Niamey

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Niamey
Niamey
Niamey
Administration
Pays Drapeau du Niger Niger
Région Communauté urbaine de Niamey
Maire Drapeau : Niger Assane Seydou
Démographie
Population 1 302 910 hab. (2011)
Densité 5 109 hab./km2
Géographie
Coordonnées 13° 31′ N 2° 06′ E / 13.517, 2.1 ()13° 31′ Nord 2° 06′ Est / 13.517, 2.1 ()  
Superficie 25 500 ha = 255 km2
Localisation

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Niamey

Niamey est la capitale du Niger. Elle est située sur le fleuve Niger dans l'extrême ouest du pays et en est sa ville la plus peuplée avec 1 302 910 habitants en 2011. Depuis le 24 novembre 1988, la ville, qui compte cinq communes, est constituée en une communauté urbaine dénommée « Communauté urbaine de Niamey » (CUN).

Fondée au XIXe siècle, longtemps restée un village de quelques centaines d'habitants, Niamey a considérablement augmenté sa population à partir du milieu des années 1940 pour atteindre aujourd'hui plus de 1 300 000 habitants.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La ville de Niamey est située entre 13°28 et 13°35 de latitude nord et 2°03 et 2°10 de longitude est. D’une superficie de deux cent quarante kilomètres carrés, elle est construite sur un plateau surplombant la rive gauche du fleuve Niger et sur une plaine alluviale de sa rive droite, entre cent quatre-vingts et deux cent cinquante mètres d’altitude[1].

Ce fleuve constitue la principale source d'eau potable de la ville bien que sa dégradation constante, provoquée par la désertification et la pollution de ses rives, pose de nombreux problèmes d'assainissement[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est de type sahélien avec une pluviométrie variant de cinq cents à sept cent cinquante millimètres par an. Pour combattre les fréquentes tempêtes de sables apportées par l'harmattan — un vent venant du nord — et la désertification qui s'ensuit, la municipalité a créé dans les années 1960 une ceinture d'arbres composée de margousiers de deux mille cinq cents hectares (vingt-cinq kilomètres de long, sur une bande de un kilomètre de large). Cependant, avec l'exode rural causant une urbanisation croissante et l'établissement de nouveaux bidonvilles, cette barrière ne cesse de se réduire[3].

Données météorologiques[modifier | modifier le code]

Niamey vu par le satellite SPOT.
Relevé météorologique de Niamey
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 16,1 19 22,9 26,5 27,7 25,7 24,1 23,2 23,6 24,2 19,5 16,7 22,43
Température maximale moyenne (°C) 32,5 35,7 39,1 40,9 40,2 37,2 34 33 34,4 37,8 36,2 33,3 36,19
Précipitations (mm) 0 0 3,9 5,7 34,7 68,8 154,3 170,8 92,2 9,7 0,7 0 540,8
Source : (en) Observatoire de Hong Kong
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
32,5
16,1
0
 
 
 
35,7
19
0
 
 
 
39,1
22,9
3,9
 
 
 
40,9
26,5
5,7
 
 
 
40,2
27,7
34,7
 
 
 
37,2
25,7
68,8
 
 
 
34
24,1
154,3
 
 
 
33
23,2
170,8
 
 
 
34,4
23,6
92,2
 
 
 
37,8
24,2
9,7
 
 
 
36,2
19,5
0,7
 
 
 
33,3
16,7
0
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

La ville de Niamey est divisée en deux par le Niger. La partie la plus importante de la ville se trouve sur la rive gauche, avec les quartiers Anikwara, Balafon, Banifandou I et II, Bassora, Banizoumbou, Boukoki I, II, III et IV, Cité-Caisse, Cité-Faysal, Dangawo, Daressalam, Deuxième-Arrondissement, Gamkale, Kalley-Est, Kalley-Sud, Kwarakano, Kwaratagui Foulan Koira, Gandatche, Kombo, Banizoumbou II, Lakouroussou, Lazaré, Liberté, Lossagoungou, Madina, Niamey-2000, Plateau I et II, Quartier Aéroport, Quartier Sonni, Quartier Zabarkane, Saga, Sixième, Talladje, Terminus, Tourakou, Wadata, Yantala-Haut, Yantala-Bas, Bobiel, Riyad, Recasement, Issa Beri, le village de Gourou-Beri – rattaché au quartier Maourey –, Dan Zama Koira, Zongo, Goudel et Koubia. Sur la rive droite, aussi appelée Harobanda se trouve les quartiers de Gawèye, Gnalga Lamordé, Pont Kennedy, Kirkissoye, Karadjé et Banga Bana.

