Luanda

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8°50′18″S 13°14′04″E / -8.83833, 13.23444

Luanda
Panorama sur Luanda
Panorama sur Luanda
Administration
Pays Angola Angola
Province Luanda
Géographie
Latitude 8° 50′ 18″ Sud
       13° 14′ 04″ Est
/ -8.83833, 13.23444
Longitude
Altitude 6 m
Superficie 241 800 ha = 2 418 km²
Démographie
Population 4 137 337 hab. (2008)
Densité 1 711,1 hab./ km²
Localisation
Angola location map.svg
City locator 14.svg
Luanda

Luanda, anciennement São Paulo da Assunção de Loanda, est la capitale de l’Angola en Afrique australe. La ville se situe au nord-ouest du pays sur le côte de l'Océan Atlantique et bénéficie d'un climat tropical sec.

Luanda est fondée par des navigateurs portugais en 1575 dans une rade naturelle favorable à l'établissement d'un port. Elle devient, à compter de 1627, la capitale administrative de la colonie portugaise de l'Angola. Sa population, longtemps stagnante, commence à croitre fortement dans les années 1930. Lorsque l'Angola accède à son indépendance en 1975, la ville compte 600 000 habitants dont un fort contingent de portugais installés dans un quartier européen qui quittent le pays à cette époque. La longue guerre civile (1975-2002) que connait l'Angola, amène une population de réfugiés qui fuit les campagnes dévastées par les combats : la population de la ville atteint environ 5 millions d'habitants en 2008 soit près de 30 % de la population totale d'un pays pourtant très vaste (1,25 millions km²). Luanda rencontre aujourd'hui les problèmes des grandes métropoles du tiers-monde qui ont connu une croissance démographique effrénée : prédominance des bidonvilles, insécurité, accès limité à l'eau courante (moins de 50% de la population).

Luanda est le principal centre économique du pays et concentre les activités tertiaires et industrielles. Depuis 2002 grâce à la paix civile retrouvée et à l'argent du pétrole extrait de gisements offshore situés non loin de la capitale, celle-ci connait une croissance particulièrement importante de la construction. Le port exporte les principales productions du pays : le pétrole brut et ses dérivés raffinés à la périphérie de la ville, le minerai de fer, le café et les produits de la pêche. Les infrastructures de transport, endommagées par la guerre civile, sont en cours de reconstruction.

Sommaire

[modifier] Histoire

[modifier] La période coloniale

Loanda en 1883

La ville est fondée en 1575 par Paulo Dias de Novais, un navigateur portugais, sous le nom de São Paulo da Assunção de Luanda. En débarquant sur l’île du Cabo, il trouve une population indigène assez nombreuse et y fait établir un premier noyau de colons portugais : sept cents personnes, dont trois cent cinquante soldats, des religieux, des négociants et des fonctionnaires.

La ville fut le centre administratif de la colonie d’Angola depuis 1627 (sauf de 1641 à 1648, période durant laquelle la ville est sous le contrôle de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales).

Des années 1550 jusqu'en 1850, Luanda est un centre important pour le trafic d’esclaves vers le Brésil. Quand l’Angola devient colonie portugaise, l’administration de la ville est divisée en quartiers pour les Blancs et quartiers pour les Noirs. Les Blancs vivent dans des villas avec des domestiques tandis que les Africains vivent dans des huttes. Les Noirs sont en majorité des Kimbundu et des Bakongo. L’armée coloniale surveille les entrées sorties des Africains dans les quartiers européens. Pendant l’Union ibérique, est construite en 1618 la Fortaleza de São Pedro da Barra.

En 1889 est inauguré un réseau de distribution d'eau. Après l'implantation d'un régime républicain au Portugal en 1910, le colonialisme entre dans une nouvelle phase. Les républicains avaient durement critiqué les gouvernements monarchiques pour avoir abandonné les colonies. Le nouveau gouvernement portugais fait alors la création d'écoles en Angola[1]. Le premier lycée (Liceu Central de Luanda) ouvre ses portes en 1919. Pendant les premières années du salazarisme, Luanda est utilisée comme colonie pénitentiaire, et accueille de nombreux condamnés de droit commun.

