Nouakchott

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Nouakchott
نواكشوط
Image illustrative de l'article Nouakchott
Administration
Pays Drapeau de la Mauritanie Mauritanie
Région Nouakchott
Maire Ahmed Hamza
Démographie
Population 800 000 hab.
Densité 800 hab./km2
Géographie
Coordonnées 18° 06′ N 15° 57′ O / 18.1, -15.9518° 06′ Nord 15° 57′ Ouest / 18.1, -15.95  
Superficie 100 000 ha = 1 000 km2
Divers
Site(s) touristique(s) Ancienne tour de Nouakchott, le zoo, la plage
Localisation

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Nouakchott

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Nouakchott

Nouakchott (نواكشوط en arabe) est la capitale de la Mauritanie depuis 1957 (auparavant la capitale était Saint-Louis), située au bord de l'océan Atlantique. Nouakchott a été créée sur une zone de campement. Les nomades viennent de temps à autre séjourner autour de la capitale qui a pris rapidement l'aspect d'une ville moderne.

Toponymes[modifier | modifier le code]

Le nom de cette ville, Nouakchott ou Noiakchott (نواكشوط en Arabe) selon les retranscriptions, a donné lieu à plusieurs traductions, dont cinq principales :

  • « lieu où apparaît l'eau quand on creuse un puits »
  • « terrain où les coquillages abondent »
  • « l'endroit au pâturage salé »
  • « là où souffle le vent »
  • « le sans-oreilles »

Chott peut signifier « plage » ou « estran ». Noua en arabe hassaniya (dialecte maure) serait « baie ». On traduirait littéralement Nouakchott par « la plage de la baie ». Bien que le littoral mauritanien ne présente aucune baie aux abords de Nouakchott, la forme de la côte y est légèrement creuse. Nouakchott était à l'origine un camp militaire français, construit de toutes pièces, où les Mauritaniens n'avaient pas l'habitude de séjourner. Le nom serait donc apparu tardivement (début du XXe siècle).

Les principaux quartiers, constituant des communes urbaines administratives, sont :

Histoire[modifier | modifier le code]

Toujours un grand rendez-vous, le marché aux chameaux
Vue de la ville nouvelle (1967)

L'endroit en lui-même est connu depuis longtemps par les nomades. Cependant la ville, à proprement parler, fut construite par les colons français, dans les années 1950.

En 1958, Amadou Diadié Bâ, ministre mauritanien des Ponts et Chaussées a procédé à la pose de la première pierre pour la création de la capitale de la Mauritanie. Il a prononcé un important discours en présence du général Charles de Gaulle et du président mauritanien Mokhtar Ould Daddah. Cette cérémonie officielle a été à l’origine de la transformation d’un fort militaire avancé de l’armée française en une véritable métropole du continent africain. La première pierre qu'Amadou Diadié Ba a posée en compagnie des chefs d’États français et mauritanien est toujours visible dans la cour de la Présidence de la république.

À cette époque, il y avait 500 habitants. À l'origine, il s'agissait d'un ksar, c'est-à-dire un petit fort où quinze soldats français surveillaient la route commerciale qui reliait le Maroc au Sénégal. C'est en 1956 que l'on décide de créer à proprement parler la capitale. En 1959, l'architecte français André Leconte[1] dresse le plan de la nouvelle capitale. Deux noyaux se dégagent : l'un autour du fort, qui deviendra le quartier européen de nos jours ; l'autre autour de la mosquée, donc un peu plus à l'écart à l'époque. Coupée en deux dans un premier temps, la ville se réunifie rapidement.

La population[modifier | modifier le code]

Visite médicale en famille

L'un des problèmes majeurs de la ville est le manque de gestion de sa croissance.

Les estimations de 1960 donnent une population de 8 000 habitants en 1980 et de 800 000 habitants environ aujourd'hui. Les raisons de cette importante croissance démographique sont :

  • le regroupement vers le chef-lieu dans les lieux désertiques ;
  • l'attraction : plus un lieu concentre d'habitants, plus il en attire de nouveaux ;
  • dans les années 1980, à la suite d'une grande sécheresse qui ruine les éleveurs (première richesse du pays), ceux-ci viennent s'installer en ville pour trouver un nouvel emploi.

