Kinshasa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kinshasa (homonymie).

4° 19′ 19″ S 15° 19′ 16″ E / -4.32200, 15.32100 / -4.32200; 15.32100

Kinshasa
Blason de Kinshasa
Héraldique
Drapeau de Kinshasa
Drapeau
Localisation de Kinshasa (en bleu foncé) à l'intérieur de la République démocratique du Congo
Localisation de Kinshasa (en bleu foncé) à l'intérieur de la République démocratique du Congo
Administration
Pays République démocratique du Congo République démocratique du Congo
Statut politique Ville et province
Assemblée 59 sièges
Sénat 8 sièges
Gouverneur André Kimbuta
ISO 3166-2 KN
Fuseau horaire UTC+1
Démographie
Population 9 757 236 hab. (2013)
Densité 979 hab./km2
Langue(s) Officielle : français
Nationale(s) : lingala
Géographie
Superficie 9 965 km2
Sources
Communes et territoires - Villes - Provinces

Kinshasa est la capitale et la plus grande ville de la République démocratique du Congo (RDC). Elle a à la fois le statut administratif de ville et de province.

Située sur la rive sud du fleuve Congo au niveau du Pool Malebo, elle fait face à la capitale de la République du Congo, Brazzaville. Elle est la ville-province la plus peuplée du pays avec une population de plus de neuf millions d'habitants. Elle est, par sa superficie, une des villes les plus grandes d'Afrique et du monde.

La ville a été longtemps appelée Léopoldville, nom donné entre 1881 et 1960.

Sommaire

Toponymie[modifier]

Kinshasa et Brazzaville vues par satellite.

En kikongo, Kinshasa signifie le « Marché au sel » (de nshasa = « sel » et du locatif ki). Ce nom devint officiel au moment de l'indépendance du pays en 1960, remplaçant celui de Léopoldville qui fut donné en 1881 par l'explorateur Henry Morton Stanley en l'honneur du roi des belges Léopold II au service duquel il se trouvait[1].

En face, sur la rive droite du fleuve, on trouve Brazzaville, capitale de la République du Congo. Pour bien différencier les deux pays ayant « Congo » dans leur nom, on appelle parfois la République démocratique du Congo « Congo-Kinshasa », par opposition au « Congo-Brazzaville ».

Généralités[modifier]

Vue de Kinshasa depuis le CCIC à Gombe

Kinshasa forme une entité administrative à statut particulier et joue le rôle de centre administratif, économique et culturel de la République démocratique du Congo. Elle s'étend sur plus de 30 km de l'est à l'ouest et sur plus de 15 km du nord au sud. Ses habitants sont appelés les Kinois.

Une partie importante de la superficie de la région de Kinshasa est rurale, couverte d'une savane herbeuse parsemée d'arbustes. La commune rurale de Maluku, la partie orientale de la province, occupe à elle seule 79 % du territoire. De fait, c'est une ville de contrastes importants, avec des secteurs résidentiels et commerciaux chics, des universités, et des taudis informes coexistant côte à côte, et donc aussi de vastes zones « rurales » envahissant parfois la ville au point de retrouver maraîchers et élevages en ville.

Le centre-ville, la commune de La Gombe compte plusieurs bâtiments de plus de 50 m dont notamment le Building Gécamines, le Building Sozacom, l'Hôtel Memling, l'Immeuble CICC ou le Building RTNC (situé lui à Kabinda). À proximité de la gare centrale de Kinshasa, à l'extrémité est du boulevard du 30 juin, se trouve par ailleurs l'impressionnant immeuble du ministère des transports, construit par les Chinois.

Histoire[modifier]

Village de teke de Kinshasa vers 1912.
Carte de la région de Kinshasa et du Stanley Pool au XIXe siècle. Sont notamment déjà identifiés Kintambo, Lemba, Kallina et le village de Kinshasa. On remarque également le village de Kindolo (voir aéroport de Ndolo) et le Mont Manguele (désormais Mont Mangengenge) au sud - cliquez sur l'image pour agrandir

L'Afrique centrale possède des traces d'occupation humaine remontant au premier millénaire avant notre ère. Les siècles précédant la colonisation voient des peuples bantous s'installer dans la région du moyen et bas Congo, précédemment exclusivement occupée par les Pygmées. Différentes tribus et peuples composent la nouvelle population. Au niveau du Pool Malebo, les Tio (ou Téké) peuplent la rive droite (nord) du fleuve et des peuples assimilés aux Téké (Humbu et Mfinu) peuplent la rive gauche (sud). La région voit la traite d'esclaves et le commerce d'ivoire enrichir le peuple téké, alors érigé en royaume.