[modifier] L'insurrection angolaise (1961-1974)

Le 4 février 1961, le Mouvement Populaire de Libération d'Angola (MPLA) attaque les prisons de Luanda afin de libérer des détenus politiques. Simultanément, des postes de police et des baraquements militaires sont attaqués, menant au bilan officiel de sept morts parmi les colons portugais, quatorze morts et cinquante blessés du côté des Africains. Le lendemain, les bas-fonds des quartiers européens manifestent dans les rues en criant «Mata Todos» (Tuez‑les tous !), attaquant les Africains se trouvant sur leur passage. Le 7 février, les quartiers africains font l'objet de raids de représailles, conduisant à la mort de vingt-quatre Africains et de trois colons[2].

Le 15 mars, l'insurrection éclate dans tout le pays, et le 21 mars la capitale angolaise abrite 3 850 réfugiés portugais[2]. L'épisode du 4 février est considéré comme l'élément déclencheur de la révolte angolaise[3].

[modifier] L'indépendance

Après l’indépendance du pays en 1975, la plupart de la population portugaise de la ville part ; de nombreux Cubains arrivent, principalement des soldats. Lors de la guerre civile qui suit l’accession du pays à l’indépendance, la ville est attaquée par les forces du FNLA et des mercenaires portugais. Ces assauts sont repoussés par l'armée gouvernementale et les Cubains lors de la bataille de Kifangondo. La guerre civile entre le MPLA et le UNITA amène de nombreux paysans (notamment des Ovimbundu) à se réfugier en ville.

Les élections législatives de septembre 2008 sont remportées par le MPLA (avec 74,93 % de voix), suivi de l'UNITA (avec 18,25 %), le PRS (avec 1,94 %) et le ND-Coalition (avec 1,67 % des voix).

[modifier] Géographie

Vue de la ville de Luanda par satellite.

Luanda se divise en deux zones principales comprenant d’une part la ville basse, autour de la baie de Luanda (comprenant la vieille ville coloniale, le fort et le port), et d’autre part la ville haute, qui correspond au quartier moderne. Aucun fleuve notable ne possède son embouchure dans Luanda, mais divers cours d'eau secondaires drainent les eaux pluviales de la ville.

[modifier] Climat

Luanda jouit d’un climat tropical. La température moyenne à l’année y est de 24 °C; la moyenne hivernale de janvier y atteint 27 °C, avec une maximale de 30 °C et une minimale de 24 °C. La moyenne estivale de juillet y descend à 21 °C, avec au maximum 24 °C et au minimum 18 °C.

Les précipitations moyenne à l’année y sont de 34,1 cm. L’hiver, recevant un léger vent de la mer, a de faibles précipitations, celles-ci atteignant 8 cm. Le printemps, dominé par un fort vent venant de la Namibie et du sud du pays, Luanda plus de précipitations, montant à 24 cm.

L’été y est particulièrement sec, la ville recevant un fort vent du sud-est, depuis le centre désertique du continent, il en résulte de très faibles précipitations, n’atteignant que 0,1 cm. L’automne est peu venteux, ces derniers se créant au niveau de Luanda, mais partant vers le nord, les précipitations sont faibles, étant de 4 cm[4].

Diagramme climatique de Luanda
Relevé météorologique de Luanda
mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 23 24 24 24 23 20 18 18 19 22 23 23 22
Température maximale moyenne (°C) 28 29 30 29 28 25 23 23 24 26 28 28 27
Précipitations (mm) 25 36 76 117 13 0 0 0 3 5 28 20 323
Record de froid (°C) 21 21 21 21 18 15 14 14 17 18 20 19
Record de chaleur (°C) 33 35 35 34 36 32 29 28 29 32 37 34
Source : http://www.bbc.co.uk/weather/world/city_guides/results.shtml?tt=TT000050

[modifier] Démographie

Les habitants de Luanda sont principalement d’origine ethnique bantou, comme les tribus Ovimbundu, Kimbundu ou Bakongo. Il subsiste aussi une communauté métis importante et une petite communauté d’origine portugaise. De nombreux Brésiliens sont arrivés récemment, à la suite au redémarrage économique qui a suivi à la fin de la guerre civile ; ils viennent en majorité des États de Pernambouc et de Bahia. Le Brésil et l'Angola possèdent la même langue, le portugais.

Le rythme de croissance de la population a significativement augmenté à partir des années 1930, en raison de la colonisation du territoire par les Portugais sous le régime de l’Estado Novo ; il s'est encore renforcé avec l'arrivée des réfugiés de la guerre civile à partir de 1975, et reste aujourd'hui extrêmement rapide (doublement tous les dix ans entre 1960 et 2000).

