Nigel Farage

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Nigel Farage
Nigel Farage en 2014.
Nigel Farage en 2014.
Fonctions
Député européen
En fonction depuis le 20 juillet 1999
Élection 10 juin 1999
Législature 5e législature (1999-2004)
6e législature (2004-2009)
7e législature (2009-2014)
8e législature (2014-2019)
Biographie
Date de naissance 3 avril 1964 (50 ans)
Lieu de naissance Farnborough, comté du Hampshire
Nationalité Britannique
Parti politique Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni

Nigel Paul Farage, né le 3 avril 1964 à Farnborough dans le Hampshire, est une personnalité politique britannique, chef du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) de 2006 à 2009 puis à nouveau à partir de 2012. Il est également député européen et coprésident du groupe Europe libertés démocratie (ELD) avec Francesco Speroni, depuis le 1er juillet 2009.

Eurosceptique[1], il dit défendre les « valeurs de démocratie pour les nations », et s'est opposé à l'adoption d'une constitution européenne en invoquant le « non-respect des votes des peuples européens » (notamment français, irlandais et néerlandais), ainsi que l'absence de référendums pour l'immense majorité des pays européens[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Après une scolarité au Dulwich College, Farage se consacre à une carrière de courtier en commodités, d'abord comme employé puis dans sa propre firme de 1990 à 2002.

Il est membre du Parti conservateur jusqu'en 1992, époque à laquelle il quitte le parti parce que celui-ci a participé à la signature du traité de Maastricht. Il est, en 1993, un des membres fondateurs de l'UKIP. Sous cette bannière, il est élu membre du Parlement européen en 1999, 2004 et 2009, où il est le chef du groupe de treize élus du UKIP et coprésident du groupe Europe libertés démocratie.

En 2006, il a été élu président de l'UKIP avec 45 % des voix[3] sur la promesse de faire du parti un véritable parti d'opposition traitant également des sujets nationaux. Il annonce en septembre 2009 qu'il va se retirer de son poste de président pour se concentrer sur sa campagne pour devenir député de la chambre des communes en 2010.

Le 6 mai 2010, le matin des élections, peu avant huit heures du matin, il est victime d'un accident d'avion. Blessé sans gravité, il est admis à l'hôpital pour des coupures au visage, des ecchymoses, des blessures à la poitrine et au niveau des côtes. Il quitta l'hôpital le soir même. L'avion a rencontré un problème technique probablement dû au tractage d'une banderole de l'UKIP pour les élections[4].

Depuis le début des années 2010, Nigel Farage est présenté comme un phénomène politique en son pays. Il est décrit tantôt comme un homme roué et malin, tantôt comme un trublion et un voyou. Ses discours passionnés voire osés au Parlement européen de Strasbourg lui assurent une popularité certaine face à une classe politique abhorrée de son électorat [5]. Il a ainsi vu sa cote de popularité monter en même temps que les intentions de votes en sa faveur, confirmées par des succès électoraux locaux récents[6]. Son parti ne dispose d’aucun élu à la Chambre des communes mais connait un avènement aux élections européennes de 2014, en arrivant en tête du scrutin, empêchant pour la première fois depuis une centaine d'année les partis conservateur et travailliste de se partager l'élection. Farage a en effet polarisé autour de sa personne et de son parti le débat pour ces élections, contraignant les autres partis à prendre position par rapport à lui (par exemple, le Premier ministre David Cameron a refusé clairement toute alliance avec lui mais il a dû consentir à organiser un référendum futur sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE)[7]. Ce succès s’explique par un reflux de voix d’électeurs tories, nostalgiques de Margaret Thatcher dont Nigel Farage revendique l’héritage (un ami de la baronne affirme qu’elle partageait ses vues et n’exclut pas qu’elle ait pu voter en sa faveur[8]). Il est donc en mesure de ravir la place du Parti libéral et envisage avec confiance les élections législatives de 2015. Dans le cadre du scrutin européen, il soutient en France Nicolas Dupont-Aignan et assiste au lancement de sa campagne des listes « Debout la France » le 12 avril 2014[9].