La ville de Niamey est subdivisée en cinq communes : les communes I, II, III, et IV se trouvent toutes sur la rive gauche du fleuve tandis que la commune V se trouve sur la rive droite.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Sur l'origine et la signification du nom de Niamey, courent diverses légendes dont celle d'un chef de clan Kalle qui aurait dit à ses esclaves : Wa niammané (« Prenez ce pays[4] »).

Histoire[modifier | modifier le code]

Niamey en 1930. La ville ne compte alors que 3 000 habitants.

Création de la ville[modifier | modifier le code]

La ville de Niamey s'est développée autour de l'an 1900 à un endroit où existaient les villages de Foulani Koira, Gaweye, Kalley, Maourey et Zongo. L'ethnie majoritaire dans la région était alors les Sonrhaïs qui se sont mélangés au XVIIIe siècle avec les Kalle, un sous-groupe des Zarmas. Les explorateurs européens sont venus relativement tard dans cette région qui était à l'écart de toute route commerciale importante. Ainsi les explorateurs Heinrich Barth et Charles Monteil, qui ont voyagé dans d'autres parties du Niger, ne sont pas venus dans cette région. Ce n'est qu'en 1898 que le nom de Niamey apparaît dans les rapports de la mission Hourst, du nom de l'officier français Émile Auguste Léon Hourst qui dirigeait une expédition hydrographique.

Le quartier Mouray-Kwaratagui est le centre historique de la ville de Niamey. La région de Niamey est habitée depuis très longtemps par des populations voltaiques comme les Gourmantchés. Cependant les fondateurs du village de Niamey seraient des Maouri, venus de Matankari vers la fin du XIXe siècle. Ils se seraient installés sur une île appelée Neni Goungou face au Niamey actuel, avant de venir s'implanter sur la rive gauche du Niger, dit-on à côté d'un arbre ce qui donnera plus tard le nom au village : Niame pour Nia, le nom de l'arbre et me en djerma qui signifie rivage où l'on puise de l'eau. Le village de Niamey est habité par environ six cents personnes en 1901 quand la mission Lenfant arrive. Avec l'arrivée et la domination française la ville se met à prospérer. Niamey est alors le chef-lieu du cercle de Djerma qui comprendra les régions comprises entre le fleuve et le Dallol Bosso. Niamey devient la capitale du Niger le 28 décembre 1926, remplaçant Zinder.

C'est à Niamey que s'est tenue la deuxième conférence intergouvernementale des États francophones, qui a abouti, le 20 mars 1970, à la création de l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), devenue Organisation internationale de la francophonie[5].

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musée national Boubou-Hama.

Niamey abrite le Musée national Boubou-Hama, créé le 18 décembre 1959. Celui-ci abrite quantité de collections liées à la culture du pays et reconstitue l'habitat de nombreuses ethnies locales : djerma, peul, touareg et haoussa[6]. On y trouve aussi des collections archéologiques, ethnographiques, paléontologiques ou minéralographiques. L'établissement est doté depuis 1990 du statut d'établissement public administratif[7].

La ville a accueilli en décembre 2005 les cinquièmes Jeux de la Francophonie[8]. De plus, sous la présidence de Mouammar Kadhafi, le Niger accueille en 2009 les premiers jeux de la CEN-SAD, regroupant de nombreux pays sahélo-sahariens autour de compétitions sportives[9].

Le Festival international de la mode africaine, qui a lieu tous les deux ans, se tient régulièrement à Niamey. Il a pour but de faire se rencontrer les cinq continents en terre africaine et de favoriser la construction de passerelles pour permettre l'expression des talents. Sa dernière édition a eu lieu à Niamey en 2013[10].

Religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion au Niger.

Le Niger est un pays peuplé à plus de 98 % de musulmans. Niamey accueille la Grande mosquée de Niamey, la plus grande mosquée du pays.

