Kiribati

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République des Kiribati

Republic of Kiribati (en)

Ribaberiki Kiribati (gil)

Drapeau
Drapeau des Kiribati
Blason
Armoiries des Kiribati
Description de l'image  Kiribati on the globe (Polynesia centered).svg.
Devise nationale Te mauri, te raoi ao te tabomoa
(gilbertin : « Santé, Paix et Prospérité »)
Hymne national Teirake kaini Kiribati
Administration
Forme de l'État République parlementaire
Président Anote Tong
Langues officielles Gilbertin
Anglais
Capitale Tarawa-Sud

1° 22′ 03″ N 173° 07′ 29″ E / 1.3674, 173.1247 ()

Géographie
Plus grande ville Tarawa-Sud
Superficie totale 811[1] km2
(classé 170e)
Superficie en eau 1 %[2]
Fuseau horaire UTC +12[3], +13[4], +14[5]
Histoire
Indépendance du Royaume-Uni
Décolonisation 12 juillet 1979
Démographie
Gentilé Gilbertins(ines)[6]
Population totale (2009) 110 356 hab.
(classé 179e)
Densité 136 hab./km2
Économie
PIB nominal (2009) 130 millions USD (182)
PIB (PPA) (2009) 608 millions USD (178)
IDH (2006) 0,515 (moyen) (n/a)
Monnaie Dollar australien et dollar des Kiribati[7] (AUD et KID​)
Divers
Code ISO 3166-1 KIR, KI​
Domaine Internet .ki
Indicatif téléphonique +686[8]

Les Kiribati, [kiribæs][9], ou en forme longue la République des Kiribati, en gilbertin Ribaberiki Kiribati, en anglais Republic of Kiribati, anciennement connues sous le nom d'îles Gilbert, sont un État archipelagique d'Océanie composé de trois archipels de l'océan Pacifique : les îles Gilbert proprement dites, les îles Phœnix et les îles de la Ligne auxquels il faut rajouter une île soulevée, légèrement à l'écart : celle de Banaba.

Les Kiribati se trouvent à cheval sur l'équateur et sur l'antiméridien 180 °, à la fois en Polynésie et en Micronésie, au sud des îles Marshall et de Hawaii et au nord des Tuvalu, des Samoa, des îles Cook et de la Polynésie française.

Les Kiribati sont constituées par trois archipels principaux, comprenant en tout 32 atolls et une « île haute », Banaba, située un peu à l'écart, plus proche de Nauru. Si l'étroitesse des terres émergées en fait l'un des plus petits pays du monde (moins de 811 km2), la dispersion des îles permet aux Kiribati de revendiquer une zone maritime de 3 550 000 km2.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Kiribati sont habitées depuis environ deux mille ans par un peuple austronésien de Micronésie, parlant une seule et même langue, le gilbertin, en contact épisodique avec des Samoans.

À l'écart des principales routes, les futures Kiribati ont été « découvertes » assez tardivement, de façon exhaustive, par les explorateurs européens, en fait seulement au tout début du XIXe siècle. Elles doivent leur nom d'îles Gilbert (en français) à l'amiral Adam Jean de Krusenstern qui les baptisa ainsi vers 1820, du nom du capitaine de la Royal Navy Thomas Gilbert qui les avait traversées en 1788.

En 1892, le Royaume-Uni plaça sous son protectorat les îles Gilbert, les îles Ellice (aujourd'hui Tuvalu) et les îles de l'Union (jusqu'en 1925, devenues Tokelau). Elles deviennent une colonie britannique le 12 janvier 1916, comprenant également les îles Ocean (Banaba), Fanning et Washington (depuis 1901) — ainsi que Christmas (à partir de 1919).

Les îles Gilbert subissent (en partie) l'occupation japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, à partir de la fin 1941. La bataille de Tarawa y met partiellement fin en novembre 1943. Ocean n'est libérée qu'en 1945.

