Palaos

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Les Palaos, en forme longue la République des Palaos (en anglais : Palau, en paluan Belau[3]) est un pays d'Océanie situé en Micronésie, à l'est des Philippines, au nord de l'Indonésie, à l'ouest des États fédérés de Micronésie et occupant l'extrémité occidentale de l'archipel des îles Carolines. Le pays est découpé en seize États répartis sur plusieurs centaines d'îles dont seulement quelques-unes sont habitées. La plus grande, Babeldaob, abrite dix des seize États, l'aéroport international Roman-Tmetuchl et la nouvelle capitale, Melekeok[1],[2], dans l'État de Melekeok. L'ancienne capitale, Koror, occupe l'île du même nom et abrite plus de la moitié de la population du pays, faisant d'elle sa plus grande ville. Les Palaos obtiennent leur indépendance le 1er octobre 1994 des États-Unis qui avaient reçu un mandat des Nations unies[4]. Le tourisme représente l'essentiel de l'activité économique. Pionnier en matière de sauvegarde des fonds marins, ce petit pays de Micronésie a fait de ses eaux un sanctuaire. Avec ses eaux à 29 °C toute l'année, la République des Palaos abrite une grande variété d'espèces sous-marines. La défense absolue de l'environnement naturel est inscrite dans la Constitution de cet État depuis son indépendance. Elle est même enseignée dès l'école primaire. En septembre 2009, devant l'assemblée des Nations unies, le président Johnson Toribiong avait annoncé la création du premier sanctuaire de requins au monde. En 2010, lors de la conférence des Nations unies sur la diversité biologique, le ministre de l'Environnement de Palau, Harry Fritz, proclamait la naissance d'une autre réserve marine, destinée cette fois à protéger les baleines, dauphins et dugongs. Les territoires de pêche sont depuis longtemps délimités, et les saisons halieutiques définies, avec des fermetures correspondant aux époques de frai.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les premiers Européens à baptiser les Palaos sont les Espagnols au XVIe siècle sous le toponyme Islas Pais o Palaos basé sur Pais ou Fais, une île d'où les autochtones disent venir. Les autres nations européennes se basent sur ce toponyme et le traduisent en « îles Palaos » pour les Français et Pelew Islands pour les Britanniques en 1788 lorsque George Keate compilait l'ouvrage An Account of the Pelew Islands, situated in the Western part of the Pacific Ocean d'après Henry Wilson[5]. Ces formes sont confirmées par des géographes comme les Français Jules Dumont d'Urville et Louis Isidore Duperrey mais aussi le Russe Johann Adam von Krusenstern.

Toujours en se basant sur ce premier toponyme, la forme sans pluriel apparaît lorsque les îles deviennent allemandes en 1899 puis japonaises en 1914. Cette forme au singulier avec un -u final à la place du -o est due à la prononciation en japonais et en allemand bien que dans cette dernière langue, la forme écrite -au se prononce [aʊ], diphtongue souvent décrite comme étant prononcée [ao], et qu'en japonais la forme attestée パラオ (qui se lit [palao]) devrait être correctement translittérée Parao en écriture latine et non Palau. Lorsque les Américains conquièrent les îles Palaos et les intègrent dans le territoire sous tutelle des îles du Pacifique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ils reprennent cette forme au singulier et la généralisent dans le monde anglophone, faisant tomber la forme Pelew en désuétude.

Avec l'évolution du statut des îles Palaos qui gagnent en autonomie en 1979 et accèdent à l'indépendance en 1994, le paluan devient langue officielle et des formes voient le jour dans cette langue. Ainsi, le toponyme Belau est construit afin de retranscrire, selon la graphie anglaise et le plus fidèlement possible, la prononciation locale du nom du pays qui est [bə.lɑʊ]. L'officialisation de ce toponyme en paluan provoque une hésitation des institutions internationales et des différents pays sur la forme à utiliser, l'ancienne translittération étant partout acceptée et reconnue d'autant plus qu'elle est encore utilisée par le gouvernement paluan dans ses documents, publications et communiqués. Ainsi, dans le cas de la France, la délégation générale à la langue française (DGLF)[6] préfère « Belau » à « Palaos » tandis que la division francophone du groupe d'experts des Nations unies pour les noms géographiques (GENUNG)[7], la commission de toponymie de l'Institut national de l'information géographique et forestière[8], le ministère français des affaires étrangères, l'Unesco[9], d'autres institutions internationales telles que la FAO, l'OMC, etc., mais aussi les spécialistes francophones de l'Océanie[Lesquels ?] et de la Micronésie, réunis notamment dans la Société des océanistes, utilisent « Palaos » plutôt que « Belau » dans leurs documents en français.[réf. nécessaire]

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte des Palaos.
Paysage des îles Chelbacheb.
Article détaillé : Géographie des Palaos.

