Union interparlementaire

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Le siège de l'Union interparlementaire à Genève (2010).
États membres en 2013 de l'Union interparlementaire.

L’Union interparlementaire (UIP, en anglais IPU) est l'organisation mondiale des parlements des États souverains. Créée en 1889, elle est la plus ancienne des institutions internationales à caractère politique.

Désireuse de promouvoir la paix et le principe de l'arbitrage international, elle a jeté les bases de ce qui est aujourd'hui la coopération multilatérale institutionnelle et a plaidé pour la création d'institutions analogues au niveau gouvernemental, qui se sont concrétisées sous la forme de l'Organisation des Nations unies. L'Union a également contribué à la création de ce qui est aujourd'hui la Cour permanente d’arbitrage de La Haye. L'Union œuvre en étroite collaboration avec l'Organisation des Nations Unies dont elle partage les objectifs et appuie les efforts. Elle coopère en outre avec les organisations interparlementaires régionales et les organisations internationales, intergouvernementales et non gouvernementales qui s'inspirent des mêmes idéaux.

Historique[modifier | modifier le code]

La naissance de l'Union interparlementaire se situe dans le contexte des idées pacifistes qui se sont développées au milieu du XIXe siècle. L'opinion refusait la fatalité de la guerre et réclamait la création de mécanismes susceptibles de résoudre les conflits par la négociation, après l'échec des moyens diplomatiques ordinaires.

L'idée de réunir les parlementaires de tous les pays a conquis, entre 1870 et 1890, les pacifistes dans les nations les plus diverses. La création de l'Union interparlementaire apparaît comme la conséquence nécessaire et logique de tous ces faits. En juin 1888, à une époque où le Sénat américain avait adopté la motion de sa commission des affaires étrangères et où la Chambre française avait décidé de prendre en considération la motion de Frédéric Passy, William Randal Cremer écrivit à Passy qu'il tenait pour opportune une rencontre entre députés anglais et députés français, qui auraient à s'entendre sur la question de l'arbitrage et de la paix.

Le 31 octobre 1888 eut lieu à Paris, au Grand Hôtel, la première réunion parlementaire franco-britannique, que Herbert Gladstone, fils de William Gladstone, qualifiait, dans une lettre d'excuses et en bon prophète, d' historique. Frédéric Passy ouvrit les débats et fut élu président. On exprima plusieurs fois l'opinion que c'était entre les États-Unis d'Amérique et la France qu'un traité d'arbitrage pourrait être le plus aisément conclu, puisque entre les États-Unis et l'Angleterre il y avait certaines difficultés : l'Irlande, le Canada et les conflits relatifs aux pêcheries. La déclaration préparée fut adoptée à l'unanimité. Il fut décidé que l'année suivante une conférence plus large aurait lieu et qu'elle continuerait l'œuvre entamée par la première. À cette conférence prendraient part non seulement des représentants des parlements mentionnés mais encore des membres et autres parlementaires qui avaient professé des idées analogues. Enfin, il fut entendu qu'un comité serait chargé de préparer l'assemblée de l'année suivante et d'exécuter les décisions prises.

Dans le comité qui devait préparer la Conférence de 1889, Passy était le secrétaire pour la France et Cremer pour l'Angleterre. Après quelques péripéties, la première conférence interparlementaire se tient à l'hôtel Continental à Paris. À côté de cinquante-cinq Français et de vingt-huit Anglais, onze représentants d'autres parlements étaient présents : cinq Italiens et un représentant par pays pour la Belgique, l'Espagne, l'Espagne, le Danemark, les États-Unis d'Amérique et le Libéria. Si faible que fût la participation étrangère, elle était cependant suffisante pour donner à la Conférence un caractère international. Au lieu de se laisser décourager, on résolut de faire des Conférences interparlementaires une institution permanente. On peut donc considérer cette décision du 30 juin 1889 comme l'acte de création des Conférences interparlementaires et, par là même, indirectement de l'Union interparlementaire. Le mouvement se développa rapidement et, en 1894, une organisation permanente dotée d'un secrétariat fut constituée sous le nom d'Union interparlementaire. Depuis cette époque et malgré les deux guerres mondiales, l'UIP a poursuivi son œuvre en faveur de la paix et du renforcement des institutions parlementaires.