Petit à petit, une certaine autonomie est concédée. En 1978, l'indépendance est définitivement accordée aux îles Ellice, séparées des Gilbert depuis 1975 et qui prennent alors le nom des Tuvalu (« huit îles ensemble »). Les Kiribati deviennent à leur tour indépendantes sous leur « nouveau » nom le 12 juillet 1979.

Pendant les 25 ans d'indépendance, la république a connu une vie politique démocratique et a fini par devenir membre des Nations unies en 1999. Le renversement démocratique de Teburoro Tito, président réélu pour un 3e et dernier mandat, a abouti à l'élection de l'opposant du parti Boutokaan Te Koaua, Anote Tong, réélu en 2007 et en 2012[10].

Politique[modifier | modifier le code]

Les Kiribati sont une république parlementaire depuis son indépendance en 1979. Le parlement des Kiribati, appelé Maneaba ni Maungatabu (« la maison commune de la montagne sacrée »), est élu tous les quatre ans et se compose de 46 représentants dont 44 élus (dernières élections en octobre 2011).

Le président s'appelle Te Beretitenti (« le président » en gilbertin) et est à la fois le chef de l'État et du gouvernement. Il est élu au suffrage universel direct, parmi les trois ou quatre candidats proposés par le parlement en son sein, selon la méthode Borda. Il choisit son vice-président et nomme le cabinet, sans dépasser dix ministres. La dernière élection présidentielle a eu lieu le 13 janvier 2012.

Chacune des 21 îles habitées possède son propre conseil local qui prend soin des affaires quotidiennes. L'atoll de Tarawa, où se trouve la capitale Bairiki, et l'essentiel du gouvernement, possède trois conseils distincts : Betio (BTC), Tarawa-Sud (TUC) et Tarawa-Nord (ETC).

Subdivisions[11][modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions des Kiribati.

La constitution du 12 juillet 1979 (tableau 2, §132) ne subdivise pas la république en archipels ou districts mais donne la liste exhaustive des îles qui la composent, avec leur orthographe officielle (et les variantes autorisées : cf. article de fond Géographie des Kiribati). Les îles de la Ligne et Phœnix sont toutefois regroupées administrativement sous la juridiction d'un seul ministère déconcentré (Line and Phoenix Group Development Ministry), basé à London (Christmas).

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte des Kiribati
Article détaillé : Géographie des Kiribati.

Les Kiribati se composent de trois archipels : les îles Gilbert (17 îles) à 1 500 kilomètres au nord des Fidji, les îles Phœnix (8 îles) à environ 1 800 kilomètres au sud-est des îles Gilbert et les îles de la Ligne (11 îles, dont 3 habitées) à environ 3 300 kilomètres à l'est des îles Gilbert, ainsi que d'une île isolée à l'ouest Banaba. Cette dernière est l'ancienne île à phosphate, baptisée Ocean Island, annexée le 26 septembre 1901, puis rattachée à la colonie par les Britanniques qui en ont également fait leur capitale administrative (gisements de phosphate épuisés en 1979, l'année de l'indépendance). Les îles de la Ligne comprennent également l'île Jarvis, le récif Kingman et l'atoll Palmyra mais ceux-ci sont administrés par les États-Unis.

Les 33 îles (qui sont tous des atolls sauf Banaba) sont réparties en trois archipels :

La quasi-totalité de ces îles sont des atolls qui dépassent à peine le niveau de la mer (si on ne compte pas Banaba, seule île « haute », qui culmine à 81 mètres, le sommet de ces atolls est la colline de Joe, une dune d'une douzaine de mètres de haut, sur Christmas). À l'exception de celui de Christmas, qui est le plus ancien et le plus grand atoll au monde, ces atolls ne devraient avoir complètement émergé, à partir de « makatea », qu'au tout début de l'ère chrétienne (ce qui correspond à leur occupation humaine), l'holocène (6 000 avant J.-C.) correspondant à un niveau de la mer supérieur à l'actuel de 1 à 1,5 m environ.

