, Avignon, 1986,‎ 1986 (ISBN 2903044279)
  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Christian Lacour, Nîmes (réed.), 1997,‎ 1997 (ISBN 284406051X)
  • Jean-Pierre Saltarelli, Les Côtes du Ventoux, origines et originalités d'un terroir de la vallée du Rhône, A. Barthélemy, Avignon,‎ 2000 (ISBN 2879230411)
  • Régis Fabre, Histoire de la baronnie de Viens (Vaucluse); chronique événementielle et seigneuriale d'une communauté de la haute Provence, Draguignan, 1981, 81 p.
  • Michel Texier, 'Il était une fois Viens', Le Pontet, 1996, 112 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  2. Roland Sautel, Le Pays d'Apt, n° 191, février 2009, p. 13.
  3. a, b et c Histoire de la commune de Viens
  4. Guy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du Xe au XIIIe siècle », in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. (ISSN 1254-9371), (ISBN 2-906162-54-X), {{}}p.232
  5. Édouard Baratier, La démographie provençale du XIIIe au XVIe siècles, avec chiffres de comparaison pour le XVIIIe siècle, Paris : SEVPEN/EHESS, 1961. Collection « Démographie et société », 5. p. 70
  6. « Impots locaux à Viens », taxes.com
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  9. « Enseignement publique primaire en Vaucluse », Académie Aix-Marseille
  10. « Carte scolaire du Vaucluse », Conseil général de Vaucluse,‎ 2010
  11. « Cartes scolaire des lycèes de Vaucluse », Inspection académique de Vaucluse
  12. « Cité scolaire d'Apt », Académie Aix-Marseille
  13. Le label Vin de pays d'Aigues concerne les communes suivantes dans le département de Vaucluse : Ansouis, Apt, Auribeau, La Bastide-des-Jourdan, La Bastidonne, Les Beaumettes, Beaumont-de-Pertuis, Bonnieux, Buoux, Cabrières-d'Aigues, Cabrières-d'Avignon, Cadenet, Caseneuve, Castellet, Cavaillon, Cheval-Blanc, Cucuron, Gargas, Gignac, Gordes, Goult, Grambois, L'Isle-sur-la-Sorgue, Joucas, Lacoste, Lagarde-d'Apt, Lagnes, Lauris, Lioux, Lourmarin, Maubec, Ménerbes, Mérindol, Mirabeau, La Motte-d'Aigues, Murs, Oppède, Pertuis, Peypin-d'Aigues, Puget, Puyvert, Robion, Roussillon, Rustrel, Saignon, Saint-Martin-de-Castillon, Saint-Martin-de-la-Brasque, Saint-Pantaléon, Saint-Saturnin-d'Apt, Sannes, Saumane, Sivergues, Les Taillades, La Tour-d'Aigues, Vaugines, Viens, Villars, Villelaure, Vitrolles-en-Luberon.
  14. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 43.
  15. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 44.
  16. Fernand Benoit, op. cit., p. 48.
  17. a, b et c Fernand Benoit, op. cit., p. 49.
  18. Fernand Benoit, op. cit., p. 50.
  19. Fernand Benoit, op. cit., p. 51.
  20. Fernand Benoit, op. cit., p. 54.
  21. a, b, c, d et e Fernand Benoit, op. cit., p. 55.
  22. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 56.
  23. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 58.
  24. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 61.
  25. a, b, c et d Fernand Benoit, op. cit., p. 69.
  26. Fernand Benoit, op. cit., p. 71.
  27. Bande de fin du film