Développement de la ville et conséquences sur l'habitat[modifier | modifier le code]

Maures en tenue traditionnelle

L'habitat et le logement informel sont des phénomènes courants dans les pays en voie de développement et les pays du monde arabo-musulman. Nouakchott en est un exemple, même si les particularités de l'habitat spontané ne peuvent être généralisées à l'ensemble des pays arabes.

Le cas de Nouakchott est un cas extrême en ce qui concerne l'habitat informel parce que le phénomène y est massif.

C'est aussi un cas très particulier, car Nouakchott se trouve à la frontière de deux aires culturelles. La Mauritanie ne fait partie ni du monde arabe au sens strict – des populations dites négro-africaines Soninkés, Toucouleurs et Wolofs peuplent le sud du pays – ni de l'Afrique noire, car les Maures (se réclamant d'ascendance berbère ou arabe) qui parlent le dialecte hassanya sont la principale ethnie dans le pays et à Nouakchott. La ville se trouve donc aux marges du monde arabo-musulman.

Quels ont été les cause de l'explosion urbaine de Nouakchott et ses conséquences sur les quartiers d'habitat spontané et leurs habitants ? On peut noter le manque de sources, notamment de sources récentes sur l'urbanisation de Nouakchott[2].

L'explosion urbaine de Nouakchott[modifier | modifier le code]

Vue aérienne (2005)

Nouakchott est une ville très récente, née d'une volonté politique affirmée. Nouakchott est une ville créée de toute pièce pour être « l'indispensable expression de l'affirmation et de l'unité de la Nation mauritanienne » comme l'affirmait le président Mokhtar Ould Daddah en décembre 1957. L'objectif était de donner une capitale indépendante par rapport au Sénégal (Saint-Louis du Sénégal).

Nouakchott est née de rien : en 1957, lorsque le chef-lieu du territoire de la Mauritanie, qui n'était pas encore indépendante, y a été transférée il n'avait que le ksar qui existait depuis 1903 et où était construit un fort, avant-poste de la colonisation française.

Nouakchott est le produit de la fusion entre ce ksar et la cité administrative construite à partir de 1958.

Il y a trois raisons à cette installation de la capitale sur ce site :

  • Une question d'équilibre politique entre la population maure du Nord et celle, noire du Sud, ce qui excluait d'emblée les villes historiques de Rosso et Nouadhibou. Le site est en zone de peuplement plutôt maure mais est relativement proche du fleuve Sénégal.
  • La situation favorable du site : le plateau dunaire sur lequel est installé la capitale était fixe à l'époque (ce n'est plus vraiment le cas).
  • Le climat (influence de l'océan) est plus doux qu'à l'intérieur des terres.

La construction de la capitale commença en 1958 par la construction de la cité administrative où sont installés tous les ministères et les principales institutions mauritaniennes.

Quelques chiffres sur l'explosion urbaine :

La fusion à terme de ces deux entités distinctes, devait donner lieu à la création d'une ville qui était au départ prévue pour 8 000 habitants à l'horizon 1970. Or à cette date là, le nombre d'habitants était déjà estimé à 40 000 personnes.

Pour donner un autre ordre de grandeur, entre 1962 et 1990, la superficie de la ville est passée de 240 à 8 000 hectares, et la population a été multipliée par 81 entre 1959 et 1988.

Pourquoi une telle croissance?

Les causes de cette croissance démesurée :

Le problème de Nouakchott réside dans le fait que la société mauritanienne a connu d'importantes mutations sociales en 50 ans.