Le groupe allemand l'Union interparlementaire est fondé en 1891 par Max Hirsch qui a été l'un des présidents de la Deutsche Friedensgesellschaft[1]. Le groupe tente d'influencer la politique allemande en faveur des valeurs de l'Union tout en gardant une part d'ambiguïté, notamment en ce qui concerne l'armement de l'Allemagne.

Action[modifier | modifier le code]

L'UIP a pour objectifs de :

  • favoriser les contacts, la coordination et l'échange d'expériences entre les parlements et les parlementaires de tous pays;
  • examiner les questions d'intérêt international et se prononce à leur sujet en vue de susciter une action des parlements et des parlementaires;
  • contribuer à la défense et à la promotion des droits de l'homme - facteur essentiel de la démocratie parlementaire et du développement durable;
  • contribuer à une meilleure connaissance du fonctionnement des institutions représentatives ainsi qu'au renforcement et au développement de leurs moyens d'action.

Elle s'efforce de rechercher les moyens de régler les différends entre États autrement que par la force. Son succès le plus marquant fut la création de la Cour d'arbitrage de La Haye en 1899. L'UIP a apporté son soutien à la Société des Nations puis à l'Organisation des Nations unies à laquelle elle est liée par un statut d'observateur. Elle tient des conférences semestrielles dans diverses villes du monde pour débattre des problèmes dont dépend l'avenir de l'humanité. L'UIP se consacre aussi à la promotion des institutions représentatives. À l'instigation de Mme Christine Pintat, secrétaire générale adjointe, une action volontaire pour la promotion des femmes dans la vie politique a été menée et a fait prendre conscience de la sous-représentation féminine dans de nombreux parlements.

Le Comité des droits de l'homme des parlementaires, créé en 1977, a joué un rôle actif en vue de la libération de nombreux parlementaires détenus et a obtenu des éclaircissements sur ceux qui sont disparus.

A deux reprises, l'UIP a réuni les présidents des Parlement du monde lors de conférences qui se sont tenues en 2000 et en 2005 au sièges de l'ONU à New York. Des déclarations ont été adoptées et transmises aux Chefs d'État et de gouvernement.

Membres[modifier | modifier le code]

L'Union interparlementaire compte aujourd'hui (2013) 162 membres et dix membres associés[2]. Ils étaient 9 à sa fondation, 24 avant la première guerre mondiale et 112 au moment de son centenaire. Si l'on compare le nombre de membres de l'ONU (191), on constate qu'il manque une cinquantaine de pays dont certains ne sont pas dotés d'un parlement. Le principal absent est le Congrès des États-Unis, membre fondateur, qui ne participe plus à ses travaux depuis une quinzaine d'années.

  • Membres :

Organisation[modifier | modifier le code]

L'Union interparlementaire est financée en premier lieu par ses membres avec des fonds publics. Son budget pour 2007 s'élève à 17,4 millions de francs suisses, parmi lesquels des contributions volontaires[3].

Siège[modifier | modifier le code]

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L'Union a été fondée à Paris en 1889. Durant les premières années de l'existence de l'institution, son siège a changé à trois reprises :

  • 1892 - 1911 : Berne (Suisse)
  • 1911 - 1914 : Bruxelles (Belgique)
  • 1914 - 1920 : Oslo (Norvège)

Depuis 1921, le siège de l'Union est à Genève (Suisse) mais il s'est situé à cinq endroits différents dans la ville. Depuis le 1er janvier 2003, il se trouve à la Maison des Parlements au Grand-Saconnex.