La ville possède également un évêché catholique dont l'archevêque est Michel Cartatéguy. Le christianisme a été introduit à Niamey et dans tout le Niger par les colons français[11].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Niger.

Niamey abrite la plupart des industries du pays. C’est également, avec Maradi, le principal pôle commercial du Niger.

Située à l’extrémité sud-ouest du pays, la ville est au centre d'une intense activité agricole incluant la culture du mil. Mais la production locale a été sévèrement touchée par l'épisode de famine de 2005, provoquée par la sècheresse et une invasion de criquets pèlerins[12].

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population
1901 1930 1960 1980 2005 2011
600 3 000 30 000 250 000 750 000 1 303 000
(Sources : Institut national de la Statistique du Niger)
Évolution démographique

En 2011, la population est estimée à 1 302 910 habitants[13]. Ces dernières années le taux d'accroissement annuel est de l'ordre de 4,8 %. Une partie de l'apport en population est constitué de classes défavorisées de la société dont la venue dans la ville de Niamey est motivée par des raisons économiques et politiques. Particulièrement en 2012, un afflux de mendiants (appelés talibés) a été constaté dans la ville[14].

Criminalité[modifier | modifier le code]

Certains quartiers de la ville[Lesquels ?], connus pour leur forte criminalité, sont l'objet de vagues d'arrestation opérées par les forces de polices nigériennes. Ainsi, en 2010, plus de six cents personnes sont arrêtés en une seule journée dans le cadre de ces opérations[15]. Plusieurs personnes affirment toutefois que, sous prétexte de lutte contre la délinquance, ce genre d'intervention a pour but de museler des opposants politiques[16]. La criminalité n'est pas récente à Niamey et on peut la faire remonter aux années 1950 avec l'arrivée de bandes de jeunes délinquants en provenance des campagnes[17].

Aujourd'hui, de nouvelles formes de criminalité se déploient à Niamey et dans sa région. Le 7 janvier 2011, deux jeunes Français sont enlevés dans la ville par l'organisation Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), provoquant une situation qui oblige les forces de sécurité nigériennes à accroître leur lutte contre le terrorisme[18].

Administration[modifier | modifier le code]

Situation administrative[modifier | modifier le code]

En novembre 2013, Assane Seydou, du Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine (MODEN/FA Lumana), est élu président du Conseil de la ville de Niamey en remplacement de Oumarou Dogari[19].

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Niamey abrite de nombreux établissements d'enseignement supérieur, dont : l'université Abdou-Moumouni, l'École des mines, de l'industrie et de la géologie (EMIG), l'École africaine de la météorologie et de l'aviation civile (EAMAC), l’École nationale d'administration et de magistrature (ENAM), le centre régional agro-hydrométrique (AGRHYMET), l'African Center of Meteorological Application for Development (ACMAD) et l'International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics (ICRISAT).

Transports[modifier | modifier le code]

L'aéroport international Diori Hamani dessert la ville. Il est situé à douze kilomètres au sud-est de la ville[20] et a été baptisé du nom du premier président de la République du Niger, Hamani Diori.

La construction de la gare de Niamey débute en avril 2014.

Echangeur niamey 1

Personnalités nées à Niamey[modifier | modifier le code]