Du XVIe au XIXe siècles[modifier]

Dès le XVIe ou XVIIe siècle, la région du Pool devient une vraie plaque tournante entre le bassin du fleuve et les régions côtières. Des légumes des Amériques sont aussi introduits à l'intérieur du continent grâce au commerce et les esclaves (le plus souvent des vaincus dans différents conflits) partent vers Loango, l'embouchure du fleuve et au Sud du royaume kongo. Les Bobangis, parfois appelés Bangala (gens du fleuve), occupaient la majeure partie du commerce avec la région équatoriale en naviguant le fleuve et ses rivières jusqu'aux villages tékés du Pool.

Au cours des XVIIIe et XIXe siècles des pêcheurs et surtout des commerçants tékés venus du nord installent des marchés et des villages au sud du Pool Malebo et sur le plateau qu'on nommera plus tard le plateau des Batéké. Ces villages sont des colonies car les Tékés se limitent à la pêche et au commerce. Les tribus de la région, Humbu et Mfinu, étaient considérées comme les propriétaires de ce côté du fleuve. Au fil du temps, les colons tékés poussent la population locale plus loin des rives, vers l'intérieur des collines. Les principaux villages tékés de la rive sud étaient Nsasa avec près de 5 000 habitants, Ntambo avec moins de 3 000 habitants. Lemba, parmi une multitude de petits villages humbus, était la capitale marchande et politique des Humbus, avec environ 300 habitants. Les marchés du fleuve voyaient des caravanes d'esclaves porteurs d'huile, d'amandes, de palme, d'arachides, de sésame et d'ivoire aller et venir[2].

Colonisation européenne[modifier]

Henry Morton Stanley

Henry Morton Stanley atteint pour la première fois le site de la ville au niveau de Ntambo le 12 mars 1878 lors de sa traversée d'est en ouest du continent africain. En 1881, il signa le « traité de l’amitié » avec un chef téké, Ngaliema, obtenant ainsi le droit d’établissement à l'emplacement de l'actuelle commune de Kintambo, sur les bords de la baie de Ngaliema, et il chargea le capitaine Charles-Marie de Braconnier d'y fonder un poste qu’il baptisa d'avance Léopoldville[3] (Leopoldstad en néerlandais) en l’honneur de son commettant Léopold II de Belgique. Stanley avait choisi l’endroit où le fleuve Congo devenait navigable en direction de l’amont. Le site spacieux et facile à défendre était déjà peuplé de 66 villages antérieurs à Stanley avec une population totale estimée à 30 000 habitants[4]. Stanley fonda aussi une autre station, celle-ci près du hameau de Kinshasa (nshasa signifiant « marché »), avec l'accord du chef Ntsuvila. Ce village donna son nom à la ville actuelle, se dressant, avec le village de Mpumba, là où aujourd’hui se trouve le quartier des affaires.

En 1898, Léopoldville fut reliée par le rail à Matadi. Son importance économique en fut accrue et pourtant, en 1910, on y dénombrait à peine 10 000 habitants.

Capitale grandissante[modifier]

Carte du centre de Kinshasa, 2001
Le boulevard du 30 juin

En 1929, la ville hérita de la fonction de centre administratif assumée jusque-là par Boma, par la mise en application de l'arrêté royal du 1er juillet 1923. À cette époque, Léopoldville est confinée aux communes de Kintambo et de la Gombe actuelle développées autour de la Baie de Ngaliema. Ensuite apparurent les communes de Kinshasa, de Barumbu et de Lingwala. Dans les années 1930, celles-ci accueillent la majorité des logements pour les employés de la Chanic, la Filstisaf et l'Utex Africa.