La minceur du sol, quasi inexistant, implique une faible végétation, d'origine humaine pour l'essentiel, en dehors des cocotiers et des pandanus, omniprésents, et entraîne de grandes difficultés pour l'agriculture, limitée, pour l'essentiel, à la récolte du coprah, du karewe (sève fraîche du cocotier) et du taro local, le taro géant des marais (Cyrtosperma chamissonis). Cultures également de l'arbre à pain, de la banane et du pandanus (pour ses fruits, ses feuilles et son bois).

Un traité signé à Tarawa-Sud le 18 décembre 2002 délimite les frontières maritimes entre la République française (Polynésie française) et les Kiribati (îles de la Ligne).

En 2008, la République a créé la plus grande réserve marine naturelle du monde, de 410 500 km² (de la taille de la Californie à peu près), afin de protéger sa faune et sa flore marines : baptisée PIPA (pour Phoenix Islands Protected Area, « aire protégée des îles Phœnix ») elle se situe à mi-chemin entre les Hawaii et les Fidji et comprend également des montagnes sous-marines. Elle fait partie des biens naturels qui ont été proposés en vue de leur inscription sur la Liste du patrimoine mondial en 2010, ce qui est la toute première inscription pour les Kiribati (obtenue le 2 août 2010).

La montée des eaux océanes et la recherche d'un nouveau territoire[modifier | modifier le code]

L'altitude des Kiribati n'étant pas élevée, la menace que ces îles soient submergées par la montée du niveau des eaux océanes est réelle. Le président Anote Tong a déclaré en mars[13] 2012 que son gouvernement est en pourparlers avec celui des Fidji afin de leur acheter quelque 2 000 hectares de terre. La population serait alors transportée sur leur nouveau territoire, situé à environ 2 000 kilomètres de distance. Comme alternative, Anote Tong a évoqué le transfert de la population en Australie ou en Nouvelle-Zélande, la possibilité de construire des îles artificielles ou encore de s'installer sur des plates-formes pétrolières[14],[15].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie des Kiribati.

Kiribati a peu de ressources naturelles à l'exception des ressources halieutiques.Les gisements de phosphates commercialement exploitables ont été épuisés à l'heure de l'indépendance.Le coprah et la pêche représentent actuellement la majeure partie de la production et des exportations (y compris sous la forme de poissons d'aquarium). Elles s'élèvent à un peu plus de 6 millions de dollars américains — à comparer aux importations, 44 millions en 1999.

Le PIB des Kiribati atteignait 80,2 millions USD en 2006[16]. L'économie a fortement fluctué ces dernières années et n'a pas progressé au rythme de la forte croissance démographique. Le développement économique est fortement limité par le manque de ressources naturelles, d'ouvriers qualifiés (à l'exception toutefois de marins, bien formés par le Marine Training Centre de Betio et très demandés en Allemagne et depuis 2001, aux États-Unis), la faiblesse de l'infrastructure et l'éloignement des marchés internationaux.

Les liaisons aériennes internationales sont devenues problématiques, surtout depuis qu'Air Kiribati a définitivement renoncé (en mars 2004) au seul avion qui lui permettait de relier les Fidji et les Tuvalu (un ATR 72) ainsi qu'au seul charter (un Boeing 737), assuré par Aloha Airlines (en faillite), qui reliait quant à elle chaque semaine Honolulu à Christmas. Du coup, la seule compagnie qui relie actuellement Tarawa au reste du monde restait Air Marshall Islands, à partir de Majuro (Marshall) — et, à l'occasion, Air Nauru, quand son seul avion à réaction n'est pas sous séquestre. Air Kiribati, compagnie gouvernementale, assure, tant bien que mal, les liaisons internes entre les îles Gilbert (sauf Banaba), mais est incapable de relier directement les Phœnix ou les îles de la Ligne. Air Pacific semble avoir pris le relais. Les principaux aéroports sont ceux de Bonriki (Tarawa-Sud) et de l'île Christmas dont le détail technique est le suivant (code AITA ; code OACI ; longueur de piste ; largeur de piste ; altitude ; latitude (Dec) ; longitude (Dec) ) :

