Jacques Bompard

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Jacques Bompard
Image illustrative de l'article Jacques Bompard
Fonctions
Député de la 4e circonscription du Vaucluse
En fonction depuis le 20 juin 2012
Élection 17 juin 2012
Législature XIVe
Groupe politique non-inscrit
Prédécesseur Paul Durieu
Maire d'Orange
En fonction depuis le juin 1995
Élection juin 1995
Réélection mars 2001
mars 2008
Prédécesseur Alain Labé
Député du Vaucluse
2 avril 198614 mai 1988
Élection 16 mars 1986
Législature VIIIe
Groupe politique FN
Biographie
Date de naissance 24 février 1943 (1943-02-24) (70 ans)
Lieu de naissance Montpellier
Nationalité Française
Parti politique FN (1972-2005)
MPF (2005-2010)
LS (depuis 2010)
Conjoint Marie-Claude Bompard
Diplômé de Université Montpellier 1
Profession Chirurgien-dentiste

Jacques Bompard, né le 24 février 1943 à Montpellier (Hérault), est un homme politique français, député du Vaucluse entre 1986 et 1988 et depuis 2012, maire d'Orange depuis 1995, et conseiller général de 2002 à 2012.

Membre fondateur du Front national en 1972, il en démissionne en 2005. Il rejoint alors le Mouvement pour la France qu'il quitte en 2010 pour fonder la Ligue du Sud dont il est le président.

Sommaire

Famille et vie privée [modifier]

Fils d'un résistant officier de l'armée française, il est issu d'une famille gaulliste[1].

Il est l'époux en secondes noces de Marie-Claude Bompard (née Marie-Claude Pelletier) qui partage son militantisme politique, et qui est conseillère générale du canton d'Orange-Est depuis 2004 et maire de Bollène depuis mars 2008.

Études et carrière professionnelle [modifier]

Jacques Bompard suit des études de médecine à l'université Montpellier 1 afin de devenir docteur en chirurgie dentaire et en sciences odontologiques. Il exerce d'abord la profession d'enseignant de physique-chimie à Nîmes, Avignon et à L'Isle-sur-la-Sorgue de 1964 à 1970, puis est chirurgien-dentiste à Orange de 1975 à 1986. Parallèlement, il est assistant en odontologie conservatrice à l'université Montpellier 1 de 1981 à 1986.

Parcours politique [modifier]

Débuts [modifier]

Il commence par militer en faveur du retour de Charles de Gaulle avant de se détourner du gaullisme au moment de la guerre d'Algérie. Il explique : « Je me battais pour de Gaulle avant 1958, puis je suis rentré en politique après sa trahison envers l'intérêt de notre pays[2]. » Jeune étudiant, il est le président de la Fédération nationale des étudiants de France (FNEF) à la faculté des sciences de Montpellier de 1962 à 1965[3],[1], et crée OAS Cambronne, un réseau de soutien à l'OAS à Montpellier[4]. Il rejoint par la suite les rangs du mouvement étudiant d'extrême droite Occident[4] dont il intégrera plus tard le secrétariat national[5], avant d'adhérer aux Comités Tixier-Vignancour (CTV), puis à Ordre nouveau après la dissolution d'Occident en 1968[4].

Du FN au MPF puis à la Ligue du Sud [modifier]

Cofondateur du Front national en octobre 1972, il crée avec Alain Jamet la fédération de l'Hérault (l'une des premières de France) en 1975[6], et est membre du bureau politique de sa fondation à sa démission. Celle-ci fait suite à son exclusion du bureau politique en septembre 2005 pour avoir, selon les uns, dénoncé le népotisme au sein du parti lors de l'université d'été de son association — indépendante du FN —, L'Esprit public[7] (du nom du journal de l'écrivain Jacques Perret), tenue à Orange en 2004 (avec Marie-France Stirbois, sa femme Marie-Claude Bompard, Bernard Antony, Guillaume Luyt, Christian Baeckeroot et Miguel de Peyrecave), ou, selon les autres, violemment attaqué son parti à de nombreuses reprises, avoir assisté à seulement 9 des 66 dernières réunions du bureau politique et voulu prendre la présidence du Front national[8], ce qu'il a récusé.