Léopoldville ne devint juridiquement une ville que le 25 juin 1941 (avec 5 000 hectares et 53 000 habitants); depuis 1923, elle était seulement un « district urbain ». Par la même occasion, elle devient capitale de la colonie, chef-lieu de la province du Congo-Kasaï et du district du Moyen-Congo. Elle était divisée en deux zones : la zone urbaine, avec Léo II, Léo-Ouest, Kalina, Léo-I ou Léo-Est, et Ndolo ; et la zone indigène au sud. La croissance de la ville s'amplifie en 1945 avec la fin du travail forcé, qui permet aux populations noires d'augmenter. Arrivent alors de nombreux paysans de la campagne, à la recherche d'un emploi, et s'entassant dans les cases de la zone indigène. La ville commence alors à se peupler majoritairement de Bakongo. Dans les années 1950, les cités planifiées de Lemba, Matete, et une partie de Ndjili furent aménagées pour loger les employés de la zone industrielle de Limete. En 1954, la ville ouvre la première université de la colonie, l'Université Lovanium.

La ville compte 11 communes et 6 zones annexes en 1957 : les communes de Kalamu, Dendale (actuelle commune de Kasa-Vubu), Saint Jean (actuelle Lingwala), Ngiri-Ngiri, Kintambo, Limete, Bandalungwa, Léopoldville (actuelle Gombe), Barumbu, Kinshasa et Ngaliema ; et les zones annexes de Lemba, Binza, Makala, Kimwenza, Kimbanseke et Kingasani. Les zones annexes de Ndjili et Matete sont plus tard ajoutées. Avec les émeutes de janvier 1959, l'indépendance politique se profile, les élections municipales, parlementaires ou présidentielle donnent lieu à des tensions ethniques qui nécessitent l'intervention de la force publique. Les Bakongos remportent néanmoins les élections municipales. Le MNC Lumumba remporte les élections parlementaires (députés et sénateurs). Patrice Lumumba, Premier ministre, proposa à Joseph Kasa Vubu, de l'Abako, la présidence de la République, poste essentiellement honorifique. Par souci d'unité nationale, celui-ci accepta. La guerre civile qui suivit l'indépendance en 1960 renforça l'immigration des Balubas. Avec la prise de pouvoir du maréchal Mobutu, en 1965 le lingala devient la langue régionale enseignée à côté du français.

La ville change officiellement de nom en 1966, de Léopoldville à Kinshasa.

En 1968, elle est dotée du statut de région au même titre que les autres régions du pays et le nombre de communes passe à 24. Les dix nouvelles communes sont Bumbu, Kimbanseke, Kisenso, Makala, Maluku, Masina, Mont-Ngafula, Ngaba, Nsele et Selembao.

La loi du 5 janvier 1975 en fit la huitième Région de la République (le Kivu a été scindé depuis), avec la création des nouveaux organes administratifs.

Croissance urbaine et maux africains[modifier]

Évolution de la population de Kinshasa
Année Habitants
1920* 1 600
1936 40 300
1938 35 900
1939 42 000
1947 126 100
1957 299 800
1959 402 500
1967 901 520
1968 1 052 500
Année Habitants
1970 1 323 039
1974 1 990 700
1976 2 443 900
1984 2 654 000
1991 3 804 000
1994 4 655 000
2003 6 786 000
2005 7 500 000
2012 9 464 000
Source: Populstat, World Gazetteer
(*) ne compte que les communes de Léopoldville de l'époque

Croissance démographique[modifier]

En 1945, la capitale du Congo belge abritait 100 000 personnes. À l’indépendance, en 1960, Léopoldville comptait 400 000 âmes, ce qui en faisait la plus grosse agglomération d’Afrique centrale. Quinze ans plus tard, après que la ville eut reçu le nom de Kinshasa en 1966, sa population avait déjà franchi le cap des 2 millions. Elle a crû de manière considérable, passant donc de 500 000 habitants à la fin des années 1960, à 4 787 000 en 1998. Les dernières estimations de 2012 sont à 9 463 749 habitants. En raison des carences de l'administration, le relevé démographique de la ville est peu fiable et les chiffres incertains. Ainsi, la population kinoise est probablement plus importante qu'estimée.