Controverses[modifier | modifier le code]

En 2004, il demande la démission de Jacques Barrot de son poste à la Commission européenne en raison d'une condamnation pénale de l'intéressé. José Manuel Barroso déclare tout ignorer de cette condamnation, relative au financement illégal de parti, et l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe se joignent à l'UKIP pour demander la démission de Barrot. Celui-ci se justifie alors par le fait qu'une amnistie présidentielle couvre cette condamnation que nul, même pas lui, ne peut dès lors mentionner en vertu du droit français. L'ALDE renonce alors à sa demande[10],[11].

Nigel Farage est connu pour diverses déclarations politiques où, tout en se prononçant en faveur d'une vraie démocratie et du respect de la voix des peuples, il exprime son euroscepticisme avec une verve qui lui vaut des réactions fortes et parfois des remontrances.

Ainsi, en février 2008, après un discours du Prince Charles devant le Parlement européen, au cours duquel il appelle à un leadership européen pour les questions liées aux changements climatiques, Farage reste ostensiblement assis tandis que le prince reçoit une ovation debout du parlement. Farage explique ensuite que le prince a été mal conseillé de tenir un tel discours alors que le débat sur l'approbation du traité de Lisbonne faisait rage dans son pays. Gary Titley, chef des travaillistes au Parlement européen, a estimé que Farage avait montré de la déloyauté et manqué de courtoisie à l'égard de la famille royale, et a demandé qu'il présente ses excuses au peuple britannique.

En novembre 2009, il prononce un discours à l'occasion duquel il critique notamment durement Catherine Ashton, la nouvelle haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, lui reprochant de n'avoir jamais été élue à une fonction publique de toute sa vie et affirmant que « les peuples d'Europe n'ont pas le pouvoir de lui demander des comptes ou de la destituer », discours qui lui vaut une remontrance du président de séance qui lui demande de « baisser d'un ton[12] ».

En février 2010, Farage prononce au Parlement européen un discours dans lequel il critique violemment le président européen Herman Van Rompuy, lui attribuant « le charisme d'une serpillière humide et l'aspect d'un petit guichetier de banque » tout en lui attribuant l'intention d'être « l'assassin de la démocratie européenne et de toutes les nations européennes. » Et de rajouter : « Vous n'avez aucune idée de ce que peut être un pays uni, tout cela parce que vous venez de Belgique, qui est plutôt un non-pays. » La mention de la Belgique comme étant un « non-pays » provoque une levée de boucliers à la fois au Parlement européen et en Belgique[13],[14],[15],[16]. Nigel Farage est condamné par le Parlement à une amende de 3 000 euros pour son comportement « incorrect et irrespectueux[17] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « UKIP : les sujets de la reine deviennent eurosceptiques », Geoffrey Saint-Joanis, Le Journal International, 13 décembre 2013
  2. « Nigel Farage reçu par Pierre Jovanovic », Ici et Maintenant !, Rutube, 3 mars 2011 [vidéo]
  3. (en) "Farage elected new UKIP leader", BBC News, 12 septembre 2006
  4. (en) Richard Edwards, « General Election 2010: Ukip's Nigel Farage has lucky escape after election stunt plane crash », The Telegraph, Londres,‎ 7 mai 2010 (lire en ligne)
  5. « Nigel Farage, I want my UK back », Le Monde, 22 mai 2014
  6. http://www.parismatch.com/Actu/International/UKIP-Farage-fait-rage-aux-municipales-565693
  7. « Nigel Farage, I want my UK back » - Le Monde, 22 mai 2014
  8. « La baronne Thatcher aurait secrètement soutenu Nigel Farage et le UKIP si elle avait été encore là », The Telegraph
  9. « Nicolas Dupont-Aignan reçoit l'appui du leader britannique Farage », Libération
  10. « Union européenne - Socialistes et libéraux se sont tus à leur tour », Le Soir, 23 novembre 2004
  11. « « L'affaire Barrot » prend une tournure juridique », Euractiv, 23 novembre 2004
  12. « Farage réprimandé pour désaccord politique », L'observatoire de l'Europe, 29 novembre 2009
  13. « Le web belge répond à Nigel Farage », Le Soir, 25 février 2010
  14. « Insultes à Van Rompuy et à la Belgique : Leterme s'indigne », Le Soir, 25 février 2010
  15. « La Belgique, un « non-pays » ? », Le Nouvel Observateur, 25 février 2010
  16. Parlement européen : première apparition et premier couac pour Van Rompuy - actu24.be, 25 février 2010
  17. « Il compare le président de l’UE à une « serpillère humide » », 20 minutes, 3 mars 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]