  • Un processus de sédentarisation couplé à une croissance démographique importante (démographie de transition) ont entraîné une émigration importante des villages aux villes. En effet, le milieu naturel mauritanien ne permet pas une forme d'agriculture capable de nourrir et de faire travailler l'ensemble de sa population. Le milieu est essentiellement saharien ou sahélien (hormis aux abords du fleuve Sénégal), et l'agriculture mauritanienne repose essentiellement sur un modèle agro-pastoral (avec un nomadisme développé). La fragilité du milieu naturel ne pouvait donc pas absorber la croissance démographique.
  • De plus, le colonialisme avait déjà en partie remis en cause les valeurs qui permettaient le nomadisme, fondé sur l'autorité des chefs. Les sécheresses des années 68 à 73 ont accéléré de manière spectaculaire la sédentarisation : les seules possibilités de se prémunir de la famine résidaient alors dans les villes (distribution de nourriture, soins...), et les nomades une fois sédentarisés étaient peu disposés à repartir vers les zones rurales. Cette sécheresse a ruiné les éleveurs et réduit fortement la production céréalière pour quelques années.
  • On peut aussi ajouter différentes motivations à l'émigration vers les villes, notamment l'attrait que la ville constitue pour l'ensemble de la population (emplois, accès à l'éducation et à la santé, meilleures conditions de vie...), cela est d'autant plus vrai pour Nouakchott qui est une capitale aux fonctions politiques, administratives et culturelles (administration, justice, armée, enseignement...).

Les causes de l'explosion urbaine sont d'ordre à la fois économiques, sociologiques et psychologique.

Ce double phénomène de croissance démographique et de sédentarisation a donc entraîné une croissance urbaine sans précédent qui a entraîné le dépassement des plans successifs d'urbanisation de la ville de Nouakchott et donc une augmentation régulière de l'habitat informel.

Pour donner une idée de ce changement en profondeur de la société mauritanienne, entre 1962 et 1985 le nomadisme est passé de 75 % à 15 % environ de la population (tendance encore accentuée aujourd'hui mais manque de données).

La population urbaine représentait 6,4 % de la population totale en 1962, et Nouakchott représentait alors 0,6 % de la population. Aujourd'hui Nouakchott représente à elle seule entre 25 et 30 % de la population mauritanienne.

On peut constater que le développement de la ville de Nouakchott est linéaire (le long de certains axes) et discontinu.

L'habitat à Nouakchott[modifier | modifier le code]

Le marché de Nouackhott (en bordure du marché couvert)
Maison de standing de style colonial
Construction inspirée de l'habitat traditionnel

Pour donner une idée de la typologie de l'habitat à Nouakchott, cf cartes. Ce sont des cartes remises à jour en 1984[réf. nécessaire], la ville s'est étendue vers le sud et l'est de manière assez importante (les vides ont été comblés), il est assez probable que les zones d'habitat informel (kébbés) ont été repoussées vers les périphéries et que les kébbés sont devenus des zones d'habitat évolutifs. Le noyau de la ville est constitué du ksar, noyau originel de Nouakchott, et du quartier du marché (médina) séparés par la cité administrative (ministères, présidence). C'est « le Nouakchott que tout le monde connaît ». Cet ensemble qui est la jonction entre l'ancien ksar et la partie de la ville ayant la fonction de capitale a été construit avant 1975. Ce noyau est bordé par une zone d'habitat de moyen standing qui était au départ prévu pour accueillir l'ensemble des fonctionnaires de la cité administrative. Il était prévu d'y construire des habitats collectifs (barres de trois étages max) pour les logés. Une première vague a été construite, 200 logements. Mais rapidement les fonctionnaires les plus aisés et les expatriés ont quitté ces barres peu agréables pour des quartiers plus agréables à vivre (quartier nord-ouest, résidentiel de haut standing). Cet forme d'habitat a été délaissé, mal utilisé (familles nombreuses), et le projet abandonné.

L'habitat de moyen standing est plutôt classique pour un pays musulman, comparable à l'habitat de la médina, il évolue souvent en même temps que la famille et ses revenus (agrandissements successifs), sur une base carrée ou rectangulaire, parfois avec une cour carrée au milieu.