Violence et corruption[modifier]

En 1991, et ensuite en 1993, Kinshasa est victime de pillages, dont les séquelles sont encore visibles tant matériellement qu’humainement jusqu'à aujourd'hui. Ces pillages résultèrent d'une crise économique due à un système politico-économique, finalement aussi inefficace que corrompu, instauré par Mobutu Seseko.

En 1997, après l'arrivée au pouvoir de Laurent Kabila (père du président actuel), des violences ethniques éclatent dans la ville. La politique du nouveau dirigeant impacte l'économie de la capitale, et du pays en générale, ce qui a pour effet d'accentuer la corruption.

Selon une enquête du Réseaux des éducateurs des enfants et jeunes de la rue (REEJER) de 2006, 13 877 enfants vivent et travaillent dans les rues de Kinshasa, principalement dans les communes de Masina, Kimbanseke et Limete.

Engorgement des transports[modifier]

L'état de la voirie est mauvais dans de nombreuses communes de l'agglomération, au point que nombre de rues sont impraticables pour des véhicules hors saison sèche[5].

Des travaux de réhabilitation ont été menés. Toutefois, les réhabilitations sont parfois inefficaces[6].

En conséquence de cette dégradation des chaussées, Marc Pain fait le constat d'une aggravation (entre 1973 et 1984) de l'enclavement de certains quartiers, notamment du Sud, dans l'agglomération, les trajets vers le centre comme de périphérie à périphérie étant de plus en plus longs, à tel point qu'il est parfois plus rapide de se rendre à sa destination à pieds[K 1]. Vingt ans plus tard, en 2007, le journal Le Potentiel fait le même constat d'une dégradation : « Autrefois, les conducteurs de véhicules empruntaient certaines avenues secondaires. Celles-ci sont, par les temps qui courent, devenues impraticables. »[7]. En 2008, malgré le lancement des cinq chantiers de Joseph Kabila (voir ci-dessous), l'état des infrastructures reste « dans un état de délabrement très avancé dans la ville de Kinshasa. [...] Nombreuses parmi les 24 communes qui la composent sont pratiquement enclavées. [...] Aujourd’hui, la réalité du terrain contraste terriblement avec ce que le pouvoir a promis. »[8].

Les problèmes écologiques[modifier]

La ville est confrontée à d'importants problèmes écologiques.

Au premier rang, le problème de l'énergie. En effet, en dépit d'un fort potentiel hydroélectrique des barrages Inga I et II, le réseau électrique est vieillissant, mal calibré et peu étendu. Les branchements illégaux et les incidents quotidiens, d'origine naturelle ou humaine, provoquent des pannes à répétition. L'absence d'une énergie disponible partout et peu coûteuse explique l'usage des autres sources d'énergies. En 1984, Marc Pain montre qu'environ 45 % de la population fait la cuisine avec des combustibles d'origine pétrolière, la grosse majorité des autres avec du bois ou du charbon de bois provenant de la déforestation[K 2]. Des solutions sont recherchées pour gérer des plantations à repousse rapide (eucalyptus, pins). En 2010, la consommation de charbon de bois est estimée à 500 000 tonnes et un grand projet, nommé “Makala”, est lancé pour mieux gérer la filière bois-énergie[9].

Le second est la gestion de l'eau. L'eau potable est assurée par la société publique REGIDESO. Mais les infrastructures de traitement et de d'acheminement de l'eau sont également vétustes et limitées, donc incapables de satisfaire les demandes grandissantes de la ville. La suspicion sur la qualité de l'eau est la raison pour laquelle grandit un marché de l'eau en bouteille et s'installent des systèmes de filtration chez les particuliers aisés. Sans eau courante, des quartiers entiers emploient le système D. Des travaux sont en projet pour résoudre le problème. Il n'existe aucune station d'épuration. Les eaux usées sont donc rejetées directement dans les rivières et le fleuve Congo, ce qui implique une pollution latente. Le tout à l'égout ne concerne que le centre ville et certains quartiers. Il en va de même pour l'évacuation des eaux de ruissellement. Malgré cela, le système actuel est peu entretenu donc presque inutile. Par conséquent, Kinshasa est régulièrement touchée par les inondations et parfois par des épidémies.