En décembre 2005, il adhère au Mouvement pour la France de Philippe de Villiers. Il quitte le MPF en 2010, qu'il estime dissous car trop lié à l'UMP[9]. Il s'associe en revanche au Bloc identitaire pour la liste « Ligue du Sud » à l'occasion des élections régionales de 2010[10], qui se constitue plus tard en parti politique dont il devient le président.

Jacques Bompard est le fondateur de l'association politique[11] L'Esprit public, dont le nom est inspiré de la revue éponyme.

Maire d'Orange et député [modifier]

Lors des élections municipales de juin 1995, la liste Front national qu'il conduit à Orange (Vaucluse) arrive en tête de la triangulaire du second tour avec 87 voix d'avance. En devenant maire d'Orange, il fait partie des trois maires FN élus lors de ce scrutin. En 2001 et 2008, il est réélu, sa liste recueillant au premier tour respectivement 59,97 % et 60,97 % des suffrages exprimés[12],[13], devenant ainsi le premier maire d'Orange à avoir été réélu depuis 1945[6].

En décembre 2009, il fait voter par le conseil municipal de la ville un arrêté interdisant d'arborer des drapeaux étrangers « dans les locaux de la mairie » et « à ses abords immédiats » lors des mariages[14],[15].

Il est mis en examen pour prise illégale d'intérêts le 13 décembre 2010 après avoir été placé en garde à vue en 2009 dans la même affaire[16]. Le 18 octobre 2011, la chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur pointe des irrégularités dans sa gestion municipale à Orange[17].

En 2012, il est candidat aux législatives dans la 4e circonscription de Vaucluse[18]. Il obtient au premier tour 23,51 % des suffrages exprimés et se qualifie pour le second tour. Le 17 juin 2012, il remporte le second tour avec 58,77 % des suffrages face à son adversaire socialiste Pierre Meffre (41,23 %)[19]. À l'Assemblée nationale, il siège en tant que député non-inscrit[20], et est membre de la commission des Lois. Par ailleurs, il se rattache financièrement à Démocratie et République, un parti fondé par Jean-Louis Masson[21].

En septembre 2012, il réclame l'instauration d'une « clause de conscience » permettant aux maires de ne pas célébrer des mariages homosexuels[22]. Lors de l'examen du projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de personnes de même sexe, il dépose plusieurs amendements provocateurs destinés d'après lui à contester les cohérences du texte et montrer où mènent celles-ci[23]. Ainsi, l'un de ses amendements propose de « supprimer toute condition restrictive au mariage » (lien de parenté, âge, nombre, etc.) ce qui autoriserait les mariages à plus de deux personnes ou les mariages incestueux, et un autre entend supprimer le titre V du Code civil consacré au mariage car « le mariage est une affaire privée [qui] ne concerne pas l'État »[23],[24].

Synthèse des mandats et fonctions [modifier]

Conseil général du Vaucluse [modifier]

Mandatures 2002-2008 et 2008-2012 :

  • Membre de la Commission de l'agriculture
  • Membre de la Commission Environnement et cadre de vie
  • Membre de la Commission des sports, des loisirs et de l'habitat

Ouvrages [modifier]

  • L'Arme alimentaire - Réponse à l'assassinat prémédité du monde rural (avec Marie-Claude Bompard), éditions du Cerce ;
  • France, ton agriculture doit vivre, éditions du Cerce, 1987 ;
  • Main basse sur l'agriculture, éditions du Cerce, 1989 ;
  • Voyage autour de la femme, d'Eve à Benazir (avec Marie-Claude Bompard), Barthélémy, 1991 ;
  • Un maire au créneau. Orange, une ville gérée autrement, éditions Nationales, 1997 ;
  • Les Chemins de la victoire (avec Philippe Randa), Deterna, 2002 ;
  • Le Pen contre le Front national, 2005 [PDF] [lire en ligne]