Localisation[modifier | modifier le code]

Les Palaos regroupent un ensemble d'îles faisant partie des îles Carolines. Situées en Micronésie, elle se situent dans l'ouest de l'Océanie et de l'océan Pacifique. Bordées par la mer des Philippines à l'ouest, elles sont entourées par les îles Mariannes au nord-est, les États fédérés de Micronésie à l'est, l'Indonésie au sud et les Philippines à l'ouest.

Topographie[modifier | modifier le code]

La plus grande île est Babeldaob où se trouvent dix des seize États du pays, l'aéroport international Roman-Tmetuchl et la capitale Melekeok[1],[2]. Elle est reliée par le pont de Koror-Babeldaob à l'île de Koror. Sur celle-ci se trouve Koror, l'ancienne capitale et plus grande ville du pays. L'île de Koror et quelques autres îles proches habitées forment l'État de Koror avec les îles Chelbacheb. Cet archipel est composé de 250 à 300 îles inhabitées se présentant tantôt sous la forme de pitons rocheux escarpés, tantôt sous la forme d'îles allongées parsemées de lacs. Ces îles sont la principale destination touristique des Palaos en raison de leurs sites de plongée sous-marine réputés dans le monde comme celui du lac aux Méduses peuplé d'une colonie de ces animaux. De part et d'autre de cet ensemble d'îles formé par Babeldaob et les îles Chelbacheb se trouvent les îles de Kayangel au nord et de Peleliu et Angaur au sud. Plus éloignées de ce groupe d'îles principales se trouvent les îles de Sonsorol, Pulo Anna, Merir, Hatohobei ainsi que d'autres îles inhabitées.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : États des Palaos.

Les Palaos sont divisés en seize États[10] :

État Capitale Superficie (km2) Population (2005)
Aimeliik Ulimang 52 270
Airai Airai 44 2 723
Angaur Ngeremasch 8 320
Hatohobei Hatohobei 3 44
Kayangel Kayangel 3 188
Koror Koror 65 12 676
Melekeok Melekeok 28 391
Ngaraard Ngermechau 36 581
Ngarchelong Imeong 10 488
Ngardmau Chol 47 166
Ngaremlengui Ollei 65 317
Ngatpang Oikul 47 464
Ngchesar Ngerkeai 41 254
Ngiwal Ngetkip 26 223
Peleliu Kloulklubed 13 702
Sonsorol Dongosaru 3 100
Palaos Melekeok[1],[2] 444 19 907

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des Palaos.

Peuplement et découverte européenne[modifier | modifier le code]

Les Palaos sont habitées depuis au moins trois mille ans par des populations vraisemblablement en provenance des Philippines ou de l'Insulinde selon un mouvement migratoire amorcé dans la région il y a cinq mille ans.

Article détaillé : Homme de Palau.

Les îles sont aperçues pour la première fois par des Européens lorsque l'Espagnol Ruy López de Villalobos les aborde en 1543. Les autochtones déclarant venir de l'île de « Pais » ou « Fais », les Palaos sont appelées Islas Pais o Palaos soit en français « Îles Pais ou Palaos ». D'autres hypothèses expliquent ce nom comme faisant intervenir le terme castillan pour « mât », la déformation du terme paraos signifiant « pirogue » ou encore la déformation du terme malais et indonésien pulau qui signifie « île ».

Colonisation[modifier | modifier le code]

Les Britanniques naviguent dans la région au XVIIIe siècle et revendiquent l'île de 1784 à 1800 sous le nom de Pelew Islands. Au cours de ces explorations, l’Antelope du capitaine Henry Wilson s'échoue sur une des îles en 1783. Réoccupées par l'Espagne en 1875 sous le nom d’Islas Palaos, elles sont évangélisées et alphabétisées par des Frères mineurs capucins. Le litige opposant l'Allemagne à l'Espagne sur la souveraineté de ces îles est réglé en 1875 par le pape Léon XIII qui confirme la souveraineté espagnole. Défaite lors de la guerre hispano-américaine, l'Espagne perd les Palaos qui sont vendues à l'Allemagne en 1899 avec les autres îles Carolines et sont intégrées à la Nouvelle-Guinée allemande.

Occupées par le Japon à partir du 8 octobre 1914, elles sont perdues au profit des États-Unis le 15 septembre 1944 au cours de la bataille de Peleliu. Ce pays les administre à partir du 18 juillet 1947 dans le cadre du territoire sous tutelle des îles du Pacifique confié par un mandat des Nations unies.

Indépendance[modifier | modifier le code]

En 1978 et 1979, des référendums aboutissent à une évolution différente des districts du territoire sous tutelle. Quatre des six districts forment un État fédéral qui devient les États fédérés de Micronésie en 1990 tandis que les îles Marshall et les Palaos choisissent une indépendance séparée. Dans le cas des Palaos, une constitution est élaborée pour entrer en vigueur le 1er janvier 1981, un traité de libre association est signé avec les États-Unis en 1982, la constitution est modifiée huit fois et entre en vigueur le 1er octobre 1994, marquant la fin de la tutelle et l'indépendance effective. Le nouveau pays est admis aux Nations unies avant la fin de la même année. La fête nationale est fixée au 9 juillet, date du premier référendum constitutionnel de 1978 où les habitants des Palaos décidèrent de ne pas s'associer aux autres districts du territoire.