Plusieurs personnalités nigériennes ont vu le jour à Niamey. Il s'agit de personnalités politiques, comme Amadou Cissé, né en 1948, ancien Premier ministre du Niger ou Ibrahim Hassane Mayaki, né en 1951, également ancien Premier ministre. Plusieurs personnes issues de divers milieux culturels sont aussi originaires de cette ville : Alfred Dogbé (de) (1962–2012), est un écrivain, Oumarou Ganda (1935–1981), un acteur et réalisateur, ou encore Hélène Kaziendé (de), née en 1967, qui est journaliste et romancière. En sport, les footballeurs Ismaël Alassane, né en 1984, et Ouwo Moussa Maazou, né en 1988, en sont également natifs. L'homme politique et ambassadeur Elhadji Abdou-Saleye y est décédé en 2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jérôme Aloko-N'Guessan, Amadou Diallo et Kokou Henri Motcho, Villes et organisation de l'espace en Afrique, KARTHALA Editions,‎ 2010 (ISBN 2-8111-0339-2, lire en ligne), p. 15
  2. Profil urbain national du Niger, ONU Habitat, 2007, p. 7.
  3. Niamey : quand les bidonvilles mangent les arbres, Le Monde du 2 février 2007.
  4. Ousmane N'gari Adam , « Chapitre III : Présentation de la Communauté urbaine de Niamey et du District sanitaire II », in: Analyse sociologique des attitudes et des comportements des parents face à la vaccination des enfants contre la poliomyélite dans le district sanitaire II de Niamey, memoire-online, mémoire de maîtrise, 2007.
  5. Chronologie de la francophonie
  6. « Le Musée national de Niamey », denisnddo.free.fr.
  7. « Musée national du Niger », usenghor-francophonie.org.
  8. « Cérémonie d'ouverture des Jeux de la Francophonie 2005 à Niamey », Niger diaspora, 15 mai 2011.
  9. « Jeux de la Cen-Sad à Niamey », Jeune Afrique, 30 juin 2008.
  10. Site officiel, Festival international de la mode africaine.
  11. (en) Martine Audeoud, « Niamey—What Is Its Context for Christian Service? Part One », Lausanne World Pulse, octobre-novembre 2009.
  12. Florent Cornu, « Le point sur la crise alimentaire au Niger », Habbanae 78 (2005), magazine de l'association Vétérinaires sans frontières.
  13. Institut national de la Statistique du Niger : Le Niger en chiffres 2011. (Online-Version), p.23.
  14. « Invasion des mendiants à Niamey », Cameroon Voice, 23 mai 2012.
  15. « Coup de filet anti-criminalité à Niamey », Issalane, 1er avril 2010.
  16. « Vague d'arrestations à Niamey : lutte contre la criminalité ou répression politique ? », France 24, 31 mars 2010.
  17. Laurent Fourchard et Isaac Olawale Albert, Sécurité, crime et ségrégation dans les villes d'Afrique de l'Ouest du XIXe siècle à nos jours, Karthala-IFRA, 2003, p. 8.
  18. Djilali Benyoub, « Niamey résolument réglé à l’heure anti-Aqmi », Liberté-Algérie.com, 7 avril 2012.
  19. Le nouveau maire de Niamey est connu, sur Niger News Info, 12 novembre 2013.
  20. (en) « Niamey Diori Hamani International Airport », Airlines Inform.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nolwenn Barbier-Alassane et Mohamed Alassane, Niamey, le monde des petits métiers, Vannes : Un livre, des livres, 2003, 93 p. (ISBN 2-9520208-0-9)
  • Suzanne Bernus, Niamey : population et habitat. Documents d'enquêtes, Niamey : IFAN/CNRS, 1965
  • Aboubacar Yenikoye Ismaël, L' Université Abdou Moumouni de Niamey : organisation et aspects qualitatifs de l'enseignement supérieur au Niger, Paris : L'Harmattan, 2007, 250 p. (ISBN 978-2-296-03791-5)
  • Sidikou A. Hamidou et Bontianti Abdou, Gestion des déchets à Niamey, Paris : L'Harmattan, 2008, 119 p. (ISBN 978-2-296-06483-6)
  • Alain Marie (éd.), Robert Vuarin, L'Afrique des individus : itinéraires citadins dans l'Afrique contemporaine (Abidjan, Bamako, Dakar, Niamey), Paris : Karthala, 1997, collection : Hommes et sociétés (ISBN 2-86537-758-X)
  • Moussa Kassey Seybou, La politique de planification urbaine au Niger : le cas de Niamey, Louvain-la-Neuve : Academia ; Paris : L'Harmattan, 1995, 91 p., collection : Cahiers du Cidep (ISBN 2-87209-383-4) (ISBN 2-7384-3269-7) (L'Harmattan)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Boukoki, film documentaire de Jean Rouch, 1973, 8 min (DVD CNRS Images)
  • Pam Kuso Kar : briser les porteries de Pam, film documentaire de Jean Rouch, 1974, 13 min (DVD CNRS Images)
  • Niamey, et le travail comment ça va ?, film documentaire de Jérémie Reichenbach, Hibou Production, Paris, 2006, 25' (DVD)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]