Notes et références [modifier]

  1. a et b Emmanuel Ratier, Encyclopédie politique française, vol. 1, Faits et Documents, 1992, 858 p. (ISBN 9782909769004) [lire en ligne (page consultée le 28 septembre 2012)], p. 91 
  2. Clément Chassot, « Législatives: à Orange, Bompard a recomposé la droite à son profit », sur www.slate.fr, Slate, 15 juin 2012. Consulté le 28 septembre 2012
  3. Cahiers de Chiré, 1990.
  4. a, b et c Abel Mestre, « L'ex-FN Jacques Bompard retrouve l'Assemblée nationale », Le Monde, 19 juin 2012 [texte intégral (page consultée le 28 septembre 2012)] 
  5. Libération, 21 octobre 2005.
  6. a et b Romain Rosso, « Le système Bompard », L'Express, 25 juillet 2002 [texte intégral (page consultée le 28 septembre 2012)] 
  7. Site de l'association
  8. Jean-Marie Le Pen, dans un entretien au journal La Provence, 5 février 2003.
  9. Le maire d'Orange Jacques Bompard quitte le MPF, AFP, 29 janvier 2010
  10. « Le Bloc identitaire veut s'inscrire dans la durée », interview de Jean-Yves Camus à L'Express, 29 janvier 2010
  11. [1]
  12. Résultats des élections municipales 2001 sur le site du ministère de l'Intérieur [lire en ligne]
  13. Résultats des élections municipales 2008 - Orange, sur www.lefigaro.fr, Le Figaro, 2008. Consulté le 28 septembre 2012
  14. AFP, « « Le maire d'Orange interdit les drapeaux étrangers lors des mariages » », sur www.google.com, Google, 3 décembre 2009. Consulté le 29 septembre 2012
  15. Valentine Pasquesoone, « Mariages "bruyants" : des réalités locales politisées », Le Monde, 7 juin 2012 [texte intégral (page consultée le 29 septembre 2012)] 
  16. "Le Figaro", 14 décembre 2010
  17. http://www.francesoir.fr/actualite/politique/marine-pen-annule-son-rendez-vous-avec-jacques-bompard-suite-un-rapport-chambre-regionale-des-comptes-148406
  18. Jacques Bompard : un ex-FN devenu le cador du Vaucluse, Le Point, 8 juin 2012.
  19. Résultats des élections législatives des 10 et 17 juin 2012
  20. AFP, « « Non-inscrits : Bompard veut un groupe » », sur www.lefigaro.fr, Figaro interactif, 27 juin 2012. Consulté le 29 septembre 2012
  21. [PDF] Rattachement des députés à un parti ou un groupement politique dans le cadre de la législation sur le financement de la vie politique (déclarations parvenues en novembre 2012), sur www.assemblee-nationale.fr, Assemblée nationale, 2012. Consulté le 5 décembre 2012
  22. AFP, « « Mariage pour tous : Bompard réclame une "clause de conscience" » », sur www.liberation.fr, Libération, 11 septembre 2012. Consulté le 29 septembre 2012
  23. a et b Ivan Valerio, « « Mariage homo : Jacques Bompard s'explique sur ses amendements » », sur lelab.europe1.fr, Europe 1, 29 janvier 2013. Consulté le 29 janvier 2013
  24. Ivan Valerio, « « Mariage homo : La bataille des amendements a déjà commencé » », sur lelab.europe1.fr, Europe 1, 29 janvier 2013. Consulté le 29 janvier 2013
  25. Le Parisien du 29/09/2009

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

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Liens externes [modifier]