  • Bonriki International (TRW - NGTA - 2 011 m - 43 m - 2 m - 1.380 - 173.150)
  • Christmas Island (CXI - PLCH - 2 103 m - 29 m - 1 m - 1.990 - -157.350)

Le tourisme fournit plus d'un cinquième du PIB, mais il reste assez limité, en raison surtout du transport aérien difficile (deux principaux hôtels à Tarawa-Sud dont l'un des deux est un hôtel gouvernemental ; un autre hôtel gouvernemental se trouve à Christmas).

L'aide financière étrangère, provenant en grande partie du Royaume-Uni, de l'Australie et du Japon, apporte un complément important à l'économie, (entre un quart et la moitié du PIB ces dernières années, 15,5 millions de dollars américains en 1995). Mais ce sont surtout les droits de pêche payés par l'Union européenne, la Corée du Sud ou désormais par Taïwan qui représentent l'essentiel des revenus.

La plupart des Gilbertins ont des activités de subsistance (pêche, culture de légumes et fruits) qui améliorent leur quotidien.

Les télécommunications sont chères et le service est nettement insuffisant. Il n'y a pas de service d'accès par large bande et la compagnie nationale, TSKL qui a le monopole, propose Internet à un des tarifs les plus chers au monde.

Depuis début 2007, les Kiribati se sont lancées dans la commercialisation de pavillons de complaisance, en immatriculant à Tarawa des bateaux de tous horizons, espérant ainsi diversifier leurs ressources économiques. Voir aussi : Kiribati et l'affaire “Ocean Jasper”.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Article détaillé : Démographie des Kiribati.

Les habitants sont les Gilbertins (en gilbertin, I-Kiribati). Ils sont en forte croissance démographique (+ 2,3 % par an ; 4,3 enfants par femme) et dépassent de peu les 110 000 habitants en 2008. Les densités non-urbaines sont parmi les plus fortes du monde, notamment à Betio, sur l'atoll de Tarawa. Tandis que l'anglais est la langue utilisée par la constitution, pour les lois et les actes officiels, le gilbertin (te taetae ni kiribati) est la langue vernaculaire habituelle, largement parlée par la totalité des habitants de la république (une langue austronésienne, descendante du proto-océanien, reconnue à parité à l'anglais par la constitution de 1979). Seules des minorités négligeables parlent également tuvaluan (0,3 % de la population, ce sont les descendants des habitants des îles Ellice restés sur place lors de la séparation des Tuvalu en 1976). Le gilbertin est également parlé aux Tuvalu (sur une île, Nui), aux Fidji (île Rabi) et aux Salomon, ainsi que par les quelques expatriés en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis (Hawaii).

Le christianisme est la religion principale dans le pays, parfois mélangé à quelques pratiques résiduelles de croyances ancestrales (de type animiste). La majorité des chrétiens sont catholiques (diocèse de Tarawa et Nauru) mais la Kiribati Protestant Church (KPC, congrégationalistes) est très bien représentée, dépassant plus d'un tiers de la population (de même que les mormons et des Églises protestantes comme les adventistes et la Church of Christ, ces derniers très minoritaires). La foi baha'ie est également assez répandue, surtout à Tarawa et à Christmas (moins de 3 %).

Lors du recensement de 2005, où les religions étaient déclarées, la répartition sur 92 533 Gilbertins a été la suivante :

  • Catholiques romains 51 144 ;
  • KPC 33 042 ;
  • Adventistes du 7e jour 1 756 ;
  • Baha'i 2 034 ;
  • COG 364 ;
  • Mormons 2 910 ;
  • Autres 1 238 ;
  • Aucune 23, non-répertorié 22.

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture des Kiribati.