Le troisième est la gestion des déchets. Il existe un service de traitement des déchets mais reste insignifiant. Le tri n'existe pas. Fort heureusement, un recyclage d'ordre économique a lieu dans la population. Ainsi, les métaux sont réemployés, ou revendus au poids, et les contenants plastiques sont réutilisés. Les matériaux inertes, comme le ciment, la brique et la faïence, sont pilés et revendus comme gravier. Le bois sert de combustible. Toutefois, la ville produisant une quantité de déchets très importante, il reste bon nombre de détritus inexploitables, le plastique souple en tête. La technique courante consiste à les regrouper en tas puis les brûler, voire les enterrer. En conséquence de quoi, une pollution invisible des sols, de l'air et des eaux par les suies, les gaz toxiques et les métaux lourds, n'est pas à écarter.

Cinq chantiers[modifier]

En 2009, le président Joseph Kabila mit en œuvre une série de cinq chantiers pour la nation : les infrastructures, la santé et l’éducation, l’eau et l’électricité, le logement, l’emploi. Tous ont des parties importantes à Kinshasa[10].

Pour l’infrastructure, d’important travaux routiers occupent, depuis 2009, la société chinoise CREC dont notamment le réamènagement du « boulevard du 30 juin » à Gombe et le « boulevard Colonel Mondjiba » à Kintambo, l’« avenue du Tourisme » (longeant le fleuve vers l'aval) à Ngaliema[11]. Un projet d’aménagement de route express au niveau de l’« avenue Nyangwe » et de l’« avenue Kabambare » n’a pas encore été entamé.

L’aéroport international de Ndjili voit aussi des travaux de réhabilitation, sa piste doit être réaménagée et un nouveau terminal sera construit. Ce dernier est en partie financé par une redevance perçue auprès de chaque voyageur utilisant l’aéroport.

Un projet de développement immobilier de haut de gamme sur le site marécageux de la rivière Ndjili le long du fleuve Congo est aussi en préparation par la société Hawkwood Properties, détenue par des fonds zambiens. Ce projet immobilier d’envergure constituerait une nouvelle commune appelée « la cité du fleuve Congo »[12],[13].

La ville voit aussi l’installation de la fibre optique connectant celle-ci à la côte atlantique, plus précisément au câble South Africa Transit 3/West Africa Submarine Cable.

Géographie[modifier]

Moyennes de température et de précipitations
Min.
(°C)
Max.
(°C)
Pluie
(mm)
Janvier 21 31 135
Février 22 31 145
Mars 22 32 196
Avril 22 32 196
Mai 22 31 159
Juin 19 29 8
Juillet 18 27 3
Août 18 29 3
Septembre 20 31 30
Octobre 21 31 119
Novembre 22 31 222
Décembre 21 30 142
* Sources : BBC Weather
Article détaillé : Géographie de Kinshasa.

La ville-province s'étend sur une surface de 9 965 km² composée d'un grand plateau (Plateau du Kwango), d'une chaîne de collines (monts Ngaliema, Amba, Ngafula), d'une plaine et de marécages au bord du Pool Malebo. La plaine est la partie la plus peuplée et s'étend en forme de croissant de la baie de Ngaliema à l'Est jusqu'au plateau du Kwango à l'Ouest du Pool Malebo.

Les variations annuelles de température dans la région de Kinshasa sont d'environ 13 degrés Celsius. Le climat est de nature équatoriale (chaud et humide), composé d'une saison des pluies de 8 mois. La saison sèche est de mi-mai à mi-septembre. Le reste de l'année est relativement pluvieux surtout aux alentours de mars ou novembre.

Plusieurs rivières de diverses dimensions traversent les plaines de la ville-province, généralement prenant source dans les collines, coulant du Sud vers le Nord, pour se jeter dans le fleuve Congo. Des lacs de tailles réduites, comme le lac Ma Vallée et le lac Vert, y sont aussi localisés.

