Harare

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite de la capitale du Zimbabwe, à ne pas confondre avec la cité éthiopienne, voir Harar
Harare
Hararé
Blason de Harare
Héraldique
Drapeau de Harare
Drapeau
Administration
Pays Drapeau du Zimbabwe Zimbabwe
Province Harare
Démographie
Population 1 600 000 hab. (2006)
Densité 1 666 hab./km2
Population de l'agglomération 2 800 111 hab.
Géographie
Coordonnées 17° 51′ 50″ S 31° 01′ 47″ E / -17.863889, 31.02972217° 51′ 50″ Sud 31° 01′ 47″ Est / -17.863889, 31.029722  
Altitude 1 490 m
Superficie 96 060 ha = 960,6 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Zimbabwe (administrative)

Voir sur la carte Zimbabwe administrative
City locator 11.svg
Harare

Harare ou Hararé[1] (anciennement Salisbury nom du Premier ministre britannique de l'époque[2]) est une ville d'Afrique australe et la capitale du Zimbabwe.

Longtemps connue sous son nom colonial de Salisbury, c'est une métropole de 2,8 millions d'habitants (cité 1,6 million) et le centre des activités commerciales du Zimbabwe[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Le site de la capitale du Zimbabwe était autrefois habité par des shonas qui se désignaient comme Ne-Harawa, d'après le nom de leur chef et qui signifiait « Celui qui ne dort pas »[4] . À la suite de luttes claniques, ce peuple fut déporté vers le plateau dominant la vallée du Zambèze par le clan du chef Gutsa.

Le 12 septembre 1890, la colonne de pionniers de la British South African Company (BSAC) commandée par le major Frank Johnson arrivait sur le site et fondait Fort Salisbury en hommage au Premier ministre britannique, Lord Robert Cecil, marquis de Salisbury. C'est le 13 septembre, à l'emplacement du futur square Cecil, que fut hissé l'Union Jack en guise de baptême.

Salisbury dans les années 1930.
L'avenue Jameson à Salisbury dans les années 1970
Centre-ville d'Harare (1995)
La capitale du Zimbabwe, vue du Kopje, en 2006
Harare, Second street
Église anglicane à Harare
Gare centrale

Salisbury devint une municipalité dès 1897 et la capitale de la colonie de Rhodésie du sud en 1923. Les travailleurs noirs de Salisbury, étant interdit de résidence dans la ville blanche, devaient habiter à l'extérieur, aux environs de l'actuelle Mbare.

En 1935, Salisbury se voit accorder le rang de cité. Elle est alors la plus grande ville coloniale de la région et la plus développée, hors Afrique du Sud.

Capitale de la Fédération de Rhodésie et du Nyassaland, Salisbury continue de se développer très vite jusqu'en 1965, année de la déclaration unilatérale d'indépendance de Ian Smith.

La ville végète alors, incertaine sur son avenir et la cible des actions de sabotage de la guérilla.

En 1980, elle devient la capitale du nouvel état indépendant de Zimbabwe.

Surnommée depuis longtemps la « Sunshine City », Salisbury est rebaptisé Harare lors du second anniversaire de l'indépendance en avril 1982 en hommage au chef tribal des Ne-Harawa.

Au cours des années 1980 et début des années 1990, les autorités rebaptisent ses artères et ses squares et font retirer les monuments célébrant la Rhodésie telle que la statue de Cecil Rhodes qui trônait devant le Parlement et qui peut aujourd'hui être aperçue aux Archives nationales.

2005, destruction des bidonvilles[modifier | modifier le code]

En mai 2005, le gouvernement zimbabwéen entreprend dans le cadre de l'operation Murambatsvina connue officiellement sous le nom de Operation Restore Order une campagne controversée de démolition qui suscite une vive réaction de la communauté internationale car elle a eu lieu sans préavis ni proposition de logement alternatif aux 700 000 personnes déplacées et affectées par la campagne de démolition.