Les zones dites d'habitat évolutif (ou Gazra) et de kébbé sont les zones d'habitat informel ou d'ancien habitat informel. Ce sont les zones produites par l'explosion urbaine de Nouakchott et la périurbanisation (extension des espaces périurbains).

Le kébbé est la zone par excellence de l'habitat informel : c'est le nom de ce que l'on nomme globalement bidonville. Ce sont des quartiers d'habitat spontané sous-intégrés. Le terme de kébbé, viendrait du mot hassanya (langue arabo-berbère) « ordure ».

L'habitat évolutif est l'habitat basé sur l'évolution de certains kébbés légalisés par les autorités, on les appelle aussi Gazra. Ces anciens kébbés ressemblent à de véritables quartiers par un processus de consolidation et de construction, grâce à certains des occupants qui cherchent à valoriser ces zones. Ils bénéficient par la suite d'un meilleur accès à l'eau, aux transports, à l'éducation et à la santé qui sont les problèmes récurrent des kébbés.

Particularités du logement informel à Nouakchott :

Les kébbés de Nouakchott ont des particularités spécifiques. Les bidonvilles, quel que soit l'endroit dans le monde, sont des zones d'habitat sous intégrés d'habitat spontané : non prévu par les plans d'urbanisme et non légal.

Toujours présente, la tente traditionnelle
Chèvres en liberté

Ces quartiers constituent souvent une zone de transition entre la ville au sens propre et l'espace rural d'où proviennent les populations de ces quartiers. C'est particulièrement vrai pour les kébbés, qui en plus de cela conservent certaines traces du nomadisme.

En effet, les kébbés sont l'agglomération de plusieurs espaces fonctionnels contigus délimités ou non par un enclos. Les abris se résument souvent à la baraque (matériel de récupération) ou à la tente (persistance d'une culture nomade), parfois les deux en même temps.

Kébbé type : tente, baraque, coin cuisine, enclos à animaux.

  • Tente pour les heures les plus chaudes de la journée (pratique cependant en recul).
  • Baraque pour dormir, coin cuisine à l'extérieur.
  • Présence d'animaux dans un enclos ou vaquants librement autour, mal nourris[3]. C'est une ressource d'appoint pour les familles.

Ces ensembles forment un enchevêtrement dense et inorganisé, c'est un quartier sans plan où l'on passe où on veut entre les tentes et baraques.

Les constructions en dur sont rares (dû à la situation juridique précaire de cet habitat).

Le mode de vie du kébbé est symbolique de la transition du modèle agro-pastoral dominant en Mauritanie, au mode de vie urbain. Cette solution transitoire est parfois préférée à l'installation dans les unités standardisées, préfabriquées des constructions étatiques (même si ce modèle est limité à Nouakchott par l'absence de moyens étatiques). Les kébbés sont aussi les lieux d'une culture à la croisée des chemins : métissage des cultures peuls, toucouleurs, wolofs avec la culture maure malgré une tendance à la séparation de la ville en quartiers ethniques facilement explicable par le fait qu'un nouveau-venu s'installe d'abord près des gens qu'il connaît ou qui ont la même origine.

Commerce de rue

Il y a une réelle corrélation entre les habitants de ces quartiers et ceux des quartiers dits d'habitat évolutif et l'économie informelle qui constitue l'un des principaux moyens de subsistance (commerce de rue, emplois non déclarés, micro-entreprises non déclarées, travail à domicile...). [La notion de chômage a peu de sens dans les PED]

L'extension de la ville s'est faite par l'extension non contrôlée des kébbés, seule solution pour les populations émigrés et défavorisée arrivant à Nouakchott pour résoudre le problème du logement de manière économique.

Cette extension non-contrôlée de la ville a longtemps été la règle, la prise de conscience de ce phénomène d'extension massive de l'habitat informel a été relativement tardif et longtemps considéré comme dû à une situation conjoncturelle par les autorités.

Ce n'est qu'à partir de 1974 que les autorités, face au risque de bidonvillisation généralisée de la ville ont pris la mesure de la chose.

