Liste des États membres de l'Organisation des Nations unies
Les États membres de l'Organisation des Nations unies (ONU) sont en 2011 au nombre de 193, soit presque la totalité des États existants.
192 de ces 193 pays ont un ambassadeur permanent des Nations unies à New York : seules les Kiribati n'en disposent pas.
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Liste des États [modifier]
Cette liste ne reprend pas les dénominations de pays utilisées par l'ONU, elle utilise la terminologie généralement utilisée dans Wikipédia, à savoir le nom usuel et francisé des pays.
Cartographie [modifier]
Observateurs et non-membres [modifier]
Il n'existe, en 2013, que quatre États au monde qui, bien qu'étant reconnus officiellement par l'ONU, n'en sont pas membres :
- le Vatican, représenté par le Saint-Siège, qui a un statut d'observateur depuis 1964 ;
- les Îles Cook, reconnues comme État non membre depuis 1992[2] ;
- Niue, également reconnu comme État non membre depuis 1994[2] ;
- l'État de Palestine, également observateur depuis 2012.
États non-membres [modifier]
Les Îles Cook et Niue sont sous souveraineté néo-zélandaise, étant juridiquement des territoires dépendants en libre association avec la Nouvelle-Zélande. En tant qu'États associés ne disposant pas de la souveraineté extérieure, il leur est impossible de devenir membres des Nations unies[3]. Ils sont néanmoins tous deux considérés comme indépendants dans leurs relations étrangères par l'ONU et y ont le statut d'États non-membres, depuis 1992 pour les Îles Cook[2] et depuis 1994 pour Niue[2].
D'autres pays, qui se voient reconnaître le statut d'État par certaines personnes morales de droit international parmi les États et les organisations internationales, ne sont pas reconnus comme États souverains par l'ONU. Il s'agit notamment des territoires suivants :
- la République arabe sahraouie démocratique, gouvernement en exil du Sahara occidental annexé en 1975 par le Maroc, est reconnue par environ 47 pays en 2010 et, bien que membre de l'Union africaine, n'est pas représentée à l'ONU ;
- la République de Chine (Taïwan) a siégé comme représentant de la Chine à l'ONU jusqu'en 1971 ; seuls 22 États membres de l'ONU et le Vatican entretiennent des relations diplomatiques officielles avec Taïwan ;
- le Kosovo a déclaré son indépendance le 17 février 2008 ; son gouvernement a une souveraineté effective sur le territoire, conjointement avec l'ONU qui l'administre depuis le 10 juin 1999. Son indépendance est reconnue par 91 membres de l'ONU au 1er juin 2012 (dont 3 des 5 membres permanents du Conseil de sécurité) et par Taïwan[4].
États observateurs [modifier]
Le Vatican et la Palestine sont les deux seuls États reconnus par les Nations unies qui n'en sont pas membres mais auxquels a été accordé un statut d'observateur, respectivement depuis 1964 et 2012.
La Palestine est passée du statut d'« entité » à celui d'« État observateur non membre » à l'ONU le 29 novembre 2012 à la suite d'un vote de l'Assemblée générale ayant obtenu une majorité de 138 voix pour, 9 contre et 41 abstentions[5].
Organisations intergouvernementales invitées en qualité d'observateur [modifier]
Actuellement soixante-neuf organisations internationales, comme l'Union européenne ou l'Organisation internationale de la francophonie possèdent également un statut d'observateur[6] [7],[8].
Autres organisations jouissant d'un statut d'observateur [modifier]
Cinq organisations non gouvernementales agissant dans la sphère internationale ont actuellement un statut d'observateur[9] :
- l'Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte depuis 1994[10] ;
- le Comité international olympique ;
- l'Union interparlementaire ;
- la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et le Comité international de la Croix-Rouge.
L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a bénéficié de ce statut de 1974[11] au 29 novembre 2012, date de l'accession de l'État de Palestine au statut d'État observateur.
Particularités [modifier]
Union ou réunification d'États [modifier]
Allemagne [modifier]
La République fédérale d’Allemagne et la République démocratique allemande ont été admises à l’ONU le 18 septembre 1973. Du fait du rattachement de la République démocratique allemande à la République fédérale d’Allemagne, qui a pris effet le 3 octobre 1990, les deux États allemands se sont unis pour former un seul État souverain.