Subdivisions[modifier]

La ville de Kinshasa est divisée en 4 districts et 24 communes[14] :

Les 4 districts et
les 24 communes de Kinshasa
Blason de Kinshasa
v · d · m
abréviations : Kinshasa (Kin.), Kasa-Vubu (K.-V.), Lingwala (Ling.), Ngiri-Ngiri (Ng.-Ng.)

district de la Funa

district de la Lukunga

district du Mont-Amba

district de la Tshangu

Éducation[modifier]

La ville de Kinshasa compte une cinquantaine d’établissements d’enseignement supérieur et universitaires agréés (11 public et 40 privés)[15] :

Établissements publics 
Établissements privés 
Autres privés

Culture[modifier]

Tourisme[modifier]

Kinshasa possède plusieurs sites touristiques mais la majorité est peu connue ou peu fréquentée[16].

Transport[modifier]

STUC et City Train[modifier]

Plusieurs compagnies privées dont la Société de transport urbain (STUC) et la société publique City train (12 bus en 2002) desservent la ville. Les lignes d'autobus sont :

Taxibus et privés[modifier]

D'autres sociétés assurent aussi le transport en commun : Urbaco, Tshatu Trans, Socogetra, Gesac et MB Sprl. Les bus de la ville transportent un maximum de 67 000 voyageurs par jour. Plusieurs sociétés gèrent des taxis et taxi-bus. La majorité (95,8 %) du transport est assuré par des particuliers.

Lignes de taxibus (TBKIN) (liste non complète):

  • Campus – Victoire
  • Victoire – Ngaba
  • Ngaba – Victoire – Gambela
  • Campus – Zando
  • Kianza – Matete
  • Ngaba – Zando
  • Ngaba – ISC
  • Lemba – Victoire
  • Moulaert – Zando
  • UPN – Victoire
  • DGC – Gambela
  • Magasin – Victoire
  • Magasin – UPN
  • Zando – Barré
  • kingasani-zando
  • matete- riflard
  • matete-rond point ngaba
  • UNIKIN-zando

Rail[modifier]

La ville envisage la création d'un tramway en collaboration avec la Société des transports intercommunaux bruxellois (STIB), dont les travaux pourraient débuter en 2009 pour s'achever vers 2012-2015. La question de l'électricité reste en suspens[19],[20].

L'ONATRA exploite trois lignes de chemins de fer urbains reliant le centre aux communes périphériques, dont une va au Bas-Congo[21].

  • La ligne principale relie la Gare de l'Est à l'aéroport de Ndjili, et compte 9 stations: Gare de l'Est, Ndolo, Amicongo, Uzam, Masina/Petro-Congo, Masina sans fil, Masina/Mapela, Masina/Quartier III, Masina/Siforco, Camp Badara et l’aéroport de Ndjili.
  • La deuxième ligne relie la Gare de l'Est à Kasangulu dans le Bas-Congo, en passant par Matete, Riflart et Kimwenza.
  • La troisième ligne la Gare de l'Est à Kinshasa Ouest / Kintambo – Kinsuka-Pompage dans la commune de Ngaliema.

Port de Kinshasa[modifier]

Article détaillé : Port de Kinshasa.

Organisé administrativement en Département au sein de l'Office national des Transports (ONATRA), le Port de Kinshasa est le point de départ et le terminus de la navigation sur le fleuve Congo entre, d'une part, Kinshasa et Kisangani sur le fleuve, et d'autre part, entre Kinshasa et Ilebo sur le Kasaï.

Il est également au départ et à l'arrivée des marchandises à l'exportation et à l'importation depuis le port de Matadi qui accueille les navires de haute mer. À ce titre, il a souvent été considéré comme l'arrière-port du Port de Matadi.

Langues[modifier]

La population de Kinshasa venant de tous les coins du Congo, de plusieurs pays d'Afrique et du Monde, plusieurs langues sont parlées dans la ville comme dans toute ville cosmopolite[22]. Les langues les plus importantes reflètent la composition de la population. Le français, langue officielle, est parlé par 92 % des Kinois en 2010 (87 % en 2008)[23]. Il est utilisé pour certains échanges commerciaux, la gestion administrative et l'enseignement. La plupart des écrits sont rédigés en français. C'est aussi la principale langue des médias. Le lingala reste la langue principale de la ville, et il arrive souvent que des kinois parlent mieux le lingala que le français. C'est la langue de la culture populaire, de la musique, des églises, du théâtre populaire, de l'armée et de la police nationale depuis l'époque coloniale. Le kikongo, le swahili et le tshiluba sont aussi parlés par leurs communautés respectivement originaires de l'Ouest, de l'Est, du Sud-Est, et du centre du pays[24],[25],[26]. Le lingala, déjà langue véhiculaire du Nord du fleuve avant et durant la période coloniale, s'est imposé comme langue majoritaire parce qu'un grand nombre de kinois est originaire de régions où le lingala était déjà une langue véhiculaire. Il a notamment remplacé le kikongo comme langue principale de la région.