Le gouvernement zimbabwéen détruit les bidonvilles, notamment des marchés informels, en avançant comme prétexte la montée de la criminalité et les risques de maladies imputables à la promiscuité.

L`ONU décide de mobiliser une aide humanitaire internationale pour permettre au gouvernement de Harare de s`occuper des victimes, mais l`offre est déclinée par les autorités du pays estimant que l`aide extérieure n'était pas nécessaire.

En mai 2006, plus de 10 000 autres personnes sont expulsées pour les mêmes motifs.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Les rues du centre-ville ont été tracées au cordeau autour des Harare Gardens. Assez compact, il se visite facilement à pied bien que les agressions et la criminalité y aient fait des ravages ces dernières années.

Religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Archidiocèse de Harare.

Harare est le siège d'un archidiocèse catholique.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Harare mérite une visite si on aime l'architecture coloniale tout comme la ville de Bulawayo.

Les touristes ne manqueront pas de grimper sur le kopje pour avoir une vue sur la ville avant de flaner sur Robert Mugabe Road pour y admirer les bâtiments anciens de Salisbury. Ils prêteront également attention à la Cecil House (1901) sur central avenue, au Market Hall (1893), au dépôt mortuaire Mère Patrick (1895) et aux bâtiments du parlement (1895).

Les visiteurs doivent se rendre à la Cathédrale anglicane (1913-1964) conçue par Herbert Baker sur Nelson Mandela Avenue (ex-Baker Avenue) et se promener dans l'African Unity Square (Cecil Square rhodésien). Ils jetteront aussi un coup d'œil à l'hôtel de ville (1933) de style renaissance italienne localisé sur Julius Nyerere Way.

Ceux qui aiment la flore seront ravis de visiter les jardins botaniques et les passionnés d'arts africains se rendront à la National Gallery.

Citons également aux abords d'Harare la réserve boisée de Mukuvisi Woodlands, le village shona de Chapungu Kraal, les rochers en équilibre de Epworth (reproduits sur les billets de banque), les archives nationales ou le cimetière des héros.

Les banlieues huppées d'Harare méritent le détour. Elles ont gardé leurs noms coloniaux (Avondale, Belgravia, Mount Pleasant ...) laissant perdurer la Salisbury d'autrefois.

Odonymie[modifier | modifier le code]

Depuis 1990 et au cours des années 2000, de nombreuses rues du centre-ville ont été rebaptisées, effaçant une grande partie de la toponymie rhodésienne.

Noms d'origine Noms de rues modifiés depuis 1990
Rhodes Avenue Herbert Chitepo Avenue
Baker Avenue Nelson Mandela Avenue
Jameson Avenue Samora Machel Avenue
Gordon Avenue George Silundika Avenue
Montagu Avenue Josiah Chinamano Avenue
Moffat Street Leopold Takawira Street
Sir James MacDonald Avenue Rekayi Tangwena Avenue
Manica road
Umtali road
Robert Mugabe Road
Beatrice road
Watt road
Stuart Chandler road
Simon Marorodze road
Kings Crescent way
Mackenzie way
Main way
Julius Nyerere Way
Victoria Street Mbuya Nehanda Street
Stanley Avenue Jason Moyo Avenue
Second street Sam Nujoma Street
Union street Kwame Nkrumah Street

Personnalités[modifier | modifier le code]

Jumelage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Terme recommandé par la Commission générale de terminologie et de néologie, et publié au Journal officiel de la République française le 24 septembre 2008. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000019509867&dateTexte=
  2. (fr) « La chasse aux trésors », sur membres.multimania.fr (consulté le 10 octobre 2010)
  3. (fr) « cf. La capitale », sur voyage.idealo.fr (consulté le 10 octobre 2010)
  4. (fr) « Harare », sur www.kuoni.fr (consulté le 10 octobre 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Philippe Gervais-Lambony, De Lomé à Harare : le fait citadin. Images et pratiques des villes africaines, Karthala, Paris, 1994, 472 p. (ISBN 2865374912)

Liens externes[modifier | modifier le code]