Sir Arthur Grimble, bien après Robert Louis Stevenson, a fait connaître au reste du monde cette culture originale, grâce à des émissions populaires sur la BBC et à des livres comme Pattern of Islands. Les travaux scientifiques majeurs ont d'abord été faits par Henry Evans (Harry) Maude (le premier commissaire-résident britannique à être également anthropologue). En France, les travaux ont surtout été effectués par Jean-Paul Latouche, ancien président de la Société des océanistes (Musée de l'Homme). La langue gilbertine a été d'abord décrite (et écrite) par le révérend Hiram Bingham Jr. à la fin du XIXe siècle, puis codifiée tout au long du XXe par des missionnaires (français et catholiques surtout), comme le Révérend Père Ernest Sabatier et son très complet Dictionnaire gilbertin-français (Tabuiroa, 1952-1954), traduit en anglais par sœur Olivia (édition de la commission du Pacifique Sud). Si, faute de moyens, la littérature écrite reste peu développée, les chants et surtout les danses traditionnelles (te mwaie), très codifiées, et particulièrement chères à Stevenson, constituent le mode d'expression artistique privilégié des Gilbertins.

Dans sa thèse de doctorat Tradition, Change, and Meaning in Kiribati Performance, le premier travail aussi exhaustif consacré à ces îles, Mary Elizabeth Lawson a écrit comment les Gilbertins décrivent leurs danses comme bai n abara, « une chose de notre terre », trouvant son origine dans les bakatibu, les ancêtres (1989, 79).

Avec les habitants des Marshall et des Carolines voisines, les Gilbertins sont des spécialistes reconnus des pirogues à balancier, connues pour leur extrême rapidité et leur maniabilité (cf. We, the Navigators).

Si la maneaba (maison commune) constitue le centre incontournable de la vie communautaire et l'esprit du katei ni Kiribati (façon gilbertine), les personnes (te aomata) y sont censées respecter les anciens codes connus comme te bunna (protection), te kareka (écouter les avis), te betia (rester à l'écart du danger), te boia (être aimé), te reita (garder de bonnes relations), te baema (rester avec son groupe). Dans cette société très traditionnelle où la télévision hertzienne n'est pas diffusée, l'alphabétisation est cependant très importante.

Langue[modifier | modifier le code]

Langue du groupe océanien, descendante donc d'anciens locuteurs partis de Taïwan et ayant voyagé à travers l'Insulinde (parlant proto-austronésien, famille austronésienne, comme les autres malayo-polynésiens) cette langue fait partie du sous-groupe micronésien de l'océanien (en anglais : Nuclear Micronesian) mais semble avoir été influencée, plus tardivement, par les langues polynésiennes proprement dites (Samoa et Tuvalu surtout).

Parlée par un peu plus de 100 000 locuteurs (en complément de l'anglais, enseigné en fin d'école primaire et compris par les jeunes et les citadins), le gilbertin est une langue qui présente une faible variété dialectale (si ce n'est des accents différents et des particularités mineures qui séparent les îles du Nord de celles du Sud) à l'exception toutefois de Banaba, dont la langue est également représentée à Rabi (Fidji). Un dialecte du gilbertin est également parlé à Nui (Tuvalu), peuplée par des Gilbertins qui semblent y avoir remplacé la population polynésienne initialement installée.

C'est une langue flexionnelle (avec davantage de suffixes que de préfixes) pour quelques catégories grammaticales mais où les particules (préposées pour l'essentiel) jouent un rôle non négligeable et qui pratique aussi une euphonie limitée. 13 lettres (et autant de phonèmes) : A, B, E, I, K, M, N, NG, O, R, T, U et W. Palatalisation du T devant I et devant U (dans certains accents régionaux). La graphie moderne a tendance à distinguer deux A différents, dont un précédé d'un W non prononcé après B et M (exemple : mwaneaba au lieu de maneaba). L'ordre des mots est la plupart du temps de type VOS (Verbe-Objet-Sujet), avec un objet qui suit immédiatement le verbe. Exemples de phrases simples :