Politique[modifier | modifier le code]

Vue du capitole à Ngerulmud.
Articles détaillés : Politique aux Palaos et Constitution des Palaos.

Le parlement national de la République des Palaos est dénommé Olbiil Era Kelulau (OEK) ce qui signifie la « Maison des décisions murmurées ». Ce parlement consiste en deux chambres qui siègent pendant quatre ans. La chambre des délégués comporte seize membres, un pour chaque État des Palaos tandis que le sénat est composé de neuf sénateurs qui sont élus en fonction de la population de chaque État.

Le pouvoir exécutif des Palaos consiste en un président, un vice-président et un conseil des chefs. Pour les aider dans leurs fonctions, ils disposent des ministres et de l'administration. Le vice-président détient également un des portefeuilles ministériels.

Le conseil des chefs est composé par un des chefs coutumiers de chacun des seize États. Cette assemblée conseille le président au sujet du droit coutumier en relation avec la constitution et les lois. En plus de cela, le système d'organisation social est un matriarcat: il n'est pas possible de transférer des terres sans l'accord des femmes.

La constitution donne le plus haut pouvoir judiciaire à la cour suprême qui a sous sa juridiction la cour nationale. Le gouvernement constitutionnel des Palaos a été établi le 1er janvier 1981 avec le premier parlement de 1981 à 1984. Le huitième parlement a été élu en novembre 2008.

La capitale depuis l'indépendance en 1994 était la plus grande ville du pays, Koror mais elle a été déplacée à Melekeok[1],[2], plus précisément dans le hameau de Ngerulmud, dans l'État de Melekeok, le 7 octobre 2006 dans le but de mieux redistribuer la puissance politique entre les différents États.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie des Palaos.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Les Palaos ont reçu 85 000 touristes en 2010.

Sport[modifier | modifier le code]

On peut y pratiquer de la plongée sous-marine sportive à Blue Corner, où patrouillent des requins gris, des barracudas et une kyrielle de poissons de récif, ou de la plongée profonde à Peleliu Express et son dédale de tombants piquant vers les abysses.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie des Palaos.

Culture[modifier | modifier le code]

Torii à l'entrée d'un sanctuaire à Peleliu.
Article détaillé : Culture paluane.

Plusieurs langues sont parlées aux Palaos. Le paluan et l'anglais sont les plus répandues mais le japonais, datant de l'occupation par le Japon, est encore présent. D'autres langues locales sont de moins en moins parlées comme l'angaur à Angaur, le sonsorolais à Sonsorol, le tobi à Hatohobei.

Le paluan appartient à la branche malayo-polynésiennne occidentale des langues austronésiennes comme le chamorro ou les langues des Philippines. Il est donc plus proche des langues des Philippines que des autres langues de la Micronésie et de l'Océanie en général.

Ces similitudes des langues ont été à la base de la théorie du peuplement des Palaos via les Philippines et l'Insulinde plutôt que par le reste de la Micronésie ou la Mélanésie[11].

Codes[modifier | modifier le code]

Les Palaos ont pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) « Palau » (consulté le 29 janvier 2013)
  2. a, b, c, d et e (fr) « République des Palaos », Ministère français des Affaires étrangères (consulté le 29 janvier 2013)
  3. Belau /bə.lɑʊ/ Prononciation du titre dans sa version originale Écouter et Beluu er a Belau. D'autres formes sont attestées comme variantes, la République des îles Palaos, la République de Palau, la République de Belau ou l'ancien Territoire sous tutelle des îles du Pacifique (Palau), mais la forme retenue en français est Palaos, comme le précise le paragraphe spécifique sur la toponymie. En anglais Palau et Republic of Palau, anciennement en anglais Pelew ou Pelew Islands.
  4. http://www.universalis.fr/encyclopedie/palaos-ou-palau/
  5. * Account of the Pelew Islands, situated in the western part of the Pacific Ocean. Pissot, Paris 1789 (en Anglais!); G. Nicol, London 1879; (en Allemand: Nachrichten von den Pelew-Inseln, trad. George Forster. Benjamin Gottlob Hoffmann, Hamburg 1789; Süddeutsche Zeitung, Munich 2007, Bibliotheca Anna Amalia, ISBN 3866154135)
  6. (fr) Délégation générale à la langue française - Belau Ministère de la Culture (France)
  7. (fr) Division francophone du GENUNG - Liste des pays
  8. (fr) Institut géographique national - Pays et capitales du monde, p.21
  9. (fr) Unesco - Fiche des Palaos
  10. (en) Republic of Palau National Government - Palau Sixteen States
  11. (en) Origins, Ancestry and Alliance - Explorations in Austronesian Ethnography, James J. Fox

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]