Drapeau et armoiries de la Suisse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Drapeau de la Suisse
Drapeau de la Suisse
Drapeau de la Suisse
Utilisation Drapeau national Version officielle
Caractéristiques
Proportions 1:1
Adoption
Éléments rouge, à croix blanche
Pavillon de la Suisse
Drapeau
Utilisation Pavillon marchand et d'État Version officielle
Caractéristiques
Proportions 2:3
Adoption
Éléments rouge, à croix blanche.

Le drapeau de la Suisse est carré, de couleur rouge, à croix blanche (de gueules, à la croix alésée d'argent).

Drapeau suisse dans la commune d'Alt Sankt Johann (Canton de Saint-Gall)

Évolution[modifier | modifier le code]

Des origines jusqu'au XIVe siècle[modifier | modifier le code]

On ne connaît pas vraiment les origines de la croix suisse (appelée parfois croix fédérale) et les historiens se divisent sur plusieurs hypothèses[1]. Certains pensent que ce symbole aurait pris naissance autour du IVe siècle où il aurait été vénéré dans les royaumes burgondes et qu'il aurait figuré sur les emblèmes de la Légion thébaine, massacrée à Saint-Maurice. On prétend d'ailleurs aujourd'hui que la croix figurant sur le blason de la ville tire son origine de cet évènement[1]. Une autre version prétend que son origine remonte au XIIe siècle et qu'il figurait dans la bannière impériale du Saint-Empire. Certains expliquent que c'est le culte des instruments de la Passion, répandu dans la région, qui conduisit certains cantons de l'inclure sur leur bannière vers le XIIe siècle, le fond de couleur rouge faisant référence au sang du Christ[1]. Les manuels scolaires indiquent que le drapeau et le nom[2] du pays proviennent du canton de Schwytz, fondateur de la Suisse primitive en 1291 avec Uri et Unterwald. En revanche, ils n'expliquent pas l'origine de ce dernier.

Du XIVe siècle jusqu'en 1798[modifier | modifier le code]

Régiment suisse de Meuron

Ce n'est qu'en 1339 que le drapeau suisse acquit une certaine importance : il devint en effet à cette époque le symbole de la cohésion des cantons suisses, en apparaissant sur les vêtements des troupes de Berne pour les distinguer des autres belligérants lors de la bataille de Laupen[3]. La croix figurait alors sur un drapeau (ou gonfalon) de forme triangulaire. Le symbole de la croix apparut de nouveau lorsque le pape Jules II offrit des bannières en 1512 à la Confédération des XIII cantons. Toutefois, ce n'est qu'au XVIe siècle qu'il fut adopté comme emblème confédéral et au XVIIe qu'il fut étendu à tous les drapeaux militaires. Le fond rouge était alors remplacé par les couleurs du canton d'où était originaire la troupe : chaque canton possédait ses propres troupes, la Suisse n'ayant alors pas d'armée fédérale.

De 1798 jusqu'à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Drapeau de la République helvétique
Drapeau de la République helvétique
Drapeau de la République helvétique
Utilisation Drapeau national Design used in the past, but now abandoned Reverse side of flag
Caractéristiques
Proportions 1:1
Adoption 1798-1803
Éléments vert, rouge, or ainsi que texte

L'invasion de la Suisse par la France en 1798 et l'imposition d'un système unitaire donna naissance à la République helvétique et un nouveau drapeau national. Il ne dura pas longtemps, le système unitaire étant un échec en prenant fin le .

Au début du XIXe siècle, le drapeau militaire des troupes de Niklaus Franz von Bachmann était une croix blanche faite de cinq carrés égaux mais il resta un cas particulier jusqu'en 1840 où l'influence du général Guillaume-Henri Dufour imposa ce modèle pour toute l'armée suisse.

La forme actuelle date de 1889 lorsque le Conseil fédéral édicta les dimensions définitives : une croix sur fond rouge dont les bras sont 1/6 plus longs que larges ainsi que les armoiries officielles[1],[4].