Données 

Les estimations les plus récentes (basées sur des chiffres de la fin des années 1980, début 90) concernant l'habitat informel à Nouakchott font état de 37 à 42 % (I. Sachs) de la population vivant dans des quartiers illégaux de type kébbés, et d'environ un autre tiers de la population qui vivrait dans des quartiers certes légaux mais dénués d'équipement. Mais la proportion d'habitants vivants dans les kébbés a été par moment, proportionnellement plus importante que cela (durant les années suivant les sécheresses de 68-73). Les principaux problèmes de ces quartiers sont ceux de l'accès à l'eau, capitale dans cette région, de la desserte en transports (goudronnage des routes), ainsi que l'accès à l'éducation, à la santé...

La résorption de l'habitat précaire, un enjeu pour les autorités et les habitants :

Avancée des dunes de sable

Habitat informel ⇒Conditions de vie difficiles : insalubrité, risques sanitaires (maladies), insécurité sociale (risque d'expulsion), surexposition aux dangers naturels (pour Nouakchott les inondations, et les tempêtes de sable)... on l'aura compris, la vie en bidonville est rarement la panacée.

On peut assez aisément dire que la résorption de cet habitat précaire est important pour l'amélioration des conditions de vie des habitants.

Tentatives de mise en place de politiques d'urbanisme[modifier | modifier le code]

Les politiques envisageables pour résorber l'habitat précaire

Pour résorber l'habitat spontané et stopper la bidonvilisation de la ville, les autorités ont à leur disposition une palette de politiques différentes.

Parmi les politiques envisageables :

Le déguerpissement, envisagé et appliqué au début des années 1980, mais face à la généralisation des kébbés, les politiques ont préféré préserver la paix sociale et envisager des solutions plus consensuelles. Mais cela a laissé des traces au niveau des craintes de la population.

La construction immobilière :

  1. Par des investissements publics accompagnés d'un certain volontarisme d'État... se heurte aux réalités mauritaniennes et au manque de moyens étatiques.
  2. Par des investissements privés, comme dans les pays pétroliers... cela suppose un dynamisme économique que Nouakchott n'a pas (en tout cas pas selon les critères de l'économie mondialisée).

Vague de régularisation quartier par quartier des parcelles occupées illégalement, solution largement employée à Nouakchott créant un enjeu autour du foncier et de la notion de propriété (qui était au départ relativement étrangère aux populations rurales), et de nombreuses spéculations, profitant plutôt aux plus aisés (seuls à pouvoir construire sur les terres accordées par l'état).

Lutte contre la centralité : cette politique est parfaitement envisageable pour remédier aux problèmes de Nouakchott. Création de villes nouvelles, meilleures distribution des ressources entre les villes pour les rendre plus attrayantes aux candidats à l'émigration et soulager ainsi Nouakchott.

Lutte contre la macrocéphalie urbaine de Nouakchott. Cela ne semble pas être une option envisagée pour Nouakchott, le PDU (programme de développement urbain entré en vigueur le 30 avril 2002 et qui doit durer jusqu'au 30 juin 2009) lancé par la Banque mondiale consacre 54 millions de dollars rien que pour Nouakchott sur les 70 millions initialement accordés pour la Mauritanie (le montant réel sera plus proche de 85 millions de dollars compte tenu de la baisse du dollar).

Il y a bien évidemment tout un ensemble d'autres mesures possibles, mais cependant moins utilisées dans cette partie du monde, exemple des ONG. La question des ressources alloués à ces politiques reste récurrente.