Population de Luanda (1750 - 2007)
Évolution démographique de l’agglomération de Luanda
1781 1796 1797 1798 1799 1802 1803 1804 1805 1806 1807
9755[5] 7 204[5] 7 976[5] 8 013[5] 6 414[5] 6 925[5] 6 907[5] 6 939[5] 8 122[5] 8 243[5] 6 184[5]
1810 1811 1812 1813 1814 1815 1816 1817 1818 1819 1823
5 908[5] 6 051[5] 5 390[5] 5 140[5] 4 947[5] 4 648[5] 4 689[5] 4 490[5] 4 506[5] 5 680[5] 6 256[5]
1825 1826 1829 1830 1831 1832 1844 1850 1900 1934 1940
7 209[5] 6 813[5] 5 541[5] 5 345[5] 5 708[5] 5 058[5] 5 605[5] 12 565[6] 20 000 18 000 61 000
1950 1975 1987 1988 1991 2000 2005 2007 2008 - -
137 000 600 000 1 136 000 1 200 000[7] 2 000 000 3 200 000[8] 2 776 000 4 000 000[9] 4 137 337[10] - -
1975 : année de l'indépendance de l'Angola
1991 : fin de la guerre civile
2000: estimation à partir d'observation aérienne de Luanda

La langue officielle, qui est également la plus parlée, est le portugais, bien que plusieurs langues reliées au bantou soient répandues, en particulier le kikongo. Il existe une minorité d’habitants d’origine européenne.

Luanda est la troisième plus grande ville lusophone du monde, après São Paulo et Rio de Janeiro.

[modifier] Économie

Monument à Agostinho Neto

Luanda est le siège des principales entreprises du pays, parmi lesquelles Angola Telecom, Unitel, Endiama, Sonangol, Linhas Aéreas de Angola et Odebrecht Angola, entre autres.

L'industrie de transformation est la principale activité de la ville. Elle est active dans les secteurs de l'agro-alimentaire, le textile, les ciments et matériaux de construction, les matières plastiques, les métaux, les cigarettes et la chaussure. Le pétrole, dont on trouve des gisements off-shore à proximité, est raffiné dans la ville, même si cette industrie a largement souffert de la guerre civile angolaise (1975-2002). Luanda possède un excellent port naturel. Ses principales exportations sont le café, le coton, le sucre, les diamants, le fer et le sel. La ville comporte également un important secteur de la construction, qui profite du retour à la stabilité politique depuis 2002, date de la fin de la guerre. La croissance est largement soutenue par l'exploitation du pétrole. La ville est la plus développée du pays et le seul grand centre économique en Angola.

Le premier centre commercial d'Angola fut inauguré en 2007 à Luanda[11].

[modifier] Transports

Encombrements dans le centre-ville de Luanda en 2005.

Le plus grand aéroport international du pays, l'Aéroport Quatro de Fevereiro, est situé dans la ville. C'est l’un des aéroports les plus difficiles à l’atterrissage au monde. En effet, il n’a pas été modifié depuis l’indépendance. La piste est donc trop courte pour les très gros porteurs et ne pourra par exemple pas accueillir le nouvel A380 avant plusieurs années. Une voie ferrée relie Luanda à Malanje, dans l'intérieur du pays.

En ville, les candongueiros (taxi-bus - équivalent du fula-fula de Brazzaville ou du ngombol de Kinshasa) représentent le principal moyen de transport ; ils sont en général peints en bleu et blanc. Ils effectuent également des liaisons avec les autres villes du pays.

[modifier] Tourisme

Un des principaux attraits de Luanda, l'avenue du 4 février, connue sous le nom de Marginal, symbolise le contraste en la beauté naturelle de la baie et les édifices modernes qui la bordent.

L'île du Cabo, à l'entrée de la baie de Luanda, comporte de belles plages de sable blanc aux eaux claires, agrémentées de cocotiers. L'île possède également des infrastructures de loisirs, avec de nombreux bars et restaurants.

Le carnaval de la ville, qui procède des mêmes racines et rythmes que le carnaval brésilien, est de plus recherché par les touristes[12].

[modifier] Patrimoine

[modifier] Églises

Luanda, comme l'Angola, est de majorité catholique. L'introduction de cette religion date de la colonisation portugaise. Il existe de nombreuses églises.