Tanganyika et Zanzibar [modifier]
Le Tanganyika a été admis à l’Organisation des Nations unies le 4 décembre 1961 et Zanzibar le 16 décembre 1963. À la suite de la ratification, le 26 avril 1964, du traité d’union entre le Tanganyika et Zanzibar, les deux États ont été représentés à l’Organisation avec un siège unique sous le nom de République Unie de Tanganyika et de Zanzibar et, à partir du 1er novembre 1964, sous le nom de République Unie de Tanzanie.
Yémen [modifier]
Le royaume du Yémen (ou Yémen du Nord, devenu en 1962 la République arabe du Yémen) a été admis à l’Organisation des Nations Unies le 30 septembre 1947 et le Yémen du Sud (devenu en 1970 la République démocratique populaire du Yémen) le 14 décembre 1967. Le 22 mai 1990, les deux États ont fusionné et sont depuis lors représentés comme un seul et même État, le Yémen.
Éclatement d'États [modifier]
Égypte et Syrie [modifier]
Entrées à l’Organisation des Nations Unies le 24 octobre 1945, l’Égypte et la Syrie étaient membres fondateurs de l’Organisation. Après le plébiscite du 21 février 1958, l’Égypte et la Syrie se sont unies pour former la République arabe unie, qui a continué à être représentée à l’Organisation avec un siège unique. Le 13 octobre 1961, la Syrie a recouvré son statut d’État indépendant et repris son siège à l’Organisation des Nations unies. Le 2 septembre 1971, la République arabe unie a changé son appellation en République arabe d’Égypte.
Malaisie (Malaysia) et Singapour [modifier]
La Fédération de Malaisie a été admise à l’Organisation des Nations unies le 17 septembre 1957. Le 16 septembre 1963, elle a pris le nom de Malaisie à la suite de l’admission au sein de la nouvelle Fédération de Singapour, Sabah et Sarawak. Singapour est devenu un État indépendant le 9 août 1965[12] et est entré à l’Organisation des Nations unies le 21 septembre 1965.
Tchécoslovaquie [modifier]
Entrée à l’Organisation des Nations unies le 24 octobre 1945, la Tchécoslovaquie était membre fondateur de l’Organisation. Dans une lettre datée du 10 décembre 1992, son représentant permanent a informé le Secrétaire général que la République fédérative tchèque et slovaque cesserait d’exister le 31 décembre 1992 et que les États successeurs demanderaient à être admis à l’Organisation des Nations unies. La République tchèque et la Slovaquie sont ainsi devenues, le 19 janvier 1993, des États membres de l’ONU.
Yougoslavie [modifier]
La République fédérale socialiste de Yougoslavie fut l’un des membres fondateurs de l’ONU, elle en a signé la Charte le 26 juin 1945 et l’a ratifiée le 19 octobre 1945.
- Suite au démembrement du pays et à la création de nouveaux États, la Bosnie-Herzégovine (résolution A/RES/46/237), la République de Croatie (A/RES/46/238) et la République de Slovénie (A/RES/46/236) ont été admises à l’ONU le 22 mai 1992.
- La Macédoine : l’Assemblée générale a admis le 8 avril 1993 l’État provisoirement dénommé ex-République yougoslave de Macédoine en attendant que soit réglée la divergence qui a surgi au sujet de son nom. Il est communément appelé ARYM en français.
- Après l'exclusion de la République fédérale de Yougoslavie de l’Assemblée générale des Nations unies le 22 septembre 1992, que l'ONU ne reconnaît pas comme le successeur de la République socialiste fédérative de Yougoslavie (mais comme seulement un de ses successeurs) et à qui elle laisse donc la possibilité de présenter sa candidature en son nom propre, la Serbie et le Monténégro furent admis comme État-membre sous le nom de République fédérale de Yougoslavie le 1er novembre 2000 (résolution A/RES/55/12). Elle s'est ensuite appelée Serbie-et-Monténégro à partir du 4 février 2003.