La gestion de l'habitat précaire et de l'expansion de la ville par les autorités à Nouakchott :

L'État est le principal acteur de la politique d'urbanisme en Mauritanie car c'est le seul possesseur de la terre. En effet, depuis la création de l'État Mauritanien, celui-ci a cherché à s'approprier la terre en dépossédant les tribus qui fondaient leur droit à la terre sur la coutume (pas de propriété telle qu'on l'entend chez nous). Ce processus d'appropriation de la terre par l'État s'est terminé en 1983. Pour devenir propriétaire en Mauritanie il faut obtenir une autorisation d'occuper le terrain par un hakem (fonctionnaire), ce permis est souvent considéré comme un droit de propriété en lui mm par la population, alors que ce titre n'a aucune valeur définitive. Il est délivré contre le prix du terrain et les frais de bornage. À partir de ce moment, le bénéficiaire a deux ans pour construire (selon les règles d'urbanisme) avant de pouvoir réclamer le titre définitif de propriété. Ce circuit est complexe et très lent. Il y eut de nombreuses dérives : occupation illégale, spéculation foncière, délivrance de titre par d'ancien hakem congédiés... Cette réforme a suscité le phénomène des gazra en insinuant dans l'esprit de la population que l'occupation d'un terrain entraîne son appropriation légale ou au moins légitime. L'absence de plans cadastraux et d'archives dignes de ce nom du fait que la notion de propriété ne soit pas ancienne à cause de la tradition nomade. À partir de ce moment, l'informalisation du marché immobilier et foncier n'a pas connu de réelles limites et s'est poursuivie avec toutes les dérives d'urbanisme, les tensions et les spéculations qui s'ensuivent. Même lorsque l'état distribue quelques milliers de parcelles à des populations défavorisées, celle-ci, n'ayant pas les moyens de construire revendent ces parcelles à des gens plus aisés qui spécules ensuite dessus, afin de se réinstaller plus loin pour éventuellement construire en plus dur. Cela créé évidemment une spéculation foncière qui profite aux plus riches[4].

Tous les plans envisagés par les autorités pour Nouakchott depuis sa création ont été mis en échec par l'expansion rapide de la ville, je ne citerais là qu'une des tentatives pour améliorer l'accès au logement: La SOCOGIM (société de Construction et de gestion Immobilière) a été créée en 74 pour favoriser l'accès au logement par la construction rapide de logements, en dix ans 12 000 logements ont été construits, 16 000 parcelles accordées. Ce fut largement insuffisant face à l'afflux massif d'émigrés. C'est un des nombreux échecs de mise en place d'une réelle politique d'urbanisme.

Nouakchott vu par le satellite Spot

Après avoir laissé faire ou mené pendant des années des politiques parfois contradictoires ou vouées à l'échec par manque de moyens, l'État se lance aujourd'hui dans un réengagement dans le domaine foncier et immobilier. PDU lancé avec l'aide de la Banque mondiale en 2000, 54 millions de dollars sur 10 ans pour Nouakchott. Le but est de densifier l'habitat plutôt que de continuer à étendre la ville, éviter le développement radial de la ville pour un développement plus concentrique, et éviter les sites impropres. Le PDU envisageait aussi un cadastrage général et précis mis à jour à l'aide de photos satellites. Ce programme ambitieux voulait éviter le distribution de parcelles supplémentaires dans le mesure du possible, or ce n'est pas ce qui semble se passer (exemple au nord : attribution de parcelles en zone inconstructibles en droit et en fait par le manque d'infrastructure). On peut dès lors se demander si malgré l'accalmie dans le nombre de nouveaux venus à accueillir, Nouakchott arrivera à rattraper son retard sur le plan de l'aménagement urbain otut en continuant d'intégrer les nouveaux migrants.

Un exemple de réussite : Kébbé d'El Mina : opération de restructuration pour régulariser les habitations et viabiliser la zone. Déplacement des 2300 familles vivant sur les terrains destinés aux infrastructures (voirie et écoles), recasées dans le même quartier. Chaque famille a un terrain de 120 m2, propriété accordée au bout de trois ans si les familles restent sur les terrains sur cette période (but : enraciner les bénéficiaires ds le quartier). Depuis le lancement en 2003, presque toutes les familles ont construit en dur, l'objectif qui devait être atteint en trois ans l'a été à 90 % au bout de 10 mois. Système d'aide sous tutelle du commissariat au droits de l'homme, avec ONG de micro-crédit (unité de 10 familles, remboursement collectif). Cette réussite a demandé la coopération de tous les acteurs capables de fournir un effort : État, ONG (cf. Le GRET), institution internationale, avec le soutien des habitants. Peut être que la localisation de ce bidonville a pu aider pour parvenir à ce résultat.