Conférences[modifier | modifier le code]

Ces conférences se sont tenues selon des périodicités différentes (annuelles puis bisanuelles (printemps/automne). À partir de 2004, la conférence d'automne se tient en Suisse avec un programme et une durée moins longue que celle de printemps, sauf exceptions.

Présidents du Conseil interparlementaire[modifier | modifier le code]

  • 1909 - 1912 Auguste Beernaert (Belgique), ancien premier ministre
  • 1912 - 1922 Lord Weardale (Philippe Stanhope) (Royaume-Uni)
  • 1922 - 1928 Baron Theodor Adelsward (Suède)
  • 1928 - 1934 Fernand Bouisson (France), Président de la Chambre des Députés
  • 1934 - 1947 Henri Carton de Wiart (Belgique), ancien premier ministre
  • 1947 - 1957 Viscount Stansgate (William Wedgwood Benn), secrétaire d'État à l'Inde puis à l'Air (Royaume-Uni)
  • 1957 - 1962 Giuseppe Codacci-Pisanelli (Italie)
  • 1962 - 1967 Ranieri Mazzilki (Brésil)
  • 1967 - 1968 Abderrahman Abdennebi (Tunisie) par intérim
  • 1968 - 1973 André Chandernagor (France),
  • 1973 - 1976 Gurdial Singh Dhillon (Inde)
  • 1976 - 1979 Sir Thomas Williams (Royaume-Uni)
  • 1979 - 1982 Rafael Caldera (Venezuela), président de la République
  • 1982 - 1983 (mars) Johannes Virolainen (Finlande), ancien premier ministre
  • 1983 - 1985 (avril) Izz El Din el Sayed (Soudan)
  • 1983 (mars-octobre) Emile Cuvelier (Belgique) par intérim
  • 1985 - 1988 Hans Stercken (République fédérale d'Allemagne), président de la Commission des affaires étrangères du Bundestag
  • 1985 (septembre) Sir John Page (Royaume-Uni) par intérim
  • 1988 - 1991 Daouda Sow (Sénégal), président de l'Assemblée nationale
  • 1991 - 1994 Sir Michael Marshall (Royaume-Uni)
  • 1994 - 1997 Ahmed Fathy Sorour (Egypte), président de l'Assemblée du Peuple
  • 1997 - 1999 (juillet) Miguel Angel Martinez (Espagne)
  • 1999 - 2002 Najma Heptualla (Inde), vice-présidente de la Chambre haute (Rajya Sabha)
  • 2002 - 2005 Sergio Paez (Chili), sénateur
  • 2005 - 2008 Pier Ferdinando Casini (Italie), président de la Chambre des députés
  • 2008 - 2011 Theo-Ben Gurirab (Namibie), président de l'Assemblée nationale
  • à partir de 2011 : Abdelwahed Radi (Maroc), président de la Chambre des représentants marocaine d'avril 2010 à décembre 2011

Secrétaires généraux[modifier | modifier le code]

  • 1892-1909 : Albert Gobat, prix Nobel de la paix en 1902
  • 1909-1933 : Christian Lange (Norvège)
  • 1933-1953 : Léopold Boissier (Suisse)
  • 1953-1970 : André de Blonay (Suisse)
  • 1970-1986 : Pio-Carlo Terenzio (Italie)
  • 1987-1998 : Pierre Cornillon (France)
  • 1998-2014 : Anders Johnsson (Suède)
  • Depuis 2014 : Martin Chungong (Cameroun)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Ralph Uhlig, Die Interparlamentarische Union. 1899-1914, Franz Steiner Verlag, 1988, p.582.
  2. http://www.ipu.org/french/membshp.htm
  3. Budget de l'UIP

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Tribune de Peuples, Histoire de l'Union interparlementaire 1889-1999, par Yefime Zarjevski, Ed. Payot, Lausanne, 1989

Lien externe[modifier | modifier le code]