Entre autres il y a l'église de Jésus (Igreja de Jesus), de style baroque, elle fut construite en 1636 et fut restaurée récemment, elle est la plus ancienne du centre de Luanda[13]. Il y a aussi l'église de Notre-Dame des Remèdes (Igreja de Nossa Senhora dos Remédios), elle fut construite en 1679, elle est actuellement l'église Sé de Luanda (cathédrale).

[modifier] Fortaleza de São Miguel

[modifier] Éducation

Luanda accueille plusieurs universités, notamment l'université Agostinho-Neto, l'université catholique d'Angola, l'université indépendante d'Angola et l'Université technique d'Angola. La ville possède aussi de Liceu Salvador Correia, ce lycée possède une architecture coloniale portugaise, il est entouré par un parc.

[modifier] Sport

Le football est le sport le plus populaire à Luanda, le club de l'Atlético Petróleos Luanda comptant le plus grand nombre de supporters. Les autres principaux clubs sont le Clube Desportivo Primeiro de Agosto, le Grupo Desportivo Interclube et l'Atlético Sport Aviação. Le stade da Cidadela est le plus grand de la ville[14]. Lors de la coupe du monde de 2006, la moitié des joueurs de l'équipe nationale de football était originaire de Luanda. En 2010, la coupe d'Afrique des Nations se déroulera en partie à Luanda, où se tiendra notamment la cérémonie d'ouverture et la finale. Ces évènements auront lieu au stade Cidade Universitária actuellement en construction.

La compétition automobile est également très suivie dans la ville, qui compte notamment le circuit de Luanda, inauguré en 1972. Le club naval de Luanda, fondé le 23 mai 1883, est l'un des plus vieux club de sports nautiques d'Afrique[15]. En tant que capitale, Luanda est le siège de nombreuses organisations sportives nationales, comme le comité olympique angolais ou la fédération d'Angola de football.

[modifier] Jumelages

[modifier] Personnalités liées à la ville

[modifier] Voir aussi

Panorama sur la Bahia de Luanda, depuis le Fort de São Miguel

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[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

[modifier] Sources, notes et références

  1. (pt) Luanda, de la colonisation à l'indépendance (1975), page visitée le 31 octobre 2009.
  2. a et b L’ultra-colonialisme portugais dans l’Angola et la révolution de 1961 par Franz J. T. Lee, dans Rencontres Méditerranéennes, No. 7, Rome, Juillet-Aout-Septembre 1963
  3. Pélissier, René, « Le naufrage des caravelles », BBF, 1981, n° 5, p. 320-321, notice bibliographique sur le Bulletin des Bibliothèques de France
  4. Ernst Spiess, Atlas mondial suisse, Conférence suisse des directeurs de l'institution publique, 2005, 238 p. (ISBN 3-292-00232-X)  Page 98
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab et ac (en) The Population History of Luanda during the Late Atlantic Slave Trade 1781-1844 (p. 50) par José C. Curto and Raymond R. Gervais, African Economic History, No. 29 (2001); pp. 1-59
  6. (en) The Anatomy of a Demographic Explosion: Luanda 1844-1850 par Jose C. Curto, The International Journal of African Historical Studies; Vol. 32; No. 2/3 (1999); pp. 381-405
  7. (en) Angola : country studies, Librairy of Congress
  8. (en) L'angola sur le site de l’Institute for Security Studies
  9. Population et démographie en Angola sur le site de l'ambassade de France en Angola.
  10. Données sur l'Angola sur le populationdata.net.
  11. Belas Shopping Dados Gerais, 2007. Mis en ligne le 2007, consulté le 8 septembre 2008
  12. Nova Enciclopédia Barsa. São Paulo: Encyclopaedia Britannica do Brasil Publicações, 2000, v. 1, p. 402.
  13. (pt) Igrejas de Luanda, page visitée le 26 octobre 2009.
  14. http://www.worldstadiums.com/africa/countries/angola.shtml www.worldstadiums.com
  15. http://cnluanda.com/clube.html Página do Clube Naval de Luanda
  16. Prefeitura Municipal de Belo Horizonte, « Belo Horizonte Internacional - Acordos de Cooperação: Cidades Irmãs ». Consulté le 24 mai 2008
  17. Câmara Municipal do Porto, « Geminações e Protocolos de Cooperação »
  18. Business In Houston? Sister Cities
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