  • e bati te aine (il y a beaucoup de femmes, verbe bati précédé d'un préfixe pronominal e, 'il/elle', et suivi de te, article, et de aine, 'femme', cognat de vahiné)
  • I kana te ika (je mange du poisson, verbe kana précédé d'un préfixe pronominal I, en lettre capitale comme en anglais, ika poisson)
  • e matu Nareau (Nareau dort, verbe matu précédé de e, Nareau divinité ancestrale gilbertine)
  • antai aram? (quel est ton nom ?, de ara nom suivi du suffixe possessif -m, 'ton').

Sur les langues de l'Océanie, lire l'article de Françoise Ozanne-Rivierre, « Langues d'Océanie et Histoire » in Le Pacifique : un monde épars, sous la direction d'Alban Bensa et Jean-Claude Rivierre, L'Harmattan, 1998. (ISBN 2-7384-7251-6)

Sports[modifier | modifier le code]

En dehors des sports individuels comme l'athlétisme (biribiri) ou l'haltérophilie fort répandus, les sports collectifs pratiqués sont le football et le volley-ball surtout mais sans équipes nationales proprement dites, ou alors dans des compétitions régionales. Un seul vrai stade à Bairiki (Tarawa-Sud), avec gradins.

Porte-drapeau olympique : Meameaa Thomas (un haltérophile). Nom officiel du CNO : Kiribati National Olympic Committee Fondation : 2002 Reconnaissance par le CIO : 2003

Officiels :

Hymne national[modifier | modifier le code]

Titre : Teirake kaini Kiribati (Debout Kiribati). Compositeur : écrit et composé par Tamuera Ioteba Uriam Entré en vigueur en 1979.

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'An
variable Vendredi Saint
variable Lundi de Pâques
18 avril Jour de la Santé
12 juillet Fête nationale dure jusqu'au 14 juillet inclus
7 août Fête de la Jeunesse
25 décembre Noël Kiritimati ainsi que le 26 décembre

Fuseau horaire et drapeau[modifier | modifier le code]

Les archipels chevauchent l'antiméridien 180 ° qui théoriquement déterminait le changement de jour (la ligne de changement de date zigzague le long dudit antiméridien), de sorte qu'en 1995, en prévision du passage à l'an 2000 les autorités décidèrent de changer de fuseau horaire les deux archipels orientaux (auparavant le pays était coupé en deux et vivait sur deux dates simultanément, ce qui n'était pas toujours pratique pour les habitants : le titre de « Kiribati espace-temps » est d'ailleurs celui donné, en 1988, à la monographie de Benoît Antheaume et Joël Bonnemaison, Atlas des îles et États du Pacifique sud). Au lieu d'être les derniers à quitter l'an 1999, les habitants des îles Gilbert (Kiribati) devinrent les premiers à entrer dans l'an 2000 puis, l'année suivante, dans le nouveau siècle et le nouveau millénaire. Au passage, leur drapeau si évocateur montrant le soleil à l'horizon des vagues prend un sens symbolique qui l'assimile à Janus dont le double visage regarde à la fois le passé et l'avenir. Ce drapeau est basé sur les armoiries adoptées pour les îles Gilbert et Ellice en 1937, sur un dessin du commissaire-résident d'alors (1932), Sir Arthur Francis Grimble. Il représente un soleil levant (otintaai), survolé par une frégate (te eitei), qui émerge des flots du Pacifique. Le soleil darde 17 rayons (les 16 îles Gilbert et Banaba). Les flots du Pacifique sont coupés en trois parties, comme les trois archipels de l'État (Gilbert, Phœnix et îles de la Ligne). La frégate (Fregata minor), qui représente un messager traditionnel et respecté, est l'oiseau emblématique des I-Kiribati (ethnonyme vernaculaire des Gilbertins).