Suite à la partition du pays entre la Serbie et le Monténégro le 3 juin 2006, la Serbie a conservé le statut d'État membre en tant que successeur de l'union, tandis que le Monténégro l'est devenu le 28 juin 2006.
- Le Kosovo a déclaré son indépendance unilatéralement le 17 février 2008 mais n'est pas membre de l'ONU.
Soudan et Soudan du Sud [modifier]
Suite à la proclamation de son indépendance le 9 juillet 2011 et à l'assemblée générale de l'ONU du 14 juillet, le Soudan du Sud devient le 193e État membre[13].
Succession d'un État à un autre [modifier]
Bélarus [modifier]
La Biélorussie a informé l’ONU le 19 septembre 1991 que son nom serait désormais Bélarus.
Chine et Taïwan [modifier]
La République de Chine fut un membre fondateur des Nations unies en 1945. En 1949, à la fin de la guerre civile chinoise, le gouvernement de la République de Chine se réfugia à Taïwan, laissant le contrôle de la majeure partie du pays aux mains du gouvernement de la République populaire de Chine.
Le siège chinois à l'ONU fut occupé en conséquence par la République de Chine (Taïwan) jusqu'au 25 octobre 1971, date à laquelle il fut attribué à la République populaire de Chine dans toutes les instances de l'ONU par le vote à l'Assemblée générale de la résolution 2758.
Depuis les années 1990, les demandes répétées de la République de Chine (Taïwan) pour une participation aux Nations unies ont été refusées, principalement à cause de l'opposition de la République populaire de Chine qui dispose du droit de veto au Conseil de Sécurité. La République de Chine (Taïwan) s'est présentée comme représentant uniquement la population de Taïwan, non celle du continent chinois, en utilisant tour à tour les noms de « République de Chine à Taïwan », « République de Chine (Taïwan) » ou seulement « Taïwan » (selon la proposition du Parti démocrate progressiste alors au pouvoir). Il a également été refusé à Taïwan le statut d'« État observateur non-membre » dont bénéficient le Vatican et la Palestine, ainsi que celui d'« entité invitée à participer en qualité d'observateur » ancien statut de la Palestine. Taïwan poursuit ses appels à la communauté internationale pour une reconnaissance du droit des 23 millions de citoyens de l'île à participer aux réunions et aux activités des Nations unies et des organisations qui leur sont associées. À ce jour, 23 États-membres de l'ONU ainsi que le Vatican (qui possède la souveraineté sur la Cité du Vatican) ont des relations diplomatiques avec la République de Chine.
Pour rejeter la demande de la République de Chine (Taïwan), l'ONU s'appuie sur la résolution 2758 initiée par l'Albanie, qui reconnaît le gouvernement de la République populaire de Chine comme le seul gouvernement légitime de la Chine. Le gouvernement de la République populaire de Chine applique la politique d'une seule Chine selon laquelle Taïwan fait partie de la Chine, et s'oppose donc fermement à ce que toute autorité représentant Taïwan participe à l'ONU. De son côté, le gouvernement de la République de Chine (Taïwan) estime que Taïwan ne fait pas partie de la Chine et que la résolution 2758 n'empêche pas la participation de Taïwan à l'ONU en tant que nouveau membre.
Le 18 juillet 2007, le Président de Taïwan Chen Shui-bian a écrit au Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon pour demander que son pays soit accepté comme membre des Nations unies. La demande a été refusée avec comme explication que la résolution 2758 interdit une telle chose. Selon Chen Shui-bian, la résolution ne définit en rien le statut de Taïwan, il n'est pas précisé que Taiwan fait partie de la Chine. De plus, le refus a été réalisé sans en référer au Conseil de sécurité ni à l'Assemblée générale, ce qui selon le ministre des affaires étrangères de Taïwan James Huang est contraire à la procédure normale[14].
Russie [modifier]
Entrée à l'ONU le 24 octobre 1945, l’Union des républiques socialistes soviétiques était membre fondateur de l’organisation. Par une lettre datée du 24 décembre 1991, le Président de la Fédération de Russie, Boris Eltsine, a informé le Secrétaire général que la Fédération de Russie, avec l’appui des 11 pays membres de la Communauté des États indépendants, succédait à l’Union soviétique au Conseil de sécurité et dans tous les autres organes de l’ONU.