Conclusion :

La résorption de l'habitat spontané est un enjeu majeur pour Nouakchott, comme d'ailleurs pour les autres villes du monde arabe. Les autorités commencent à prendre conscience de la nécessité politique de ne pas abandonner ces populations (le danger islamiste provient souvent des bidonvilles comme au Maroc, ou des fiefs de l'opposition, comme c'est le cas en Mauritanie). Mais la résorption de cet habitat précaire n'est pas non plus exempte de manipulation politique, de népotisme et même sous certains aspect cela entraîne la création de nouvelles notabilités.

Problèmes principaux de la ville de Nouakchott[modifier | modifier le code]

Conduite approvisionnant Nouakchott en eau douce depuis la nappe d'Idini, située à 60 km

Nouakchott connaît de nombreux problèmes[5] :

  • Une mauvaise urbanisation due aux deux noyaux qui se sont trop vite rejoints : difficulté de circulation, mauvais services, etc.
  • Une saturation de l'espace : les quartiers pauvres, Kebbé, se multiplient
  • Une pauvreté qui s'accroît
  • Le risque d'ensablement
  • La menace lié à l'Océan Atlantique : une partie de la ville est située en dessous du niveau de la mer ; les dunes, déjà fragiles, ont servi de supports à des constructions pauvres, ce qui a augmenté leur fragilité.
  • L'absence totale d'eau douce, qui doit être importée d'une source distante d'une soixantaine de kilomètres. Le grand projet Aftout Sahli devrait apporter une solution définitive à ce problème, par un aqueduc qui reliera Nouakchott au fleuve Sénégal et dont les travaux ont commencé en 2007.

La modification des courants côtiers marins due en grande partie à la construction du port, entraine une déstablisation rapide du cordon dunaire côtier. Alors que paradoxalement s'intensifie l'urbanisation derrière ce cordon, dans une zone légèrement plus basse que le niveau de l'océan.

Climat[modifier | modifier le code]

Relevé pluviométrique de Nouakchott- altitude: 0 m-latitude: 18°06'N
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Précipitations (mm) 0 3 0 0 0 3 13 104 23 10 3 0 159
Source : Précipitations à Nouakchott (en mm, moyennes mensuelles) BBC Weather Average Conditions Nouakchott, Mauritania


Économie[modifier | modifier le code]

La ville abrite la cimenterie Mafci, du groupe italien Italcementi[6].

Religion[modifier | modifier le code]

La quasi-totalité des Nouakchottois sont musulmans. Il convient cependant de noter la présence à Nouakchott d'une minorité chrétienne principalement des résidents étrangers.

Mosquée[modifier | modifier le code]

La mosquée Ibn Abbas

Il y a plusieurs centaines de mosquées à Nouakchott.

Les plus connues, construites après l'indépendance, sont la mosquée Ibn Abbas construite en 1963 et considéré comme la plus ancienne mosquée de Nouakchott, celle dite « marocaine », dont l'architecture ne manque pas de rappeler la Koutoubia de Marrakech, et la mosquée appelée « saoudienne », un édifice imposant aux minarets élancés offert par l'Arabie saoudite.

Celles-ci, comme les autres en Mauritanie, sont inaccessibles aux visiteurs non musulmans, car les mosquées sont uniquement réservées à la prière.

Évêchés[modifier | modifier le code]

Il existe un évêque à Nouakchott. La cathédrale se situe au carrefour de l'ambassade de France, dans la commune de Tevragh Zeina où habitent les Mauritaniens les plus aisés et la majorité des Occidentaux[7]. Elle est destinée aux étrangers puisque les Mauritaniens sont officiellement musulmans à 100 %. Elle accueille des Occidentaux et surtout des Africains, issus essentiellement du golfe de Guinée. Des messes ont lieu deux fois par semaine.