La majorité des enfants parle le lingala, qui supplante dès lors la ou les langues des tribus de leurs parents[24].

Sports[modifier]

La ville de Kinshasa possède plusieurs ligues de football. L’Entente provinciale de football de Kinshasa (EPFKIN) est la ligue de haut niveau, chaque saison 6 équipes sont reléguées et 6 autres sont promues avec l’Entente urbaine de football de Kinshasa (EUFKIN). Les équipes qui ont gagné le plus de fois au niveau provincial et national sont notamment : l‘AS Vita Club, le Daring Club Motema Pembe (DCMP) et l’AS Dragons (AS Bilima).

En basketball, l’Entente provinciale de basketball de Kinshasa (EPROBAKIN) et l’Entente urbaine de basketball de Kinshasa (EUBAKIN) se partagent les équipes. La fameuse BC Onatra de Kinshasa fut la première équipe de Dikembe Mutombo. Il y a aussi le Basket club biso na biso.

C'est la ville de naissance du gardien de l'équipe de France et de l'Olympique de Marseille: Steve Mandanda, ainsi que de plusieurs célébrités du monde du football telles que Claude Makelele, Peguy Luyindula ou encore Dieumerci Mbokani. C'est également la ville d'origine (même s'il est né sur un bateau) de Rio Mavuba, joueur de football et capitaine du LOSC[27].

Jumelages[modifier]

Divers[modifier]

Kinshasa est actuellement la deuxième plus grande agglomération au monde pour un pays francophone, après Paris et devant des villes comme Dakar, Abidjan et Montréal. Démographie oblige, Kinshasa devrait dépasser Paris aux alentours de 2020[28], devenant ainsi la plus grande agglomération d'un pays francophone tous continents confondus.

Galerie[modifier]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier]

Kinshasa, la ville et la cité[modifier]

Marc Pain, Kinshasa: la ville et la cité, mémoire O.R.S.T.O.M. d'études urbaines, volume 105, Éditions IRD, 1984, (ISBN 978-2709907286), 267 pages.

  1. Page 177.
  2. Pages 63 et 64.

Autres références[modifier]