Recherche du Conseil fédéral[modifier | modifier le code]

Dans son message du à l'Assemblée fédérale[5], le Conseil fédéral, répondant à un postulat, se pencha sur l'utilisation de la croix blanche par le passé par les confédérés : on la retrouve sur un sceau du tribunal de Thurgovie de l'an 1500 où les armoiries des divers cantons sont groupées autour d'une croix, entrelacée de feuillage. Pareille illustration figure aussi sur les sceaux encore conservés des régiments suisses au service de la France. La chronique de Tschudi rapportait que les Suisses portaient une croix pour se distinguer lors de la Guerre de Zurich. D'autres écrits au cours de l'histoire mentionnent la croix blanche comme signe de ralliement.

Après la fin de l'Acte de médiation, la Commission chargée d'établir une nouvelle constitution édicta que « le sceau de la Confédération sera l'insigne des anciens Suisses : une croix blanche alézée, sur fond rouge, entourée des mots : Confédération suisse ». La question des proportions des quatre branches de la croix fut longtemps discuté en 1815 : fallait-il une proportion identique ? Toutefois, l'arrêté sur les armoiries n'a pas été exécuté d'une façon uniforme dans les différents cantons suisses.

Se basant sur le résultat de cette recherche, le Conseil fédéral établit, en tant que projet de loi, le que « les armoiries de la Confédération consistent en une croix blanche, verticale et alézée, placée sur fond rouge et dont les branches, égales entre elles, sont d'un sixième plus longues que larges ». Il sera accepté par l'Assemblée fédérale.

Depuis le 1er janvier 2007, les offices principaux de l'administration fédérale utilisent une identité visuelle uniforme[6], qui définit comme couleurs de référence des armoiries le blanc et le rouge Pantone 485C[7] (converti en quadrichromie par C=0% M=100% J=100% N=0% ). Cette charte graphique peut servir de référence pour d'autres usages, publics ou privés, mais sans caractère obligatoire.

Déclinaisons du drapeau suisse[modifier | modifier le code]

Dans d'autres symboles officiels de la Suisse ou de ses cantons[modifier | modifier le code]

Dans le domaine du sport[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de la communication d'entreprise[modifier | modifier le code]

Le drapeau est régulièrement utilisé à des fins de communication ou de publicité, soit en entier, soit de manière partielle, ou comme une simple évocation par l'intermédiaire de ses couleurs et de la croix. Nombre de compagnies commerciales suisses ont ainsi un logo comportant une référence au drapeau. On peut citer :

Dans le domaine de la communication politique[modifier | modifier le code]

Certains partis politiques nationaux suisses reprennent aussi ce symbole dans leurs logos :

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armoiries et drapeaux de la Suisse ; Louis Mühlemann; Lengnau : Bühler, 1991. (OCLC 33240778)
  • « Le drapeau suisse », dans Histoire militaire de la Suisse, Charles Borgeaud.
  • « Andreaskreuz und Schweizerkreuz », dans Jahrbuch des Bernischen Historischen Museums, F. Bächtiger.
  • « De la “Passion du Christ” à la “Croix suisse” », dans Itinera ; G. Marchal.

Références Législation suisse[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Croix fédérale » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  2. le lien est évident en allemand: Schweiz-Schwytz
  3. « Pourquoi le drapeau suisse est carré » sur Swissinfo. Consulté le .
  4. « Art. 1 de l'Arrêté fédéral concernant les armoiries de la Confédération suisse », sur admin.ch, Recueil systématique de la Confédération suisse (consulté le 13 juin 2008)
  5. « Message du Conseil fédéral du 12 novembre 1889 », sur admin.ch, Recueil systématique de la Confédération suisse (consulté le 6 janvier 2010)
  6. http://www.bk.admin.ch/themen/02268/index.html?lang=fr
  7. Site de l'administration Suisse - Loi pour la protection des armoiries, LPASP http://www.admin.ch/ch/f/rs/2/232.21.fr.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]