Codes[modifier | modifier le code]

Les Kiribati ont pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Superficie hors lagons.
  2. Seul l'atoll de Teraina héberge un lagon d'eau douce.
  3. UTC+12 dans les îles Gilbert et Banaba
  4. UTC+13 dans les îles Phœnix
  5. UTC+14 dans les îles de la Ligne
  6. Plus rare, on trouve également employé en français le gentilé "I-Kiribati". C.f. Anne Di Piazza, « Avant-Propos », Le Journal de la Société des Océanistes, no 112, 2001.
  7. Le dollar des Kiribati est indexé à parité égale avec le dollar australien.
  8. Indicatif téléphonique +686+21 pour Tarawa et +686+81 pour Christmas
  9. En forme longue française la République de ou des Kiribati.
  10. http://www.electionguide.org/country.php?ID=113
  11. Capitale de Kiribati : Bairiki sur l'atoll Tarawa. (d'après le "CALENDARIO ATLANTE DE AGOSTINI" publié chaque année à Novara en Italie)
  12. Ce qualificatif provient d'études et d'hypothèses, anciennes et récentes, basées sur la taille terrestre de l'atoll et des prélèvements : elles doivent cependant être confirmées ou infirmées.
  13. En février, lors d'une visite aux Fidji, d'après Wikipédia en anglais
  14. Les Kiribati cherchent un territoire, in: Carto, le monde en cartes, no 11, mai-juin 2012
  15. (en) 2012 Entire nation of Kiribati to be relocated over rising sea level threat Paul Chapman, Londres : The Telegraph, 7 mars 2012
  16. 2007 Pacific Almanac

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Akekeia!, Traditional Dance in Kiribati, Tony Whincup, Joan Whincup, Prix Montana, Wellington, 2001, (ISBN 0-646-41554-9)
  • (en) Nareau's Nation: A Portrait of the Gilbert Islands, Tony Whincup, 1979
  • (en) Migrations, Myths and Magic from the Gilbert Islands: early writings of Sir Arthur Grimble, Rosemary Grimble (ed.), (1972)
  • (en) The Material Culture of Kiribati, Gerd Koch, 1986, publié en allemand sous le titre Materielle Kultur der Gilbert-Inseln en 1965
  • (en) Kiribati: Aspects of History, Alaima Talu et al., 1979
  • (en) Ocean Island and Kiribati: Their Story, Albert F. Ellis, 1935
  • (en) Cinderellas of the Empire: Towards a History of Kiribati and Tuvalu, Barrie Macdonald, 1982
  • (fr) Les Insulaires du Pacifique, I.C. Campbell, J.-P. Latouche, « Politique d'aujourd'hui » aux PUF, 2001, (ISBN 2-13-051926-1)
  • (fr) Qui veut prendre la parole ?, Jean-Paul Latouche, Marcel Detienne (dir.), Seuil, 2003
  • (en) The Christmas Island Story,Eric Bailey, Stacey International (en), Londres 1977
  • (en) A Pattern of Islands, Arthur Grimble, John Murray, Londres 1952
  • (en) Return to the Islands, 1957
  • (en) Tungaru Traditions: writings on the atoll culture of the Gilbert Islands, H. E. Maude, University of Hawaii Press (en), Honolulu, 1989
  • (en) We, the Navigators, David Lewis, Reed, Wellington, 1972
  • (fr) Sous l'équateur du Pacifique, Père Ernest Sabatier, éditions Dillen, Paris, 1939 (traduit en anglais sous le titre Astride the Equator, Melbourne 1978)
  • (en) In the South Seas, Robert Louis Stevenson, University of Hawaii Press, London 1971 (traduit en français : Dans les mers du Sud, Petite bibliothèque Payot/Voyageurs 248, 1995 (ISBN 2-228-89746-9))
  • (fr) La Vie sexuelle des cannibales, J. Maarten Troost, Hoëbeke, Paris, 2012.
  • (fr) Paradis (avant liquidation), Julien Blanc-Gras, éditions Au Diable Vauvert, 2013, (ISBN 9782846265003)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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