Sport[modifier | modifier le code]

Le stade national

Nouakchott comporte 2 stades de football: le Stade Olympique de Nouakchott et le Stade de la Capitale. Le premier est en fait destiné à recevoir les matchs de l'équipe nationale et les différentes activités sportives importantes. Le deuxième stade a été cependant conçu pour abriter les matches de la ligue mauritanéenne dont les clubs n'ont pas encore les moyens de se procurer leurs propres stades. Parmi ces clubs, on peut citer :

  • ASC Mauritel
  • Al Nasr de Sebhka
  • ASC Armée
  • ASC Concorde
  • ASC El Ahmedi FC
  • ASC Entente FC
  • ASC Garde Nationale
  • ASC Ksar
  • ASC Police
  • AMSME El Mina.

Personnalités nées à Nouakchott[modifier | modifier le code]

Jumelage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André (Alphonse, Léon) Leconte, né le 22 novembre 1894 au Mans, et décédé en 1966 [1]
  2. On peut noter comme référence importante une thèse de Jean-Robert Pitte (1977), réactualisée par la thèse de Isakha Diagana (1993) et tout récemment par Armelle Choplin (2006)
  3. J. R. Pitte, op. cit.
  4. Voir à ce sujet A. Choplin (2006) ; Choplin, Ciavolella (2008)
  5. Cf. M.F. Courel, « Nouakchott, site à risques multiples », in A. M. Frérot (dir.), Espaces et sociétés en Mauritanie, 1998, p. 33-46
  6. (en) Italcementi
  7. (fr) « Vivre à Tevragh Zeina », sur www.mauritanie-decouverte.net (consulté le 30 septembre 2010)
  8. Pana, [http://www.afriquejet.com/afrique-du-nord/mauritani /mauritanie:-la-ville-de-nouakchott-jumelee-a-la-capitale-malienne-201104067731.html « La ville de Nouakchott jumelée à la capitale malienne »],‎ 6 avril 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Anthony G. Pazzanita, « Nouakchott », in Historical dictionary of Mauritania, Scarecrow Press, Lanham (Maryland) ; Toronto, Plymouth (Royaume-Uni), 2008 (3e éd.), p. 369-372 (ISBN 9780810855960)
  • Armelle Choplin, Fabriquer des villes-capitales entre monde arabe et Afrique noire : Nouakchott (Mauritanie) et Khartoum (Soudan), étude comparée, Université Paris 1, 535 p., 2006. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Armelle Choplin, « Le foncier urbain en Afrique : entre informel et rationnel, l’exemple de Nouakchott, Mauritanie », Les annales de géographie, no 647, p. 69–91, 2006. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Armelle Choplin, Nouakchott. Au carrefour de la Mauritanie et du monde, Karthala, Paris, 2009, 372 p. (ISBN 978-2-8111-0239-5)
  • Armelle Choplin et Riccardo Ciavolella, « Marges de la ville en marge du politique ? Logiques d’exclusion, de dépendance et d’autonomie à Nouakchott (Mauritanie) », Autrepart, no 45, 2008. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Isakha Diagana, Croissance urbaine et dynamique spatiale à Nouakchott, Thèse doctobre : géographie : Lyon II, 314 p., 1993. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Anne-Marie Frérot, « Nouakchott, du puits nomade à la ville des pétroliers. Risques et représentations », Maghreb-Machrek, no 190, hiver 2006-2007.
  • Pierre Lepidi et Philippe Freund, Nouakchott-Nouadhibou : la Mauritanie trace sa route (préface de Mohamed-Saïd Ould Hamody), Ibis Press, Paris, 2005, 156 p. (ISBN 2-910728-53-6)
  • Jean-Robert Pitte, Nouakchott, capitale de la Mauritanie, Paris : Univ. de Paris-Sorbonne, 200 p., 1977. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Tanguy, « L'urbanisation irrégulière à Nouakchott : 1960-2000. L'institution de la norme légal/illégal. », Insaniyat, no 22, octobre - décembre 2003, (vol. VII, 4).

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