Politique de la « chaise vide » ou retrait provisoire [modifier]
France [modifier]
De 1956 jusqu'à 1964 environ, la France pratiqua souvent la politique de la chaise vide, car le général de Gaulle était très réservé vis-à-vis de l'Organisation (elle refusa parfois également de verser une partie de sa contribution). Les raisons en étaient diverses :
- opposition de l'ONU à l'expédition à Suez en 1956 ;
- les dossiers avec les colonies : Maroc ou Tunisie (jusqu'à leur indépendance en 1956) ou Algérie (indépendance en 1962) ;
- l'incident de Bizerte en 1961 avec le gouvernement tunisien ;
- les essais nucléaires français menés au Sahara jusqu'en 1966 (puis dans le Pacifique jusqu'en 1996) ;
- opposition à l'opération des casques bleus menée de 1960 à 1964 dans l'ex-Congo belge.
Indonésie [modifier]
Du 20 janvier 1965 au 28 septembre 1966, l’Indonésie s'est retirée de l’Organisation des Nations Unies pour protester contre l'adhésion de la Malaisie.
URSS [modifier]
L'URSS pratiquait la politique de la chaise vide à l'ONU depuis la non reconnaissance de la Chine communiste au lieu de la Chine nationaliste (voir supra, Chine et Taïwan).
En 1950, suite à l'invasion de la Corée du Sud par la Corée du Nord, les États-Unis purent faire voter la décision de reconnaître la Corée du Nord comme agresseur et celle de l'envoi de troupes sous la tutelle des Nations unies. Ayant reconnu cette erreur tactique, l'URSS a ensuite assisté à toutes les réunions et a rendu très difficile les prises de décisions pendant 30 ans (jusqu'à la fin de la guerre froide) en usant de son droit de veto[réf. nécessaire].
Notes et références [modifier]
- Le Kiribati (ancienne Îles Gilbert) n'a pas d'ambassadeur permanent aux Nations unies, à New York
- UN THE WORLD TODAY (PDF) and Repertory of Practice of United Nations Organs Supplement No. 8; page 10 (PDF)
- (en) "REGION: Cook Islands puts New Zealand citizenship first", Pacific Magazine, 14 juin 2001
- Pour la liste complète et les sources référençant l'annonce de chaque pays, voir la section concernée dans l'article sur le Kosovo
- ONU: la Palestine obtient le statut d'Etat observateur, sur tempsreel.nouvelobs.com. Mis en ligne le 29 novembre 2012, consulté le 1 décembre 2012
- [1]Organisations intergouvernementales invitées, de façon permanente, à participer en qualité d'observateurs aux sessions et aux travaux de l'Assemblée générale de l'ONU
- (fr) Liste des observateurs, Ministère des affaires étrangères, 16 février 2002. Mis en ligne le 16 février 2002, consulté le 4 juillet 2008
- Organisations intergouvernementales invitées, de façon permanente, à participer en qualité d'observateurs aux sessions et aux travaux de l'Assemblée générale de l'ONU, sur un.org. Consulté le 6 décembre 2012
- [2]Organisations intergouvernementales invitées, de façon permanente, à participer en qualité d'observateurs aux sessions et aux travaux de l'Assemblée générale de l'ONU
- (fr) Ordre Souverain Militaire de Malte - S.E. l'Ambassadeur Pierre-Yves Simonin, Organisation des Nations unies, 27 juin 2000. Consulté le 4 juillet 2008
- (fr) Reconnaissance grandissante des droits des palestiniens par l'Assemblée générale, Organisation des Nations unies, mars 2003. Consulté le 4 juillet 2008
- (en) Proclamation de singapour
- L'ONU admet le Soudan du Sud comme nouveau membre, dépêche de l'ONU, 14 juillet 2011.
- (fr) Chen Shui-bian et James Huang envoient des lettres de protestation à Ban Ki-moon
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Liste des pays du monde
- Liste des ambassadeurs aux Nations unies actuellement en fonction
- Liste des membres fondateurs de l'Organisation des Nations unies
Liens externes [modifier]