  1. Dictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) (ISBN 285036195X)
  2. Vie matérielle, échanges et capitalisme sur la rive méridionale du Pool du fleuve Congo (1815-1930), Première partie : Les structures du quotidien et les jeux de l’échange sur la rive méridionale du Pool Malebo (1815-1881)
  3. « La société de géographie, désireuse de consacrer le souvenir de la première expédition africaine et des travaux de son chef, a décidé de lui accorder l’honneur qui n’est réservé que par exception à des nationaux, d’inscrire son nom parmi ses membres honoraires. J’en offre le diplôme au fondateur de la future Léopold-ville d’Afrique, à Karéma, sur les bords du Tanganika !! » — (Séance extraordinaire du 27 avril 1881 : Retour de M. le capitaine Cambier à Anvers, in Bulletin de la Société royale de géographie d’Anvers, tome 6, Imprimerie Veuve de Backer, Anvers, 1881)
  4. Kinshasa, congonline.com
  5. (fr) Kibayu Michel Lusamba, Évolution des pratiques de sécurisation des conditions de vie dans trois quartiers populaires de Kinshasa, Presses universitaires de Louvain, (ISBN 978-2874632440), page 246.
  6. (fr) (en) Kinshasa : mauvais entretien des infrastructures réhabilitées, '7 sur 7 CD, 27 février 2012. Consulté le 30 mars 2012.
  7. (fr) (en) Projet Makala, le troisième comité de pilotage tenu à Kinshasa., Média Congo, 17 octobre 2011. Consulté le 30 mars 2012.
  8. (fr) (en) Les routes défoncées de Kinshasa attendent d’être réhabilitées, La Conscience, 7 février 2008. Consulté le 30 mars 2012.
  9. (fr) (en) Ngaba-Makala : la circulation pose problème après la pluie, Le Potentiel, 03 octobre 2007. Consulté le 30 mars 2012.
  10. « CinqChantiers-rdc.com » (ArchiveWikiwixQue faire ?). Consulté le 2013-03-29
  11. « Chantiers en cours » (ArchiveWikiwixQue faire ?). Consulté le 2013-03-29, CinqChantiers-rdc.com
  12. « Cité du fleuve Congo : Bientôt la construction d’une 25e commune à Kinshasa » (ArchiveWikiwixQue faire ?). Consulté le 2013-03-29, CinqChantiers-rdc.com
  13. [1]
  14. Kinshasa Province, AfDevInfo
  15. ESU : 10 établissements publics et 39 privés autorisés de fonctionner, La Prospérité, 8 janvier 2010. (copie sur le site de la Conscience) [l'INA, l'ISC/Gombe, l'ISS et l'UPN ne sont mentionnés dans l’article]
  16. De nombreux sites touristiques à Kinshasa sans visiteurs, Le Potentiel, 28 janvier 2008.
  17. Clarisse Sana Mabiala, « Jardin botanique de Kinshasa : Un cadre idéal pour le tourisme et études environnementales », sur L'Observateur.cd, 6 décembre 2012. Consulté le 7 décembre 2012
  18. La STUC lance la ligne Victoire - Clinique Ngaliema, Francis Wilanga, La Conscience, 6 mars 2007.
  19. Article La STIB au Congo ?
  20. La Libre Belgique 25/05/2007.
  21. L’enfer des chemins de fer urbains kinois, Le Potentiel, 25 juillet 2005.
  22. Eyamba G. Bokamba. D. R. Congo: Language and ‘Authentic Nationalism’ dans Andrew Simpson, Language and national identity in Africa, Oxford University Press, 2008 ISBN 0-19-928675-2
  23. La langue française dans le monde en 2010 [Broché] Nathan
  24. a et b Jean-Jacques Nkongolo. Quelle langue d'enseignement pour la République Démocratique du Congo ? Une enquête à Kinshasa. DiversCité Langues. 1998
  25. Ch. Didier Gondola. The history of Congo, Greenwood Publishing Group, 2002. ISBN 0-313-31696-1
  26. Patrick Manning. Francophone sub-Saharan Africa, 1880-1995, Cambridge University Press, 1998. ISBN 0-521-64519-0
  27. (fr) (en) "Une Nuit à Makala" présenté par Rio Mavuba aux médias, LOSC Lille Métropole, 1er mars 2012. Consulté le 14 mars 2012.
  28. (en) Time series of the population of the 30 largest urban agglomerations in 2011 ranked by population size, 1950-2025, United Nations, Population Division. Consulté le 2012-06-25

Voir aussi[modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier]

  • Bourguignon, F., Contribution à la connaissance préhistorique de la plaine de Kinshasa et de ses environs, Lubumbashi, UNAZA, 1972, mémoire de licence
  • Antoine Manda Tchebwa, Sur les berges du Congo... on danse la rumba. Ambiance d'une ville et sa jumelle : Kinshasa/Brazzaville des années 50-60, L'Harmattan, Paris, 2012, 266 p. (ISBN 9782296563032)
  • Léon de Saint Moulin, Kinshasa. Enracinements historiques et horizons culturels, L'Harmattan, Paris, Africa Tervuren, Tervuren, 2012, 370 p. (ISBN 9782296969247)
  • Bernard Toulier, Johan Lagae et Marc Gemoets, Kinshasa. Architecture et paysages urbains, Paris, Somogy Éditions d'Art, 2010, 260 ill., 128 p. (ISBN 978-2-7572-0362-0) 
  • République Démocratique du Congo, Ministère du Plan, Monographie de la ville de Kinshasa, Kinshasa, avril 2005.

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]